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Tableaux Générés par Ia sur mes Indications
Sur les cartels des musées comme dans les petites annonces, ces cinq mots reviennent sans cesse, et ils ne veulent pas toujours dire la même chose selon l’époque. Presque tous viennent de la voiture à cheval. Voici ce que chacun désigne, d’où il vient, quand il apparaît et à quoi on le reconnaît.
Des mots hérités de la voiture à cheval
Coupé, limousine, spider, cabriolet, phaéton, berline : le vocabulaire de la carrosserie automobile a été emprunté tel quel aux carrossiers hippomobiles. Jusque dans les années 1930, d’ailleurs, une voiture de luxe est souvent vendue sous forme de châssis roulant, que le client fait habiller par le carrossier de son choix : d’où les mentions « coupé de ville Belvalette » ou « cabriolet Felber » que l’on lit au Musée Automobile de Vendée.
Ces mots ont ensuite vécu leur vie. Leur sens a glissé d’un pays et d’une décennie à l’autre, et les constructeurs les emploient aujourd’hui assez librement. Les définitions qui suivent sont donc celles de l’époque classique, avec leurs évolutions.
En un coup d’œil
1. Le roadster
Le mot naît aux États-Unis au XIXe siècle, où il désigne d’abord un cheval apte aux longs trajets sur route. À la fin du siècle, on l’applique aux bicyclettes et aux tricycles, puis aux automobiles. En 1916, la Society of Automobile Engineers américaine en fixe le sens : « une voiture ouverte à deux ou trois places », qui peut comporter des sièges supplémentaires sur les marchepieds ou dans la pointe arrière.
Les premiers roadsters n’offrent qu’une protection minimale : une seule rangée de sièges, placée plus en arrière que sur une voiture de tourisme, et pas de vitres latérales. Dans les années 1920 apparaissent les portes, le pare-brise, la capote repliable et les rideaux de côté. La formule se décline alors à tous les prix, de la Ford T aux Duesenberg et aux Bugatti.
Après 1945, les petites sportives britanniques, comme la MG TC, popularisent le genre en Amérique. Dans les années 1960 et 1970, le mot s’élargit à toute deux-places de caractère sportif, désormais dotée de vitres descendantes (MGB, Triumph TR4). En 1989, la Mazda MX-5 relance la formule et en devient le modèle le plus vendu.
2. Le coupé
« Coupé » est tout simplement le participe passé du verbe couper. Au XVIIIe siècle, les carrossiers créent une version raccourcie, « coupée », de la berline à cheval : on lui a retiré la banquette tournée vers l’arrière, et il ne reste qu’un seul rang de sièges dans une caisse fermée.
L’automobile reprend le terme. Dans les années 1910, il désigne une voiture à deux portes où le conducteur et un ou deux passagers sont enfermés, sur une seule banquette. La définition américaine de 1916 parle d’une « voiture fermée, conduite de l’intérieur, à deux ou trois places », avec parfois un quatrième siège tourné vers l’arrière. La norme internationale ISO 3833, en 1977, retient trois critères : deux portes, un toit fixe et un volume arrière limité.
Le mot a de nombreux dérivés. Le coupé de ville laisse le chauffeur à l’air libre ; la berlinette est un coupé sportif et surbaissé ; et depuis la Mercedes CLS, au milieu des années 2000, les constructeurs parlent même de « coupés quatre portes » pour des berlines au toit abaissé.
3. Le torpédo
C’est la carrosserie reine des années 1910 et 1920. Son nom remonte à 1908 : le capitaine Theo Masui, importateur à Londres des automobiles françaises Grégoire, dessine une caisse profilée qu’il baptise « The Torpedo », la torpille. Le type est construit jusqu’au milieu des années 1930.
Son principe : le capot est relevé jusqu’au niveau de la ceinture de caisse, ce qui donne une ligne droite et continue de l’avant à l’arrière. Le torpédo est une voiture de tourisme ouverte, à quatre ou cinq places, sans toit fixe : une capote de toile se replie ou se démonte, et des rideaux de côté tiennent lieu de vitres. Les flancs et les portes sont bas, et il n’y a pas de montant central ; les seuls montants sont ceux du pare-brise.
Le torpédo s’efface dans les années 1930, quand les carrosseries fermées se généralisent. Les dictionnaires donnent le mot au féminin, « une torpédo », mais beaucoup d’amateurs disent « un torpédo ».
4. Le spider
Le mot anglais signifie « araignée ». Il vient lui aussi de l’attelage : aux États-Unis, on appelait ainsi une voiture à cheval très légère, de la famille du phaéton, dont les roues fines et hautes évoquaient les pattes de l’animal. En automobile, il a eu deux sens successifs, ce qui explique bien des confusions.
