Rome La Bretagne Romaine De la Conquête à l'Abandon en passant par la Conquète et la Pacification

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 18/07/2026 à 09:26:25



 
 

La Bretagne Romaine 55 av JC  476 ap JC  De la Conquête à l'Abandon en passant par la Conquète et la Pacification César  Caligula  Claude  Agricola  Le Mur d'Hadrien  Le Mur d'Antonin

 
 
 
La Bretagne et Rome
In memoriam Alain Houot

 

Date
Événement
55-54 av. J.-C.
Deux expéditions de Jules César — soumission provisoire — sans lendemain
39-40 apr. J.-C.
Caligula masse des troupes à Boulogne — renonce sans traverser
43 apr. J.-C.
Claude lance la conquête — Aulus Plautius — débarquement à Richborough
43-47 apr. J.-C.
Pacification du Sud — fondation de Camulodunum (Colchester) — capitale
47-52 apr. J.-C.
Scapula trace la Fosse Way — cordon provisoire de 350 km — révolte de Caratacus
60-61 apr. J.-C.
Grande révolte de Boudicca — reine des Icéniens — écrasée par Suetonius Paulinus
71-84 apr. J.-C.
Reprise de la conquête sous Vespasien — Cerialis, Frontin, puis Agricola
78-84 apr. J.-C.
Campagnes d'Agricola — envahit la Calédonie — victoire du mont Graupius (83)
84 apr. J.-C.
Rappel d'Agricola par Domitien — abandon du nord — repli vers une frontière fixe
122 apr. J.-C.
Construction du Mur d'Hadrien — 117 km d'une mer à l'autre
142 apr. J.-C.
Construction du Mur d'Antonin — 63 km — plus au nord en Écosse
160 apr. J.-C.
Abandon du Mur d'Antonin — pression des Pictes — retour au Mur d'Hadrien
410 apr. J.-C.
Retrait définitif des légions romaines — fin de la Bretagne romaine
La Conquête de la Bretagne 
Jules César  55 et 54 av. J.-C.  Suétone, dans la Vie des douze Césars écrira « Il est le premier Romain à franchir la Manche et à poser le pied sur l'île de Bretagne. » 
Les premières activités militaires romaines en Bretagne furent menées par Jules César lors de ses campagnes en Gaule. En soumettant les peuples gaulois, César prit conscience des relations étroites qui existaient entre Gaulois et Bretons— des Bretons avaient aidé les Vénètes contre ses légions, et de nombreux réfugiés gaulois trouvaient asile outre-Manche.
En août 55 av. J.-C., César traversa la Manche pour la première fois avec deux légions  une expédition de reconnaissance plutôt qu'une véritable conquête. Il combattit les tribus locales sur le rivage mais ne s'enfonça pas dans les terres. L'année suivante, en juillet 54 av. J.-C., il revint avec une force bien plus importante — cinq légions et deux mille cavaliers. Cette fois il franchit la Tamise, défit une coalition bretonne dirigée par Cassivellaunos et reçut la soumission de plusieurs rois du sud de l'île.
Cependant César décida de ne pas s'installer. Peu désireux de diviser ses forces, il conclut une paix rapide, prit des otages et repartit en Gaule avec la promesse d'un tribut annuel à Rome. Comme le noter Strabon, les frais d'entretien d'une légion de garrison égaleraient le montant des impôts qu'on pourrait percevoir la conquête n'était pas rentable. César avait surtout voulu impressionner à Rome ses détracteurs et le peuple et montrer qu'aucun obstacle  pas même l'océan mystérieux  ne pouvait l'arrêter.
Caligula 39-40 apr. J.-C. et la non-invasion Suetone dans la vie des Douze Césars ecrira « Postremo quasi perpetraturus bellum, derecta acie in litore Oceani ac ballistis machinisque dispositis, nemine gnaro aut opinante quidnam coepturus esset, repente ut conchas legerent galeasque et sinus replerent imperavit, "spolia Oceani" vocans "Capitolio Palatioque debita
Près d'un siècle s'écoula entre les expéditions de César et la véritable conquête. Pendant cette période, le sud de la Bretagne s'intégra progressivement dans la sphère d'influence romaine par le commerce et la diplomatie. Des royaumes pro-romains s'établirent dans le sud-est de l'île. En 39 apr. J.-C., l'empereur Caligula massa des troupes près de
Gesoriacum (Boulogne-sur-Mer) et y fit édifier un phare

