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Dans les années 1930, la Belgique occupe une position stratégique unique mais aussi délicate en Europe. Officiellement neutre depuis 1839, elle renouvelle cette politique de neutralité en 1936 après la remilitarisation de la Rhénanie par l'Allemagne. Cette neutralité impose des choix militaires paradoxaux : la Belgique doit se doter d'une capacité défensive crédible sans afficher d'ambitions offensives qui contraindraient ses partenaires diplomatiques.
La doctrine blindée belge est fondamentalement défensive. L'armée refuse le concept de masse blindée autonome jugé trop agressif pour un pays neutre et préfère disperser ses véhicules blindés en « penny packets » parmi les divisions d'infanterie et de cavalerie. Ce choix tactique se révèlera fatal en mai 1940, mais il explique la nature même du matériel choisi : priorité aux chasseurs de chars défensifs (T13) et aux véhicules de reconnaissance (T15), au détriment des chars d'assaut offensifs. En mai 1940, l'armée belge peut mobiliser 900 000 hommes dont 440 000 en première ligne et environ 200 véhicules blindés répartis entre 22 divisions soit moins de 10 blindés par division. Cette dispersion est voulue et résulte directement de la doctrine défensive. L'Armée Belge en mai 1940 Les forces blindées belges en mai 1940 C 'est une balance entre héroïsme et impuissance Introduction Quand les divisions blindées allemandes déferlèrent sur la Belgique le 10 mai 1940, elles rencontrèrent une armée qui se battit avec courage mais qui souffrait de handicaps fondamentaux des blindés insuffisants en nombre, dispersés en penny packets selon une doctrine dépassée, et une chaîne de commandement qui ne fut jamais capable de réagir à la vitesse foudroyante de la guerre-éclair allemande. « Penny packets » Qu'est-ce que cela signifie ? L'origine de l'expression « Penny packets » est une expression anglaise qui signifie littéralement « petits paquets d'un penny » en référence aux toutes petites quantités de bonbons ou de marchandises que l'on achetait autrefois pour un penny dans les épiceries britanniques. Un penny étant la plus petite monnaie, un « penny packet » désignait la plus petite quantité possible d'un produit. Dans le contexte militaire et appliquée aux blindés, l'expression désigne la pratique de disperser ses chars et véhicules blindés en petits groupes éparpillés sur un front étendu au lieu de les concentrer en une masse puissante capable de percer les lignes ennemies. Concrètement cela donnait : Au lieu d'avoir 100 chars concentrés en un point ce qui constitue une force de frappe redoutable ,on avait 10 groupes de 10 chars dispersés sur 50 kilomètres de front ce qui diluait complètement leur puissance Pourquoi c'était une erreur fatale en 1940 C'est précisément l'erreur qui fut commise par les Alliés Français, Britanniques et Belges face aux Panzers allemands en mai 1940. Les Alliés disposaient en réalité de plus de chars que les Allemands et de chars souvent supérieurs techniquement : Le char français B1 bis était bien plus blindé que tous les chars allemands et le e Matildabritannique était pratiquement invulnérable aux canons antichar allemands de l'époque Le problème fondamental était une doctrine d'emploi était radicalement différente : Les Allemands concentraient leurs chars en Panzerdivisionen des divisions blindées autonomes comprenant chars, infanterie motorisée, artillerie, génie et aviation de soutien, tous travaillant ensemble. Quand une Panzerdivision frappait, c'était comme un coup de poing — concentré, violent, décisif. Guderian, Rommel, Kleist appliquaient cette doctrine avec une maîtrise parfaite. Les Alliés dispersaient leurs chars en penny packets avec quelques chars attachés à chaque division d'infanterie pour la soutenir, quelques autres en réserve ici et là, quelques autres