Premier sens : un siège. Jusqu’aux années 1950, le spider est un siège d’appoint placé à l’arrière, hors de l’habitacle et sans protection, pour un ou deux passagers supplémentaires. On l’appelle aussi, ironiquement, « siège de belle-mère ». C’est dans ce sens que le musée de Monaco parle d’un « roadster avec spider », et le Musée Automobile de Vendée d’un cabriolet à « 2 places décalées sous capote + spider ».
Second sens : une voiture. À partir de la fin des années 1950, le mot désigne une deux-places découverte conçue comme telle, et non une berline dont on aurait retiré le toit. L’usage vient surtout d’Italie : Alfa Romeo Spider, Fiat 124 Sport Spider, Dino Spider. Certains constructeurs, comme Porsche et Maserati, préfèrent l’orthographe « Spyder ».
5. La limousine
Le mot vient du Limousin. Deux explications circulent : la capote de la voiture aurait rappelé le capuchon des grands manteaux portés par les bergers de la région ; ou bien ce sont les chauffeurs, assis dehors, qui portaient ce genre de manteau pour se protéger des intempéries.
Car telle est la limousine d’origine : un compartiment fermé pour trois à cinq passagers, et un poste de conduite extérieur, simplement abrité par une avancée du toit. La disposition traduit le souhait des propriétaires fortunés de rester séparés de leur chauffeur, comme au temps des cochers. La définition américaine de 1916 est sans détour : « une voiture fermée de trois à cinq places à l’intérieur, avec le siège du conducteur à l’extérieur ».
Autour d’elle gravitent plusieurs variantes : la berline, où le conducteur est lui aussi enfermé ; la limousine de ville, où il n’a aucune protection ; le landaulet, dont le toit se replie au-dessus des passagers arrière. En France, le mot a aussi désigné une conduite intérieure à six vitres latérales. La limousine allongée, elle, naît au début des années 1920 chez le carrossier Armbruster, à Fort Smith, dans l’Arkansas ; elle sert notamment à transporter les grands orchestres de jazz en tournée. Aujourd’hui, le terme évoque une longue voiture à chauffeur, avec une cloison de séparation et beaucoup de place aux jambes.
6. La berline (sedan)
Le même type, d’un pays à l’autre France : berline États-Unis : sedan Grande-Bretagne : saloon Italie, Espagne : berlina Allemagne : Limousine « Berline » et « sedan » désignent la même voiture : le premier mot est français, le second américain. Les Britanniques disent « saloon », les Italiens « berlina ». Sur un cartel, une américaine sera donc une « sedan » là où une française serait une berline. Tous ces mots décrivent la voiture fermée la plus courante : un toit fixe, quatre portes et deux rangées de sièges. Berline : un mot venu de Berlin. Dans les années 1660, Philippe de La Chièze, architecte et quartier-maître général de l’électeur de Brandebourg, y conçoit une voiture à cheval fermée, à quatre places, plus légère et plus confortable que le carrosse. Ses deux essieux sont réunis par deux brancards au lieu d’une seule poutre centrale, et la caisse est suspendue par des soupentes de cuir. C’est de cette berline que dérive le coupé, qui en est la version raccourcie. Sedan : un mot venu de la chaise à porteurs. Le terme américain reprend le nom anglais de la chaise à porteurs, « sedan chair » : une caisse fermée, munie de fenêtres, pour une personne assise, apparue dans les années 1630. On le rattache au latin sedere, « être assis ». Son premier emploi connu pour une carrosserie automobile date de 1912, quand Studebaker présente ses modèles Four et Six comme des « sedans ». La Speedwell de 1911 est souvent citée comme la première vraie berline au sens moderne. Dans sa forme classique, la berline se reconnaît à ses trois volumes distincts, pour le moteur, les passagers et les bagages, et à son montant central, entre les vitres avant et arrière, qui soutient le toit. La définition française insiste sur les quatre portes et les quatre vitres latérales ; avec six vitres, on parle plutôt de conduite intérieure ou de limousine. Aux États-Unis, le mot « sedan » s’applique aussi à des voitures à deux portes, que l’on rangerait en France parmi les coaches. Le mot américain a ses dérivés, que l’on croise sur les cartels. « Club sedan » est une appellation en usage du milieu des années 1920 au milieu des années 1950. Le « hardtop sedan », en vogue des années 1950 aux années 1970, se passe de montant central pour imiter la ligne d’un cabriolet ; le dernier est la Chrysler Newport de 1978. Quant au « fastback », son toit descend d’un seul trait jusqu’à l’arrière.
Les dates à retenir
Et aussi : les autres mots des cartels
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