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Tableaux générés par IA sur mes indications
Un char chimique (khimitcheski tank ou khimtank) est le terme historique utilisé principalement par l'Armée rouge dans les années 1930 et 1940 pour désigner ses chars lance-flammes et de guerre chimique. Bien que principalement équipés pour projeter des flammes, ces blindés étaient appelés "chimiques" car leurs réservoirs et pulvérisateurs étaient polyvalents : ils pouvaient projeter du liquide incendiaire, mais aussi déployer des gaz de combat ou générer de grands écrans de fumée tactiques.
L'URSS est l'un des rares pays à avoir construit des chars lance-flammes en grande série dès les années 1930. Elle passe en 1941-1942 de chars légers « chimiques » trop peu blindés à des KV et des T-34 armés de lance-flammes automatiques, après un détour par une solution de fortune : le TOG. Avant-guerre : les chars « chimiques » Les premiers chars lance-flammes soviétiques portent le sigle KhT, pour khimitcheski tank, « char chimique ». Un lance-flammes est d'abord prévu sur le petit T-18 (MS-1), mais c'est le T-26 qui permet la percée.
Plus de 1 200 chars chimiques sont construits sur châssis T-26, sans compter les KhT-27 et KhT-37 sur châssis de chenillette et de char amphibie. Sur la série BT, les essais durent de 1933 à 1941 sans jamais dépasser le stade du prototype.
Le défaut de ces engins est connu avant même la guerre : leur blindage ne protège que des balles. Or un lance-flammes oblige à s'approcher à moins de 100 m de l'objectif, ce qui en fait une cible facile. En 1941, il est clair que l'avenir passe par les nouveaux chars à blindage épais, le KV-1 et le T-34.
Les lance-flammes automatiques ATO-41 et ATO-42
L'ATO-41 est le lance-flammes de char retenu par l'Armée rouge au printemps 1941 : chaque jet est chassé par une charge de poudre, et l'arme peut être pointée. Le sigle ATO se lit avtomatitcheski tankovy ognemiot, « lance-flammes automatique de char » (développement donné de mémoire).
Plusieurs organismes travaillent alors en parallèle sur le sujet : l'usine Kompressor, l'institut NATI, l'usine n° 174 et le bureau d'études GSKB-47. C'est l'usine n° 174 qui l'emporte, avec le projet dirigé par I. A. Aristov. L'arme est adoptée le 8 mai 1941 et sa fabrication confiée à l'usine Oukhtomski de Lioubertsy.
Les débuts sont laborieux. L'usine Oukhtomski doit livrer 25 lance-flammes en juillet 1941 ; elle en a terminé 17 à la fin d'août. L'usine Kirov de Leningrad n'en reçoit que quatre utilisables et ne sort qu'une poignée de KV-1 à lance-flammes de caisse.
Ces quelques KV-1 rejoignent la 124e brigade de chars et combattent près d'Ouritsk du 8 au 10 octobre 1941, sans se servir de leur lance-flammes. Le même mois, l'usine Oukhtomski est évacuée : la production de l'ATO-41 s'arrête jusqu'au début de 1942
Le TOG,(abreviation vraisemblablement de tankovy ognemiot,) « lance-flammes de char ». l'alternative de 1941
Ce TOG est un lance-flammes à un seul coup, monté en batterie à l'extérieur du char : une solution d'attente, testée avec succès à l'été 1941, approuvée, puis abandonnée deux fois
Un projet ressorti des cartons
Le TOG est l'œuvre de S. I. Novikov, chef du 6e département du GSKB-47. Novikov est surtout connu pour le FOG, un lance-flammes à charge explosive utilisé sur des T-34 et des traîneaux à partir de 1942. Le sigle TOG, que l'article ne développe pas, se lit vraisemblablement tankovy ognemiot, « lance-flammes de char ».