en reconnaissance ailleurs Résultat : nulle part les chars n'étaient assez nombreux pour constituer une force décisive. Partout ils étaient trop peu pour résister à une attaque concentrée de Panzers. Pour bine comprendre prenons un exemple concret D'un côté un boxeur qui frappe avec son poing entier toute la force concentrée en un pointet de l'autre un boxeur qui frappe avec ses dix doigts séparément chaque doigt touche mais sans force réelle C'est exactement la différence entre la doctrine allemande et la doctrine alliée des penny packets. Pour le cas belge spécifiquement En mai 1940, la Belgique disposait de ses T-13 chasseurs de chars et de quelques chars légers. Mais au lieu de les concentrer pour former une réserve blindée mobile capable de contre-attaquer, ils furent dispersés en penny packets le long des lignes défensives — un ou deux blindés ici, trois là, cinq ailleurs. Quand les Panzers allemands percèrent à Sedan le 13 mai 1940 et déferlèrent vers la Meuse puis vers la Manche, il n'y avait aucune réserve blindée concentrée pour les arrêter. Les penny packets furent simplement contournés ou écrasés un par un. La leçon fut retenue par les Alliés et cette erreur fut pleinement comprises et corrigée par les Alliés pour la suite de la guerre. Dès 1942 en Afrique du Nord, puis en 1944 en Normandie, les Britanniques, Américains et autres alliés adoptèrent la doctrine de la masse blindée concentrée — avec des résultats très différents.Le général Montgomery en particulier — lui qui commandait la 8e Armée en Afrique du Nord et le 21e Groupe d'armées en Normandie — fut l'un des plus ardents défenseurs de la concentration des blindés, refusant toujours de disperser ses chars en penny packets. L'histoire des blindés belges de 1940 est à la fois une histoire de bravoure individuelle remarquable et d'échec collectif inévitable l'histoire d'une armée qui n'était pas préparée pour le type de guerre que l'Allemagne allait lui imposer.L'armée belge en 1940 Pour comprendre l'état des forces blindées belges en mai 1940, il faut comprendre le contexte politique dans lequel elles se trouvaient. Depuis 1936, la Belgique avait adopté une politique de neutralité stricte refusant de s'aligner sur la France et le Royaume-Uni, espérant que cette neutralité la protégerait .Il faut regarder en arrière et tirer des lecons car 1914 cela n'avait marché La neutralisé était une illusion dangereuse que les événements allaient cruellement dissiper. Cette neutralité avait des conséquences militaires concrètes et désastreuses car la Belgique ne pouvait pas coordonner ses plans de défense avec la France et le Royaume-Uni . En effet toute planification commune aurait été interprétée comme une violation de la neutralité. Quand les Allemands attaquèrent le 10 mai 1940 et que les armées alliées entrèrent en Belgique pour la défendre, c'était la première fois que les états-majors belge, français et britannique se rencontraient pour coordonner leurs actions. Il était évidemment trop tard. Les effectifs globaux L'armée belge mobilisée en mai 1940 comprenait environ 600 000 hommes répartis en 18 divisions d'infanterie, 2 divisions de chasseurs Ardennais, 1 division de cavalerie et diverses unités spécialisées. Sur le papier, c'était une force respectable. Mais sur le terrain, les faiblesses étaient nombreuses. L'armement était hétéroclite mélange de matériel moderne et d'équipements datant de la Grande Guerre. L'artillerie manquait de pièces modernes et surtout de tracteurs motorisés. Les communications étaient insuffisantes. Et les blindés étaient à la fois trop peu nombreux et mal employés. Les blindés belges