 il planifiait visiblement une expédition en Bretagne. L'épisode qui suivit est l'un des plus étranges de l'histoire militaire romaine.  Caligula rassembla ses troupes en formation de combat face à la Manche et, leur ordonna de ramasser des coquillages qu'il appela le « butin de l'Océan dû au Capitole et au Palais. » Certains historiens modernes pensent qu'il s'agissait en réalité d'un ordre de ramasser des matériaux de construction  le mot latin musculi désigne à la fois des moules et des huttes de génie militaire mais la signification exacte de cet épisode reste mystérieuse.
Quoi qu'il en soit, Caligula renonça finalement à l'invasion pour des raisons budgétaires et politiques. Mais les troupes qu'il avait rassemblées resteront contonnées sur palce et ainsi mobilisées elles fournirent à son successeur Claude le noyau de la force d'invasion.
 Claude 43 apr. J.-C.la vraie conquête
L'annexion proprement dite de la Bretagne incomba à l'un des empereurs les moins attendus pour une telle entreprise  Claude, que ses contemporains considéraient comme un lettré maladroit, boiteux et bègue alors qu'il fut un des plus grans empereurs. En 43 apr. J.-C., il envoya en Bretagne quatre légions (II Augusta, IX Hispana, XIV Gemina et XX Valeria Victrix) sous le commandement du sénateur Aulus Plautius  fort d'une armée de près de quarante mille hommes.
II Augusta, IX Hispana XIV Gemina XX Valeria Victrix

 
Les plans d'attaque prévoyaient un débarquement simultané en trois points différents  Lympne, Douvres et Richborough  pour forcer les Bretons à scinder leurs forces. Mais les Bretons, qui n'avaient pas cru à cette expédition après la pantalonade de Caligula, avaient laissé la côte sans défenses. Les légions débarquèrent pratiquement sans opposition. Les batailles décisives eurent lieu sur la Medway et la Tamise, où les Catuvellauni la tribu la plus puissante du sud-est  furent défaits.
Claude lui-même se rendit en Bretagne pour presider à l'entrée triomphale dans Camulodunum (Colchester), la capitale des Catuvellauni qu'il désigna comme capitale de la nouvelle province romaine. Il n'y séjourna que seize jours  suffisamment pour recevoir la soumission de onze rois bretons  avant de retourner à Rome où il fut accueilli triomphalement. Aulus Plautius devint le premier gouverneur de Bretagne avec mission de conquérir le reste de l'île.
Le fils de Claude fut nommé
Britannicus en souvenir de la conquête de la Bretagne. Hélas même avec un nom, destiné à immortaliser la gloire du père,il faut une des victimes de Néron, son demi-frère, pas biologique  qui le fit empoisonner à 14 ans.
La pacification difficile 43-84 apr. J.-C. Tacite dans la vie d 'Agricola  decrira Rapt, massacre, pillage — c'est ce qu'ils appellent du faux nom d'autorité. Et lorsqu'ils font le vide, ils parlent de pacification. 
Elle durant plus d'un demi siècle La
Fosse Way et les premières résistances
Après le départ de Claude, la pacification du territoire conquis s'avéra bien plus longue et difficile que la conquête initiale. Le gouverneur Publius Ostorius Scapula, arrivé en 47, traça une voie de 350 km avec fossé  la Fosse Way  délimitant provisoirement la Bretagne romaine au sud. Au nord et à l'ouest, les tribus résistaient farouchement.
Caratacus, chef des Catuvellauni échappé de la défaite, prit la tête de la résistance bretonne pendant plusieurs années, menant une guerre de guérilla depuis le Pays de Galles. Ses discours, rapportés par Tacite, sont parmi les plus éloquents de l'Antiquité sur le thème de la résistance à Rome.
La révolte de Boudicca  60-61 apr. J.-C.
 

