Rome Cité Fréjus Gallia Narbonensis Forum Julii

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 20/06/2026 à 22:09:34



Rome  Fréjus Gallia Narbonensis Forum Julii 
Merci à JC Golvin pour son autorisation

 
Octave et les Triumvirs — Le Contexte Politique
Le 27 novembre 43 avant Jésus-Christ (711 de Rome) le second Triumvirat était signé près de Bologne entre Octave, Lépide et Antoine. Les nouveaux Triumvirs se partageaient les provinces romaines. Dans la pensée d'Octave, très jeune,car  il n'avait que 19 ans, mais était déjà très maître de lui, ce Triumvirat n'était qu'une étape vers le pouvoir unique
Il s'agissait seulement de temporiser et de se débarrasser successivement des deux autres Triumvirs.Le nouveau partage fait après les deux victoires de Philippes (42 av. J.-C.) dépossédait Lépide ; le traité de Brindes (40 av. J.-C.) donna ensuite les Provinces orientales romaines à Antoine, il devait y rencontrer Cléopâtre. Octave restait seul désormais en Occident. Mais les deux triumvirs n’avaient pas compté avec Sextus Pompée. En 43 av. J.-C., le Sénat lui confia la flotte de César et la défense des côtes d’Italie. Fils de Pompée le Grand, il s’empara bientôt de la Sicile et fit de sa flotte un instrument de guerre maritime, au point que ses adversaires le dépeignirent comme un pirate.
Cette piraterie avait pour conséquence d'affamer Rome en la privant des convois de blé de Sicile et d'Espagne et de l'huile récoltée en Afrique et en Espagne. À la demande du peuple,affamé la paix fut signée avec Sextus Pompée (39 av. J.-C.), il recevait la Sicile, l'Achaïe et de l'argent, mais cet esprit inquiet ne put borner ses prétentions. Octave, continue Velleius Paterculus, prit le parti de tourner les armes contre ce rival menaçant. Il chargea donc M. Agrippa de construire des vaisseaux, de lever des soldats, des rameurs et des les exercer aux manœuvres et aux combats maritimes.
Voici un résumé de la situation géostratégique
 
La situation de Rome après la mort de César
La mort de Jules César, assassiné aux ides de mars 44 av. J.-C., plonge Rome dans une profonde crise politique. Sans le chef qui avait uni les factions autour de lui, la République vacille entre des ambitions rivales. Deux grandes forces s'affrontent alors pour le contrôle de l'Empire :
Le Second Triumvirat, alliance entre Octave (héritier de César), Marc-Antoine (son général), et Lépide (maître de l'Afrique).
Les forces pompéiennes, emmenées par Sextus Pompée, fils de Pompée le Grand, qui refuse de se soumettre aux héritiers du dictateur.
Sextus Pompée n'est pas un adversaire anodin. Héritier d'un nom illustre, il bénéficie du prestige de son père, le grand rival de César, et rassemble autour de lui tous ceux qui s'opposent au régime triumviral : anciens sénateurs, proscrits, exilés politiques, pirates méditerranéens. Il est vrai que certains républicains sincères  partisans de Brutus et Cassius après Philippes le rejoignirent. Mais Sextus lui-même n'incarnait pas l' idéal républicain  c'etaiti plutot un condotierre opportuniste Par contre il incarne la résistance  face à la concentration du pouvoir entre les mains d'Octave et de Marc-Antoine.
La maîtrise de la mer par Sextus Pompée
Installé en Sicile, Sextus Pompée contrôle une position stratégique extraordinaire. La Sicile est, à cette époque, le grenier à blé de Rome : une grande partie des céréales qui nourrissent la population romaine transite par l'île. En contrôlant la Sicile et les routes maritimes environnantes, Sextus dispose d'une arme redoutable :
Il bloque les convois de blé en route vers Rome.
Il intercepte les navires marchands, les pille ou les détourne.
Il mène des raids contre les côtes italiennes, semant la terreur et l'insécurité.
Cette stratégie est efficace : progressivement, les réserves de blé à Rome diminuent, les prix flambent, et la population commence à souffrir de la faim. Le peuple romain, habitué aux distributions de blé subventionné,(annone) vit une crise alimentaire grave qui menace la paix sociale et la légitimité du Triumvirat.
