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La Ford Comète était un coupé français qui cachait son nom . En effet la Ford Comète résume une aventure singulière : une Ford conçue en France, dessinée en Italie, carrossée chez Facel… et qui ne porte nulle part le nom de Ford.
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| Ford Comète, Le mongrame Comète remplace tout emblème Ford. |
Une initiative très française
Au tournant des années 1950, Ford SAF la filiale française du constructeur américain, installée à Poissy — ne vit que d’un modèle, la Vedette, grande berline à moteur V8 lancée en 1948. François Lehideux, qui prend la direction de l’entreprise en 1950, veut lui donner une vitrine : un coupé de prestige, capable de ranimer l’idée du luxe automobile à la française, alors que les grandes marques d’avant-guerre s’éteignent une à une.
Le projet est mené dans une grande discrétion, sans que la maison mère de Détroit soit vraiment consultée. Deux prototypes sont dévoilés le 17 août 1951 au Pays basque, les premières voitures sortent d’atelier en septembre et la commercialisation débute à l’automne.
Dessin Farina, fabrication Facel
Lehideux s’inspire d’une recette qui a déjà fait ses preuves avec la Simca 8 Sport : le dessin est confié aux Stabilimenti Farina, à Turin, et la carrosserie à Facel-Métallon, l’entreprise de Jean Daninos, dans ses ateliers de Colombes. Poissy fournit le châssis de la Vedette, raccourci, et sa mécanique.
Le résultat est un coupé quatre places aux lignes tendues et fluides : long capot, pavillon arrondi, vaste surface vitrée, flancs lisses à peine soulignés d’un jonc chromé. Détail étonnant, la voiture ne porte aucun ovale Ford : seul le mot « Comète », en lettres détachées, figure sur le nez du capot — on le distingue très bien sur l’exemplaire du musée.
Un V8 trop sage
Si la ligne séduit, la mécanique déçoit. La Comète reprend tel quel le petit V8 à soupapes latérales de la Vedette : 2 158 cm³ et 66 à 68 ch selon les sources, pour une voiture qui pèse près de 1 200 kg. Les performances ne sont pas à la hauteur de l’allure ni du prix.
Au Salon de Paris d’octobre 1952, pour le millésime 1953, la cylindrée passe à 2 355 cm³ et le taux de compression est relevé ; la puissance annoncée monte à 74-80 ch et la vitesse de pointe à 140-145 km/h. Le progrès est réel mais insuffisant : à l’automne 1953, la Comète coûte environ 65 % de plus qu’une Vedette dont elle partage la mécanique, et se retrouve face à des Talbot, Delahaye, Hotchkiss ou Salmson à l’image autrement plus établie.
La Monte-Carlo, dernier sursaut
En janvier 1954, au Salon de Bruxelles, apparaît la Comète Monte-Carlo. Elle reçoit le gros V8 de 3 923 cm³ déjà monté sur la Vedette Vendôme : 105 ch SAE, beaucoup de couple et un peu plus de 150 km/h. On la reconnaît à sa calandre quadrillée, vite surnommée « coupe-frites », et à la fausse prise d’air de son capot.
Le remède a son revers : le poids grimpe à 1 400 kg environ, la puissance fiscale à 22 CV — lourdement taxée dans la France de l’époque et ce moteur, également utilisé sur les camions Ford, ne flatte guère l’image d’un coupé de luxe.
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| Ford Comète de trois quarts : long capot lisse, pavillon noir arrondi et flancs soulignés d’un simple jonc chromé. |
L’exemplaire du musée
La voiture photographiée présente une robe bicolore, caisse blanche et pavillon noir, un habitacle en cuir fauve, des pneus à flancs blancs et de généreux pare-chocs chromés. Son capot lisse et sa calandre à grosse barre centrale, ornée d’un motif chromé, la rattachent aux Comète « classiques » à petit V8 (2,2 ou 2,4 litres), et non à la Monte-Carlo, reconnaissable à sa grille quadrillée. Le cartel du musée permettrait de préciser son millésime exact.
Une carrière d’étoile filante
En 1954, Ford cède sa filiale française à Simca, surtout intéressé par l’usine de Poissy. La production s’arrête et les dernières voitures sont écoulées jusqu’à l’été 1955 sous le nom de Simca Comète. Le total reste modeste : selon les sources, entre 2 200 et 3 000 exemplaires environ, dont 699 Monte-Carlo.
L’héritage, lui, est considérable. Dans les ateliers de Colombes, Jean Daninos retient la leçon — une élégante carrosserie française animée par un gros V8 américain — et lance en 1954 sa propre marque : Facel Vega. La Comète en est, à bien des égards, le brouillon. Devenue rare, elle se négociait autour de 30 000 à 50 000 € selon l’état d’après une estimation publiée en 2020.
Repères techniques
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Comète (1951-1952)
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Comète (1953-1954)
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Monte-Carlo (1954-1955)
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Moteur
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V8 à soupapes latérales
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V8 à soupapes latérales
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V8 « Mistral »
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Cylindrée
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2 158 cm³
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2 355 cm³
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3 923 cm³
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Puissance
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66 à 68 ch
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74 à 80 ch
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105 ch SAE
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Puissance fiscale
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—
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13 CV
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22 CV
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Vitesse maximale
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environ 130 km/h
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140 à 145 km/h
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environ 152 km/h
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Calandre
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Grosse barre centrale
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Grosse barre centrale
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Grille « coupe-frites »
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