 
La plus grave menace à la domination romaine vint d'une reine  Boudicca (ou Boadicée), veuve du roi des Icéniens Prasutagus. Lorsque Rome annexa brutalement son royaume à sa mort, confisquant ses biens et maltraitant sa famille, Boudicca souleva les Icéniens et plusieurs autres tribus. Ses armées détruisirent Camulodunum, Londinium (Londres) et Verulamium (Saint Albans), massacrant selon Tacite jusqu'à 70 000 Romains et Bretons romanisés.
Suetonius Paulinus, gouverneur occupé à réduire la résistance druidique à Anglesey, dut précipitamment ramener ses légions vers l'est. Il vainquit finalement Boudicca dans une bataille rangée dont le lieu exact est inconnu, mais qui mit fin à la révolte. Boudicca s'empoisonna plutôt que d'être capturée. La répression fut sévère mais tempérée par les instructions de Rome qui voulait éviter de nouveaux soulèvements.
Agricola  78-84 apr. J.-C.  la conquête au bout du monde
C'est sous le gouvernement de Gnaeus Julius Agricola dont le beau fils l'historien Tacite  nous a laissé une biographie détaillée de ses campagnes que Rome poussa ses conquêtes en Bretagne au maximum de leur extension. Agricola anéantit la résistance au Pays de Galles, soumit les Brigantes dans les Pennines, puis marcha résolument vers le nord, envahissant ce que les Romains appelaient la Calédonie (l'Écosse actuelle).
Sa stratégie était brillante  il combinait les avancées terrestres de ses légions avec des opérations navales de la flotte romaine qui circonnavigua pour la première fois l'île de Bretagne, confirmant ainsi définitivement son insularité. En 83 apr. J.-C., lors de la bataille du mont Graupius, il écrasa une coalition calédonienne dirigée par Calgacus dans ce qui fut la bataille la plus septentrionale de l'histoire romaine.
Mais l'empereur Domitien, jaloux du prestige de son général et préoccupé par des crises sur d'autres frontières de l'Empire, rappela Agricola à Rome en 84. La Calédonie ne fut jamais véritablement soumise, et les légions se replièrent progressivement vers le sud. L'expérience d'Agricola avait démontré que la conquête totale de la Bretagne était militairement possible — mais que son coût dépassait les bénéfices que Rome pouvait en tirer.
Provincia Britania Les Frontières Le Mur d'Hadrien
La décision d'Hadrien fut de renoncer à la politique de conquête« Marguerite Yourcenar  dans la vie d'HAdrien écrira  eCe rempart devint l'emblème de mon renoncement à la politique de conquête : au pied du bastion le plus avancé, je fis ériger un temple au dieu Terme. »
L'abandon de la politique de conquête en Bretagne cristallisa sous l'empereur Hadrien (117-138 apr. J.-C.). Hadrien, prince de la Pax Romana, souhaitait avant tout consolider la domination romaine à l'intérieur des frontières existantes plutôt que de les étendre indéfiniment. En visitant la Bretagne en 122 apr. J.-C., il fut frappé par la difficulté de maintenir l'ordre dans le nord de l'île et décida de matérialiser définitivement la frontière par un ouvrage monumental.
Cette décision ne fut pas unanimement approuvée. Les généraux favorables à la poursuite de la conquête auraient préféré une reprise des hostilités. Mais Hadrien était convaincu que la consolidation valait mieux que l'expansion — et la construction du mur allait de plus occuper efficacement les légions, maintenant leur discipline et leurs compétences d'ingénierie.
Description du Mur d'Hadrien  Vallum Aelium en latin
Les deux Murs

C' est une fortification en pierre et en tourbe construite à partir de 122 apr. J.-C. Il traverse le nord de l'Angleterre d'est en ouest, de la mer du Nord à la mer d'Irlande, sur environ 117 kilomètres (80 miles romains). C'est la frontière la plus fortement fortifiée de tout l'Empire romain.
 
Caractéristique
Description
Longueur totale
117 km (80 miles romains) — de Wallsend sur la Tyne à Bowness-on-Solway
Hauteur
Environ 6 mètres (20 pieds romains) — avec chemin de ronde et parapet
Largeur
Environ 2,4 à 3 mètres (8 pieds romains) — en pierre à l'est, en tourbe à l'ouest initialement
Milecastles
Un milecastle (petit fort) tous les milles romains — environ 80 au total — avec porte donnant vers le nord
Tourelles
Deux tourelles (turrets) entre chaque milecastle — points de surveillance tous les 500 mètres
Forts majeurs
17 forts principaux accueillant 500 à 1 000 soldats chacun — espacés d'environ 7 milles
Fossé nord
Fossé devant le mur côté nord — large et profond — obstacle supplémentaire
Vallum
Fossé et levées de terre côté sud — unique sur toute frontière romaine — contrôle de la zone civile
Légions bâtisseuses
VIe Victrix, XXe Valeria Victrix et IIe Augusta — aidées de cohortes auxiliaires
Construction
À partir de 122 apr. J.-C. — achevé vers 128-130 apr. J.-C.
Inscription UNESCO
Patrimoine mondial depuis 1987 — « Frontières de l'Empire romain »
Rôle du Mur d'Hadrien
Le rôle du Mur d'Hadrien fut multiple et complexe  bien au-delà de la simple barrière militaire que son aspect imposant pourrait suggérer. Les historiens modernes s'accordent sur plusieurs fonctions complémentaires.
Rôle militaire et de surveillance
Le mur permettait de détecter et ralentir les incursions des tribus calédoniennes — les Pictes principalement — plutôt que de les arrêter totalement. Ses milecastles et tourelles assuraient une surveillance permanente de la frontière, permettant d'alerter rapidement les forts principaux en cas d'incursion. Les portes dans les milecastles permettaient également aux patrouilles romaines de sortir au nord pour des missions de reconnaissance.
Rôle douanier et économique
Les portes traversant le mur servaient de postes de contrôle pour la perception de taxes sur les produits importés ou exportés. Le commerce entre la Bretagne romaine et les tribus du nord n'était pas interdit mais  il était contrôlé et taxé. Cette fonction économique explique pourquoi les portes des milecastles s'ouvraient vers le nord  elles étaient des points de passage officiels autant que des ouvertures militaires.
Rôle politique et symbolique
Le mur était avant tout un symbole de la puissance impériale romaine. Sa construction occupa les légions pendant des années, maintenant leur discipline et leurs compétences. Sa présence imposante affirmait la volonté de Rome de fixer définitivement sa frontière — un message autant destiné aux tribus du nord qu'aux populations romaines de Bretagne qui pouvaient se sentir protégées.
Rôle social — séparer deux mondes
Le mur séparait symboliquement et physiquement deux modes de vie  la Bretagne romanisée au sud, avec ses villes, ses routes, ses temples et ses marchés  et la Bretagne barbare au nord, avec ses tribus, ses clans et ses traditions celtes. Cette séparation n'était jamais absolue car des populations vivaient au nord du mur dans la zone de contrôle romaine  mais elle matérialisait une frontière culturelle autant que militaire.
 Le Mur d'Antonin ou  Une frontière plus au nord  142 apr. J.-C.
Sous le règne d'Antonin le Pieux (138-161 apr. J.-C.), Rome tenta de nouveau d'avancer la frontière en Bretagne. Le gouverneur Quintus Lollius Urbicus  natif de Numidie (Algérie actuelle), ayant servi en Judée lors de la révolte de Bar Kokhba — mena une série de campagnes couronnées de succès dans le sud de l'Écosse actuelle et commença vers 142 apr. J.-C. la construction d'un second mur, plus au nord.
Le Mur d'Antonin reliait le Firth of Forth à la Clyde — la partie la plus étroite de l'Écosse — sur environ 63 kilomètres. Il était donc moitié moins long que le Mur d'Hadrien, mais gardait des caractéristiques propres.
 