L'idée n'est pas neuve : le GSKB-47 avait étudié un engin semblable en 1938, écarté faute de moyens de production. Elle ressurgit en juillet 1941, quand la fabrication du FOG piétine. Le 11 juillet, I. A. Serov, commissaire du peuple adjoint à la Sécurité d'État, remet un rapport sur la situation. Le lendemain, le décret n° 115 du Comité d'État à la Défense ordonne de produire et d'essayer le lance-flammes sous trois jours.
Un tube, une charge, un jet
Le TOG se résume à un tube rempli de liquide inflammable. Le schéma d'origine montre à l'arrière une charge de poudre et un obturateur en fer-blanc, à l'avant une membrane, une buse et une étoile éclairante qui enflamme le jet. La mise à feu est électrique.
Les essais du 15 juillet ont lieu sur un KV-1. La commission juge la solution prometteuse et propose une présérie de 300 unités. Les 28 et 29 juillet, la version améliorée tire 16 fois depuis un banc d'essai, sans un seul incident.
Six tubes par char
L'avantage du TOG est de rester hors du compartiment de combat : aucune modification du char n'est nécessaire. Sur le KV-1, les calculs prévoient trois tubes sur chaque garde-boue. En août 1941, l'usine Kirov propose d'installer 250 TOG, à raison de six par char ; cela ne se fera pas.
L'affaire va plus loin à l'usine n° 183, qui doit construire les T-34 lance-flammes. Six TOG sont montés sur le deuxième prototype A-34, trois dans chacun des deux caissons blindés fixés sur les flancs. V. A. Malychev, commissaire du peuple à l'Industrie des chars, assiste aux tirs.
La portée atteint 110 à 130 m, mieux que l'ATO-41. Les caissons, pris pour cible avec des balles incendiaires, ne s'enflamment pas. Le montage est approuvé pour les T-34 de série.
Deux abandons
Le TOG a un défaut de principe : il ne se pointe pas, il tire dans l'axe de son tube. Malychev y voit donc un pis-aller et annule son installation dès que la production de l'ATO-41 semble démarrer. Le calcul se révèle mauvais, car l'évacuation de l'usine Oukhtomski en octobre 1941 prive l'armée des deux armes à la fois.
En mars 1942, les FOG sur traîneaux ou sur les flancs des chars ayant déçu, on propose de revenir au TOG. Sur les 400 unités prévues, 150 doivent aller aux T-34 de l'usine n° 183 et de l'usine de tracteurs de Stalingrad, 100 à ceux de l'usine n° 112. Cette dernière dessine même un nouveau support. Mais les lance-flammes ATO arrivent enfin en nombre, et le TOG ne revient pas.
Dernière tentative en mai 1942 : le POTOG de M. S. Ozerski, ingénieur à l'usine n° 222. Un piston y remplace les douilles interchangeables, ce qui améliore la fiabilité. Chaque tube ne contient que 10 litres, mais un char peut en porter 20 au lieu de 6.
Le projet reste sans suite ; Ozerski travaillera plus tard sur l'ATO-49 du char OT-54.
Le KV-8 : le lance-flammes en tourelle
Le KV-8 est un char lourd KV-1 dont la tourelle porte un lance-flammes ATO-41 et un canon de 45 mm à la place du 76 mm. Il naît à Tcheliabinsk à l'automne 1941, après l'échec du montage en caisse essayé à Leningrad, jugé à peine plus efficace qu'un TOG.
Le projet est soutenu par J. Ia. Kotine, ingénieur en chef de l'usine, et par son directeur I. M. Zaltsman. Aristov, évacué dans l'Oural avec l'usine n° 174, en est l'ingénieur principal. L'étude est approuvée le 23 novembre 1941 et le char adopté le 6 janvier 1942.
Le canon de 45 mm est dissimulé sous un gros manchon qui imite le tube de 76 mm : de loin, le KV-8 passe pour un KV-1 ordinaire. La production réelle démarre en avril 1942, très en dessous du plan, qui prévoyait 300 chars pour le seul deuxième trimestre.
