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L’Armée Égyptienne Organisation militaire du Nouvel Empire XVIIIe et XIXe Dynastie Thoutmosides et Ramsessides (˜1500–1100 av. J.-C.)

Article fait par :Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 29/06/2026 à 23:12:47



 L’Armée Égyptienne  Organisation militaire du Nouvel Empire XVIIIe et XIXe Dynastie   Thoutmosides et Ramsessides (˜1500–1100 av. J.-C.)
Tableaux générés par l IA sur mes Indications
 
 
 
Les anciens Égyptiens furent des acteurs militaires pendant deux millénaires, influençant la vie de toute une partie du monde antique. Loin de n’être que des bâtisseurs de pyramides, ils développèrent un art de la guerre sophistiqué qui culmina sous le Nouvel Empire.
 Les grandes guerres égyptiennes
Guerres d’unification (à partir de 4000 av. J.-C.)
Conflits entre provinces sous la direction de princes locaux
Première conclusion vers 3000 av. J.-C. : réunion de la Haute et Basse-Égypte
Naissance de l’Ancien Empire
Bref  rappel Chronologique
 
Période
Date
Événement
Ancien Empire
~3000–2270 av. J.-C.
Premier royaume unifié
 
Moyen Empire
~2000–1700 av. J.-C.
Après crise interne
Invasion Hyksos
~1700–1555 av. J.-C.
Étrangers dans le Delta
Nouvel Empire
~1555–1069 av. J.-C.
Apogée militaire
 
Guerres coloniales
Nubie : terre riche en or, bois et carrières de pierre
Proche-Orient : approvisionnement en cuivre, routes commerciales
Guerres de libération contre les Hyksos
Guerres impériales contre les Hourri, Mitanni et Hittites 
 Les dynasties guerrières
Dynastie Thoutmoside (XVIIIe dynastie)
 
Dynastie Ramesside (XIXe et XXe dynasties)
 
L’armée était formée par le roi avec sa garde, de quatre divisions et de corps spéciaux d’assaut. C’est sous le Nouvel Empire, lors des guerres des Thoutmosides et des Ramsessides, qu’elle atteignit son organisation la plus perfectionnée.
Le Pharaon — Chef suprême
Le Chef de l’État-Major et commandant suprême de l’armée était le roi. Il commandait en personne ses forces sur le champ de bataille principe fondamental gravé par Sésostris III sur un rocher à Semna :« Celui qui se retire après l’attaque est celui qui fortifie le cœur de l’ennemi. Être agressif équivaut à être valeureux, se retirer équivaut à lâcheté. »
La preuve archéologique la plus frappante : la momie du pharaon Seqenenrê, conservée au Musée du Caire, avec le crâne défoncé par un coup de hache ou de masse d'armes — il est mort au combat contre les Hyksos vers 1580 av. J.-C., et fut momifié sommairement sur place avant d'être ramené à Thèbes.
Rôles du Pharaon
Commandant suprême sur le champ de bataille
Chef de la garde royale
Premier prêtre en campagne
Distributeur des récompenses après la victoire
Combattant personnel souvent seul sur son char sans écuyer

Entraînement du Pharaon
Tir à l’arc intensif
Chasses dangereuses aux lions et taureaux sauvages
Maniement des armes en toutes circonstances
2.2 Le Lieutenant général
Le Pharaon était secondé par un Lieutenant général avec des responsabilités administratives et militaires. Il présidait l’État-Major composé des quatre commandants de division et autres généraux.
Responsabilités
Coordination des 4 commandants de division
Supervision de la logistique de l’armée
Gestion des scribes et officiers de recrutement
Commandement d’un corps de fantassins légers à sa disposition
La Garde royale
La garde royale comprenait l’élite absolue de l’armée égyptienne, placée directement sous les ordres du Pharaon.
Composition
Les fils du Pharaon les princes royaux
Des chars d’élite les meilleurs équipages
Des mercenaires à armement lourd  Indo-européens et Libyens

