
Article fait par :Claude Balmefrezol
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Des liburniens, navires rapides d'origine illyrienne, excellents pour les eaux peu profondes.
Agrippa innove également sur le plan technique : il adapte et améliore le corvus et développe (grappin d'abordage) l'harpago, une sorte de grappin projeté par catapulte pour immobiliser les navires ennemis avant l'abordage. Ces innovations changeront
profondément la tactique navale romaine.
Sa deuxième mission,Recruter et former des soldats navals car une flotte sans combattants n'est qu'un ensemble de coques vides. Agrippa doit aussi constituer une armée de marine capable de mener des combats à bord des navires. Il recrute :
Des légionnaires habitués aux combats terrestres, reconvertis en une versions de marines(classiari).
Des archers et des frondeurs pour harceler les navires ennemis à distance.
Des spécialistes de l'abordage, formés à passer d'un navire à l'autre en combat rapproché.
Ces hommes doivent apprendre un art totalement différent de la guerre terrestre : l'équilibre sur un pont qui roule, le maniement des armes dans l'espace réduit d'un navire, les techniques d'abordage et de combat naval.
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Chronologie synthétique
44 av. J.-C. : Assassinat de César. Sextus Pompée refuse de reconnaître le Triumvirat.
42 av. J.-C. : Bataille de Philippes. Défaite des républicains. Sextus s'installe en Sicile.
40–39 av. J.-C. : Blocus de Sextus, famine à Rome. Pression populaire pour la paix.
39 av. J.-C. : Paix de Misène. Sextus reçoit la Sicile, l'Achaïe et de l'argent.
38–37 av. J.-C. : Agrippa prépare la flotte. Création du Portus Iulius. Entraînements intensifs.
38 av. J.-C. : Première tentative d'Octave — échec cuisant face à Sextus.
36 av. J.-C. : Campagne décisive. Bataille de Nauloque (3 septembre). Victoire totale d'Agrippa.
35 av. J.-C. : Capture et exécution de Sextus Pompée en Asie Mineure.
31 av. J.-C. : Bataille d'Actium. Agrippa bat Marc-Antoine. Octave maître unique de Rome.
27 av. J.-C. : Octave reçoit le titre d'Augustus. Naissance du Principat
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Les conséquences de cette victoire sur Sextius Pompée et Forum Julii
Les équipages dea flotte de Sextus Pompée seront envoyés à Forum Julli mais pas sa flottte car sur les 300 navires de Sextus 255 navires seront capturés ou détruits et seulement 17 vont fuir avec Sextus lui-même vers Lesbos
Il faut savoir que les navires capturés sont des navires inadaptés . ce sont des navires lours et encombrants genre quinquérèmes et hexarèmes des bateaux lourds bien moins maniables que les liburnes légères d'Agrippa
La vraie contribution de Naulochus à Actium est l'expérience des équipages et le perfectionnement de la tactique Sa flotte sera aguerries suite aux affrontement contre Sextus Pompée.
En résumét Naulochus fut avant tout un test une répétition pour Agrippa et ses hommes. Les vraies leçons tirées de la société doctrinales sont la supériorité des légers sur les lourds, l'efficacité de l'harpax pour l'abordage, l
Ce sont cette doctrine et ces équipages aguerris qui permetttront à Agrippa de viancre les lourds navires de Cléopatre et Marc antoine à Action
Cette victoire rendait, désormais, Octave seul maître du monde romain. À Actium comme à Nauloçque, la tactique navale nouvelle et les vaisseaux légers, faciles à manœuvrer, avaient vaincu les lourds vaisseaux d'Antoine et de Cléopâtre qui étaient semblables à des citadelles ou des villes flottantes
Les auteurs anciens vont écrire que la mer mugissait sous leur poids et les vents épuisaient leurs efforts à les mouvoir. L'énormité même de leur masse fut la cause de leur perte.Alors que les navires d'Octave qui n'avaient que trois ou au plus six rangs de rames, évoluaient attaquaient, se retiraient, se détournaient avec facilité . Ils accablaient sans peine sous les coups les navires de la flotte ennemie
Après Actium Forum Julii reçoit la flotte vaincue Les navires pris à Antoine vont être internés à Forum Julii avec des unité de la flotte d'Agrippa
Ce rapatriement à Forum Julii fit de la ville le plus grand arsenal naval de Gaule et la deuxième base navale romaine après Ostie.
Entre 29 et 27 av. J.-C., Forum Julii devient Colonia Octavanorum et recoit les vétérans de la VIIIe légion. Puis en 22 av. J.-C., la ville devient un des chef -lieu de la nouvelle province proconsulaire de Gaule narbonnaise.
Mais le paradoxe est ici total car la victoire d'Actium fit la cause de son déclin militaire
.Pour quelle raison :La Pax Augusta qui après Actium instaura une paix durable sur la toute Méditerranée. Les liburnes militaires vont lutter contre les pirates, en mer Méditerranée orientale daou supporter les actions de légions sur le limes du Rhin et le Danube.