Le KV-8S reprend la formule sur le châssis allégé du KV-1S, avec le lance-flammes ATO-42. Il reste encore plus rare : quelques dizaines d'exemplaires (Tank Archives, History of War).
L'OT-34 : le lance-flammes en caisse
L'OT-34 est un T-34 dont la mitrailleuse de caisse est remplacée par un lance-flammes ATO, le canon de tourelle restant en place. C'est le char lance-flammes le plus construit de la Seconde Guerre mondiale. OT se lit ognemiotny tank, « char lance-flammes » ; les documents d'époque écrivent aussi TO-34.
La solution est l'inverse de celle du KV-8. Le lance-flammes en caisse a un champ de tir réduit et une réserve de mélange bien plus faible, mais le char garde toute sa puissance de feu. Extérieurement, seul le masque de l'arme de caisse le distingue d'un T-34 ordinaire.
Deux chiffres varient selon les sources et restent à confirmer. Wikipédia en russe donne 1 170 OT-34 construits dans le texte, mais 715 dans sa fiche technique. La même page indique un équipage réduit à 3 hommes par suppression du radio-mitrailleur, alors que d'autres publications en comptent 4.
En 1942, faute d'ATO en nombre, des T-34 reçoivent aussi des FOG fixés sur les flancs, solution provisoire qui a tout de même été produite Pour cve char c’est le TOG, pas le FOG, qui lui était destiné, et le montage n’a jamais eu lieu.
T-34 et FOG Début 1942, on décide de fixer provisoirement des FOG sur les flancs des T-34, parce que l’usine qui devait fabriquer l’ATO-41 et le TOG a été évacuée en octobre 1941 et qu’il ne reste aucune autre solution. Cette solution d’attente est tout de même entrée en production, mais l’article n’en dit pas plus (ni nombre de chars, ni unités) et renvoie à un autre texte. Le résultat est jugé médiocre, tout comme les traîneaux porteurs de FOG, et dès mars 1942 on propose de revenir au TOG KV-1 L’usine Kirov n’a construit qu’une poignée de KV-1 équipés de l’ATO-41 En août 1941, elle propose de monter 250 TOG sur des KV-1, à raison de six par char, mais cela ne se fait pas.
Les KV-8 et les cservent ensemble dans des bataillons autonomes de chars lance-flammes, créés en mai 1942 et numérotés à partir de 500. Un bataillon compte 21 chars.
En septembre 1942, trois bataillons forment la 235e brigade de chars lance-flammes, tenue en réserve de front devant Stalingrad. Elle est engagée le 14 décembre 1942 près de Verkhné-Koumski et devient la 31e brigade de la Garde en février 1943.
Le baptême du feu
Les chars lance-flammes débutent sur le front du Volkhov, pendant l'opération de Siniavino. Les 500e, 502e et 507e bataillons rejoignent la 8e armée entre le 22 et le 24 août 1942. Dans la nuit du 30 au 31 août, une attaque de nuit met en fuite l'infanterie allemande.
La suite est plus dure. Le 6 septembre, le 507e bataillon attaque le bois « Krouglaïa » sans appui d'artillerie : une batterie allemande incendie 5 de ses 8 chars. Au total, les trois bataillons perdent 19 chars dans l'opération.
Les leçons
La portée commande tout. La distance utile est de 80 à 100 m en terrain découvert et de 40 à 70 m en sous-bois : placés en premier échelon, les chars lance-flammes sont détruits par les canons antichars avant de pouvoir tirer.
Le KV-8, trop peu nombreux, disparaît ensuite des unités ; l'OT-34 reste seul. Les bataillons servent jusqu'à la fin de la guerre contre les positions fortifiées et en combat de rue, par exemple à Bobroïsk à l'été 1944 et à Poznań en janvier-février 1945 (GlobalSecurity, Tank Archives).
Les solutions comparées
Trois formules se succèdent ou se concurrencent entre 1941 et 1944 ; l'OT-34 l'emporte parce qu'il coûte le moins au char qui le porte.
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