Bataille 1807 Eylau

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 17/07/2016 à 11:52:13



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La Bataille d’Eylau
Claude Balmefrezol

 

 

 La plus grande charge de Cavalerie de l Histoire ou comment la Cavalerie de Murat sauve la Journée

En Octobre de 1806, dans une campagne éclair Napoléon défait de manière décisive les Prussiens dans 2 batailles simultanées Iéna et Auerstaedt
. A Iéna avec la majeure partie de son armée il défait les prussiens commandaient par alors qu’à Auerstaedt c’est
Davout avec une   petite partie de l’ Armée française qui supporte le choc du gros de l’armée prussienne commandée par le duc de Brunswick qui trouve la mort Cette campagne était en réponse donnée à la Prusse  qui avait rejoint la Russie, la Saxe, la Suède et la Grande-Bretagne dans la Quatrième Coalition Cette coalition avait vu le jour peu de temps après la victoire de  Napoléon à Austerlitz en 1805.


 

avec l 'autorisation d'Alain Houot


Après Iéna, la grande Armée livre une blitzkrieg qui mets la Prusse à genoux  Les restants de l’armée prussienne sont battues lors des batailles de Prenzlau et Lübeck et le 25 Octobre 1806  les Français entrent dans Berlin.
 


Mais il y a toujours un danger car l’Armée russe est intacte et  elle recueille les débris des forces prussiennes et sous les ordres du général Leonty Leontyevich, comte von Bennigsen  elle s’avance pour affronter  la Grande Armée  forte de 75.000 hommes dans une bataille décisive en Prusse orientale Les renforts russes, 50 000 hommes avec Buxhovden et 30 000 de la Garde impériale russe, étant arrivés, Bennigsen dispose alors de 140 000 hommes en Pologne
 

Du 11 novembre au 6 décembre 1806 :
La Prusse est vaincue. Le roi et la reine se sont réfugiés à Koenigsberg. Ils ne disposent que de quelques milliers de soldats résolus à tenir cette place, comme celles de Glogau, Breslau, Colberg, Graudenz et Danzig. Ils n'ont pour tout corps opérationnel que les 8 000 hommes confiés au général Lestocq sur les rives de la Passarge.
Napoléon doit maintenant vaincre les russes. Une première armée, sous les ordres de Bennigsen, vient d'occuper Varsovie. Une seconde est annoncée à Grodno.
La Grande Armée, forte de 150 000 hommes, va avoir à faire face à 140 000 Russes, habitués au froid et aux intempéries et à quelques milliers de Prussiens avides de revanche.
A Berlin, Napoléon sait que son entourage souhaite la paix et il connaît la lassitude de ses troupes. Mais il veut profiter de la situation actuelle et en finir au plus vite avec les russes.
Mais on est au mois de Novembre et ses armées vont voir leur mobilité entravée par des conditions atmosphériques auxquelles elles ne sont pas habituées (la pluie, la boue, la neige et les difficultés d'approvisionnement).
Le 16 novembre Napoléon met en marche ses troupes :
Napoléon décide de déborder les Russes par le nord pour éviter leur jonction avec les forces prussiennes.
Murat, Lannes, Davout et Augereau (80 000 h) doivent marcher directement sur Varsovie pour y fixer Bennigsen.
Les autres corps de la Grande Armée doivent marcher sur Thorn pour déborder les Russes par le Nord et les séparer de leurs alliés prussiens.
Mais à Varsovie, les Russes sont si mal acceptés que le tsar donne l'ordre à ses troupes de se replier. Bennigsen évacue donc la ville, détruit le pont de Praga et se replie au nord-est de la capitale.
Le 28 novembre Murat peut donc entrer dans Varsovie sans combat.
Le 19 décembre Napoléon arrive à Varsovie où sont regroupés les corps de Lannes, de Davout et d'Augereau.
Dans la région de Thorn -200 km en aval- les corps de Soult, Ney et Bernadotte ont atteint la Vistule. Mais 1'hiver est là, la neige succède à la pluie. Les troupes sont dans un état de fatigue extrême. Elles arrêtent donc leur marche en avant en attendant des jours plus cléments.