Une grande flotte de combat concentré à Fréjus n'a doncplus de raison d'être.
Auguste s'occupa de ports et réforma la marine Les grandes bases navales seront concentrées à Misène et Ravenne et Forum Julii n 'aura plus qu'une escadre réduite pour la surveillance des côtes de Gaule.
L'ensablement progressif du port de Forum sous l'effet des alluvions de l'Argens va donc faire perdre à Forum Julii perdit sa fonction militaire et son port commercial,
En conclusion si Forum Julii naquit de la guerre et reçu les trophées de la victoire après Actium elle ne deviendra pas le grand arsenal naval. Elle se tourne vers la secteru civil et la cité grandit avec son amphithéâtre, ses aqueducs, thermes sous Tibère
Elle sera unville provinciale et non une base militaire. C'est l'ironie de l'Histoire
Forum Julii sous l' Empire Romain
Fondée vers 49 av. J.-C. par Jules César comme comptoir militaire et commercial sur la route entre l'Italie et l'Espagne, Forum Julii connaît son véritable essor sous Auguste. Après la bataille décisive d'Actium en 31 av. J.-C., l'empereur y installe une partie de la flotte vaincue de Marc Antoine et Cléopâtre, transformant le modeste établissement en un grand port militaire impérial : le Portus Augusti.
La ville reçoit alors le statut de colonie romaine (Colonia Octavanorum), peuplée en partie par des vétérans de la VIII° légion. Elle devient rapidement l'une des cités les plus importantes de la Provincia Narbonensis, rayonnant sur tout l'arrière-pays varois.
Une ville à la romaine
Forum Julii s'organise selon le plan orthogonal classique, articulé autour du cardo maximus et du decumanus maximus se croisant au forum central. L'enceinte urbaine, longue d'environ 3,7 kilomètres, enferme une superficie considérable pour l'époque, témoignant des ambitions initiales de la colonie.
La ville est dotée de tous les équipements caractéristiques d'une grande cité romaine :
Un forum monumental au cœur de la cité
Un capitole sur plateforme surélevée dominant la ville
Un amphithéâtre pouvant accueillir près de 10 000 spectateurs
Un théâtre adossé à la colline selon la tradition vitruvienne
Plusieurs complexes thermaux publics
Un réseau de voies dallées et d'égouts
L'eau, nerf de la ville ainsi son alimentation en eau constituait un défi majeur dans cette région méditerranéenne au climat sec. Les ingénieurs romains relevèrent ce défi avec un aqueduc monumental de près de 40 kilomètres, captant les eaux du massif de l'Esterel et des hauteurs de Mons. L'ouvrage le plus spectaculaire en est la Roche Taillée, canal entièrement creusé dans la roche vive, témoignage saisissant du génie civil romain. Cet aqueduc alimentait non seulement les fontaines et thermes publics, mais aussi les bassins du port militaire.
Le port, cœur stratégique de Forum Julii est une installation unique en Méditerranée occidentale Le port de Forum Julii représente sans doute la réalisation la plus remarquable de la ville. Conçu comme base navale permanente pour la flotte de la Méditerranée occidentale (Classis Praetoria Foroiuliensis), il constituait avec Misène en Campanie l'un des deux grands ports militaires de l'Empire.Son architecture était impressionnante : un bassin intérieur artificiel d'environ 22 hectares, relié à la mer par un canal, protégé par deux môles et signalé aux navigateurs par la Lanterne d'Auguste, tour de signalisation dont les vestiges subsistent encore aujourd'hui. Des entrepôts, des chantiers navals, des arsenaux et des casernes de marines (classiari) complétaient l'ensemble.
La Classis Foroiuliensis avait pour mission de sécuriser les routes maritimes de la Méditerranée occidentale, de protéger les côtes gauloises et hispaniques, et d'assurer le transport des troupes et du ravitaillement. Plusieurs milliers d'hommes — marins, soldats de marine, techniciens — vivaient et travaillaient à Forum Julii, contribuant à la prospérité économique de la région. La ville acquiert ainsi une importance stratégique considérable, directement liée au pouvoir impérial, ce qui lui vaut la faveur des empereurs julio-claudiens.
Apogée et vie quotidienne aux Ier et IIe siècles
| pour les Monuments de la Forum Julii voir ICI |
Comme toute colonie romaine prospère, Forum Julii abrite une population extrêmement diverse : vétérans légionnaires italiens, marchands grecs et orientaux, artisans gaulois romanisés, esclaves affranchis, officiers de marine venus de toute la Méditerranée. Les inscriptions funéraires retrouvées témoignent de cette mosaïque humaine, avec des noms d'origine latine, grecque, sémitique et celtique.