Caractéristique
Mur d'Hadrien
Mur d'Antonin
Date construction
À partir de 122 apr. J.-C.
À partir de 142 apr. J.-C.
Longueur
117 km (80 miles romains)
63 km (37 miles romains)
Matériau principal
Pierre — tourbe à l'ouest initialement
Tourbe sur fondation de pierre
Hauteur estimée
6 mètres avec parapet
3 mètres — moins haut
 
Largeur base
2,4 à 3 mètres
4 à 6 mètres — plus large
 
Forts principaux
17 forts majeurs
17 forts également
 
Milecastles
Oui — tous les miles
Petits forts intermédiaires
 
Vallum
Oui — fossé et levées au sud
Non — pas de vallum
 
Durée d'utilisation
280 ans — jusqu'en 400+
Environ 20 ans — abandonné vers 160
 
Localisation
Nord de l'Angleterre
Sud de l'Écosse actuelle
 
Rôle du Mur d'Antonin
Le Mur d'Antonin avait des objectifs à la fois militaires et politiques. Il isolait les Maeatae de leurs alliés calédoniens plus au nord et formait une zone tampon au nord du Mur d'Hadrien. Il facilitait également les mouvements de troupes d'est en ouest dans cette région difficile.
Tout comme son prédécesseur son objectif principal n'était pas uniquement militaire  il permettait surtout à Rome de contrôler une région et d'en retirer des taxes, et sur un plan politique, d'isoler les rebelles du nord de la Bretagne de tout sujet déloyal de l'Empire qui voudrait entrer en leur contact pour coordonner une révolte.
L'abandon du Mur d'Antonin
La construction du Mur d'Antonin prit douze ans. Mais dès son achèvement, les difficultés commencèrent. Vers 160 apr. J.-C., sous le règne de Marc Aurèle, les tribus du nord  principalement les Pictes  exercèrent une pression croissante que les garnisons du Mur d'Antonin ne purent contenir. Le mur fut abandonné et les troupes romaines se replièrent derrière le Mur d'Hadrien qui redevint la frontière permanente de l'Empire en Bretagne.
Cette retraite définitive ne signifiait pas la fin de toute activité militaire romaine au nord du Mur d'Hadrien. Des forts avancés comme Newstead (Trimontium) continuèrent d'être occupés pendant des périodes, et des patrouilles franchissaient régulièrement le mur. Mais la frontière fixe et permanente de la Bretagne romaine resta désormais le Mur d'Hadrien jusqu'au retrait des légions au début du Ve siècle.
https://zweilawyer.com/2016/04/29/battaglie-nella-britannia-tardo-antica-367-476-d-c/
La Bretagne après la fin de la domination romaine
La période qui suivit la fin de la domination romaine en Bretagne fut riche en batailles et en luttes intestines visant à obtenir la domination de l'île ou d'une partie de celle-ci.
Le départ des dernières légions de Bretagne ne fut pas un fait inattendu et soudain, comme certains livres voudraient nous le faire croire. Déjà à la fin du IIIe siècle, face aux incursions maritimes continuelles des Francs et des Saxons, l'Empire avait organisé le Litus Saxonicum, un système de fortifications situées des deux côtés de la Manche, qui servait à défendre les possessions romaines et à coordonner les activités de la classis britannica (la flotte stationnée en Bretagne).
battaglie britannia
La Bretagne au début du Ve siècle. Au sud-est, on distingue clairement le Litus Saxonicum