Comme à son habitude La Grande Armée se déplace en en divers Corps qui ont tous une feuille de route. Les mouvements globaux sont coordonnés par le Grand Etat-major Impérial  Napoléon est à sa tête mais il est secondé par le talentueux maréchal Berthier
 

 

Du 7 au 29 décembre 1806 : La manœuvre de Golymin - Pultusk
Les Russes, habitués au froid et à la neige, n'ont pas l'intention d'attendre les beaux jours pour attaquer Napoléon.
Le 15 décembre les armées de Bennigsen et de Buxhowden se sont regroupées au nord de Varsovie, entre la Narew et l'Ukra.
Le Tsar confie le haut commandement au vieux maréchal Kamenski afin d'éviter les heurts entre ses deux principaux lieutenants fort jaloux l'un de 1'autre.
Les Russes pensent franchir la ligne de l'Ukra et se rabattre sur les arrières de Napoléon dont les soldats doivent être épuisés par trois mois de campagne.
De leur côté, les Prussiens reprennent confiance. Leur réveil patriotique a, en quelques semaines, porté à 20.000 hommes le corps de Lestocq. Ce dernier a descendu les rives de la Passarge et marche sur Soldau, où il ne sera plus qu'à 40 kilomètres de l'avant-poste russe de Biezun.
Napoléon, tenu au courant des volontés offensives des Russes, décide de devancer leur attaque et d'en finir par un coup décisif dont le plan est le suivant :
Frapper l'ennemi à Pultusk avec les forces de Varsovie. Les Russes se replieront alors vers le Nord-Ouest pour maintenir leurs communications avec les bases prussiennes. Les corps français concentrés autour de Thorn pourront alors se jeter dans le flanc des colonnes russes quelque part entre Ciechanow et Makow.
Le 22 décembre, ce plan est mis à exécution.
Dans la nuit du 22 au 23, Davout, suivi de Murat, Lannes et de la Garde force le passage de la Narew à Czarnowo. Augereau, lui, passe la Vistule à Zackroczin et par Plonsk atteint l'Ukra à Kolozomb.
Le 24 décembre Davout et Murat ont un vif engagement avec les Russes à Nasielsk. Napoléon est alors persuadé que les Russes se retirent bien vers le Nord-Ouest et qu'ils vont passer par Golymin, puis par Ciechanow.
Il dirige donc vers Golymin ses principales forces (Murat, Davout et Augereau). Le corps de Lannes est laissé seul à Pultusk.
Le 26 décembre les conditions météorologiques sont tellement détestables que cette savante manœuvre n'aboutit qu'aux peu concluantes victoires de Golymin et Pultusk.
Mais surtout Napoléon se rend compte qu'il s'est trompé. Les Russes, sans se soucier de leurs alliés prussiens, se retirent au Nord-Est vers Ostrolenka. La manœuvre est ratée par Napoléon, parce qu'il a eu affaire à un adversaire ayant le choix entre deux lignes de retraite mais surtout parce que ses propres mouvements, d'habitude si prompts, se sont englués dans la boue de Pologne.

 

Du 30 décembre 1806 au 31 janvier 1807 : L'offensive russe sur la Passarge
En évitant de se faire battre par Napoléon, Bennigsen se vante d'avoir remporté une grande victoire. Le Tsar lui donne alors le commandement en chef de l'armée russe.
Les Français exténués et affamés prennent leurs quartiers d'hiver à l'ouest d'une ligne Pultusk-Neidenburg.
Mais Bennigsen ne renonce pas, il décide de prendre l'offensive sur la basse Vistule pour se lier avec les Prussiens, couper les français de Berlin et détruire la Grande Armée.
Début janvier 1807 : Bennigsen est conforté dans cette opinion car Ney, à la poursuite de Lestocq se laisse entrainer jusqu'à Bartenstein. Le maréchal Lefebvre qui assiège Danzig (défendu par le général Kalkreuth) n'est couvert, dans la région d'Osterode, que par le seul corps de Bernadotte.
Bennigsen voit dans cette situation une occasion magnifique de battre deux corps français isolés. Concentrées à Ostrolenka les troupes russes vont remonter vers le Nord-Ouest et atteindre la vallée de l'Alle. Après avoir franchi cette rivière, elles s'établissent à Allenstein, Guttstadt et Heilsberg, bases de départ pour l'offensive.
Le 18 janvier, l'offensive est lancée et le corps de Ney attaqué à Heilsberg est contraint à une retraite précipitée.
Le 19 janvier, c'est Bernadotte qui est surpris à Mohrungen.
Napoléon se réjouit de cette offensive car il y voit la possibilité de renouveler la manœuvre d'Iéna : il lui suffit de précipiter ses forces vers le nord pour prendre en flanc l'armée russe.
La Grande Armée se met en marche.


