De Dion-Bouton type W (1904); C 'est une voiturette bicylindre de la Belle Époque, signée par le premier motoriste du monde
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| La De Dion-Bouton type W de 1904 au Musée automobile de Vendée : capot crème à ouïes, lanternes en laiton, sièges baquets capitonnés. |
Avec son capot crème bordé de laiton et ses deux baquets de cuir capitonné, cette De Dion-Bouton de 1904 résume l’automobile de la Belle Époque. Il s’agit d’un type W, une voiturette deux places animée par un moteur à deux cylindres de 12 CV fiscaux. Elle roule à 35 km/h.
En 1904, De Dion-Bouton n’est plus la petite équipe de la vapeur de 1885 : c’est l’un des plus grands constructeurs du monde, et surtout le motoriste de la moitié de l’industrie automobile naissante.
1. De la vapeur au moteur à essence
Le marquis Jules-Albert de Dion et le mécanicien Georges Bouton fondent leur entreprise à Puteaux en 1883, d’abord autour de la vapeur. Après le départ de Charles Trépardoux, fidèle à la vapeur, ils se tournent entièrement vers le moteur à essence.
En 1895, ils lancent un petit monocylindre refroidi par air, capable de tourner à 2 000 tr/min, environ deux fois plus vite que ses concurrents. C’est une révolution : léger, fiable et rapide, ce moteur équipe d’abord des tricycles, puis les premières voiturettes de la marque à partir de 1899.
Le premier motoriste du monde
En 1900, De Dion-Bouton est le plus important constructeur automobile mondial, avec 400 voitures produites et 3 200 moteurs construits. Ses moteurs sont vendus à environ 150 marques, dont Peugeot, Renault et Delage. En 1910, la production cumulée atteint 30 000 voitures et plus de 80 000 moteurs, avec 3 500 salariés.
2. Le type W dans la gamme 1904
Vers 1903-1904, la gamme De Dion-Bouton s’étoffe. À côté des monocylindres, comme le type V de 942 cm³ et 8 ch, apparaissent des modèles à deux cylindres, plus puissants et plus souples. Le type W en fait partie.
Selon les exemplaires connus, son bicylindre cube environ 1 400 cm³ et il reçoit une boîte à trois vitesses avec marche arrière. Il était proposé en voiturette deux places, comme ici, ou en tonneau à entrée arrière pour quatre personnes.
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Modèle 1904
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Moteur
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Puissance
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Carrosserie type
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Type V
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Monocylindre 942 cm³
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8 ch
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Voiturette
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Type W
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Bicylindre ≈ 1 400 cm³
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12 CV fiscaux (≈ 10 ch)
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Voiturette 2 pl. ou tonneau 4 pl.
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Le radiateur à ailettes frappé du monogramme « De Dion Bouton », la manivelle de démarrage et la plaque du Rallye des Vieux Laitons.
4. Le pont De Dion
La transmission de cette voiture passe par le fameux pont De Dion, l’invention la plus durable de la marque. Mis au point en 1893, il sépare deux fonctions que les autres constructeurs confiaient à un même essieu rigide :
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Porter le poids : un tube rigide relie les deux roues arrière et soutient la voiture.
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Transmettre la force : le différentiel est fixé au châssis, et deux arbres articulés entraînent les roues.
Le poids non suspendu diminue, ce qui améliore la tenue de route et le confort. Le principe a survécu plus d’un siècle, jusque sur des voitures de course et des sportives modernes.
5. Conduire une De Dion de 1904
Un essai du type V de la même année, publié par News d’Anciennes, donne une idée de l’expérience. Les boîtes De Dion n’ont pas d’embrayage classique : trois petits embrayages se chargent de chaque rapport, et le conducteur change de vitesse avec un levier pivotant sous le volant. Les pédales servent aux vitesses plutôt qu’à l’accélération, et une manette règle l’avance à l’allumage.
Le freinage combine un « décélérateur » sur la transmission et des tambours arrière commandés à la main. Sur ces voitures, il faut anticiper chaque arrêt.
6. L’exemplaire du Musée automobile de Vendée
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| Vue de trois-quarts : ailes en tôle, roues en bois à rayons, marchepied et timonerie de freins. |
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Capot : tôle crème à filets noirs, ouïes d’aération latérales et frontales, trappe supérieure pour le remplissage.
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Équipements : lanternes et trompe en laiton, volant bois sur une colonne inclinée, leviers de vitesses et de frein à droite.
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Habitacle : deux sièges baquets capitonnés en cuir fauve, roue de secours à l’arrière.
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Roues : en bois à rayons, peintes en crème, avec pneumatiques.
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Patine : les ailes portent une peinture écaillée d’origine, signe d’une voiture qui a roulé.
La voiture porte une plaque du club « Teuf-Teuf », qui réunit les propriétaires d’automobiles d’avant 1905, ainsi qu’une plaque du Rallye des Vieux Laitons. Elle participe donc aux sorties de voitures anciennes.
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Dans la salle Belle Époque, la De Dion-Bouton voisine avec un taxi Renault du même type que les célèbres « taxis de la Marne ».
Sources
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. Fiche technique
D’après le panneau du Musée automobile de Vendée, complété par les sources publiées.
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Caractéristique
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Valeur
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Constructeur
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De Dion-Bouton, Puteaux (Hauts-de-Seine)
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Modèle
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Type W, 1904
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Carrosserie
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Voiturette 2 places
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Moteur
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Bicylindre à l’avant, refroidi par eau
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Cylindrée
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≈ 1 400 cm³ (selon les exemplaires connus)
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Puissance
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12 CV
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Allumage
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Par pile et rupteur (basse tension)
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Boîte de vitesses
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3 rapports + marche arrière
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Transmission
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Aux roues arrière, par pont De Dion
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Freins
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Mécaniques
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Vitesse maximale
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35 km/h
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Démarrage
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À la manivelle
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