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Obusier B4 203 mm M1931 Aberdeen Obusier B4 203 mm M1931 Kolomna Obusier B4 203 mm M1931 Moscou Obusier B4 203 mm M1931 St Petersbourg Obusier B4 203 mm M1956 St Petersbourg Obusier B4 203mm M 1956 Moscou Obusier B4 203mm M1931 Obusier B4 203mm M1931 Malaya En 1926, le commandement de l'Armée rouge décida de développer plusieurs nouvelles pièces d'artillerie. Les troupes avaient besoin de nouveaux canons aux caractéristiques variées et adaptés à différents usages. Une réunion du Comité d'artillerie définit les besoins de l'armée comme suit : un canon de 122 mm, un canon de 152 mm et un obusier de 203 mm à longue portée. Ainsi débuta la vie de l'une des armes soviétiques puissance l'obusier lourd soviétique B-4 de 203 mm
En liminaire il faut savoir que ce canon est massif et très puissant et il n’est pas une pièce d’artillerie ordinaire car c’est une arme de rupture, conçue pour écraser ce qu’aucun autre canon ne peut réduire. Tirant des obus de plus de 100 kilogrammes, qui sont capables de pulvériser bunkers, fortifications en béton et positions retranchées, le B-4 est destiné aux missions les plus dures S’il n’avance pas vite ni ne manœuvre pas avec brio quand il arrive sur une position une fois installé il frappe et chaque coup est un événement. Chaque tir secoue le sol, brise les murs, démoralise l’ennemi. Les Allemands le surnommeront sans détour le marteau de Staline.
L'obusier B-4 était servi par un équipage de 15 hommes. Il disposait d'une grue pour le chargement des obus et de divers autres équipements facilitant son utilisation. Plus précisément, deux sièges de tireur, protégés par des blindages métalliques, étaient aménagés de part et d'autre de l'affût. Les commandes de visée étaient situées de chaque côté du canon. Le B-4 était remorqué démonté sur de longues distances. L'affût chenillé ne pouvait être remorqué à une vitesse supérieure à 15 km/h, et l'affût du canon à 25 km/h. Pour les déplacements sur de courtes distances (par exemple, entre deux positions), l'obusier pouvait être remorqué assemblé. Dans ce cas, la vitesse ne devait pas dépasser 8 km/h. Le dépassement des vitesses recommandées risquait d'endommager, voire de détruire, le châssis. L'obusier B-4 pouvait tirer tous les obus d'artillerie de 203 mm en service. Ses munitions principales comprenaient les obus explosifs F-625 et F-625D, ainsi que les obus perforants G-620 et G-620T. Ces obus pesaient environ 100 kg et contenaient entre 10 et 25 kg d'explosif. Après la guerre, la gamme de munitions du canon B-4 fut élargie pour inclure un obus spécial à ogive nucléaire. Le canon utilisait un chargement par cartouches séparées. D’un cote on trouvait l'obus, et il y avait douze charges propulsives allant de 15 kg pour l'obus complet à 3,24 kg pour l'obus n° 11. La possibilité de combiner le poids de la charge propulsive et l'angle d'élévation du canon, associée à la variété des obus aux caractéristiques différentes, offrait une grande flexibilité d'utilisation de l'obusier. Selon le type de cible et la portée, l'angle d'élévation et le poids de la charge propulsive pouvaient être ajustés. La vitesse initiale(V°) des projectiles variait de 290 à 607 m/s. La portée de tir maximale, obtenue grâce à une combinaison optimale de tous les paramètres réglables, a atteint 18 km. Une petite grue montée sur le châssis de l'affût servait au chargement des obus et des gargousses de poudre. En raison de la masse importante des munitions, le chargement manuel était difficile. Avant d'être acheminés vers la ligne de chargement, les obus étaient placés dans un plateau spécial, lui-même soulevé par la grue. Cet équipement facilitait le travail de l'équipage, mais la cadence de tir était lente. Un équipage entraîné pouvait tirer un coup toutes les deux minutes. Malgré ces difficultés, trois usines maîtrisèrent la production de l'obusier de forte puissance B-4 modèle 1931 en quelques années. À son apogée, chacune des trois usines produisait plusieurs dizaines de canons par an. Au début de la Grande Guerre patriotique, l'Armée rouge possédait 849 de ces obusiers, dépassant ainsi les besoins initiaux. On sait qu'en août 1939, un nouveau plan de mobilisation fut approuvé, qui, entre autres, établissait la structure organisationnelle de l'artillerie de forte puissance. L'artillerie de réserve du commandement général devait former 17 régiments d'artillerie d'obusiers de haute puissance (HPHO), chacun doté de 36 obusiers B-4. Chaque régiment comptait 1 374 hommes. Les 13 nouveaux régiments devaient être déployés simultanément sur deux fronts. Les troupes avaient un parc de 612 nouveaux canons. Parallèlement, il fallait construire environ 550 à 600 obusiers supplémentaires pour répondre aux besoins en temps de guerre. Emploi en Operation Le premier conflit armé où