La Grande Armée est déployée en Prusse Orientale avec comme mission  envelopper l’Armée russe . il veut prendre Bennigsen dans une nasse.
 

Du 1er au 6 février : La manœuvre ratée d'Allenstein-Guttstadt
La progression française se fait en trois colonnes :
=> à gauche, Ney et Augereau, partis respectivement d'Hohenstein et de Neidenburg marchent, par la rive gauche de l'Alle, droit sur Allenstein
=> au centre, Murat, Soult et la Garde s'en rapprochent à Wartenburg, après avoir dépassé Passenheim
=> à droite, Davout venant de Myszymec doit, atteindre Wartenburg puis progresser beaucoup plus au Nord pour verrouiller les passages de Guttstadt et d'Heilsberg.
Quant à Bernadotte, à Osterode, il servira d'appât pour encourager l'offensive russe.
Par cette manœuvre la Grande Armée devrait surgir sur les arrières de Bennigsen mais celui-ci, averti du danger couru a arrêté sa progression à l'ouest d'Allenstein.
Le 3 février Napoléon arrivant à Allenstein découvre les Russes rangés en bataille sur la rive gauche de l'Alle. Il s'en réjouit car c'est l'occasion d'en finir avec les Russes par une bataille décisive.
L'attaque française est lancée, les Russes résistent avec énergie dans les villages de Jonkowo et Mondtken. Mais Benningsen voit son flanc gauche menacé par l'arrivée du corps de Soult qui, franchissant l'Alle, peut couper sa ligne de retraite. D'autre part les forces françaises se renforcent par l'arrivée sur le champ de bataille d'Augereau et de la Garde tandis que Davout, rappelé d'urgence se rapproche.
La nuit précoce d'hiver interrompt les opérations.
Demain, au lever du jour, Napoléon n'aura plus qu'à cueillir le fruit d'une victoire virtuellement gagnée.
A l'aube la bataille reprend. Ney et Saint-Hilaire progressent mais l'un et l'autre s'aperçoivent qu'ils n'ont affaire qu'à des arrière-gardes.
En effet, pendant la nuit, Bennigsen a battu en retraite avec le gros de ses forces en direction de Koenigsberg, via Landsberg. C'est une magnifique occasion perdue pour Napoléon qui se lance aussitôt à la poursuite des Russes.
Menacé par cette redoutable poursuite Bennigsen recule de 85 km en 3 jours et ne s'arrête qu'à une journée de marche au sud-est de Koenigsberg. Il décide alors de faire face sur l'excellente position de Preussich-Eylau au croisement des routes de Bartenstein à Koenigsberg et de Landsberg à Friedland. Le 6 février, au sud de Landsberg, une arrière-garde russe donne un coup d'arrêt à la poursuite et ne succombe que sous la charge des cuirassiers du général d'Hautpoul.

Le 7 février : les préliminaires de la bataille d'Eylau
Entre Eylau et Lampasch, Benningsen a rangé en bataille ses 80 000 hommes appuyés de 400 canons.
Napoléon craint que les Russes ne dérobent à nouveau aussi, bien que n'ayant que 46 000h, il engage la bataille car sa position stratégique est très forte : Bennigsen est saisi dans une gigantesque tenaille :
au Sud-Est par Davout, qui, accouru d' Heilsberg, a franchi l'Alle et ne se trouve plus qu'à 18 km du flanc gauche ennemi et de la seule ligne de retraite dont ce dernier dispose vers l'Est (la route de Domnau-Friedland).
au Nord-Ouest, par Ney, qui, selon les ordres reçus, doit rallier le champ de bataille au plus vite pour frapper le flanc droit des Russes et leur couper la retraite vers de Koenigsberg.
Malgré l'approche de la nuit, l'avant-garde française attaque à 14 heures.
Murat et Soult expulsent l'ennemi du plateau de Ziegelhoff au sud-ouest d'Eylau puis se précipitent dans la ville dont ils restent finalement maîtres à 22 heures, au prix d'une bataille acharnée livrée sur le mamelon du cimetière.