La première version du T13 est construite par Miesse de Buysinghen sur un châssis de tracteur Vickers-Carden-Loyd. Le canon FRC de 47 mm est placé à l'arrière, pointant vers l'arrière, protégé par un ensemble de panneaux blindés articulés. Avec les panneaux repliés (position combat), la traverse est de 360° mais l'équipage est exposé. Avec les panneaux relevés, la traverse n'est que de 120°. Motorisation : 5 cylindres Meadows de 3 300 cc développant 51 ch. Vitesse maximale : 40 km/h, autonomie 240 km. T13 B2 (1936) — 21 unités
B2 reprend la formule du B1 sur un châssis Vickers-Carden-Loyd model 1934, avec une tourelle entièrement redessinée à profil beaucoup plus bas. Cette modification permet à la tourelle d'être pratiquement invisible de face lorsque le panneau frontal du conducteur est relevé — une amélioration tactique significative. Le B2 capturé exposé au Musée des blindés de Bruxelles conserve sa peinture d'origine avec les marquages du Limburgse Grenswielrijders (régiment de cyclistes-frontière du Limbourg). T13 B3 (1937-1940) — ~255 unités La version définitive et la plus produite du T13 adopte un châssis entièrement nouveau, le Vickers Light Dragon Mark IIB (version export), fabriqué sous licence en Belgique par les Ateliers de Construction de Familleureux sur châssis de tracteur agricole. La caisse est plus haute, permettant au conducteur d'être entièrement protégé. La tourelle, à traverse 360°, reçoit le même canon FRC de 47 mm, mais avec un meilleur blindage (13 mm) et une capacité en munitions accrue : 69 obus AT et 69 obus HE. Moteur Vickers-Armstrong 6 cylindres de 80 ch. Vitesse 40,2 km/h, autonomie 400 km. T-15 — char léger de reconnaissance
Le T-15 était un petit char léger de reconnaissance développé à partir du châssis du Vickers Carden Loyd britannique. Armé d'une mitrailleuse de 13,2 mm, il était destiné aux missions de reconnaissance et de liaison plutôt qu'au combat direct.
Environ 42 T-15 étaient en service en mai 1940. Trop léger et trop faiblement armé pour s'opposer aux chars allemands, il rendit néanmoins des services dans les missions de reconnaissance pour lesquelles il avait été conçu.
Le T-18 — chasseur de chars lourd
Le T-18 était une version améliorée du T-13, montant le même canon de 47 mm mais sur un châssis plus robuste et avec un blindage légèrement renforcé. Seulement une vingtaine d'exemplaires étaient disponibles en mai 1940 — trop peu pour avoir un impact décisif.
Les Chars d'origine étrangère
La Belgique avait également acquis un petit nombre de chars étrangers : Suelques Renault FT de la Grande Guerre totalement obsolètes, utilisés uniquement pour l'entraînement. Des Vickers de différents types — achetés en Grande-Bretagne, utilisés pour compléter les unités blindées. Le Char ACG 1 Le char ACG1 le seul vrai char de l'armée belge en 1940 Qu'est-ce que l'ACG1 ? L'AMC 35 aussi connu sous le nom de Renault ACG-1 était un char moyen français développé dans les années 1930. La Belgique utilisa ce char dans des unités actives avant la guerreEn 1937, l'armée belge acquit 12 châssis de ce type de char, primitivement destinés aux Chasseurs ardennais, puis au Corps de Cavalerie. À partir du 1er septembre 1939, huit chars furent mis en ordre de combat et constituèrent l'Escadron d'Autos Blindées du Corps de Cavalerie. Pourquoi seulement 8 sur 12 ? Ene effet lors de la reception des chars on a découvert des malfaçons sur le moteur,la transmission et la suspension . Autrement dit les chars étaient déjà en mauvais état mécaniquement à la livraison ! Plusieurs raisons expliquent cet état déplorable : La fabrication bâclée Les chars avaient été construits dans l'usine Renault d'Issy-les-Moulineaux dans un contexte de difficultés financières et économiques La production avait été retardée et limitée — ce qui signifiait souvent des contrôles qualité insuffisants Les délais de livraison avaient été repoussés plusieurs fois — les chars avaient traîné dans les entrepôts Le stockage prolongé Entre la commande en 1935 et la livraison effective, il s'était passé plusieurs années