La ville prospère grâce à plusieurs activités complémentaires :
Le commerce maritime entre l'Italie, la Gaule et l'Hispanie
La pêche et la salaison de poissons (garum et sauces de poisson très prisés)
L'artisanat (céramique, métallurgie, travail du bois pour les chantiers navals)
L'agriculture dans l'arrière-pays (vignes, oliviers, céréales)
Les dépenses militaires de la flotte constituant un moteur économique local
Mais les loisirs et la culture sont présents car lLes habitants de Forum Julii bénéficiaient d'une vie culturelle et de divertissements dignes des grandes métropoles. L'amphithéâtre accueillait combats de gladiateurs et chasses aux bêtes (venationes), le théâtre des représentations dramatiques et des jeux scéniques, tandis que les thermes publics constituaient le lieu de sociabilité par excellence, où l'on se retrouvait pour se baigner, se faire masser, discuter affaires ou politique.
Au IIIe siècle arrive les: premières turbulences
Le IIIe siècle représente un tournant majeur pour Forum Julii. La crise de l'Empire avec une instabilité politique, pressions barbares sur les frontières, difficultés économiques entraîne une réorganisation profonde de l'appareil défensif romain. La flotte de Forum Julii perd progressivement de son importance stratégique au profit d'autres bases mieux positionnées pour répondre aux nouvelles menaces.
L'ensablement progressif du port, phénomène naturel difficile à enrayer, aggrave cette marginalisation militaire. Les travaux d'entretien deviennent moins prioritaires, et le bassin commence à se combler lentement — processus qui s'achèvera au Moyen Âge, rendant le site aujourd'hui méconnaissable.
Les invasions et l'insécurité vont surgir avec les grandes invasions barbares du IIIe siècle qui frappent durement la Provincia Narbonensis. Les Alamans et les Francs traversent la Gaule, semant la destruction jusque dans le Midi. Si Forum Julii n'est pas nécessairement touchée directement, l'insécurité générale perturbe les échanges commerciaux et affecte la prospérité urbaine.
C'est à cette époque que l'on constate dans de nombreuses villes gauloises un repli à l'intérieur des enceintes, la réduction des surfaces habitées, et l'abandon progressif des grands équipements publics devenus trop coûteux à entretenir.
Les IVe et Ve siècles voit l''essor du christianisme En effet comme partout dans l'Empire, le christianisme s'implante progressivement à Forum Julii. La ville se dote d'un évêché dès le IVe siècle l'un des plus anciens de Gaule provençale. Cette institution ecclésiastique va jouer un rôle fondamental dans la survie et la transformation de la cité au-delà de la chute de l'Empire.
Le monument le plus remarquable de cette période de transition est le groupe épiscopal, ensemble architectural comprenant une cathédrale, un baptistère et des bâtiments annexes. Le baptistère, datant du Ve siècle, est l'un des mieux conservés de France. Construit en partie avec des matériaux romains remployés colonnes, chapiteaux, briques il symbolise parfaitement la continuité culturelle entre l'Antiquité romaine et la civilisation chrétienne naissante.
Ce remploi massif de matériaux (spolia) témoigne d'une époque où la construction neuve est difficile, mais où le savoir-faire et les ressources matérielles de l'architecture romaine sont encore pleinement valorisés.
Sous le Bas-Empire, Forum Julii reste un centre administratif et religieux actif, même si sa population a sensiblement diminué. La ville fait partie de la province de Narbonnaise Seconde, dont Aix-en-Provence (Aquae Sextiae) est la métropole. L'évêque tend à supplanter les magistrats civils comme figure d'autorité locale, préfigurant le rôle central de l'Église dans le haut Moyen Âge.
La fin de l'Antiquité et on se dirige vers un nouveau monde Au Ve siècle, la désintégration de l'autorité impériale en Occident livre progressivement la Provence aux royaumes barbares. Forum Julii passe sous domination wisigothique, puis est intégrée au royaume des Ostrogoths de Théodoric le Grand au début du VIe siècle, avant de rejoindre le royaume franc.
Ces transitions ne sont pas nécessairement synonymes de rupture brutale : les populations gallo-romaines continuent de vivre selon leurs habitudes, l'Église maintient ses structures, et les nouveaux maîtres adoptent largement la culture romaine tardive.
À la fin de l'Antiquité, Forum Julii présente un visage profondément transformé. Les grands monuments publics amphithéâtre, théâtre, thermes ne sont plus entretenus et servent de carrières de pierres. Le port est en voie d'ensablement. La population s'est concentrée autour du groupe épiscopal, nouveau cœur de la ville.
Pourtant, la trame urbaine romaine survit dans les grandes lignes, les rues principales suivant encore les anciens axes romains. Et surtout, la mémoire de Forum Julii reste vivace, transmise par l'Église, les textes et les pierres jusqu'à nous.
L'histoire de Forum Julii sous l'Empire et à la fin de l'Antiquité est celle d'une ville qui connut une gloire précoce et fulgurante, liée à la volonté personnelle d'Auguste d'en faire la vitrine navale de sa puissance en Méditerranée occidentale. Puis vint un lent déclin, non pas une catastrophe soudaine, mais une longue transformation, où la cité antique se mua progressivement en cité chrétienne médiévale, conservant dans ses pierres et dans son plan urbain l'empreinte indélébile de Rome.