Une fois l’ennemi pris dans la nasse par une concentration des forces il pourra livrer la bataille décisive
Mais un grain de sable va se mettre dans les rouages  Les ordres sont donnés par des officiers à cheval  qui partent avec des ordres cachetés à remettre aux divers commandants des corps d’armées. aussi ce qui devait arriver arriva . Une estafette du Ie corps du maréchal Bernadotte est  capturée par les cosaques russes. Ainsi, averti qu'il fonçait tête baissée dans un piège , Bennigsen commencé à se dérober de l'approche française. Napoléon veut alors marcher directement vers Königsberg où se trouve la majorité des approvisionnements russes il le poursuit et près deux combats d’arrière-garde à
Hoff et Heilsberg le 6 février,  le 7 février 1807 il se trouve face à l’armée russe de Bennigsen à Eylau actuellement Bagrationovsk anciennement Preußisch Eylau
Napoléon n’ a sous ses ordres que 4 Corps d‘armée :
VIIe Corps du maréchal Augereau,
IVe Corps de Soult (Ces hommes avaient participé à la prise du plateau de Pratzen à Austerlitz,  Réserve corps de cavalerie de Murat,
Garde impériale
Le tout fait 45.000 hommes et 200 canons.
 Bennigsen,  de son côté peut aligner  environ 140.000 soldats et 460 canons, mais seulement  70 000 seront présent sur le champ de bataille IL faut aussi ajouter les 9.000 Prussiens du général Anton Wilhelm von L’Estocq
qui sont à proximité.
 

Levin August Gottlieb Theophil -Leonty Leontievitch-, comte von Bennigsen,
Brunswick  10 février 1745 Banteln 3 décembre 1826 à Banteln)


Mais  Napoléon peut espérer avoir le soutien des VIe Corps de Ney en approche du nord-ouest, et du IIIe Corps de Davout venant du sud, soit un total de 30.000 soldats supplémentaires,Napoléon prévu fixer les Russes  avec les forces qu'il avait sous la main, et ensuite envelopper l’armée russe avec ses2 corps arrivant du sud et du Nord Ouest . C’est la manœuvre que  le général George Patton appellera  holding (the enemy) by the nose, tenir l’ennemi par le nez afin de le “kick them in the pants” 'soit lui botter le cul.

face à Napoléon nous trouvons le comte Von Bennigsen  commandant les forces russes  Après la bataille, il sera décoré par le tsar, étant le seul général à ce jour qui a pu éviter la défaite face à Napoléon. Napoléon quand à lui en 1807 était un général avec la plénitude de ses moyens Mais à Eylau, il va subir son premier revers

Les escarmouches entre les avant gardes russes et françaises durent toute la journée du 7 au centre du champ de bataille dans le village d’Eylau, au centre du champ de bataille.
 

Piotr Ivanovitch Bagration  Пётр Иванович Багратион) ou Pétré Ivanis dzé Bagrationi
Kizliar 1765     près de Mojaïsk   7 septembre 1812


 

l’avant-garde russe est commandée par Bagration, et elle est placée à l’ouest sur la route de Lansberg et dans le village même.
 

Capitaine Hugo


 Les brigades Schiner et Vivies,attaquent sur la droite à travers les bois, et les brigades Levasseur et Essards, au centre, à travers le lac gelé, Grace à l’arrivée de la division Leval et du corps d’Augereau les russes menacéssur leur  gauche, se replient sur Eylau qui est prit en début de soirée,par  les divisions Legrand , Saint-Hilaire et Leval
 Bagration, battu, recule sur la gauche Napoléon, arrivé à 23 heures à Eylau, ne dispose que de 46 000 hommes et 300 canons. Le temps est exécrable et les deux armées vont passer la nuit dehors frissonnant sur un sol gelé au milieu d’ averses de neige  sporadiques ..

 