Des chars stockés sans entretien régulier se dégradent rapidement — joints qui sèchent, roulements qui s'oxydent, courroies qui se fissurent De plus l'AMC 35 était connu pour être mécaniquement fragile Même l'armée française qui l'avait commandé avait rencontré les mêmes problèmes La transmission notamment était notoirement peu fiable Aussi en janvier 1940, les deux chars qui étaient en plus mauvais état ont été sélectionnés pour être cannibalisés afin de garder les autres en fonction. L'un des deux a été employé pour la formation des conducteurs. Mais il faut le signaler l'AMC 35 était l'un des seuls chars français de l'époque comportant une tourelle pour deux hommes. La tourelle hébergeait un canon de 47 mm jumelé à une mitrailleuse. Son blindage en plaques de tôle rivetées et boulonnées n'atteignait que 25 mm.La variante belge emportait le canon FRC C47 — le tube du FRC C47 étant 15 mm plus court que le tube du 47 SA 35 français, ce qui permettait de différencier les deux versions. L'insigne de l'escadron ACG1 Les ACG1 portaient une tête de rhinocéros blanche peinte sur le côté gauche de la tourelle — un insigne remarquable et original qui les distinguait de tous les autres blindés belges. Les combats en mai 1940 L'escadron fut d'abord utilisé pour la chasse aux parachutistes puis pour la garde de pont sur le canal Albert des missions inadaptées car personne à l'état-major ne savait comment utiliser cette unité. Quatre ACG1 ont été détruits par des canons Pak de 37 mm en contre-attaquant. Deux ont été mis hors service. Deux ont été remis à l'armée allemande le 28 mai 1940 lors de la capitulation belge. À la fin de la campagne des 18 jours, l'unité perdit 5 chars et déplora 5 morts et 4 blessés sur un effectif de 24 tankistes. Les automitrailleuses belges en 1940 Comme pour les chars, le parc d'automitrailleuses de l'armée belge en 1940 reflétait la politique de neutralité et les contraintes budgétaires qui avaient limité les investissements militaires. Les véhicules disponibles étaient un mélange hétéroclite de matériel ancien et de quelques acquisitions plus récentes. L'automitrailleuse Minerva La Minerva était l'héritière directe des célèbres automitrailleuses belges de la Grande Guerre celles qui s'étaient illustrées en 1914-1918 sous les ordres du commandant Collon. En 1940, les quelques exemplaires encore en service étaient totalement obsolètes— des véhicules des années 1920 qui n'avaient plus aucune valeur militaire face aux blindés allemands modernes. Ils furent utilisés pour des missions de liaison et de police militaire plutôt que pour le combat. L'automitrailleuse blindée modèle 1934 C'était le véhicule le plus moderne du parc d'automitrailleuses belges. Construit sur un châssis FN — la Fabrique Nationale d'Armes de Guerre de Herstal — ce véhicule à roues était armé d'une mitrailleuse lourde de 13,2 mm et d'une mitrailleuse de 7,65 mm en tourelle. Environ 40 exemplaires étaient en service en mai 1940, répartis entre les unités de cavalerie. Ses caractéristiques : Châssis : FN à quatre roues motrices Blindage : 9 à 13 mm Armement : mitrailleuse Hotchkiss 13,2 mm + mitrailleuse 7,65 mm Vitesse : environ 70 km/h sur route Équipage : 3 hommes Ce véhicule était raisonnablement efficace pour les missions de reconnaissance et d'écran, mais totalement insuffisant face aux blindés allemands. L'automitrailleuse FN A4 Quelques exemplaires de l'automitrailleuse FN A4 version améliorée du modèle 1934 étaient également en service. Elle se distinguait par une motorisation plus puissante et un blindage légèrement renforcé. Les Lancia L'armée belge utilisait également quelques camions blindés Lancia des véhicules italiens de la Grande Guerre partiellement blindés, utilisés pour le transport de troupes en zone dangereuse. Totalement obsolètes en 1940, ils servirent principalement à des missions