 
 
Le Litus Saxonicum fut mis à rude épreuve tout au long du IVe siècle, au point que les envahisseurs parvinrent même à tuer le Comes litoris Saxonici per Britannias (commandant du Litus Saxonicum) Nectaridus en 367. Bien que se trouvant dans une situation plutôt compliquée, en 383 de nombreuses troupes britanniques se joignirent à Magnus Maximus dans sa tentative d'usurper le trône impérial. Malgré l'échec, les soldats ne revinrent plus en Bretagne. Le processus de dégarnissement des garnisons se poursuivit, en raison également de la situation de plus en plus difficile en Gaule et dans les autres provinces : les barbares fédérés voulaient plus de droits, ceux qui restaient hors des frontières voulaient y entrer, et Rome se trouvait dans une situation d'instabilité politique continuelle. Ce fut un énième usurpateur britannique, Constantin III, qui emmena les dernières légions sur le continent.
 Solidus de Constantin III

 
 
Par ailleurs, ce même Constantin III, connu aussi sous le nom de Constantin II, devint l'un des souverains mythiques de la Bretagne, au point que certaines légendes le considèrent comme le père d'Ambrosius Aurelianus et d'Uther Pendragon. En 410 donc, il n'y avait plus de contingents romains en Bretagne. De nombreux soldats restèrent probablement sur place, en particulier ceux qui avaient épousé des femmes du lieu, et la nombreuse population bretonno-romaine demeura également. Le vrai problème résidait dans la présence de nombreuses tribus, unifiées par l'autorité romaine et désormais de nouveau prêtes à se combattre entre elles.
Dans une telle situation, il fut impossible de s'accorder sur un souverain unique capable de maintenir les institutions romaines et de coordonner l'activité d'une nouvelle armée — seule possibilité pour endiguer les incursions continuelles non seulement des Jutes, des Angles et des Saxons, mais aussi des Scots et des Pictes, qui franchissaient désormais sans problème le mur d'Hadrien.
C'est à cette époque, vers 429, qu'arriva en Bretagne l'évêque Germain d'Auxerre, père spirituel et bon commandant militaire. Il parvint à rassembler une armée, en recrutant très probablement des soldats et des fils de soldats qui conservaient encore une certaine familiarité avec le métier des armes, et les conduisit à une victoire importante contre les forces conjointes des Angles et des Pictes au cri de « Alléluia » (on parle en effet de la Bataille de l'Alléluia).
La Bataille de l'Alléluia

 
Hormis cette victoire, pendant près de trente ans la Bretagne fut déchirée par des luttes entre clans et des invasions barbares. De cette période, nous avons très peu d'informations, mais il semble que l'activité commerciale fondée sur les paiements monétaires ait cessé, de même que le fonctionnement des bains publics, la production de céramique et l'entretien des routes. Après quatre cents ans de latin comme langue officielle, on revint à l'ancien idiome. Les Bretons, peuple de langue celtique qui s'était tant de fois révolté contre le pouvoir de Rome, pouvaient retourner à leurs origines.
Vers 440 émergea la figure d'un chef tribal qui reste aujourd'hui encore à mi-chemin entre histoire et mythe, celle de Vortigern. Mais un chef tribal reste un chef tribal, quel que soit le pouvoir qu'il puisse avoir : il a déjà bien assez de difficultés à maintenir les siens unis, sans avoir besoin d'ennemis extérieurs. En effet, il semble que le bon Vortigern était tellement en difficulté face aux tribus du nord qu'il eut la brillante idée d'appeler justement les Saxons comme soldats mercenaires  lesquels n'hésitèrent pas à débarquer sur l'île avec trois navires chargés d'hommes. C'étaient d'excellents combattants, menés par les frères Hengist et Horsa, et ils servirent Vortigern avec succès. En échange, Vortigern épousa la fille du roi saxon et leur céda le Kent, l'île de Wight et celle de Thanet.
Les Saxons provenaient du nord de l'Allemagne et du Danemark (Jutland). La division en trois tribus distinctes ne change rien au fait que les Jutes, les Saxons et les Angles appartenaient à la même population, comme l'ont démontré récemment certaines études sur l'ADN. Ils parlaient des dialectes très proches de la même langue, et il est très compliqué de distinguer les découvertes archéologiques relevant de l'une ou l'autre tribu. La seule différenciation semble être la meilleure facture des biens retrouvés dans les tombes des Jutes, ce qui s'explique cependant facilement par les contacts commerciaux avec le nord de la Gaule. Ne commet donc aucune erreur l'historien qui préfère le terme « Saxons » à « Anglo-Saxons » ou au peu élégant (mais plus correct que ce dernier) « Juto-Anglo-Saxons ».
Vortigern 
 