LA BATAILLE COMMENCE

A 8 heures, le 8 Février, la bataille a commencé sérieusement avec un duel d'artillerie massif, sous un ciel bas et lourd au milieu des averses de neige intermittentes . Une tempête de neige s’annonce À 08h30, Napoléon ordonna  au Corps du maréchal Soult, sur le centre-gauche française, d’avancer pour attaquer  l’aile droite  russe, du général Tutchkov.
Mais les hommes de Soult furent bientôt arrêtés et ramenés sur leur position de départ autour de la colline de Windmill , au nord du village Eylau.
Pendant ce temps, au sud, l'avant-garde du IIIe corps du maréchal Davout, la division d'infanterie Friant du nom de son général Louis Friant (Officier promis à un brillant avenir il commandera d’ailleurs les grenadiers de la vieille garde à Waterloo), commencent à déboucher sur la gauche de l’armée russe. Pour l’arrêter  Bennigsen  lancé une attaque de cavalerie
Pour soulager cette attaque sur le Corps de  Davout et clouer l’aile gauche russe sur place, Napoléon à 10h30 ordonné aux 15.000 hommes du VIIe corps du maréchal Augereau , soutenue par la division Saint-Hilaire du Corps de Soult, d’avancer
Mais avançant en zone humide et marécageuse dans le blizzard  les hommes se perdent et devient de leur trajectoire Dans cet enfer blanc  les hommes de Augereau au lieu de se déplacer contre la gauche russe, dévient vers le nord, vers le centre russe
Il peut y avoir une explication à cette « erreur » . La plupart des hommes sont droitiers, et ont tendance à faire des enjambées plus grandes avec leur jambe droite
C’est donc facile de dévier vers la droite. C’est d’ailleurs un problème très courant chez les randonneurs qui marchent dans le brouillard
A Eylau, marchant  dans un enfer blanc  les 15.000 hommes du Corps d'Augereau marchent donc aveuglément vers le centre russe ou se trouvent massé les 70 canons de la Grande Batterie russe, qui sont  engagés dans un duel d'artillerie féroce avec les canons français. Le corps d’Augereau se dirige tout  droit dans ce chaudron et le carnage a été soudain et total. Mitraillés par les batteries russes et aussi subissant des tirs amis  en quelques minutes, VIIe Corps d'Augereau a pratiquement cessé d'exister.
 Des deux divisions fortes de 15.000 hommes  seulement 3000 sont revenus à leur position de départ
Les pertes sont lourdes même parmi les officiers Augereau est lui-même  blessé, tout comme l’un des commandants de division  Le général  Jacques Desjardins mortellement blessé, décèdera  3 jours plus tard.
Voyant cela Bennigsen lance une  contre attaque contre le VIIe Corps d'Augereau. Heureusement qu’une régiment le 14e RI de ligne se forme en carré et laisse le temps  aux troupes démoralisées de se regrouper
Nous avons un témoignage de cette action grâce à un jeune officier se trouvant dans l’ Etat major impérial Marbot jeune officier de hussards étant ce jour-là ADC ( aide-de-camp) de l'Empereur. Dans ses mémoires il racontera les détails de ces évènements
Lorsque la neige s’arrêta un moment, on a pu voir ce régiment presque entièrement entouré par l'ennemi, agitant son aigle montrant qu'il se tenait toujours mais qu’il avait besoin d’aide rapide
L'empereur, décida de lui envoya une estafette  avec ordre de quitter le tertre, de former un petit carré et se retirer vers nous, Dans le même temps il lance une brigade de cavalerie pour les aider et les soulager. Mais cela était pratiquement impossible de faire passer une estafette, car une nuée de Cosaques tournait autour du 14e RI et il était clair que tout officier envoyé vers le régiment serait tué ou capturé avant d’y  arriver Néanmoins, un ordre est un ordre, et il fallait obéir. Les deux premières estafettes sont tuées  et s’est Marbot, lui-même, qui est choisi pour faire une troisième tentative.

 


Il raconte que «  monté sur sa jument arabe rapide, Lysette, il  dévale la pente au milieu des Cosaques  il vole plutôt qu’il galope il saute par-dessus les corps entassés d'hommes et de chevaux, les fossés  les armes, ainsi que les feux demi éteints des bivouacs. Des milliers de cosaques étaient éparpillés dans la plaine. Le premier à me voir se comporte comme un chasseur qui, après avoir soulevé un lièvre, crie marque sa présence par des cris de  il est à toi!" Mais aucun d'entre eux ne purent m’arrêter, d'abord parce que j'allais si vite, et peut-être aussi  les cosaques pensaient que je serais arrêté plus loin par ses camarades
Je suis donc arrivé auprès du 14e avec ma valeureuse jument qui avait reçu une légère blessure.
Marbot transmet alors l’ordre au  commandant du bataillon  l'officier lui répond:
"Je ne vois aucun moyen de sauver le régiment  A votre retour vous transmettre à l'Empereur les adieux du 14e Régiment de Ligne qui a fidèlement exécuté ses ordres, et je vous prie de prendre l'aigle qu’il nous a donné car nous ne pouvons plus défendre ;. Il serait être trop terrible de voir tomber dans les mains de l'ennemi lors de nos derniers moments ".
Avec l’aigle, Marbot tente de revenir dans les lignes françaises, mais son cheval s’effondre et  il se réveilla quatre heures plus tard, blessé et nu
il faut savoir que Marbot continua sa carrière durant tout l’ Empire et il commanda une brigade de cavalerie légère à Waterloo, où il fut blessé.
Le 14e RI fut anéanti et les  lignes russes avancent vers le poste de commandement de Napoléon. . Pour la première fois depuis Marengo en 1800, Napoléon voit la défaite arriver car son centre avait cessé d'exister, et il n’y avait plus obstacle entre les Russes  et le grand Quartier Général  hormis son escorte personnelle
Mais en arrière se tenait la réserve de cavalerie de Murat
 Avec son centre en danger et l’'effondrement de ses ailes et manquant de réserves car les deux  Corps des maréchaux Ney et Davout étaient encore assez loin  le plan de bataille de Napoléon semblait s’effondrer.