de maintien de l'ordre et de police militaire. Emploi tactique Les automitrailleuses belges étaient réparties entre les unités de cavalerie — principalement les régiments de lanciers, de guides et de chasseurs à cheval pour les missions de : Reconnaissance en avant des positions pour détecter l'ennemi Écran couvrir le déploiement de l'infanterie Liaison assurer les communications entre unités Protection des flancs surveiller et couvrir les flancs des divisions Comme les chars, elles étaient dispersées en penny packets entre les différentes unités plutôt que concentrées en formations autonomes. Les combats de mai 1940 Les automitrailleuses belges se battirent avec courage lors des premiers jours de la campagne — notamment dans les Ardennes et dans la plaine flamande. Mais leur blindage insuffisant et leur armement limité les rendaient vulnérables à tout ce que les Allemands pouvaient opposer chars, canons antichar, artillerie et aviation.Beaucoup furent détruites ou capturées dans les premiers jours. D'autres furent abandonnées par manque de carburant ou en raison de pannes mécaniques lors de la retraite vers Dunkerque. Le parc de véhicules lourds belges en 1940 La motorisation de l'armée belge en 1940 était insuffisante et hétéroclite. La crise économique des années 1930 avait limité les acquisitions, et la politique de neutralité avait freiné les commandes de matériel militaire spécialisé. L'armée belge dépendait donc d'un mélange de véhicules militaires et de véhicules civils réquisitionnés. Les tracteurs d'artillerie Le tracteur Latil TAR était le principal tracteur d'artillerie de l'armée belge. Véhicule robuste et éprouvé, il était utilisé pour tracter les pièces d'artillerie lourde obusiers de 105 mm et de 150 mm. Environ 200 exemplaires étaient en service en mai 1940. Ses caractéristiques : Moteur : essence 4 cylindres Transmission : 4 roues motrices Charge tractée : jusqu'à 8 tonnes Vitesse : 25 km/h sur route Le tracteur FN La Fabrique Nationale produisit également des tracteurs légers utilisés pour tracter les pièces d'artillerie légère canons de 75 mm et canons antichar de 47 mm. Fiables et bien adaptés aux routes belges, ils rendirent de bons services lors de la campagne. Le Vickers Dragon
Quelques Vickers Dragon tracteurs chenillés britanniques étaient également en service pour la traction des pièces lourdes en tout-terrain. Leur nombre limité une cinquantaine d'exemplaires en faisait une ressource précieuse jalousement gardée. Les camions militaires Le FN 4CV Le FN 4CV était le principal camion léger de l'armée belge un véhicule de fabrication nationale robuste et fiable, utilisé pour le transport de troupes et de matériel. Produit à plusieurs milliers d'exemplaires, il constituait l'épine dorsale de la logistique belge. Le Minerva TT Minerva — la célèbre marque automobile belge de Bruxelles — produisait également des camions militaires utilisés par l'armée. Le modèle TT était un camion tout-terrain de 3 tonnes particulièrement apprécié pour sa robustesse et ses capacités en tout-terrain. Le FN AB Le FN AB était un véhicule semi-chenillé léger utilisé pour le transport de troupes et de munitions en terrain difficile. Sa conception hybride roues à l'avant, chenilles à l'arrière lui permettait de combiner la vitesse sur route et la mobilité en tout-terrain. Les véhicules réquisitionnés Comme toutes les armées de l'époque, l'armée belge dépendait massivement de véhicules civils réquisitionnés pour compléter son parc militaire insuffisant. Des camions de toutes marques et de toutes tailles Ford, Chevrolet, Mercedes, Citroën, Peugeot furent réquisitionnés auprès des entreprises et des particuliers belges.Cette hétérogénéité du parc automobile posait des problèmes logistiques considérables pièces de rechange incompatibles, consommations de carburant différentes, performances