Aussi en 39 av. J.-C. il est singé un compromis
Car  à Rome, la situation devient insupportable. Des rassemblements populaires éclatent dans les rues. Le peuple affamé interpelle les triumvirs, les accuse d'être responsables de la famine et réclame la paix à tout prix. Cette pression est une force politique réelle : Octave et Marc-Antoine ne peuvent ignorer un peuple qui se soulève, car leur pouvoir repose en partie sur le soutien des masses romaines.
C'est sous cette pression populaire directe que les triumvirs décident de négocier avec Sextus Pompée, abandonnant temporairement leur objectif de l'écraser militairement. Cette décision est le signe de la faiblesse momentanée du Triumvirat : sans une flotte suffisamment puissante pour rivaliser avec Sextus en mer, la guerre navale serait trop risquée.
La paix est conclue à Misène en 39 av. J.-C. entre Octave, Marc-Antoine et Sextus Pompée. Les termes accordés à Sextus sont généreux, car les triumvirs négocient depuis une position de faiblesse :
La Sicile, qu'il contrôle déjà de fait, lui est officiellement reconnue.
L'Achaïe (Grèce centrale et méridionale), territoire stratégique et riche.
Une somme d'argent importante.
La promesse d'être intégré dans les institutions romaines.
En échange, Sextus doit mettre fin au blocus maritime et permettre aux convois de blé d'atteindre Rome. Pour le peuple romain, c'est une grande victoire : la famine est évitée. Pour les triumvirs, c'est une décision douloureuse mais nécessaire.
Mais la paix est fragile car  Cet esprit inquiet ne put borner ses prétentions. d'apres Velleius Paterculus qui résume en une formule saisissante le caractère de Sextus Pompée qui est par nature insatiable. Pour lui, la paix de Misène n'est pas un aboutissement, mais une étape. Ses ambitions vont bien au-delà de la Sicile et de l'Achaïe. Il aspire probablement à :
Une reconnaissance comme égal des triumvirs, au sein d'un éventuel quatuor dirigeant.
Le contrôle total des mers occidentales de la Méditerranée.
Une influence décisive sur la politique romaine, à l'image de ce qu'avait été son père.
Sextus continue donc à harceler les côtes italiennes, à intercepter des navires et à démontrer par ses actes qu'il ne respectera pas vraiment les termes du traité. Cette attitude rend la rupture inévitable.
Aussi Octave dcide de passer à l'action. Octave (Gaius Octavius, futur Auguste) a alors environ vingt-quatre ans. Il est l'Héritier politique de César, il a dû s'imposer avec ténacité face à des adversaires plus expérimentés. Après des années d'alliance et de tensions avec Marc-Antoine, il contrôle principalement l'Italie et l'Occident. Sa légitimité repose sur :
Son adoption testamentaire par César, qui fait de lui le fils du divin Jules.
Sa capacité à entretenir les légions et à maintenir la discipline militaire.
Son habileté politique à rallier l'opinion romaine à sa cause.
Mais en 39, il a une faiblesse majeure : il ne dispose pas d'une flotte capable d'affronter Sextus en mer. Tout son pouvoir repose sur des légions terrestres, inutiles face à la puissance navale sicilienne.
Mais pourquoi cette décision
La décision de rompre avec Sextus et de lancer une guerre navale est stratégiquement logique pour Octave. Plusieurs raisons convergent :
Raison stratégique : Sextus contrôle la Sicile et les routes maritimes. Tant qu'il reste puissant, Octave ne peut pas sécuriser l'Italie ni garantir l'approvisionnement en blé. C'est une épée de Damoclès permanente.
Raison politique : Sextus Pompée, porteur d'un nom glorieux, peut à tout moment se transformer en pôle de ralliement pour tous les ennemis d'Octave. Il faut l'éliminer comme force politique avant qu'il ne devienne trop puissant.
Raison économique : La dépendance de Rome au blé sicilien est une vulnérabilité inacceptable. Contrôler la Sicile, c'est contrôler le pain du peuple romain, et donc son soutien.
Raison de légitimité : Une victoire militaire sur Sextus renforcerait considérablement l'image d'Octave comme défenseur de Rome et successeur légitime de César.
Pour mener cette guerre, Octave fait appel à son meilleur ami et lieutenant : Marcus Vipsanius Agrippa. Ce choix est fondamental. Agrippa n'est pas seulement un général talentueux : c'est un organisateur hors pair, un ingénieur militaire de génie, et un stratège qui comprend que la guerre contre Sextus sera avant tout une guerre maritime.