A 11h, l'avant-garde russe  1 km de Napoléon lui-même. Deux bataillons de la Garde Impériale sont envoyer et, luttent contre les grenadiers russes dans les ruelles et les rues de Eylau et surout le cimetierre . En 11h30, les "grognards" ont bouter l’avant-garde russe hors du  village. C’est la premiere fois que la Garde donne et elle reçoit l'ordre de ne pas tirer mais de charger à la baïonnette
 


Toutefois la majeure partie du centre russe avançait toujours en rangs sérrés irrésistiblement vers la position tenue par le Grand Quartier Général et Napoléon.
 

Nous laisseras-tu dévorer par ces gens-là ?


Se tournant alors vers  son beau-frère Murat  et fringant commandant de sa cavalerie de réserve du Corps, et montrant les Russes venant en sens inverse, il lui aurait déclaré: Nous laisseras-tu dévorer par ces gens-là ?
Murat immédiatement comprend l’ordre et rejoint les escadrons de cavalerie en position d'attente à l'arrière,
Il rassemble et mobilise les régiments dans une colonne énorme, escadrons les uns derrière les autres 10.700 cavaliers avec à leur tête 4 régiments de cuirassiers  qui sont suivi par des régiments de dragons, hussards et chasseurs
Cette Réserve  de cavalerie de Murat, forme une colonne énorme et elle se porte l’ assaut de l’infanterie Russe  Ayant à sa tête les cuirassiers de fer vêtus, elle frappe les Russes comme un bélier!

 

 


LA CHARGE
Ce sera la plus grande charge de cavalerie de l’ Histoire
A 11h45, brandissant seulement sa cravache, Murat conduit ses cavaliers en avant. Marche au pas  ensuite trot, puis galop et ensuite chargez au cri de vive l’ Empereur

 


Débordant sur le bord du plateau, du côté français de la vallée, les troupes russes jusque-là triomphantes sont accueillies par le tonnerre de 42.800 sabots,
Comme un torrent impétueux  emportant tout sur son passage la cavalerie française avec à sa tête les cuirassiers broient les régiments russes
Le capitaine Parquin de la Garde Impériale rapporte de façon éloquente, «la phalange courageuse d'infanterie fut bientôt nivelé à la terre comme un champ de blé balayé par un ouragan
La cavalerie française  balaye tout  dans la vallée, disperse les Cosaques brise les reins  de la cavalerie russe qui harcèle l'avant-garde de Friant .
 Débordant de la neige aveuglante, ils sabrent les batteries d'artillerie russes
La cavalerie de Murat se trouve maintenant au cœur de l'armée russe mais elle se trouve en  péril  entre les survivants de  la premier ligne russe et les réserves  de Bennigsen formées de cavalerie et d'infanterie à leur front . Ceux-ci se ressaisissent et ils commencent à tirer sur eux dans leurs dos
Les cavaliers de Murat sont dans une position intenable, avec un chemin de retraite périlleux


Voyant leur situation, Napoléon engage sa propre garde de cavalerie sous le maréchal Bessières, pour couvrir leur retrait. Il envoie en renfort  les Grenadiers à Cheval de la Garde sous le commandement de Lepic, Ces cavaliers sont superbes avec Bonnets à poils  et ils sont suivis  par la cavalerie légère de la Garde Chasseurs à cheval avec l'escadron de Mamelouks
 

Nicolas Dahlmann 1769  Thionville  1807 Eylau


 

Ces 2.000 cavaliers d'élite ouvrent une route de sortie pour les cavaliers  de Murat.
Ce qui semblait juste une heure plus tôt être une victoire russe se transforme en victoire française . Les français vont camper sur le champ de bataille  Bennigsen a été stupéfait par le brusque retournement, et il n'a jamais repris l'initiative.
A titre d’annectote
Les Grenadiers à cheval  surnommés dans l’Armée française  les Dieux  sont commandés par le colonel Lepic Alors que la mitraille sifflent  leur lance cette phrase célèbre

 


Tête haute par Dieux ce sont des balles pas de la Merde et ensuite durant la bataille alors qu’ils ont percé le front russe et qu’ils se trouvent en arriere des troupes russes qui leur ont fermé le chemin de retraite  ils voient arriver  un officier russe leur a demandé de se rendre.