variées. Elle contribua significativement aux difficultés de la campagne. Les motos L'armée belge utilisait massivement les motocyclettes pour les missions de liaison et de reconnaissance légère. Les principales marques en service étaient : FN — la moto militaire belge par excellence, produite à Herstal depuis le début du siècle Saroléa — autre marque belge de motos militaires BSA — motos britanniques utilisées par certaines unités Environ 8 000 à 10 000 motos étaient en service dans l'armée belge en mai 1940. Les véhicules de commandement Pour les officiers et les missions de liaison rapide, l'armée belge utilisait diverses voitures légères principalement des FN, des Minerva et des véhicules civils réquisitionnés. Ces véhicules, parfois partiellement blindés, permettaient aux officiers de se déplacer rapidement sur le front. Bilan logistique Le principal problème du parc de véhicules lourds belges en mai 1940 était son insuffisance numérique et son hétérogénéité. Face à une armée allemande dont la logistique était parfaitement motorisée et standardisée, l'armée belge avait du mal à maintenir ses lignes d'approvisionnement lors de la retraite. Les routes belges, encombrées par des millions de réfugiés civils fuyant l'avance allemande, rendaient la situation encore plus difficile. Les convois logistiques se trouvaient souvent bloqués pendant des heures, incapables de ravitailler les unités combattantes en munitions, carburant et vivres. Cette défaillance logistique aussi importante que les faiblesses tactiques contribua largement à l'effondrement de la résistance belge en dix-huit jours L'ordre de bataille complet des blindés belges en 1940 Mais pendant la campagne de France, les Français utilisèrent également leurs ACG1 au combat Il restait en France au 10 mai 1940 15 ACG1 en parc. On forma des unités de circonstance avec tout ce que l'on pouvait réunir comme matériel. Ainsi, on créa cinq Groupes Francs de Cavalerie équipés notamment d'AMC 35. Le 1er et le 4e Groupes Francs furent équipés d'AMC 35 pour leur peloton de chars — 7 chars pour le 1er Groupe et 3 pour le 4e. Fin mai, le 1er Groupe participa à la défense de la ligne Weygand puis se replia sur la Loire où il participa à la bataille de Saumur. Le premier Groupe Franc, commandé par le Capitaine de Neuchèze, arriva jusqu'à Saumur avec 7 AMC. Le reste du Groupe Franc se battit courageusement à Saumur, intégré au dispositif de défense des célèbres « Cadets de Saumur ». L'ACG1 a donc participé très honorablement à la Bataille de la Basse Seine, puis de Saumur, pour seulement 15 véhicules mis en service. Ce matériel, adopté en hâte sans essais préalables, obtint un très honorable palmarès malgré ses nombreux inconvénients — un blindage de seulement 25 mm, une consommation de carburant considérable ne lui donnant que trois quarts d'heure d'autonomie en tout-terrain, et une vitesse inférieure de 10% aux spécifications. Un exemplaire d'AMC 35 ACG1 survivant peut être trouvé aujourd'hui au Musée des Blindés de Saumur Le récapitulatif des effectifs dans les régiments de l'armée belge était le suivant : Au total, l'armée belge disposait d'environ 270 à 300 véhicules blindés de toutes catégories en mai 1940. C'était un chiffre dérisoire comparé aux 2 400 chars alignés par les Allemands sur le front occidental — sans même compter les blindés français et britanniques qui combattaient aux côtés des Belges. Mais il n y avait aucune divsion Blindée proprement dite La conséquence la plus grave de cette doctrine était l'absence totale de division blindée dans l'ordre de bataille belge. Là où les Allemands alignaient dix Panzerdivisionen chacune comprenant des centaines de chars, de l'infanterie motorisée, de l'artillerie automotrice et du génie —, les Belges n'avaient aucune unité blindée autonome capable d'agir comme force de manœuvre indépendante.
