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1958 Peugeot BB1 Centri Palavas 2026



1958 Peugeot  BB1 Centri Palavas 2026  
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La Mob Notre patrimoine des années 60-70

Ces trois mots font partie d’un vocabulaire populaire très riche autour du cyclomoteur, surtout chez les ados des années 60 à 90, quand la mobylette était le premier moyen d’indépendance.

Mob

C’est simplement l’abréviation de Mobylette, à l’origine un nom de marque. La Mobylette a été lancée en 1949 par Motobécane. Elle a connu un tel succès que le nom est devenu un nom commun, comme frigo ou Bic. On dit une mob pour n’importe quel cyclomoteur, même une Peugeot.

Meule

C’est le plus répandu chez les jeunes, et il est toujours bien vivant. L’origine n’est pas certaine. L’explication la plus courante relie le mot au bruit du moteur deux-temps : un sifflement aigu et un ronronnement qui rappellent une meule à aiguiser qui tourne. D’autres évoquent la roue. On l’emploie aussi pour un scooter ou une petite moto, et on dit volontiers « faire de la meule » ou « débrider sa meule ».

Chignole

À l’origine, une chignole est une perceuse à main à manivelle, puis le mot a désigné une perceuse électrique. Par extension, on l’a utilisé pour un véhicule bruyant, poussif ou vieillissant : vieille voiture, vieille moto, vieille mob. L’image vient sûrement du bruit de crécelle et des vibrations. Le mot est plus vieillot et plus moqueur que « meule ».

D’autres mots du même univers

  • Bécane : à l’origine, une vieille locomotive. Le mot est passé au vélo, puis à la moto et à la mob. Il a même inspiré le nom Motobécane.
  • Pétrolette : un petit engin à moteur, au ton affectueux ou un peu condescendant.
  • Brêle : une mob ou une moto qui marche mal. Le mot désignait d’abord un mulet de l’armée.
  • La Bleue : surnom de la Motobécane AV88, célèbre pour sa couleur bleue.
  • La 103 : la Peugeot 103, si emblématique qu’on la désigne juste par son numéro.
  • Le Solex : le VéloSoleX, avec son moteur sur la roue avant, une catégorie à part.
  • Cyclo : le terme plus neutre et administratif, pour cyclomoteur.
La Peugeot BB carénée : le cyclomoteur qui voulait être un scooter
Robe vert d'eau, carrosserie enveloppante, petit lion sur le flanc et autocollant d'un concessionnaire de Béziers : ce cyclomoteur Peugeot des années 1960 n'a rien de la mobylette ordinaire. Avec son carénage intégral, il appartient à la famille des BB, les petits deux-temps de Sochaux et de Beaulieu qui ont accompagné toute une génération sur les routes de France.
Les BB, la réponse de Peugeot à la Mobylette
Dans les années 1950, le cyclomoteur devient le véhicule populaire par excellence. Accessible sans permis dès 14 ans, peu coûteux à l'achat comme à l'usage, il conduit les ouvriers à l'usine, les apprentis à l'atelier et les lycéens à l'école. Face à la Mobylette de Motobécane, Peugeot, qui produit déjà la Bima, lance en 1956 une nouvelle gamme : les BB.
Le premier modèle, présenté sous le nom de Cyrus, est le premier cyclomoteur Peugeot à embrayage entièrement automatique, sans vitesses à passer. À partir de 1957, après l'absorption du constructeur Terrot, Peugeot y monte son propre moteur de 49 cm³. La gamme se décline ensuite en une foule de versions : BB2 L, BB2 SP sportive, BB3 SP à trois vitesses, versions rigides, suspendues, de luxe, utilitaires… Elle restera au catalogue jusqu'au début des années 1970, avant de céder la place aux 101, 102 et 103.
Une BB habillée en scooter
L'exemplaire présenté ici se distingue par son carénage intégral. Au Salon de Paris de 1958, Peugeot présente le BB1 Centri, doté d'une « protection intégrale par carénage » héritée de la Bima Grand Luxe et d'un embrayage centrifuge automatique. Des versions carénées de ce type, comme le BB1 T Centri de 1960, sont proposées au tournant des années 1960 à une clientèle qui veut le confort et la propreté d'un scooter, tout en gardant la simplicité et le prix d'un cyclomoteur.
L'idée est simple : envelopper la mécanique pour protéger les vêtements de l'huile, de la boue et de la pluie. Le conducteur peut ainsi aller au travail en costume ou en jupe sans arriver maculé de graisse, un argument de poids à une époque où le deux-roues est souvent le seul moyen de transport du foyer.
Ce que l'on observe sur cet exemplaire
La teinte vert d'eau très claire, typique des années 1960, semble d'origine. Les éraflures, les points de rouille et la selle patinée montrent une machine restée dans son jus, jamais restaurée, ce qui fait tout son intérêt pour un collectionneur.
Moncet & Fils, Béziers : une histoire locale
Sur la tête de fourche, un autocollant rouge porte le nom de Moncet & Fils, Béziers. Il s'agit du concessionnaire qui a vendu ou entretenu ce cyclomoteur. À l'époque, chaque marchand de cycles apposait ainsi sa marque sur les machines qu'il livrait. Ces autocollants, souvent effacés ou arrachés au fil des années, sont précieux : ils permettent de rattacher un véhicule à son territoire. Celui-ci a sans doute passé toute sa vie dans l'Hérault, à quelques dizaines de kilomètres du salon de Palavas où il est aujourd'hui exposé.
Identifier précisément la version
La gamme BB compte des dizaines de variantes, et les versions carénées ont évolué d'une année à l'autre. Pour connaître le type exact et l'année de fabrication, il faut relever la plaque constructeur et le numéro de cadre, généralement frappé sur le cadre près de la colonne de direction ou du pédalier, ainsi que le numéro du moteur. La carte grise, si elle existe, donne aussi la date de première mise en circulation.
Un témoin des Trente Glorieuses
Moins connue que la Mobylette bleue ou la Peugeot 103, la BB carénée raconte pourtant une même histoire : celle de la France des Trente Glorieuses, où le deux-roues motorisé a offert à des millions de personnes leur première liberté de déplacement. Avec ses lignes de scooter et son allure un peu rétro-futuriste, elle montre aussi l'ambition de Peugeot de faire du cyclomoteur un objet élégant, et pas seulement utilitaire. Dans son état d'origine, avec la trace de son vendeur biterrois, cet exemplaire en est un témoin authentique.