Chevalerie Joute ou Tournoi ? A vous de voir

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 05/02/2022 à 09:55:00



Chevalerie Joute ou Tournoi Ne pas confondre

 
 
Popularises par les romans du XIXE tel Ivanhoe ou Quentin Duward et les films hollywoodiens du XXe les personnes ont parfois une idée fausse des Tournois ou Joutes qui pour eux sont la même pratique Ce petit article va vous aider à faire la différence Allez Moteur silence On tourne

Débutons par les Tournois
 
Les tournois étaient des combat simulés pratiqués au Moyen âge
On peut trouver ses origines en France au IXe siècle, époque à laquelle Nithard petit fils de Charlemagne par sa mère fait mention de manœuvres équestres pratiquées dans les armées de Charles le Chauve et de Louis le Germanique.
Par contre il faut attendre le milieu du XIe siècle pour voir les traits essentiels,du tournoi se mettre en place En effet à cette époque un chevalier, tourangeau, Geoffroi de Preuilly, codifia les règles
Rapidement la pratique du tournoi va se. se répandre dans tous les pays de l'Europe occidentale et l'empire byzantin
Leur origine française était rappelée,par le chroniqueur Mathieu de Paris, qui au commencement du XIIIe siècle la nomme « la petite guerre française » (conflictus gallici). Les tournois sont très nombreux, depuis 1160 environ, principalement dans le Nord de la France et en Flandres
Mais c’est à compter du XIVe siècle,que l ‘on voit l'apogée des tournois et des joute
Cette époque voit un grand perfectionnement dans les armures défensives,
Les tournois cessèrent au commencement du XVIe siècle, et les joutes tombèrent en discrédit en France surtout après l'accident mortel d’Henri II en 1559


Par contre elles perdurèrent principalement en Allemagne jusqu'au milieu du XVIIe siècle. Mais les tournois avaient leurs détracteurs et les papes et les rois tentèrent de les interdirent notamment lors des croisades
En effet le sang des chevaliers ne doit pas être répandu inutilement  aussi l’Église et les rois multiplient les réprobations et les condamnations : « Les tournois sont défendus parce qu’ils coûtent souvent la vie à des hommes », et qu’ils sont un obstacle à la croisade par la dépense inutile d’hommes, d’argent et de chevaux qu’ils impliquent.
St Bernard le premier protesta contre ces pratiques En suivi des interdiction emises par les papes et les conciles 1130, 1148, 1179, 1201, 1245, 1279, 1311
Le pouvoir laïc et les rois de France promulguèrent à leur tout des prohibitions, généralement temporaires,Le premier fut St Louis et cette interdiction fut reprise à plusieurs reprises Philippe le Bel en 1312 rendit une ordonnance spéciale qui sera renouvelée plusieurs fois en 1361 et 1405,
Aussi pour compenser ces interdiction à partir du XIIe siècle, le tournoi fut parfois remplacé par le Carrousel, qui était un jeux d'adresse inoffensifs,avec la bague, la canne, le faquin. Les romains avaient deja ce style de spectacle   les
Hippika Gymnastika Carrousels
Déroulement


Il faut savoir que le tournoi proprement dit était comme comme une veritable bataille
C’etait donc comme se disait un combat par masses ou à la foule,
Le cérémonial des tournois ne fut pas d'abord compliqué. A l'origine, nobles et vilains pouvaient indistinctement prendre part aux tournois.
Dans les Flandres à Lille se deroulait les Fêtesde l'Epinette,
La fête était présidée par le roi de l'Épinette, qui était élu parmi les bourgeois les plus riches de la ville
1. Il était désigné le jour du Mardi Gras, et était chargé de l'organisation des tournois et banquets. Ceux-ci étaient en partie à ses frais, en dépit du budget prévu par la ville pour financer les festivités. Le roi gardait son titre pendant toute une année, et représentait la ville dans les fêtes des autres villes. Il organisait un dernier festin pour le Mardi Gras de l'année suivante, où était élu son successeur.
Cette fête voyait ainsi des tournois organisées par les bourgeois de cette ville.
En Allemagne les tournois voyaient même la participation de femmes dès la fin du XIIIe siècle.
Les tournois avaient lieu dans de grandes occasions et ils étaient international car y participait des chevaliers venant de provinces et de pays souvent très éloignés les uns des autres.
Les tournoyeurs se formaient, en deux partis sous le commandement de deux chefs,
On trouvait deux camps opposés, celui de l'appelant, qui était censé envoyer le défi, et celui du défendant.
On faisait combattre, par exemple, Français contre Champenois, Flamands contre Bourguignons, Français contre Allemands ou Anglais,
Des juges diseurs, au nombre de six ou huit, examinaient les titres des combattants, vérifiaient leurs armes et jugeaient tous les différends qui pouvaient se produire.
Le roi d'armes, les hérauts et leurs poursuivants annonçaient ou criaient le tournoi, portaient les convocations et réglaient toutes les questions de cérémonial. 
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Au XIVe siècle, il y eut aussi une reine du tournoi, choisie parmi les dames nobles, qui décernait le prix au chevalier le plus méritant ou mieux faisant de la journée.