Le Corps de Cavalerie belge sous les ordres du général français Prioux était la seule formation à vocation mobile, mais il était principalement équipé de cavalerie à cheval et de véhicules légers, pas de chars lourds .C 'était le Corps de Cavalerie qui comprenait :
La Division de Cavalerie avec ses régiments de lanciers et de guides, partiellement motorisés
Des escadrons d'automitrailleuses Des unités de T-13 et de T-15 réparties entre les différents régiments Ce Corps de Cavalerie était déployé en avant des positions principales, chargé de retarder l'avance ennemie et de recueillir des informations. Il se battit avec acharnement lors des premiers jours de la campagne, notamment dans la bataille de Hannut (12-14 mai 1940) — la première grande bataille de chars de la Seconde Guerre mondiale sur le front occidental.
Les bataillons antichar divisionnaires
Chaque division d'infanterie disposait d'un bataillon antichar équipé de T-13 et de canons antichar de 47 mm tractés. Ces bataillons étaient intégrés au dispositif défensif de leur division et ne pouvaient pas être facilement déplacés pour répondre à une percée ailleurs sur le front.
Les unités de forteresse
Une partie des blindés belges notamment les plus anciens était affectée aux unités de forteresse gardant les ouvrages défensifs comme Eben-Emael et la ligne de la Meuse. Ces véhicules étaient pratiquement immobiles, intégrés dans les positions défensives fixes.
Corps de Cavalerie :
1er Guides : 4 T-15, 7 T-13 B3
2e Lanciers : 6 T-15, 7 T-13 B3 3e Lanciers : 6 T-15, 4 T-13 B3 1er Lanciers : 6 T-15, 4 T-13 B3 1er Chasseurs à Cheval : 6 T-15, 4 T-13 B3 2e Chasseurs à Cheval : 4 T-15, 7 T-13 B3 Escadron Autoblindé du Corps de Cavalerie : 8 ACG1 Corps des Chasseurs Ardennais : 1er Chasseurs Ardennais : 3 T-15, 8 T-13 2e Chasseurs Ardennais : 3 T-15, 16 T-13 3e Chasseurs Ardennais : 3 T-15, 8 T-13 Autres : Cyclistes Frontière : 42 T-13 1re au 11e Divisions d'infanterie : 116 T-13 Position fortifiée de Liège : 10 T-13 Position fortifiée de Namur : 12 T-13 Gendarmerie : 4 T-13 Le moral va osciller entre courage et désillusion Un moral initial élevé Au moment de l'attaque allemande le 10 mai 1940, le moral général de l'armée belge était contrairement à ce qu'on pourrait penser élévé du moins au debut de l offensive allemande Voyons les différents phases
Le camouflage des véhicules militaires belges des années 1930 est moins codifié que celui de ses voisins tchécoslovaques ou polonais. La palette reste cependant cohérente, organisée selon deux règles essentielles : les blindés combattants portent un camouflage bicolore (vert olive + brun), les véhicules de soutien et les softskins une teinte kaki unicolore.
Pour les Blindés le schéma de camouflage standard des blindés belges combat se compose de deux couleurs principales : un vert olive foncé comme couleur de base, sur lequel sont appliquées des taches brun foncé irrégulières.
Ce schéma bicolore est confirmé par les photographies d'époque et les véhicules restaurés conservés . Les taches brun sont de taille variable, parfois larges et diffuses, parfois étroites et allongées selon les pelotons et les périodes de repeinture. Il convient de noter que certains T13 B1 de première série semblent avoir été initialement livrés en vert kaki unicolore, le bicolore n'étant appliqué qu'ultérieurement lors des révisions en atelier. La pratique est moins standardisée que dans les armées polonaise ou tchécoslovaque.
Les softskins L'ensemble du parc de camions militaires belges — FN, Miesse, Brossel, Chevrolet, GMC, Ford — porte une livrée kaki olive unicolore. Les photographies de mai 1940 confirment cette uniformité. Les bâches de benne sont dans la même teinte, parfois légèrement plus claires par usure. Les véhicules de liaison (Minerva) et d'état-major arborent également ce kaki uniforme. Voila un tableau reprenant la palette de couleurs
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