Tête haute par Dieux ce sont des balles pas de la Merde


Lepic lui répond

« Regardez ces figures, et dites-moi si elles ont l'air de vouloir se rendre. . Il s'adresse en+ ces termes à ses grenadiers : « Amis, il faut vaincre ou mourir aujourd'hui, nous avons trois lignes d'infanterie à renverser. Beaucoup d'entre nous y resteront sans doute ; mais dut-il n'en retourner qu'un seul pour porter la nouvelle, l'honneur du corps et celui de notre étendard seront saufs. ». Les grenadiers répondent : « La charge ! La charge ! Et nous passerons ! » Lepic organise alors l'unité en colonne serrée par pelotons, et ordonne la charge. Les grenadiers culbutent successivement les trois lignes russes, perdant six hommes dont un officier ;
 

 Amis, il faut vaincre ou mourir aujourd'hui, nous avons trois lignes d'infanterie à renverser. Beaucoup d'entre nous y resteront sans doute ; mais dut-il n'en retourner qu'un seul pour porter la nouvelle, l'honneur du corps et celui de notre étendard seront saufs


Voyant le Lepic blessé après la bataille, Napoléon est allé vers lui et dit: «Je pensais que vous aviez été capturé, le général Lepic répondit: «Sire, vous n’entendrait jamais parler de  ma mort.  Lepic a reçu 50.000 francs, qu’il a immédiatement distribué à ses hommes. Cinq jours plus tard, il serait promu général. il continue à servir avec bravoure tout au long des guerres napoléoniennes. Prenant sa retraite en 1814,il se rallie aux Bourbons et Louis XVIII  le nomme comte.
Les Corps de Davout et de Ney sont entretemps arrivés et ont stabilisé la ligne française.
Ce soir-là, les Russes se retirèrent, laissant Napoléon en possession du champ de bataille plein de cadavres. Les troupes  françaises restent à Eylau passent une semaine, à enterrer les morts et se reposer  Eylau était la  plus coûteuse bataille pour la Grande Armée de Napoléon . 10.000 à15.000 français ainsi que 15.000 Russes sont morts (3.000 Russes ont été faits prisonniers).Napoléon a écrit sa femme, l'impératrice Joséphine, le 14 Février:
«Ma cherie , je suis toujours à Eylau. Le pays est couvert de morts et de blessés. C’est le pire aspect de la guerre. Il est navrant et mon âme est opprimé à la vue de tant de victimes."
Il aurait dit Cette boucherie passerait l'envie à tous les princes de la terre de faire la guerre. Et Ney passant sur le champs de bataille aurait ajouté  Quel massacre ! Et tout cela pour rien !
Bien qu'il ait occupé le champ après la bataille, Eylau peut être considéré comme un sanglant match nul misérable. Stratégiquement, l'Empereur avait échoué à gagner son objectif, la destruction de l'armée de Bennigsen. Il faudra attendre l'été suivant, lorsque les deux armées vont se trouver face à face à Friedland.
 

 

Les Russes à Eylau ont on montré à l'Europe que, malgré les victoires d'Ulm, Austerlitz et Iéna- Auerstaedt, Napoléon et sa Grande Armée ne sont pas invincibles .

 

Napoléon reste donc maître du terrain et il proclame sa victoire en donnant 1'ordre, à 20 heures, d'allumer les bivouacs sur les positions que tenait l'adversaire le matin même. Mais l'armée française est dans un tel état d'épuisement que toute poursuite des russes s'avère impossible.
Le bilan est effroyable : La lutte a duré plus de 12 heures sous un feu d'artillerie jusqu' ici jamais égalé. Sur moins de 16 kilomètres carrés de champs enneigés et sanglants gisent plus de 40 000 tués et blessés. Les Russes et les Prussiens ont perdus 25 000 tués, blessés ou prisonniers. Les Français déplorent 17 000 tués ou blessés et 1200 prisonniers. Napoléon perd quelques-uns de ses meilleurs généraux : d'Hauptoul, Corbineau, Dahlmann.
Une effroyable boucherie sans issue décisive, tel est le bilan de cette bataille d'Eylau, qui aurait pu être un nouvel Austerlitz si le corps du maréchal Ney avait débouché à Althof à l'heure où Davout attaquait Serpallen
.

