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1943 Tireur d'élite Femme soviétique en tenue modèle 1938 (M38) au motif « Amibe » (Ameba ). Paris Invalides



1943 Tireur d'élite Femme soviétique en tenue modèle 1938 (M38) au motif « Amibe » (Ameba ). Paris Invalides

English Translation
Merci Vincent

 
Recherches faites avec IA ainsi que les tableaux qui ont été générés sur mes indications  


Historique voir ICI
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Les femmes snipers de l'Armée rouge, 1941-1945
Tenue de femme sniper de l'Armée rouge, 1943. Musée de l'Armée, Paris.
 
 
Dans une vitrine du musée de l'Armée, un mannequin porte une tenue camouflée à grandes taches brunes, une chapka à étoile rouge et un fusil à lunette Mosin-Nagant. Le cartel la présente comme celle d'une « femme sniper de l'Armée rouge, 1943 ». Il rappelle que, contrairement aux autres armées où les femmes restaient auxiliaires, l'Armée rouge a compté plus de 100 000 combattantes : aviatrices, tankistes, mitrailleuses et tireuses d'élite.
Cet uniforme raconte une histoire singulière de la Seconde Guerre mondiale : celle de quelques milliers de jeunes femmes formées pour tuer à distance, sur le front de l'Est.
Une mobilisation sans équivalent
Après l'invasion allemande du 22 juin 1941, l'URSS perd des millions de soldats en quelques mois. Le pays mobilise alors massivement les femmes. Environ 800 000 servent dans l'Armée rouge pendant la guerre, la plupart dans les services de santé, les transmissions ou la défense antiaérienne, mais une partie au combat.
Le tir sportif était très répandu avant-guerre grâce aux organisations paramilitaires comme l'Osoaviakhim, qui délivraient des brevets de tireur aux jeunes des deux sexes. Beaucoup de volontaires savaient donc déjà tirer. Les instructeurs leur trouvaient des qualités précieuses : patience, attention aux détails, résistance au froid et au stress.
L'école centrale des femmes snipers
Le 20 mars 1942, le commissariat du peuple à la Défense ordonne la création de cours de tireuses d'élite. L'École centrale de formation des femmes snipers ouvre le 3 mai 1942 à Vechniaki, près de Moscou. Elle forme 1 061 snipers et 407 instructrices.
La formation dure plusieurs mois : tir de précision, observation, estimation des distances, camouflage, choix et préparation des positions, survie en terrain hostile. Les tireuses travaillent ensuite en binômes, l'une tirant pendant que l'autre observe et note les résultats.
On estime souvent à environ 2 000 le nombre de femmes snipers engagées au front, dont seulement quelques centaines auraient survécu. Ces chiffres, très repris, restent approximatifs.
La tenue exposée
E
n liminaire
J’ai ajouté l’encadré FOMEC
Voici le petit topo :
FOMEC résume les cinq indices qui trahissent un combattant :
Forme : la silhouette humaine se reconnaît tout de suite. Le sniper soviétique la cassait avec sa tenue à franges, sa capuche, des branchages et du tissu enroulé autour du fusil.
Ombre : une ombre portée ou une silhouette à contre-jour se repère. Il tirait depuis l’ombre, au fond d’une ruine, et jamais depuis une crête.
Mouvement : c’est l’indice le plus dangereux, car l’œil voit d’abord ce qui bouge. Il restait immobile pendant des heures, préparait sa position de nuit et changeait d’emplacement après quelques tirs.
Éclat : le reflet d’une lunette, d’une jumelle ou même de la peau se voit de loin. Il protégeait sa lunette du soleil et couvrait son visage d’un voile et ses mains de gants.
Couleur : une teinte qui détonne attire le regard. Il portait du vert et du brun en été, du blanc en hiver, et complétait avec de la terre et de la végétation prises sur place.
Dans l’autre sens, le sniper utilisait la même grille pour repérer l’ennemi : la forme d’un casque, le reflet d’une jumelle, un mouvement.
Ici cet ensemble présenté réunit les trois éléments caractéristiques d'un tireur d'élite soviétique : 
Il s'agit de la tenue de camouflage modèle 1938 (M38) au motif « Amibe » (Ameba ).
Description détaillée
Le motif « Amibe » est l'un des camouflages soviétiques les plus emblématiques de la Seconde Guerre mondiale. Il se compose de grandes taches sombres (marron foncé ou noires) de formes organiques irrégulières appliquées sur un fond de couleur sable, kaki ou vert clair selon la saison. 
La coupe et la fonction : Cette combinaison (souvent un ensemble veste-pantalon ou une pièce unique) est coupée de façon très ample afin de casser radicalement les lignes de la silhouette humaine et de s'enfiler directement par-dessus l'uniforme standard en laine ou en coton. Elle intègre une large capuche permettant de dissimuler le casque ou la coiffe du soldat. Elle est distribuée aux snipers, éclaireurs, sapeurs et observateurs d'artillerie. Des liens aux poignets et au col permettent de l'ajuster.
La chapka (ouchanka). Bonnet de fourrure à rabats, orné de l'étoile rouge, indispensable lors des hivers russes où les tireuses restaient immobiles des heures dans la neige.
Le fusil Mosin-Nagant 1891/30 à lunette PU. Fusil à verrou de calibre 7,62 × 54 mm R, l'arme standard de l'infanterie soviétique. La version sniper reçoit une poignée de culasse coudée vers le bas et une lunette. Sur la pièce exposée, il s'agit de la lunette courte PU (grossissement 3,5), adoptée en 1942, montée sur le côté gauche du boîtier. Simple et robuste, elle a équipé la grande majorité des snipers soviétiques.
Les plus célèbres tireuses
Plusieurs femmes snipers sont devenues des héroïnes nationales. Le tableau ci-dessous donne les bilans les plus souvent cités ; ils proviennent des sources soviétiques et sont à prendre avec prudence.
Nom
Tués confirmés
Sort
Lioudmila Pavlitchenko
309
Survit ; Héroïne de l'Union soviétique
Olga Bordachevskaïa
env. 108
Survit
Nina Lobkovskaïa
89
Survit
Aleksandra Vinogradova
82
Survit
Aleksandra Chliakhova
69
Tuée au combat
Roza Chanina
59
Tuée au combat (1945)
Aliya Moldagoulova
env. 30
Tuée au combat (1944)

 
Lioudmila Pavlitchenko, surnommée « Lady Death », combattit à Odessa et Sébastopol. Blessée, elle fut envoyée en 1942 en tournée aux États-Unis, où elle fut reçue par Eleanor Roosevelt. Roza Chanina, tuée en Prusse-Orientale en janvier 1945 à 20 ans, a laissé un journal de guerre publié après sa mort.
Mémoire et héritage
Après 1945, ces femmes furent souvent tenues à l'écart de la mémoire officielle, centrée sur le héros masculin. Beaucoup cachèrent leur passé militaire. Leur histoire a été redécouverte notamment grâce à La guerre n'a pas un visage de femme (1985) de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature 2015, qui recueille leurs témoignages.
La tenue des Invalides, discrète dans sa vitrine, rappelle ainsi une réalité longtemps oubliée : sur le front de l'Est, des femmes ont combattu en première ligne, dans l'un des rôles les plus exposés de la guerre.