La confiance d'Octave envers Agrippa est totale et sans équivoque. Il lui délègue la totalité de la préparation et du commandement de la guerre navale, ce qui témoigne d'une relation unique dans l'histoire de Rome.
Qui est ce Marcus Vipsanius Agrippa (environ 64–12 av. J.-C.)
Il est l'un des personnages les plus importants de la Rome antique, souvent sous-estimé face à la figure d'Auguste. Homme de condition modeste mais de talent exceptionnel, il doit tout à sa compétence et à son amitié fidèle avec Octave. Il excelle dans plusieurs domaines :
La stratégie militaire terrestre et navale.
L'ingénierie et l'architecture (il sera plus tard l'architecte du Panthéon).
L'organisation et la logistique des grandes campagnes.
Aussi entre 38–37 av. J.-C., il se consacre entièrement à la préparation de la guerre contre Sextus Pompée. C'est sans doute l'une des plus grandes entreprises militaires de l'Antiquité romaine.
La première mission d'Agrippa est de doter Rome d'une flotte de guerre capable d'affronter celle de Sextus Pompée, qui est expérimentée, nombreuse et parfaitement manœuvrante. Cette tâche est colossale.
Agrippa fait construire, dans le port de Pouzzoles et le lac Averne transformé en port artificiel, appelé Portus Iulius, une flotte entière de navires de guerre. Les types de navires construits comprennent principalement :
Des quinquérèmes (cinq rangs de rames) pour les combats frontaux.
Des trirèmes légères pour la manœuvre et l'interception.
Des liburniens, navires rapides d'origine illyrienne, excellents pour les eaux peu profondes.
Agrippa innove également sur le plan technique : il adapte et améliore le corvus (grappin d'abordage) et développe l'harpago, une sorte de grappin projeté par catapulte pour immobiliser les navires ennemis avant l'abordage. Ces innovations changeront profondément la tactique navale romaine.
Sa deuxième mission,Recruter et former des soldats navals  car  une flotte sans combattants n'est qu'un ensemble de coques vides. Agrippa doit aussi constituer une armée de marine capable de mener des combats à bord des navires. Il recrute :
Des légionnaires habitués aux combats terrestres, reconvertis en une versions de marines(classiari).
Des archers et des frondeurs pour harceler les navires ennemis à distance.
Des spécialistes de l'abordage, formés à passer d'un navire à l'autre en combat rapproché.
Ces hommes doivent apprendre un art totalement différent de la guerre terrestre : l'équilibre sur un pont qui roule, le maniement des armes dans l'espace réduit d'un navire, les techniques d'abordage et de combat naval.
Ensuite il doit trouver et entraîner les rameurs
Les rameurs sont le moteur vivant des navires de guerre antiques. Un navire de guerre romain ne peut ni avancer rapidement, ni effectuer les manœuvres d'attaque ou d'esquive sans des rameurs parfaitement entraînés et coordonnés. Agrippa doit recruter des milliers d'entre eux :
Des hommes libres volontaires, attirés par la paye et les perspectives.
Des affranchis et des esclaves libérés pour l'occasion.
Des habitants des côtes, naturellement familiers avec la mer.
La coordination des rameurs est cruciale. Sur une trirème, trois rangs de rameurs (thranites, zygites, thalamites) doivent ramer en parfaite synchronisation, sous les ordres d'un céleuste qui bat la cadence. Un faux mouvement peut désorganiser toute la manœuvre.
Une fois qu'il fait tout le travail d approche il doit entraîner cette masse aux manœuvres et combats maritimes
C'est peut-être l'aspect le plus décisif de la préparation d'Agrippa. Il ne lance pas sa flotte en combat avant qu'elle ne soit prête. Pendant plusieurs mois, il organise des exercices réguliers et intensifs dans les eaux protégées du lac Averne et du golfe de Pouzzoles :
Manœuvres de formation en ligne de bataille, pour apprendre à tenir sa place dans la flotte.
Exercices de vitesse et de virages brusques, pour éviter les éperons ennemis.
Simulations d'abordage, pour que les soldats s'habituent aux conditions réelles.
Coordination entre rameurs et combattants, pour que les deux équipes fonctionnent comme un tout.