Le but des deux frères était cependant tout autre : fonder un royaume indépendant. Ils avaient besoin d'une armée, mais il ne leur fut pas difficile de convaincre leurs compatriotes restés sur le continent de les rejoindre en Bretagne, une île fertile et pratiquement sans défense.
À la fin, Vortigern ne parvint plus à payer les mercenaires, qui se mutinèrent. La population britannique, opprimée par les barbares, en vint même à demander, en 446 (ce qu'on appelle le Gemitus Britannorum, « le gémissement des Bretons »), l'aide du général romain Flavius Aetius, alors occupé à combattre les Huns. L'année suivante, ce fut l'évêque-commandant Germain qui rejoignit la Bretagne, probablement pour maintenir l'unité des Bretonno-romains et organiser une forme de défense. En réalité, il faut souligner que les historiens ne sont absolument pas certains de ce second séjour anglais de l'évêque.

Il reste que, vers 450, toute la partie orientale de la Bretagne était dominée par les Saxons. Ces derniers parvinrent aussi à repousser définitivement les Pictes au-delà du mur d'Hadrien, en les battant en 452. Selon certains récits, en 454 Hengist parvint à décapiter la chaîne de commandement des Bretons lors de la « Nuit des longs couteaux » (le même nom fut repris plus tard pour les meurtres nazis de 1934).

La « Nuit des longs couteaux » de 454 en Bretagne

C'est un excellent sujet à approfondir, car cet épisode est bien plus riche — et bien plus légendaire que factuel — que ne le laissait deviner la simple mention dans le texte traduit précédemment.

La source unique et tardive : Nennius

L'événement n'est connu que par un seul texte ancien, l'Historia Brittonum, attribuée à l'historien gallois Nennius, compilée au début du IXe siècle — soit environ quatre siècles après les faits supposés. Aucune source contemporaine du Ve siècle, ni même Gildas au VIe siècle, n'en parle. C'est un point capital : les historiens modernes considèrent cet épisode comme un récit largement légendaire, voire entièrement inventé a posteriori pour expliquer et dramatiser la perte de contrôle des Bretons sur leur île.

Le déroulement du piège

Le récit de Nennius est saisissant de précision théâtrale :

  • Hengist convoque Vortigern et « trois cents anciens » (chefs et nobles bretons) à une conférence de paix, sur la plaine de Salisbury selon les versions ultérieures
  • Condition posée : venir sans armes, pour symboliser la confiance mutuelle — Saxons et Bretons devaient s'asseoir mêlés, homme à homme
  • Le piège : chaque Saxon avait dissimulé un long couteau (un seax, d'où le nom de l'événement) dans sa botte
  • Au signal convenu — Hengist criant « Eu nimet saxas! » (« Sortez vos couteaux ! ») — chaque Saxon égorge son voisin breton
  • Vortigern seul est épargné, capturé vivant, et contraint de céder plusieurs territoires (dont l'Essex, le Sussex et le Middlesex) en rançon de sa vie

Un chiffre qui varie selon les versions

  • Nennius (IXe siècle) : 300 chefs bretons tués
  • Geoffroy de Monmouth (XIIe siècle, Historia Regum Britanniae) : jusqu'à 460 nobles massacrés, une version plus tardive et plus romancée qui ajoute des détails héroïques — notamment un survivant, Eldol, comte de Gloucester, qui se serait frayé un chemin hors du carnage en improvisant une arme avec un pieu de bois trouvé sur place, avant de rejoindre plus tard Ambrosius Aurelianus et Uther Pendragon pour venger le massacre.

Une postérité linguistique frappante

C'est là le plus étonnant : l'expression galloise originale, twyll y cyllyll hirion (« la trahison des longs couteaux »), a traversé les siècles jusqu'à inspirer directement le nom donné à la purge sanglante de juin 1934 en Allemagne nazie — la « Nuit des longs couteaux » historique que l'on connaît aujourd'hui. Le nom nazi n'est donc pas une coïncidence : c'est un emprunt conscient à ce récit médiéval de trahison sanglante lors d'un banquet de « paix ».

Ce qu'il faut retenir sur sa fiabilité

Comme le texte traduit le signalait déjà avec prudence, même Bède — pourtant notre meilleure source sur cette période — ne mentionne pas cet épisode. La plupart des historiens modernes y voient un récit à valeur morale et politique plutôt qu'un événement vérifiable : il sert dans l'Historia Brittonum à cristalliser l'image des Saxons comme des traîtres perfides par nature, et à expliquer — de façon dramatique et exemplaire — comment les Bretons perdirent le contrôle de leur île après avoir commis l'erreur fatale d'accueillir des mercenaires étrangers.