 Les Corps spéciaux d’assaut
Les corps spéciaux d’assaut opéraient de façon autonome et avec toute probabilité se formaient et s’organisaient différemment selon le plan de guerre. Ils dépendaient directement du commandement suprême.
Caractéristiques
Autonomie totale — indépendants des divisions classiques
Organisation flexible selon la mission
Rattachement direct au Pharaon
Missions spéciales : sièges, débarquements, opérations surprises
Les quatre divisions
L’armée alignait quatre grandes divisions, chacune placée sous la protection tutélaire d’un dieu, patron de la ville où elle avait ses quartiers.
 
Division
Dieu
Ville de base
Localisation
Division Amon
Amon
Thèbes
Près de l’actuelle Louxor
Division Rê
Héliopolis
Près de l’actuel Caire
Division Ptah
Ptah
Memphis
Près de l’actuel Caire
Division Seth
Seth
Pi-Ramsès
Delta oriental
 
Division Amon  La plus prestigieuse
 Division Rê  La division solaire
 
 Division Ptah  La division des artisans
 
 Division Seth  La division du désert
 Structure interne d’une division
Chaque division était organisée de façon identique, selon une structure tripartite très élaborée.
 
4.1 La Brigade d’infanterie
 
Unité
Effectif
Composition
Brigade
5 000 hommes
1 900 Égyptiens + 3 100 mercenaires
Compagnie
250 hommes
5 pelotons + 1 commandant + 1 fourrier
Peloton
50 hommes
Unité de combat de base
 
Les mercenaires  sont  majoritaires !
Les mercenaires représentaient plus de 60 % des effectifs. Ils étaient non amalgamés  regroupés en compagnies autonomes avec leurs propres officiers. Origines : Libyens, Indo-européens. Les Nubiens servaient dans les forces de police.
Armement de l’infanterie
Casque de cuir ou de bronze
Lance à pointe de bronze — arme principale
Grand bouclier de bois
Poignard de bronze sans garde
Hache à lame semi-lunaire de bronze
Cuirasse d’écailles de bronze — portée parfois
Arc et flèches (infanterie légère)
Carquois adopté sous le Nouvel Empire sur modèle sémitique
 
4.2 La Compagnie de chars
 
Unité
Effectif
Détails
Compagnie
50 chars / 100 hommes
3 scribes : effectifs, chevaux, écuries
Section
5 chars / 10 hommes
1 officier par section
Char
2 hommes
Aurige-combattant + écuyer
 
Le char égyptien chef-d’œuvre de légèreté

 
L’équipage du char
 
Évolution technologique du char
Le Corps d’archers

 
 
Le corps d’archers avait des effectifs variables et une organisation non fixe — la partie la moins documentée de la division, mais l’une des plus redoutables.
 
Position en bataille
 
L’arc égyptien
 
 
 
 Administration et logistique
L’armée égyptienne disposait d’une bureaucratie militaire remarquablement sophistiquée, anticipant de nombreux siècles les armées modernes.
 
Les scribes — colonne vertébrale administrative
 
Niveau
Fonction
Responsabilité
Division
Scribe des effectifs
Recensement des soldats
Division
Scribe des vivres
Rations et nourriture
Compagnie de chars
Scribe des chevaux
Gestion des animaux
Compagnie de chars
Scribe des écuries
Entretien et logistique
Compagnie (infanterie)
Fourrier
Logistique quotidienne
 
Hiérarchie des grades
 
 
 Le camp en campagne
 
 Les fabriques d’armes
 
Système de récompenses
 
Comptage des victoires

 
 
Les ennemis tombés étaient dénombrés en coupant la main droite des morts. Les mains rassemblées dans des sacs étaient apportées à la chancellerie et comptées officiellement. Ce système a encore été utilisé vers 1950 dans certains conflits modernes.
 
