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Mitrailleuse 1940 ST-61

Roumanie Mitrailleuse ST-61
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Tableaux générés par IA sur mes indications
Historique Voir ICI
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Cette mitrailleuse ST-61 a pour origine une arme d’avion allemande devenue mitrailleuse d’infanterie roumaine
Cette arme attire l’œil par sa silhouette singulière : un gros cylindre vert olive, posé sur un bipied, prolongé par un boîtier noir et une fine crosse de bois. Il s’agit d’une ST-61, une mitrailleuse au parcours inattendu : conçue en Allemagne pour défendre les bombardiers, elle a fini sa carrière au sol, entre les mains de l’armée roumaine.
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La ST-61 exposée sur son bipied, devant des voitures hippomobiles militaires
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Une mitrailleuse née pour le ciel
La ST-61 est une variante de la MG 15, mitrailleuse développée par la firme allemande Rheinmetall au début des années 1930. Elle dérive elle-même d’un modèle antérieur, la MG 30. Entrée en service en 1933, la MG 15 équipe alors la quasi-totalité des postes de tir défensifs des avions de la Luftwaffe : le mitrailleur arrière d’un bombardier la manœuvre à la main sur un support pivotant.
Elle tire la cartouche allemande standard de 7,92 mm Mauser. Légère pour une mitrailleuse (environ 12 kg avec son chargeur), elle est alimentée elle est alimentée par un chargeur à double tambour (style Doppeltrommel 15 ) de 75 cartouches, dit "chargeur-selle", plutôt que par une bande plutôt que par une bande, ce qui convient mieux à l’espace exigu d’un habitacle
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Doppeltrommel 15
Description
- Deux tambours reliés par un pont central, posés à cheval sur le boîtier de l'arme, d'où le nom de chargeur en selle.
- Capacité : 75 cartouches de 7,92 × 57 mm Mauser.
- Poids : environ 2,3 kg vide et un peu plus de 4 kg plein.
Fonctionnement
- Chaque tambour contient un ressort spiral qui pousse les cartouches vers le couloir central.
- Les cartouches arrivent en alternance de gauche et de droite, si bien que le poids reste équilibré pendant le tir.
- Le remplissage est lent et se fait au sol, en général avec un outil de chargement. En vol, le mitrailleur échange simplement les tambours.
Pourquoi ce choix
- Il n'y a pas de bande qui pend ou flotte dans un habitacle exigu.
- Le chargeur reste bas de part et d'autre de l'arme, ce qui dégage la ligne de visée.
- L'équilibre latéral constant convient à une arme pointée à la main.
Limites
- Avec une cadence d'environ 1 000 coups par minute, 75 cartouches représentent 4 à 5 secondes de tir continu.
- Les changements de chargeur interrompent le feu en plein combat.
- Le chargeur est lourd, complexe et coûteux à produire par rapport à une bande.
Ces défauts expliquent en grande partie le passage à la MG 81, alimentée par bande.
Parenté
- Le principe existait déjà sur la MG 13.
- La MG 34 a reçu un chargeur très proche, le Patronentrommel 34, vite délaissé au profit de la bande.
- Les copies japonaises de la MG 15 (Type 98 pour l'armée, Type 1 pour la marine) ont repris ce chargeur.
Les poids et la cadence sont donnés de mémoire et varient légèrement selon les sources.
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À partir de 1940-1941, la Luftwaffe la remplace progressivement par des armes plus puissantes (MG 81, MG 131, MG 151/20). Des milliers de MG 15 deviennent alors disponibles, et l’Allemagne en reconvertit un grand nombre pour l’infanterie.
Le contrat roumain
Dès le milieu des années 1930, la Roumanie, alors en plein réarmement, achète des MG 15 pour son aviation. Les armes livrées portent la désignation d’exportation « ST 61 » ; on parle d’environ 600 exemplaires. Le marquage est bien visible sur l’arme photographiée, gravé sur le boîtier avec son numéro de série.
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| Vue de dessus : le marquage « St 61 » et le numéro de série sont lisibles sur le boîtier. |
Pendant la Seconde Guerre mondiale, engagée aux côtés de l’Allemagne contre l’Union soviétique à partir de 1941, la Roumanie cherche à utiliser ces armes au sol. Le problème est immédiat : conçue pour tirer en altitude, où l’air froid et le vent de la vitesse la refroidissent, la MG 15 surchauffe lorsqu’elle tire en continu au niveau du sol.
Le manchon à eau : la marque de la ST-61
La solution retenue est celle des vieilles mitrailleuses lourdes de la Première Guerre mondiale : entourer le canon d’un manchon rempli d’eau. C’est le grand cylindre vert qui domine la silhouette de l’arme. Selon les sources spécialisées, cette transformation a été commandée par l’Allemagne, et une partie au moins des conversions aurait été réalisée en France occupée vers 1943, les usines allemandes, autrichiennes et tchèques étant saturées. Le nombre d’armes ainsi modifiées reste faible par rapport au total des MG 15 produites.
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| De profil : le manchon à eau, le bipied, la poignée de transport en bois et la crosse tubulaire. |
Sur les photographies, on reconnaît les éléments caractéristiques de cette version :
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le manchon à eau vert olive, avec son bouchon de remplissage sur le dessus et un raccord à l’avant, tenu par une chaînette ;
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le bipied fixé sous le manchon, avec sa sangle de cuir ;
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la poignée de transport en bois, montée sur un bras métallique recourbé : indispensable, car une fois rempli d’eau l’ensemble devient nettement plus lourd ;
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le boîtier noir et la crosse tubulaire terminée par une plaque de couche en bois, hérités directement de l’arme d’aviation ;
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la poignée-pistolet en bois, sous le boîtier.
La peinture verte écaillée laisse apparaître des traces de marquages blancs, témoins d’une longue vie en service ou en dépôt.
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| Vue de trois quarts : le contraste entre le volumineux manchon et le boîtier d’origine, beaucoup plus fin. |
Une arme de transition
Les sources divergent sur l’emploi réel de ces armes au combat : certaines indiquent qu’elles servirent contre les forces soviétiques, d’autres qu’elles restèrent surtout en dépôt. Il est en revanche établi que la Roumanie a conservé ces mitrailleuses après la guerre.
L’appellation « ST-61/56 » de l’exemplaire exposé pourrait d’ailleurs se rattacher à cette seconde vie : le suffixe « 56 » désigne peut-être une modification ou une remise en service vers 1956. Aucune source consultée ne permet toutefois de l’affirmer, et le cartel du musée reste la meilleure référence sur ce point.
La ST-61 illustre bien les improvisations de la Seconde Guerre mondiale : une arme moderne, pensée pour la guerre aérienne, ramenée au sol et équipée d’un refroidissement à eau digne des tranchées de 1914-1918. Elle témoigne aussi de la dépendance militaire de la Roumanie envers l’Allemagne dans les années 1930-1940.