Cet entraînement intensif transforme une flotte de recrues en une force navale redoutable. La discipline, la coordination et la confiance des équipages seront décisives lors des batailles à venir.comme ac Actium plus tard
La guerre contre Sextus Pompée commence en 38 av. J.-C.)
Mais les premières campagnes de 38 av. J.-C. sont des échecs car avant qu'Agrippa ait fini sa préparation, Octave tente une première offensive navale en 38 av. J.-C. Les résultats sont catastrophiques : deux flottes romaines sont détruites par les tempêtes et les attaques de Sextus. Ces défaites montrent qu'une flotte insuffisamment préparée ne peut pas affronter les marins aguerris de Sextus.
Ces revers convainquent définitivement Octave de donner carte blanche à Agrippa et d'attendre que la préparation soit totalement achevée avant toute nouvelle offensive. C'est une décision de sagesse stratégique.
En 36 av. J.-C., la flotte d'Agrippa est enfin prête. La campagne est planifiée sur trois axes simultanés pour empêcher Sextus de concentrer toutes ses forces :
Agrippa commande la flotte principale depuis l'ouest.
Lépide avance depuis l'Afrique au sud.
Octave tente un débarquement sur les côtes siciliennes à l'est.
Cette stratégie de tenailles vise à disperser les forces de Sextus et à l'empêcher de manœuvrer librement. Bien qu'Octave subisse encore des revers dans sa partie de la campagne, Agrippa remporte des victoires navales décisives.
La bataille décisive se déroule à Nauloque, sur la côte nord de la Sicile, le 3 septembre 36 av. J.-C. Agrippa affronte la flotte de Sextus Pompée commandée par Démochares et Apollophane. Le combat est acharné, mais les innovations tactiques d'Agrippa font la différence :
L'harpago immobilise les navires ennemis avant l'abordage.
La discipline des rameurs romains permet des manœuvres plus précises.
Les soldats navals, bien entraînés, dominent les combats d'abordage.
Le résultat est écrasant : sur 300 navires de Sextus, seulement 17 parviennent à s'échapper. Sextus lui-même fuit en Orient, où il cherchera en vain refuge auprès de Marc-Antoine avant d'être capturé et exécuté en 35 av. J.-C. en Asie Mineure.
Conséquences historiques de la victoire pour Octave La victoire sur Sextus Pompée est une étape fondamentale dans l'ascension d'Octave vers le pouvoir suprême. Elle lui permet de :
S'emparer de la Sicile et de ses ressources en blé, mettant fin définitivement à la menace de famine.
Renforcer son prestige militaire et politique face à Marc-Antoine.
Marginaliser Lépide, le troisième triumvir, qui tente maladroitement de profiter de la situation.
Se présenter au peuple romain comme le garant de la paix, de la sécurité et de l'approvisionnement.
La défaite de Sextus prépare directement la confrontation finale avec Marc-Antoine, qui aboutira à la bataille d'Actium en 31 av. J.-C. et à l'avènement du Principat.
De son coté Agrippa par sa victoire  à Nauloque est récompensé par une couronne navale (corona navalis), distinction rarissime accordée au vainqueur d'une grande bataille navale. Il continuera à être le bras droit d'Auguste jusqu'à sa mort en 12 av. J.-C., dirigeant notamment la victoire d'Actium.La fin de la guerre sicilienne marque la restauration de la sécurité alimentaire de Rome et le début d'une longue période de stabilisation. La maîtrise de la Méditerranée revient progressivement à Octave, qui pourra bientôt se proclamer Augustus et fonder le régime impérial.
 Chronologie synthétique
44 av. J.-C. : Assassinat de César. Sextus Pompée refuse de reconnaître le Triumvirat.
42 av. J.-C. : Bataille de Philippes. Défaite des républicains. Sextus s'installe en Sicile.
40–39 av. J.-C. : Blocus de Sextus, famine à Rome. Pression populaire pour la paix.
39 av. J.-C. : Paix de Misène. Sextus reçoit la Sicile, l'Achaïe et de l'argent.
38–37 av. J.-C. : Agrippa prépare la flotte. Création du Portus Iulius. Entraînements intensifs.
38 av. J.-C. : Première tentative d'Octave — échec cuisant face à Sextus.
36 av. J.-C. : Campagne décisive. Bataille de Nauloque (3 septembre). Victoire totale d'Agrippa.
35 av. J.-C. : Capture et exécution de Sextus Pompée en Asie Mineure.