Ce prix était en général un joyau, souvent aussi c'était une faveur, comme une écharpe, une coiffe ou une manche d'habillement de la dame elle-même.
Souvent, le mariage de la reine, ou de ses demoiselles d'honneur,clôturait le tournoi. Chaque tournoyeur était accompagné de plusieurs valets, à cheval et à pied, qui pouvaient l'assister même pendant la mêlée.
En Angleterre au XIIe et au XIIIe siècle, la particpation au tournoi était parfois payante
Le nombre des combattants était quelquefois très élevé : il n'était pas rare qu'il y eut 500 chevaliers de chaque côté, En 1279 a eu lieu un tournois avec 2000 chevaliers
La veille du tournoi, on faisait apporter et ranger, dans un lieu saint par exemple un cloitre d’un monastère toutes les armes, qui étaient inspectées par les juges du tournoi.
Les chevaliers apposaient leurs bannières aux fenêtres de leurs logements, ce qui s'appelait faire des blasons fenestre.
Tout chevalier qui était reconnu comme ayant failli d'une façon quelconque aux lois de l'honneur, et, à partir du XIVe siècle, tout bourgeois ou vilain qui cherchait à se faufiler en compagnie noble, était dénoncé (recommandé), battu et placé à califourchon sur les barrières des lices pendant toute la durée du tournoi.
Dans les cas les moins graves, le «-recommandé » était autorisé à prendre part au tournoi, mais alors tous les autres combattants avaient mission de frapper sur lui jusqu'à ce que les dames demandent grâce pour lui.
L'espace réservé au tournoi, ou lices, était entouré d'une double barrière et de plusieurs tribunes, pour les juges du tournoi et les spectateurs. Les vaincus perdaient leurs armes et leurs chevaux et pouvaient être mis à rançon par leurs vainqueurs.
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Casque de tournoi (à gauche) et casque de joute.
La Joute

Par contre il faut faire la différence entre joute et tournoi  A partir du XIIIème siècle, le tournoi tend à devenir un spectacle ritualisé, une fête solennelle offerte par la chevalerie, qu’on appelle « joutes », mais les termes de tournoi et de joutes sont souvent employés indifféremment et le tournoi coexistera  longtemps avec sa forme édulcorée.
La joute en ancien allemand tjost était un combat entre deux adversaires seulement. L'arme employée principalement était la lance, mais on pouvait se servir aussi de l'épée. Au XIVe siècle, on inventa la joute à la barrière,On voyait ainsi les deux jouteurs courant l'un contre l'autre de chaque côté d'une palissade recouverte de toiles, qui s'élevait à la hauteur de la selle des chevaux.
C'est ce qu'on appela courir une lance.


Les chevaliers qui offraient la joute à tout venant exposaient, près de leurs logements, leurs targes, plantées en terre ou accrochées, et ceux qui voulaient combattre venaient les toucher de leurs lances.


Comme les tournois, les joutes comportaient généralement plusieurs jours d'exercices. Il y en avait qui duraient trente jours de suite,On verra cela en 1390 entre Français et Anglais A partir du XVe siècle, la joute fut souvent un exercice d'adresse où il s'agissait simplement de faire sauter en l'air des pièces mobiles de l'armure ou du casque ou le cimier de celui-ci. Quelquefois, les jouteurs habiles restaient la tête découverte.
Le pas d'armes était une variété de la joute. Les jeunes chevaliers commençaient de très bonne heure ces exercices, comme en témoignent les nombreuses armures d'enfants qui ont été conservées.
Equipement
Si à l origine les armes employées dans les tournois ne s'en distinguaient pas des armes de guerre cela changea au XVIe et au XVe siècle,
Les armes étaient généralement peintes de couleurs voyantes.On vu l ‘apparition au XIIIe d’armes dites courtoises, comme la lance à fer carré et obtus, l'épée sans pointe ni taillant, la masse de bois dur sans aspérités.
La plupart de ses armes de tournoi vont apparaitre vers 1380.

 

Le casque de tournoi était caractérisé par sa visière en forme de grille , qui ne gênait pas la vue.
Le casque de joute suivit l ‘evolution du casque portait durant les combats passant successivement par le heaume, bassinet, salade et l’l'armet.