La suite du récit chez Geoffroy de Monmouth : la vengeance et l'aube du cycle arthurien

Ce que Nennius racontait sobrement en quelques lignes, Geoffroy de Monmouth le transforme au XIIe siècle en une véritable saga de vengeance, dans son Historia Regum Britanniae — et c'est là que le massacre de 454 devient le point de départ direct de la légende arthurienne.

L'évasion héroïque d'Eldol

Chez Geoffroy, la conférence rassemble jusqu'à 460 nobles bretons. Piégé comme les autres, mais plus vif ou plus chanceux, Eldol, comte de Gloucester, trouve un pieu de bois abandonné sur le sol et s'en sert comme massue improvisée. Il tue soixante-dix Saxons en se frayant un chemin hors du carnage, avant de rejoindre son cheval et de s'échapper vers sa propre cité de Gloucester. Il devient dès lors l'unique noble breton survivant, aux côtés de Vortigern lui-même — mais l'un est captif, l'autre libre et animé d'une haine tenace envers Hengist.

L'arrivée d'Ambrosius Aurelianus et Uther

Geoffroy relie directement cet épisode à l'origine du personnage d'Ambrosius Aurelianus (appelé Aurelius Ambrosius dans son récit) et de son frère Uther — le futur père d'Arthur. Selon cette version, les deux frères sont fils d'un roi Constantin ; leur frère aîné Constans est assassiné sur instigation de Vortigern, et les deux cadets, encore enfants, sont exilés en Armorique (Bretagne continentale) pour leur sécurité. Devenus adultes, ils reviennent en Grande-Bretagne à la tête d'une armée pour renverser Vortigern, désormais affaibli. C'est à cette occasion qu'ils rencontrent et se lient d'amitié avec Merlin, dans un des premiers maillons du cycle arthurien tel qu'il se cristallisera par la suite.

La mort de Vortigern

Ambrosius, avant même de s'en prendre à Hengist, choisit de régler ses comptes avec Vortigern en premier. Il assiège la dernière forteresse du roi déchu (au site de Ganarew, selon certaines identifications modernes). Ne parvenant pas à percer les murs, Ambrosius fait entasser du bois autour de la tour et y met le feu, tandis que ses archers tirent des flèches enflammées à l'intérieur — Vortigern périt dans les flammes avec ses épouses et ses partisans.

Deux batailles contre Hengist

Ambrosius affronte ensuite Hengist en deux temps :

  1. Bataille de Maisbeli (probablement près de Sheffield) — les Bretons l'emportent, forçant Hengist à se replier
  2. Bataille de Kaerconan / Cunungeburc (identifiée à Conisbrough, dans le Yorkshire actuel) — combat plus équilibré, où Hengist croit un temps pouvoir l'emporter, jusqu'à l'arrivée de renforts bretons venus d'Armorique qui font basculer la bataille

La vengeance personnelle d'Eldol

C'est finalement Eldol lui-même qui retrouve Hengist au cœur de la mêlée. Après un combat acharné, il parvient à l'agripper par le heaume et à le traîner de force dans les rangs bretons, le capturant vivant. Ambrosius le fait ensuite décapiter — certaines versions locales situent la sépulture de Hengist sous un tertre appelé « Hengist's Mound » près de Conisbrough, un site que Geoffroy présente comme fortifié par Ambrosius lui-même après sa victoire.

Ce qui en fait l'origine du cycle arthurien

Cette séquence — exil des jeunes princes, retour vengeur, rencontre avec Merlin, victoire sur les Saxons — constitue chez Geoffroy de Monmouth le prologue direct à l'histoire d'Uther Pendragon puis d'Arthur lui-même. Ambrosius devient roi après sa victoire, avant qu'Uther ne lui succède ; c'est cette même lignée, dans la tradition galloise, qui fait parfois remonter la paternité mythique de la Bretagne post-romaine jusqu'à Constantin III — exactement le lien que soulevait le texte italien traduit plus tôt dans notre échange.

Une réserve historique importante

Il faut garder à l'esprit que cette suite dramatique n'existe que chez Geoffroy de Monmouth, six siècles après les faits, et dans un ouvrage largement reconnu comme une œuvre de pseudo-histoire à visée littéraire et politique plutôt qu'une chronique fiable. Bède, notre source la plus sérieuse pour cette période, mentionne bien Ambrosius Aurelianus comme chef de la résistance bretonne — mais rien des détails spectaculaires de la vengeance d'Eldol ou de la mort de Hengist à Conisbrough, qui relèvent entièrement de l'élaboration littéraire de Geoffroy.

 

Lors d'une rencontre, le chef saxon parvint à prendre par surprise des centaines de chefs britanniques, qu'il fit massacrer par ses hommes. Il s'agit d'un événement non avéré (Bède, par exemple, n'en parle pas), mais il semble que Vortigern soit mort justement en 454.