furent utilisés les obusiers B-4 fut la guerre soviéto-finlandaise. Fin 1939, près de 150 de ces canons étaient déployés au front, où ils servirent activement à détruire les fortifications finlandaises. Les performances des B-4 étaient inégales. Leur puissance était suffisante pour détruire certains blockhaus, mais les artilleurs devaient souvent faire face à des cibles plus fortifiées. Parfois, la destruction d'une structure en béton nécessitait deux ou trois obus pour atteindre le même point. De plus, pour tirer efficacement, l'obusier devait être déplacé presque manuellement jusqu'à une distance d'environ 200 mètres de la cible. La mobilité générale de l'obusier laissait également à désirer en raison des contraintes de transport. Le travail des artilleurs était compliqué par les faibles angles de rotation, qui obligeaient à faire pivoter l'ensemble du canon pour orienter le tir sur un large angle. Dans certaines situations, les équipages manquaient de protection contre les tirs ennemis, les contraignant à se réfugier dans des tranchées creusées à la hâte ou à utiliser d'autres abris. Mais malgré les problèmes et les difficultés, les obusiers B-4, d'une grande puissance, se sont avérés efficaces. Ces canons ont détruit un grand nombre de fortifications finlandaises, permettant ainsi aux troupes de mener à bien leurs missions. Sur plus de 140 obusiers déployés durant l'hiver 1939-1940, seuls quatre furent endommagés ou perdus. Les impacts précis des obus perforants réduisirent les fortifications finlandaises à des amas de béton brisé et de barres d'armature tordues. C'est pourquoi l'obusier B-4 gagna le surnom de « Sculpteur de Carélie ». Le 22 juin 1941, la Réserve d'artillerie du Commandement général comptait 33 régiments d'infanterie équipés d'obusiers B-4. Soit un total de 792 obusiers, bien que leur nombre réel, d'après certaines sources, n'ait pas dépassé 720. Le déclenchement de la guerre entraîna la perte de certains canons. Au début de l’Opération Barbarossa durant l'été et l'automne 1941, l'Armée rouge perdit 75 obusiers pour diverses raisons. La production de ces armes fut considérablement réduite au profit de systèmes plus modernes, si bien que seuls 105 exemplaires furent fabriqués et livrés aux troupes pendant la guerre. Certains de ces canons perdus devinrent des trophées pour les troupes allemandes. Par exemple, le 529e régiment de la Garde, faute de tracteurs en nombre suffisant, perdit 27 canons opérationnels durant l'été 1941. Au sein de la Wehrmacht, les obusiers B-4 capturés furent désignés 20,3 cm Haubitze 503(r) et furent utilisés de manière limitée lors de diverses opérations. Le Allemands vont utiliser des obus perforants G-620 capturés et leurs propres gargousses de poudre. Mais l’usure eut raison des Beuten obusiers B-4 et leur nombre diminua constamment. Au printemps 1944, il n’y avait plus sur parc que 8 canons capturés. Coté soviétique la faible mobilité durant les retraites constantes de ses troupes, amena le commandement de l'Armée rouge durant l'été 1941, a retirer tous les régiments d'artillerie d'obusiers de gros calibre vers l'arrière. Les artilleurs ne revinrent au front qu'à la fin de 1942, lorsque l'initiative stratégique commença à basculer du côté soviétique. Par la suite, les obusiers B-4 furent activement utilisés dans diverses opérations offensives pour détruire les fortifications ennemies. Comme les autres obusiers, le canon modèle 1931 était conçu pour des trajectoires à angle élevé. Cependant, durant la seconde moitié de la guerre, les soldats de l'Armée rouge maîtrisèrent également le tir direct. Le premier exemple de ce type eut lieu le 9 juin 1944, sur le front de Leningrad. La mission de l'artillerie de gros calibre était de détruire un important blockhaus bien défendu, couvert par d'autres positions de tir. Ce complexe de fortifications constituait l'épine dorsale de la défense ennemie dans la région, raison pour laquelle il devait être détruit au plus vite. Les artilleurs de l'Armée rouge, mirent en position deux obusiers B-4. Pendant deux heures, ces derniers pilonnèrent les murs de plusieurs mètres d'épaisseur de la fortification, tirant des obus perforants sur le béton à une distance de 1 200 mètres. Malgré cette méthode d'emploi peu conventionnelle, les canons atteignirent leur objectif. Le commandant de batterie qui détruisit le blockhaus fut décoré du titre de Héros de l'Union soviétique. Par la suite, les obusiers de 203 mm de forte puissance, modèle 1931, effectuèrent à plusieurs reprises des tirs directs. Les actualités filmées montrant des artilleurs tirant de cette manière dans les rues de Berlin sont largement connues. Néanmoins, la principale méthode de tir demeura « à l'obusier », avec des angles d'élévation élevés. À la fin de la Grande Guerre patriotique, les troupes disposaient de 760 obusiers