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Les anciens Égyptiens furent des acteurs militaires pendant deux millénaires, influençant la vie de toute une partie du monde antique. Loin de n’être que des bâtisseurs de pyramides, ils développèrent un art de la guerre sophistiqué qui culmina sous le Nouvel Empire.
Les grandes guerres égyptiennes Guerres d’unification (à partir de 4000 av. J.-C.) Conflits entre provinces sous la direction de princes locaux Première conclusion vers 3000 av. J.-C. : réunion de la Haute et Basse-Égypte
Naissance de l’Ancien Empire Bref rappel Chronologique
Guerres coloniales
Nubie : terre riche en or, bois et carrières de pierre Proche-Orient : approvisionnement en cuivre, routes commerciales Guerres de libération contre les Hyksos Guerres impériales contre les Hourri, Mitanni et Hittites Les dynasties guerrières Dynastie Thoutmoside (XVIIIe dynastie)
Dynastie Ramesside (XIXe et XXe dynasties)
L’armée était formée par le roi avec sa garde, de quatre divisions et de corps spéciaux d’assaut. C’est sous le Nouvel Empire, lors des guerres des Thoutmosides et des Ramsessides, qu’elle atteignit son organisation la plus perfectionnée.
Le Pharaon — Chef suprême
Le Chef de l’État-Major et commandant suprême de l’armée était le roi. Il commandait en personne ses forces sur le champ de bataille principe fondamental gravé par Sésostris III sur un rocher à Semna :« Celui qui se retire après l’attaque est celui qui fortifie le cœur de l’ennemi. Être agressif équivaut à être valeureux, se retirer équivaut à lâcheté. »
La preuve archéologique la plus frappante : la momie du pharaon Seqenenrê, conservée au Musée du Caire, avec le crâne défoncé par un coup de hache ou de masse d'armes — il est mort au combat contre les Hyksos vers 1580 av. J.-C., et fut momifié sommairement sur place avant d'être ramené à Thèbes. Rôles du Pharaon
Commandant suprême sur le champ de bataille Chef de la garde royale Premier prêtre en campagne Distributeur des récompenses après la victoire Combattant personnel souvent seul sur son char sans écuyer Entraînement du Pharaon Tir à l’arc intensif Chasses dangereuses aux lions et taureaux sauvages Maniement des armes en toutes circonstances 2.2 Le Lieutenant général
Le Pharaon était secondé par un Lieutenant général avec des responsabilités administratives et militaires. Il présidait l’État-Major composé des quatre commandants de division et autres généraux.
Responsabilités
Coordination des 4 commandants de division Supervision de la logistique de l’armée Gestion des scribes et officiers de recrutement Commandement d’un corps de fantassins légers à sa disposition La Garde royale
La garde royale comprenait l’élite absolue de l’armée égyptienne, placée directement sous les ordres du Pharaon.
Composition
Les fils du Pharaon les princes royaux Des chars d’élite les meilleurs équipages Des mercenaires à armement lourd Indo-européens et Libyens Les Corps spéciaux d’assaut Les corps spéciaux d’assaut opéraient de façon autonome et avec toute probabilité se formaient et s’organisaient différemment selon le plan de guerre. Ils dépendaient directement du commandement suprême.
Caractéristiques
Autonomie totale — indépendants des divisions classiques Organisation flexible selon la mission Rattachement direct au Pharaon Missions spéciales : sièges, débarquements, opérations surprises Les quatre divisions
L’armée alignait quatre grandes divisions, chacune placée sous la protection tutélaire d’un dieu, patron de la ville où elle avait ses quartiers.
Division Amon La plus prestigieuse
Division Rê La division solaire
Division Ptah La division des artisans
Division Seth La division du désert
Structure interne d’une division
Chaque division était organisée de façon identique, selon une structure tripartite très élaborée.
4.1 La Brigade d’infanterie
Les mercenaires sont majoritaires !
Les mercenaires représentaient plus de 60 % des effectifs. Ils étaient non amalgamés regroupés en compagnies autonomes avec leurs propres officiers. Origines : Libyens, Indo-européens. Les Nubiens servaient dans les forces de police.
Armement de l’infanterie
Casque de cuir ou de bronze
Lance à pointe de bronze — arme principale Grand bouclier de bois Poignard de bronze sans garde Hache à lame semi-lunaire de bronze Cuirasse d’écailles de bronze — portée parfois Arc et flèches (infanterie légère)
Carquois adopté sous le Nouvel Empire sur modèle sémitique 4.2 La Compagnie de chars
Le char égyptien chef-d’œuvre de légèreté
L’équipage du char
Évolution technologique du char
Le Corps d’archers
Le corps d’archers avait des effectifs variables et une organisation non fixe — la partie la moins documentée de la division, mais l’une des plus redoutables.
Position en bataille
L’arc égyptien
Administration et logistique
L’armée égyptienne disposait d’une bureaucratie militaire remarquablement sophistiquée, anticipant de nombreux siècles les armées modernes.
Les scribes — colonne vertébrale administrative
Hiérarchie des grades
Le camp en campagne
Les fabriques d’armes
Système de récompenses
Comptage des victoires
Les ennemis tombés étaient dénombrés en coupant la main droite des morts. Les mains rassemblées dans des sacs étaient apportées à la chancellerie et comptées officiellement. Ce système a encore été utilisé vers 1950 dans certains conflits modernes.
Armement et évolution tactique
Armement de base (Ancien et Moyen Empire)
Armement du Nouvel Empire (après les Hyksos)
Les grandes batailles
Bataille de Qadésh (1296 av. J.-C.)
Bataille du Delta (XIIe siècle av. J.-C.)
L’organisation tactique en bataille
Formation de combat
Innovation de Ramsès III
La vie du soldat égyptien
Le quotidien
Un texte littéraire du Nouvel Empire décrit avec humour et amertume la vie du soldat :
« Allons, laissez-moi vous décrire l’infortune du soldat. Ses supérieurs sont nombreux : le général, le capitaine, l’enseigne, le lieutenant commandant, le fourrier… Ils entrent dans la tente royale prendre des ordres puis sortent et crient : « Allons, debout ! » Le pauvre homme se lève après à peine une heure de sommeil, et on le met à travailler jusqu’au coucher du soleil. Affamé et avec le ventre douloureux, il reçoit finalement au coucher du soleil sa ration, qui n’est pas bonne. Puis il est appelé au combat et il ne s’épargne pas… »
Après la bataille
L’éthique de guerre
Le document souligne que, contrairement aux Assyriens dont les chroniques abondent en épisodes de tortures et massacres, les sources égyptiennes ne parlent pas de tortures infligées aux prisonniers ni de massacres des villes prises. L’humanisme enseigné dans les écoles égyptiennes se retrouvait même sur les champs de bataille.
La poliorcetique — l’art des fortifications
Parmi les composantes de l’art militaire, l’Égypte ancienne perfectionna d’abord la poliorcetique, puis la tactique avec l’organisation, et encore après la stratégie.
Les premières forteresses
Le système défensif nubien
Une série de forteresses excellentes placées pour former des systèmes défensifs échelonnés comme barrages en profondeur contre les Nubiens le long du Nil.
Caractéristiques des forteresses
Héritage et importance historique
En trente ans de guerres, Thoutmosis III, premier grand stratège de l’histoire, avait créé un empire étendu du nord au sud sur 2 500 kilomètres. Dans les siècles suivants, n’auront plus grande extension que les empires d’Alexandre le Grand et des Césars.
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