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Débarquements et implantations des Angles, des Saxons et des Jutes au Ve siècle

 
 
La première véritable bataille entre Vortimer, fils de Vortigern, et l'armée de Hengist fut livrée en 455 à Aegelesthrep ou Aylesford (le gué d'Aegle). Horsa et le fils de Vortigern, Catigern, y perdirent la vie, mais les chroniques ne nous disent pas laquelle des deux armées remporta la victoire.
En 457, les deux armées s'affrontèrent de nouveau près de Crecganford (Crayford). Cette fois, les Angles parvinrent à faire un massacre parmi les Britanniques, en tuant plus de 4 000  un nombre vraiment élevé compte tenu de la période historique.
Une troisième bataille se déroula en 466, à Wippedsfleot, mais il s'agissait d'un affrontement de moindre ampleur, avec 200 à 300 guerriers au total. Aucune source ne rapporte l'issue de la bataille, mais certaines mentionnent la mort de douze chefs britanniques.
Il ne faut pas s'étonner du nombre d'hommes engagés par les commandants dans ces batailles de l'Antiquité tardive. Les grandes batailles rangées étaient devenues de plus en plus rares durant les derniers siècles de l'Empire, et dans une province comme la Bretagne, les véritables guerriers, entraînés à l'art de la guerre, devaient être peu nombreux. Ce que nous qualifions de « batailles » dans les chroniques romaines serait passé pour de simples escarmouches, à peine dignes d'une mention — mais il ne faut pas oublier que ces affrontements de 200 à 500 soldats jetèrent les bases d'une nouvelle nation, trouvant souvent une large place dans les chroniques ultérieures.
1 anglo saxon warriors
Guerriers anglo-saxons
 
Pour en revenir au conflit entre Anglo-Saxons et Britanniques, il y eut une quatrième bataille vers 473. Hengist et Aesc, son fils, infligèrent aux Bretons une lourde défaite. Beaucoup d'entre eux s'enfuirent, laissant les barbares piller leurs terres. Il semble que Vortimer perdit également la vie à cette occasion, laissant ses hommes sans chef.
Nous voici arrivés en 476. Tandis qu'à Rome  Odoacre s'apprêtait à déposer du trône Romulus Augustule, en Bretagne une nouvelle vague d'Anglo-Saxons était sur le point de s'abattre...
Beaucoup seront tentés d'imaginer les Saxons comme d'énormes guerriers couverts de fer, et les pauvres Bretonno-romains comme de petits hommes en tunique à la merci des barbares. En réalité, l'armement des deux populations devait être plutôt semblable à celui des soldats romains du Ve siècle. 
Umbos de bouclier et têtes de hache provenant de la tourbière de Nydam
 
Le contact avec une armée organisée et bien armée avait dû conduire les barbares  y compris les envahisseurs de la Bretagne — à utiliser un équipement similaire. La base était représentée par le binôme bouclier-lance.
Une protection en cuir durci, portée éventuellement par-dessus une tunique rembourrée, constituait une excellente protection, surtout associée à un couvre-chef réalisé dans le même matériau. Voilà, un guerrier ordinaire se présentait probablement sur le champ de bataille avec cet équipement, auquel s'ajoutaient peut-être des javelots.
Les commandants, les officiers et les soldats les plus fortunés pouvaient se permettre davantage. Les rembourrages et les lanières de cuir laissaient place à des lorica hamata ou squamata (cottes de mailles ou d'écailles superposées), et les couvre-chefs à des casques métalliques de type Intercisa et Spangenhelm. On en a retrouvé un exemplaire du premier type près du fort de Gariannonum (qui faisait partie du Litus Saxonicum), sur la côte de l'East Anglia, très semblable à ceux retrouvés dans les Balkans et en Hongrie, inspirés de la mode militaire perse. Le casque de Gariannonum était formé de quatre plaques de fer réunies par une crête centrale (on parle de « casques à crête ») et de deux bandes latérales, avec l'ajout d'une protection pour la nuque et pour les joues.
La spatha était plutôt rare et davantage répandue dans le sud de l'île que dans le nord, du moins d'après les découvertes tombales (les épées sont présentes dans 22 % des tombes au sud, contre seulement 3 % au nord). Dans Battles of the Dark Ages, l'auteur nous informe qu'une épée coûtait l'équivalent d'une Ferrari, et c'est peut-être précisément pour cette raison qu'un processus de personnification de l'arme se mit en place chez les peuples germaniques (les sagas du nord semblent le confirmer). Au Ve siècle, la plupart des épées étaient forgées sur le modèle des épées romaines, avec de splendides lames damassées (pattern welded), mais les poignées devinrent beaucoup plus décorées et précieuses qu'elles ne l'étaient dans l'Empire, précisément pour souligner le caractère unique de chaque lame.
Reproduction d'une spatha romano-barbare du VIe siècle
   


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