 
 
 Armement et évolution tactique
 Armement de base (Ancien et Moyen Empire)
 
Arme
Description
Usage
Arc monoxyle
Bois courbé, simple ou double
Tir à distance 100–200 m
Flèche
Tige de roseau, pointe silex/bronze
Projectile principal
Lance
Pointe de bronze
Combat rapproché, infanterie lourde
Bouclier
Grand, en bois
Défense, infanterie lourde
Hache
Lame semi-lunaire bronze
Combat corps à corps
Poignard
Bronze sans garde
Arme secondaire/disciplinaire
 
Armement du Nouvel Empire (après les Hyksos)
 
Arme
Description
Usage
Char de guerre
Caisse légère, 2 roues, 2 chevaux
Rupture et poursuite
Cimeterre
Court, bronze ou fer
Réservé au roi et sa garde
Casque
Cuir ou bronze ; « couronne bleue » pour le roi
Protection individuelle
Cuirasse
Écailles de bronze ou cotte de cuir
Protection du torse
Carquois
Modèle sémitique adopté
Transport des flèches
Javelot
Lance courte
Jet à moyenne distance
Les grandes batailles
 
Bataille de Qadésh (1296 av. J.-C.)
 
Bataille du Delta (XIIe siècle av. J.-C.)

 
L’organisation tactique en bataille
 
Formation de combat
 
Innovation de Ramsès III
 
 
 
La vie du soldat égyptien
 
 Le quotidien
 
Un texte littéraire du Nouvel Empire décrit avec humour et amertume la vie du soldat :
 
« Allons, laissez-moi vous décrire l’infortune du soldat. Ses supérieurs sont nombreux : le général, le capitaine, l’enseigne, le lieutenant commandant, le fourrier… Ils entrent dans la tente royale prendre des ordres puis sortent et crient : « Allons, debout ! » Le pauvre homme se lève après à peine une heure de sommeil, et on le met à travailler jusqu’au coucher du soleil. Affamé et avec le ventre douloureux, il reçoit finalement au coucher du soleil sa ration, qui n’est pas bonne. Puis il est appelé au combat et il ne s’épargne pas… »
 
Après la bataille
 
L’éthique de guerre
 
Le document souligne que, contrairement aux Assyriens dont les chroniques abondent en épisodes de tortures et massacres, les sources égyptiennes ne parlent pas de tortures infligées aux prisonniers ni de massacres des villes prises. L’humanisme enseigné dans les écoles égyptiennes se retrouvait même sur les champs de bataille.
 
 
 
 La poliorcetique — l’art des fortifications
 
Parmi les composantes de l’art militaire, l’Égypte ancienne perfectionna d’abord la poliorcetique, puis la tactique avec l’organisation, et encore après la stratégie.
 
 Les premières forteresses
 
 
 Le système défensif nubien
 
Une série de forteresses excellentes placées pour former des systèmes défensifs échelonnés comme barrages en profondeur contre les Nubiens le long du Nil.
 
Forteresse
Date
Souverain
Shablul
~2100 av. J.-C.
Ancien Empire
Éléphantine, Biga, Ikkur, Kuban, Aniba, Faras
~1950 av. J.-C.
Sésostris I (1er dispositif)
Mirgissa, Dabnarti, Gammai, Shalfak, Kerma
~1950 av. J.-C.
Sésostris I (2e dispositif)
Semna, Uronarti, Semna el-Gharb, Serra, Saï
~1860 av. J.-C.
Sésostris III (3e dispositif)
Kénisa
~1530 av. J.-C.
Thoutmosis I
Sésébi
~1460 av. J.-C.
Aménophis IV
 
Caractéristiques des forteresses
 
 
 
 
Héritage et importance historique
 
En trente ans de guerres, Thoutmosis III, premier grand stratège de l’histoire, avait créé un empire étendu du nord au sud sur 2 500 kilomètres. Dans les siècles suivants, n’auront plus grande extension que les empires d’Alexandre le Grand et des Césars.