31 av. J.-C. : Bataille d'Actium. Agrippa bat Marc-Antoine. Octave maître unique de Rome.
27 av. J.-C. : Octave reçoit le titre d'Augustus. Naissance du Principat

Les conséquences de cette victoire sur Sextius Pompée et Forum Julii 
Les équipages dea flotte de Sextus Pompée seront envoyés à Forum Julli  mais pas sa flottte car sur les 300 navires de Sextus  255 navires seront capturés ou détruits  et seulement 17 vont fuir avec Sextus lui-même vers Lesbos
Il faut savoir que les navires capturés sont des navires inadaptés . ce sont des navires lours  et encombrants genre quinquérèmes et hexarèmes  des bateaux lourds  bien moins maniables que les liburnes légères d'Agrippa 
La vraie contribution de Naulochus à Actium est l'expérience des équipages et le perfectionnement de la tactique Sa flotte sera aguerries suite aux affrontement contre Sextus Pompée.
En résumét  Naulochus fut avant tout un test une répétition pour Agrippa et ses hommes. Les vraies leçons tirées de la société doctrinales  sont la supériorité des légers sur les lourds, l'efficacité de l'harpax pour l'abordage, l
Ce sont cette doctrine et ces équipages aguerris qui permetttront à Agrippa de viancre les lourds navires de Cléopatre et Marc antoine à Action
Cette victoire rendait, désormais, Octave seul maître du monde romain. À Actium comme à Nauloçque, la tactique navale nouvelle et les vaisseaux légers, faciles à manœuvrer, avaient vaincu les lourds vaisseaux d'Antoine et de Cléopâtre qui étaient semblables à des citadelles ou des villes flottantes
Les auteurs anciens vont écrire que la mer mugissait sous leur poids et les vents épuisaient leurs efforts à les mouvoir. L'énormité même de leur masse fut la cause de leur perte.Alors que les navires d'Octave qui n'avaient que trois ou au plus six rangs de rames, évoluaient attaquaient, se retiraient, se détournaient avec facilité . Ils accablaient sans peine sous les coups  les navires de la flotte ennemie 
Après Actium  Forum Julii reçoit la flotte vaincue  Les navires pris à Antoine vont être internés à Forum Julii avec des unité de la flotte d'Agrippa
Ce rapatriement à Forum Julii fit de la ville le plus grand arsenal naval de Gaule  et la deuxième base navale romaine après Ostie.
Entre 29 et 27 av. J.-C., Forum Julii devient Colonia Octavanorum et  recoit les vétérans de la VIIIe légion. Puis en 22 av. J.-C., la ville  devient un des chef -lieu de la nouvelle province proconsulaire de Gaule narbonnaise.
Mais le paradoxe est ici total car la victoire d'Actium fit  la cause de son déclin militaire
.Pour quelle raison :La Pax Augusta  qui après  Actium instaura une paix durable sur la toute Méditerranée. Les liburnes militaires vont lutter contre les pirates, en mer Méditerranée orientale daou supporter les actions de légions sur le limes du Rhin et le Danube.
Une grande flotte de combat concentré à Fréjus n'a doncplus de raison d'être.
Auguste s'occupa de ports et réforma la marine  Les grandes bases navales seront concentrées  à Misène et Ravenne et  Forum Julii n 'aura plus qu'une  escadre réduite pour la surveillance des côtes de Gaule.
L'ensablement progressif du  port de Forum  sous l'effet des alluvions de l'Argens va donc faire  perdre à Forum Julii perdit sa fonction militaire et son port commercial,
En conclusion si Forum Julii naquit de la guerre et reçu les trophées de la victoire après Actium elle ne deviendra pas le grand arsenal naval.  Elle se tourne vers la secteru civil et la  cité grandit  avec son amphithéâtre, ses aqueducs, thermes sous Tibère 
Elle sera unville  provinciale et non une base militaire. C'est l'ironie de l'Histoire 
Forum Julii sous l' Empire Romain
Fondée vers 49 av. J.-C. par Jules César comme comptoir militaire et commercial sur la route entre l'Italie et l'Espagne, Forum Julii connaît son véritable essor sous Auguste. Après la bataille décisive d'Actium en 31 av. J.-C., l'empereur y installe une partie de la flotte vaincue de Marc Antoine et Cléopâtre, transformant le modeste établissement en un grand port militaire impérial : le Portus Augusti.
