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Hotchkiss 1938 Type 864 transformée en scierie ambulante Ecomusée Alsace



Hotchkiss 1938 Type 864 transformée en scierie ambulante Ecomusée Alsace
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Merci Vincent

 

Recherches faites avec IA ainsi que les tableaux qui ont été générés sur mes indications
 
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La Hotchkiss qui travaillait . en effet cetteHotchkiss Type 864 de 1938, transformée en scierie ambulante, repose aujourd’hui sous le toit d’une grange, quatre-vingts ans de poussière sur sa peinture
 

La Hotchkiss de face : calandre en forme de cœur, écusson aux canons croisés et ardoise écrite à la craie.


 

 

 

Elle est garée au fond d’un hangar ouvert, entre un mur de pierre et une façade de planches patinées, derrière une corde qui tient les visiteurs à distance respectueuse. Les ailes avant sont rongées par la rouille, la peinture noire de la portière s’est écaillée jusqu’à l’apprêt rosâtre, et une fine pellicule grise recouvre chaque surface horizontale. Une ardoise écrite à la main, accrochée au pare-chocs, dit ce que l’on a sous les yeux : Hotchkiss, Type 864, quatre cylindres, 13 CV, construite à Paris, 1938.
 

Vue de profil : la carrosserie raccourcie, le plateau et le bâti de la scie à ruban derrière la cabine.

 

Regardez plus longtemps : la voiture raconte elle-même la suite. Derrière la cabine, ni coffre ni banquette arrière. À la place, un plateau en bois qui porte une grande poulie à rayons, un bâti vertical et un carter cintré : l’ossature d’une scie à ruban. À un moment de sa vie, cette berline française droite et respectable a été transformée en machine de travail.

La voiture du « juste milieu »

On retient surtout aujourd’hui de Hotchkiss ses mitrailleuses, ses chars légers et, après la guerre, la Jeep construite en France. Mais entre les deux guerres, la firme produisait aussi des voitures solides et bien conçues, destinées à la bourgeoisie française. L’appellation 864 apparaît en 1938, en remplacement de la 486, et comme beaucoup de désignations Hotchkiss, c’est une abréviation : quatre cylindres et 86 mm d’alésage. Le moteur cubait environ 2,3 litres, ce qui le classait dans la catégorie fiscale des 13 CV inscrite sur l’ardoise.

Hotchkiss la présentait comme « la voiture du juste milieu » : moins prestigieuse que ses sœurs à six cylindres, les 680 et 686, mais robuste, confortable et fiable. C’est en grande partie grâce à elle que le quatre-cylindres a survécu à la voiture : Hotchkiss l’a décliné des années durant sur ses utilitaires. Une version légèrement restylée, la 864 S49, a porté le nom jusque dans l’après-guerre.

L’air de famille se lit encore sous la crasse. On retrouve la haute calandre chromée en forme de cœur, avec son grillage et l’écusson Hotchkiss aux canons croisés, les gros phares séparés, les ailes enveloppantes et la longue rangée d’ouïes sur le flanc du capot. Sur la 864, les connaisseurs comptent ces ouïes pour distinguer les quatre-cylindres des six-cylindres : 26 pour les premières, 30 pour les secondes.

De la berline à la scierie

Cet exemplaire est remarquable moins pour ce qu’il était que pour ce qu’il est devenu. Quelqu’un a supprimé l’arrière de la carrosserie, conservé la cabine et l’avant intacts, et monté un plateau sur le châssis. Sur ce plateau, on a installé une scie à ruban. La grande poulie et le mécanisme voisin laissent penser que la scie était entraînée par le véhicule lui-même, une astuce courante dans les ateliers ruraux, où le moteur d’une voiture ou d’un tracteur servait souvent à faire tourner les machines agricoles.

Ces transformations n’avaient rien d’esthétique. Pendant et après la Seconde Guerre mondiale, les véhicules neufs étaient rares, le carburant et les matériaux rationnés, et un bon moteur avait bien trop de valeur pour rester inactif. Une berline d’avant-guerre dotée d’un quatre-cylindres solide et à bas régime était toute désignée pour une seconde carrière. Transformée en scie mobile, elle pouvait aller de ferme en ferme débiter bois de chauffage et bois d’œuvre sur place, au lieu d’acheminer les grumes vers une scierie fixe.

La plaque d’immatriculation apporte un indice supplémentaire. Son numéro se termine par 68, le code du département du Haut-Rhin, en Alsace : une région de forêts, de fermes et de maisons à colombages, où une scie ambulante n’aurait jamais manqué de travail.
 

Vue de trois quarts, entre les outils, le tracteur et la bicyclette de l’ancien atelier.

 

 

Conservée, pas restaurée

Beaucoup de voitures de cet âge finissent soit à pourrir dans un champ, soit lustrées au point de briller plus qu’à leur sortie d’usine. Celle-ci a échappé aux deux destins. Personne n’a repeint les ailes ni redressé les bosses, et c’est précisément cette retenue qui fait sa valeur. Le marchepied usé, les roues dépareillées (l’une encore dans son rouge d’origine), la peinture craquelée et le plateau en bois de fortune témoignent de l’usage réel qu’on a fait de la machine.

Entre les vieux outils au mur, une bicyclette ancienne appuyée aux planches et un pneu de tracteur dans la travée voisine, la Hotchkiss est moins une pièce de musée qu’un instantané d’un monde rural au travail. Elle rappelle qu’au milieu du XXe siècle, une voiture n’était pas seulement un moyen de transport. Elle pouvait aussi être une source d’énergie, un atelier et un gagne-pain.

En bref

Marque et modèle : Hotchkiss Type 864

Année : 1938 (selon le panneau)

Moteur : Quatre cylindres, environ 2,3 litres, 86 mm d’alésage

Puissance fiscale : 13 CV

Construction : Région parisienne, France

Usage ultérieur : Transformée en plateau portant une scie à ruban

Immatriculation : Département 68 (Haut-Rhin)

État : Non restaurée, conservée dans son jus