Il était solidement assujetti à la cuirasse par des pattes en fer, afin de ne pas être enlevé par un coup de lance.
Le timbre devint très aplati, à partir de 1390 environ, et donna la forme dite en tête de crapaud. La vue n'était possible que par la suture des deux parties du heaume
C’etait le point faible de la cuirasse car la lance pouvait pénétrer par ce défaut, comme cela arriva à Henri II
Le poids du casque va atteindre près de 10 kg. Un cimier qui le surmontait fut en vogue principalement en Allemagne, ainsi qu'un « volet » ou couvre-chef.


Le devant du timbre portait souvent, au XVe et au XVIe siècle, de petites plaques mobiles maintenues par un ressort et qui se détachaient tout d'un coup, quand, par un tour d'adresse très prisé, l'extrémité de la lance venait les frapper. La grande armure de Maximilien en est pourvue. 
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Si la cuirasse de tournoi était percée de trous pour être plus légère. Celle de joute portait, sur le coté droit, le faucre terminé par le contre-faucre, qui servait à arquebouter les bois de la lance.


Dans les joutes d'adresse, la cuirasse portait aussi des plaques mobiles à ressort, qui se détachaient sous le choc de la lance.
La Cuirasse était recouverte par la cotte d'armes. Toute l'armure de tournoi était fortement rembourrée. 
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Le bouclier était concave, très souvent échancré d'une ouverture pour laisser passer la lance.


Le manteau d'armes se portait souvent par dessus l ‘armure C’était un ornement extérieur, formé d'une draperie de couleur généralement doublée d'hermine de vair pour les ducs d'empire, retombant autour de l'écu.
Le manteau peut être dessiné aux armes du titulaire sur ses parties latérales, ou reproduire les couleurs de l'écu.


Si le manteau est un attribut de souverain il était alors surmonté d'un pavillon, de prince ou de duc.
Mais dans le civil le manteau peut également désigner une charge de rang élevé. Le manteau d'azur des pairs de France est surmonté d'une toque prise dans une couronne, toque surmontée d'un gland d'or pendant la Restauration. tenait souvent lieu de bouclier.
Le bouclier portait des armoiries, au développement desquelles les tournois contribuèrent beaucoup.
Diverses parties du corps étaient protégées par des pièces complémentaires : gilettes aux épaules, brassards, gantelets  et surtout garde-cuisses, qui emboîtaient les jambes et les fixaient contre la selle.
Le cheval était aussi armé et revêtu d'une housse armoriée.Les chevaux de joute et de tournois sont les mêmes que les chevaux de guerre : les destriers, ainsi nommés parce qu’ils sont « menés en destre» (les écuyers les tiennent à leur droite), sont des chevaux rapides et puissants, entraînés à porter un chevalier en armure; leur tête est recouverte par une protection métallique (le chanfrein) et à la fin du Moyen-âge leur corps est protégé par une barde en métal, dissimulée par une housse en tissu décoré : le caparaçon.
Armes
Les armes offensives, dans le tournoi, étaient l'épée et la masse d'armes. Il était interdit de frapper de bas en haut et de donner des coups de pointe.
La lance, dans la joute, était courte et se terminait par un rochet ou fer émoussé formé de plusieurs petits mamelons obtus. La garde ou rondelle de la lance atteignait de grandes dimensions. A la place où elle portait sur le contre-faucre, la lance était munie d'une aggrappe, formée d'entailles en forme de billettes, destinées à l'empêcher de glisser
 Dans les joutes, il était interdit de frapper ailleurs que sur l'écu ou sur la bavière du heaume.
Une lance n'était déclarée réellement rompue que lorsque l'éclat était complètement séparé du tronçon. 


Malgré les prescriptions des hérauts et des juges d'armes, les accidents étaient si fréquents que, parfois, il était d'usage de placer un cercueil ouvert dans les lices, au début de la mêlée.
Les hérauts rédigeaient les proclamations et les comptes rendus des tournois, qui furent souvent imprimés à partir de la seconde moitié du XVe siècle, par exemple pour ceux de Paris en 1498, d'Ardres en 1520, de Blois en 1556, de Paris en 1559,
Plusieurs traités ex professo furent composés, au XVe siècle, notamment par le roi René
La Bibliothèque nationale de france en possède aussi plusieurs relatifs aux tournois, entre autres un manuscrit allemand des fêtes de Brunswick (1582), où se trouve une série de miniatures à la gouache représentant tous les chocs et toutes les chutes de chaque rencontre des jouteurs.

   


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