La ville reçoit alors le statut de colonie romaine (Colonia Octavanorum), peuplée en partie par des vétérans de la VIII° légion. Elle devient rapidement l'une des cités les plus importantes de la Provincia Narbonensis, rayonnant sur tout l'arrière-pays varois.
Une ville à la romaine
Forum Julii s'organise selon le plan orthogonal classique, articulé autour du cardo maximus et du decumanus maximus se croisant au forum central. L'enceinte urbaine, longue d'environ 3,7 kilomètres, enferme une superficie considérable pour l'époque, témoignant des ambitions initiales de la colonie.
La ville est dotée de tous les équipements caractéristiques d'une grande cité romaine :
Un forum monumental au cœur de la cité
Un capitole sur plateforme surélevée dominant la ville
Un amphithéâtre pouvant accueillir près de 10 000 spectateurs
Un théâtre adossé à la colline selon la tradition vitruvienne
Plusieurs complexes thermaux publics
Un réseau de voies dallées et d'égouts
L'eau, nerf de la ville ainsi son alimentation en eau constituait un défi majeur dans cette région méditerranéenne au climat sec. Les ingénieurs romains relevèrent ce défi avec un aqueduc monumental de près de 40 kilomètres, captant les eaux du massif de l'Esterel et des hauteurs de Mons. L'ouvrage le plus spectaculaire en est la Roche Taillée, canal entièrement creusé dans la roche vive, témoignage saisissant du génie civil romain. Cet aqueduc alimentait non seulement les fontaines et thermes publics, mais aussi les bassins du port militaire.
Le port, cœur stratégique de Forum Julii est une installation unique en Méditerranée occidentale Le port de Forum Julii représente sans doute la réalisation la plus remarquable de la ville. Conçu comme base navale permanente pour la flotte de la Méditerranée occidentale (Classis Praetoria Foroiuliensis), il constituait avec Misène en Campanie l'un des deux grands ports militaires de l'Empire.Son architecture était impressionnante : un bassin intérieur artificiel d'environ 22 hectares, relié à la mer par un canal, protégé par deux môles et signalé aux navigateurs par la Lanterne d'Auguste, tour de signalisation dont les vestiges subsistent encore aujourd'hui. Des entrepôts, des chantiers navals, des arsenaux et des casernes de marines (classiari) complétaient l'ensemble.
La Classis Foroiuliensis avait pour mission de sécuriser les routes maritimes de la Méditerranée occidentale, de protéger les côtes gauloises et hispaniques, et d'assurer le transport des troupes et du ravitaillement. Plusieurs milliers d'hommes — marins, soldats de marine, techniciens — vivaient et travaillaient à Forum Julii, contribuant à la prospérité économique de la région. La ville acquiert ainsi une importance stratégique considérable, directement liée au pouvoir impérial, ce qui lui vaut la faveur des empereurs julio-claudiens.
Apogée et vie quotidienne aux Ier et IIe siècles
Comme toute colonie romaine prospère, Forum Julii abrite une population extrêmement diverse : vétérans légionnaires italiens, marchands grecs et orientaux, artisans gaulois romanisés, esclaves affranchis, officiers de marine venus de toute la Méditerranée. Les inscriptions funéraires retrouvées témoignent de cette mosaïque humaine, avec des noms d'origine latine, grecque, sémitique et celtique.
La ville prospère grâce à plusieurs activités complémentaires :
Le commerce maritime entre l'Italie, la Gaule et l'Hispanie
La pêche et la salaison de poissons (garum et sauces de poisson très prisés)
L'artisanat (céramique, métallurgie, travail du bois pour les chantiers navals)
L'agriculture dans l'arrière-pays (vignes, oliviers, céréales)
Les dépenses militaires de la flotte constituant un moteur économique local
Mais les loisirs et la culture sont présents car lLes habitants de Forum Julii bénéficiaient d'une vie culturelle et de divertissements dignes des grandes métropoles. L'amphithéâtre accueillait combats de gladiateurs et chasses aux bêtes (venationes), le théâtre des représentations dramatiques et des jeux scéniques, tandis que les thermes publics constituaient le lieu de sociabilité par excellence, où l'on se retrouvait pour se baigner, se faire masser, discuter affaires ou politique.