 


 

Du 9 février au 5 juin : Attente stratégique sur la Passarge
Napoléon est resté maître du champ de bataille où son armée va séjourner huit jours. Il ordonne ensuite une retraite générale de la Grande Armée à 1'ouest de la Passarge.
A Paris, c'est l'affolement, la Bourse chute. Dans la population ce n'est que lassitude, tristesse et lamentation. On craint de voir l'Autriche reprendre les armes. Il faut absolument une victoire décisive.
Bennigsen estime que le fait de ne pas avoir été battu par Bonaparte équivaut à une grande victoire et il le proclame bien haut. Dès qu'il a connaissance de 1'évacuation d'Eylau, Bennigsen il réoccupe le terrain perdu puis descend 1'Alle jusqu'à Heilsberg pour y créer un camp retranché. Les Prussiens de Lestocq viennent prolonger son aile droite sur la Passarge face à Braunsberg.

Jusqu' à la fin mai la Grande Armée reste dans ses quartiers d'hiver. Napoléon attend des renforts venus de France et le retour des beaux jours sur la Passarge. Du Nord au Sud de cette rivière sont alignés les corps de Bernadotte, Soult et Davout, l'avant-garde de ce dernier touchant à Allenstein. Murat est à Osterode. La Garde, bientôt rejointe par les Polonais de Dombrowski, est à Finkenstein. Ney, laissé à Guttstadt, constitue une magnifique proie offerte pour tenter l'adversaire.
Le 26 mai Kalkreuth capitule à Danzig après 5 mois de résistance à Lefebvre. Napoléon peut ainsi raccourcir sa ligne de communication vers l'Allemagne et disposer d'un magnifique et riche centre d'opération à une centaine de kilomètres seulement de sa ligne de combat.
Fin mai Bennigsen, encouragé par sa "victoire" d'Eylau et poussé par le Tsar prépare une nouvelle offensive sur la basse Vistule. La première étape doit être l'écrasement du corps de Ney à Guttstadt.
Le 4 juin, pour détourner l'attention de Napoléon, Bernadotte est attaqué par les prussiens de Lestocq.
Le 5 juin les Russes attaquent violemment Ney. Napoléon lui ordonne de se replier sur Deppen.
Napoléon va alors organiser une contre-offensive sur le flanc droit de Bennigsen. En quelques jours les troupes de Lannes, Murat et Mortier sont regroupées à Mohrungen. Davout quitte d'Allenstein et s'établit à Osterode.
Cette fois-ci, ni la neige, ni la boue ne vont contrarier la rapidité des déplacements des troupes françaises.
Du 6 au 13 juin : La manœuvre de Guttstadt-Heilsberg
Bennigsen enlève Deppen et marche sur Osterode.
Napoléon ne s'inquiète pas car, en agissant ainsi les Russes laissent leur camp d'Heilsberg à sa portée et ils s'éloignent de plus en plus de Koenigsberg. A condition de franchir en temps voulu la Passarge les Français peuvent s'emparer de Heilsberg et prendre ainsi une position redoutable sur les arrières de l'ennemi tout en séparant Russes et Prussiens.
Le 6 juin Bennigsen réalise le danger. Il concentre à nouveau ses forces autour d'Heilsberg puis se replie au nord vers Koenigsberg
Napoléon est maintenant dans une excellente position car il peut menacer gravement Koenigsberg et profiter d'une faute commise par Bennigsen dans sa retraite vers la Prégel pour livrer bataille.
Le 13 juin au soir, Lestocq, malmené par Soult, se réfugie sous les murs de Koenigsberg.
Bennigsen arrive à Friedland occupé par trois régiments du corps de Lannes. Il les fait rejeter sur la rive gauche de l'Alle. Il pense avoir affaire à un corps isolé protégeant la marche de Napoléon vers Koenigsberg pour assiéger cette place forte. Il décide donc d'anéantir le corps de Lannes puis de se diriger vers Koenigsberg pour surgir sur les arrières de Napoléon.
Bennigsen se trompe lourdement puisque Napoléon n'est pas à Koenigsberg mais à Eylau, à 25km de Friedland. Napoléon, averti à la tombée de la nuit, de 1'attaque subie par Lannes, ordonne à Mortier et à Ney de se porter aussitôt à son secours, et se prépare à les suivre à la tête de la Garde, du corps de Victor et des cavaleries de Grouchy, Nansouty et Espagne.




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Cimetière d'Eylau
Peinture Napoléon visitant Champ de Bataille d'Eylau



 

 

   


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