de ce type en service. L'autre caractéristique du canon B-4 était sa faible mobilité, due aux limitations de son affût chenillé. La création d'une unité d'artillerie automotrice armée de cette arme aurait pu résoudre ce problème. Dans les années 1930, les ingénieurs soviétiques développèrent le canon automoteur SU-14, basé sur le char lourd T-35 . Ce véhicule atteignait une vitesse maximale de 22 km/h sur route. Deux prototypes furent construits, testés en 1940, puis stockés. En 1941, ils furent envoyés à la gare de Koubinka pour participer à la défense de Moscou. Ce fut leur unique engagement au combat. Après la guerre, l'armée reprit l'idée de créer un affût sur roues pour le B-4 et d'autres canons. Pour diverses raisons, les travaux furent retardés, et le prototype de l'obusier sur roues B-4M ne fut construit qu'en 1954. Ce nouvel affût sur roues reprenait en partie la conception de l'affût chenillé. Les systèmes de montage de l'obusier restèrent inchangés, et l'affût supérieur ne subit aucune modification significative. L'affût inférieur fut doté d'une plaque de base et de quatre roues. Lors de la préparation au tir, les roues étaient relevées, abaissant ainsi la plaque de base du canon jusqu'au sol. En 1954, l'armée testa un nouvel affût équipé d'un canon B-4 et d'un canon Br-2 de 152 mm. Il fut mis en service l'année suivante. Les nouveaux éléments furent installés sur les canons B-4 (désignés B-4M après cette modernisation), Br-2 et Br-5. Aucun nouveau canon, bloc de culasse, etc., ne fut produit. La modernisation consista à installer les éléments existants sur les nouveaux affûts. Grâce à sa puissance accrue et à ses obus à fort pouvoir destructeur, l'obusier modèle 1931 resta en service jusqu'à la fin des années 1980. De plus, au milieu des années 1960, sa gamme de munitions fut étendue avec un nouveau projectile spécial 3BV2 à ogive nucléaire. Cette munition a considérablement amélioré les capacités de combat de l'arme plus ancienne. Utilisation par les armées du Pacte de Varsovie : L'immense parc d'artillerie de l'armée rouge fut ensuite dispatchée dans les différentes armées du pacte de Varsovie ,la plus grande utilisatrice de ces pièces restant bien entendu l'URSS Mais usés par les combat de la 2e Guerre Mondiale et ,dépassés par leurs homologues occidentaux ,les vénérables pièces de 203 mm remontant aux années 1920 furent avantageusement remplacés par les 2S3 et autres 2S7 automoteurs Ces derniers étant bien plus à même de servir dans la guerre mécanisée latente à l'époque . Des renseignements donnaient encore 478 obusiers sous cocon en 1990 et rien ne dit que ces canons ne tonneront plus à un moment ou un autre ,surtout si l'on se réfère aux matériels que l'armée russe engagea d'urgence face à l'agression géorgienne du 8 août 2008 des Canons D-100 datant de 1944 Corée du Nord : Un certain nombre d'obusiers de 203 mm modèles B4 étaient en service au sein de l'armée nord coréenne au moment du déclenchement de la Guerre de Corée en juillet 1950 Mais la plupart de ces pièces furent ensuite perdues suite aux contre attaques de l'ONU dans la deuxième moitié de cette même année Un nombre inconnu de ces pièces purent être par la suite livrés par l'allié soviétique ,peut être encore maintenues en service à l'heure actuelle . Conclusion, L'obusier B-4 de 203 mm, d'une puissance de feu considérable, est l'une des pièces d'artillerie soviétiques les plus célèbres de la Grande Guerre patriotique. Grâce à sa conception distinctive et à ses performances exceptionnelles, il est devenu un symbole de toutes les offensives de l'Armée rouge. Toutes les opérations majeures menées à partir de la fin de 1942 ont bénéficié du soutien d'obusiers de 203 mm, qui ont permis de détruire efficacement les fortifications ennemies. Le B-4 trouve son rôle décisif dans les grandes offensives soviétiques : Leningrad, Sébastopol, Koursk, puis surtout Berlin en 1945. Dans les combats urbains, il est utilisé à tir direct contre les immeubles fortifiés, réduisant étage après étage les nids de résistance allemands. Là où l’infanterie est bloquée, le B-4 ouvre la voie — lentement, méthodiquement, sans appel. Visuellement, la pièce impressionne autant que ses effets. Son tube énorme, son affût massif, ses servants minuscules à côté d’elle donnent une échelle immédiate de la guerre industrielle totale. Ce n’est plus un duel de soldats, mais une confrontation de matières, de béton, d’acier et de volonté. Le B-4 incarne donc la philosophie soviétique : frapper plus fort sans compromis. Il ne travaille pas dans la dentelle et lorsqu’il entre en action, il ne laisse derrière lui que des ruines fumantes et le silence qui suit les grandes destructions. C’est une arme faite pour briser les murs et parfois, avec eux, la volonté de résister. |
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