Au IIIe siècle  arrive les: premières turbulences
Le IIIe siècle représente un tournant majeur pour Forum Julii. La crise de l'Empire avec une instabilité politique, pressions barbares sur les frontières, difficultés économiques  entraîne une réorganisation profonde de l'appareil défensif romain. La flotte de Forum Julii perd progressivement de son importance stratégique au profit d'autres bases mieux positionnées pour répondre aux nouvelles menaces.
L'ensablement progressif du port, phénomène naturel difficile à enrayer, aggrave cette marginalisation militaire. Les travaux d'entretien deviennent moins prioritaires, et le bassin commence à se combler lentement — processus qui s'achèvera au Moyen Âge, rendant le site aujourd'hui méconnaissable.
Les invasions et l'insécurité vont surgir avec les grandes invasions barbares du IIIe siècle qui frappent durement la Provincia Narbonensis. Les Alamans et les  Francs traversent la Gaule, semant la destruction jusque dans le Midi. Si Forum Julii n'est pas nécessairement touchée directement, l'insécurité générale perturbe les échanges commerciaux et affecte la prospérité urbaine.
C'est à cette époque que l'on constate dans de nombreuses villes gauloises un repli à l'intérieur des enceintes, la réduction des surfaces habitées, et l'abandon progressif des grands équipements publics devenus trop coûteux à entretenir.
Les IVe et Ve siècles  voit l''essor du christianisme En effet comme partout dans l'Empire, le christianisme s'implante progressivement à Forum Julii. La ville se dote d'un évêché dès le IVe siècle  l'un des plus anciens de Gaule provençale. Cette institution ecclésiastique va jouer un rôle fondamental dans la survie et la transformation de la cité au-delà de la chute de l'Empire.
Le monument le plus remarquable de cette période de transition est le groupe épiscopal, ensemble architectural comprenant une cathédrale, un baptistère et des bâtiments annexes. Le baptistère, datant du Ve siècle, est l'un des mieux conservés de France. Construit en partie avec des matériaux romains remployés  colonnes, chapiteaux, briques  il symbolise parfaitement la continuité culturelle entre l'Antiquité romaine et la civilisation chrétienne naissante.
Ce remploi massif de matériaux (spolia) témoigne d'une époque où la construction neuve est difficile, mais où le savoir-faire et les ressources matérielles de l'architecture romaine sont encore pleinement valorisés.
Sous le Bas-Empire, Forum Julii reste un centre administratif et religieux actif, même si sa population a sensiblement diminué. La ville fait partie de la province de Narbonnaise Seconde, dont Aix-en-Provence (Aquae Sextiae) est la métropole. L'évêque tend à supplanter les magistrats civils comme figure d'autorité locale, préfigurant le rôle central de l'Église dans le haut Moyen Âge.
La fin de l'Antiquité  et on se dirige vers un nouveau monde Au Ve siècle, la désintégration de l'autorité impériale en Occident livre progressivement la Provence aux royaumes barbares. Forum Julii passe sous domination wisigothique, puis est intégrée au royaume des Ostrogoths de Théodoric le Grand au début du VIe siècle, avant de rejoindre le royaume franc.
Ces transitions ne sont pas nécessairement synonymes de rupture brutale : les populations gallo-romaines continuent de vivre selon leurs habitudes, l'Église maintient ses structures, et les nouveaux maîtres adoptent largement la culture romaine tardive.
À la fin de l'Antiquité, Forum Julii présente un visage profondément transformé. Les grands monuments publics  amphithéâtre, théâtre, thermes  ne sont plus entretenus et servent de carrières de pierres. Le port est en voie d'ensablement. La population s'est concentrée autour du groupe épiscopal, nouveau cœur de la ville.
Pourtant, la trame urbaine romaine survit dans les grandes lignes, les rues principales suivant encore les anciens axes romains. Et surtout, la mémoire de Forum Julii reste vivace, transmise par l'Église, les textes et les pierres  jusqu'à nous.
L'histoire de Forum Julii sous l'Empire et à la fin de l'Antiquité est celle d'une ville qui connut une gloire précoce et fulgurante, liée à la volonté personnelle d'Auguste d'en faire la vitrine navale de sa puissance en Méditerranée occidentale. Puis vint un lent déclin, non pas une catastrophe soudaine, mais une longue transformation, où la cité antique se mua progressivement en cité chrétienne médiévale, conservant dans ses pierres et dans son plan urbain l'empreinte indélébile de Rome.

   


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