De Dion-Bouton & Trépardoux, tricycle à vapeur (1885) Il est aux origines de l’automobile : le tricycle à vapeur du marquis de Dion, de Georges Bouton et de Charles Trépardoux
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Le tricycle à vapeur exposé au Musée automobile de Vendée : chaudière et réserve d’eau à l’avant, banquette et coffres à charbon à l’arrière.
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Ce drôle d’engin noir et cuivre est l’un des plus anciens véhicules du Musée automobile de Vendée, à Talmont-Saint-Hilaire. Il s’agit d’un tricycle à vapeur De Dion-Bouton, daté de 1885 par le musée. Il a été construit à Puteaux par l’équipe qui allait devenir, quelques années plus tard, l’un des plus grands constructeurs automobiles du monde.À une époque où l’automobile à essence n’existe pas encore commercialement, ce tricycle roule grâce à une petite chaudière chauffée au charbon. Il file à 15 à 17 km/h avec un seul passager, qui est aussi son pilote et son chauffeur.
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Vue de face : le dôme de cuivre de la chaudière, ses deux caissons latéraux et les deux lanternes. À droite, une Peugeot de 1898.
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Trois hommes à Puteaux
L’aventure commence en 1883 dans un petit atelier parisien. Trois personnalités très différentes s’associent :
Jules-Albert, marquis de Dion (1856–1946) : jeune aristocrate fortuné et passionné de mécanique, il finance l’entreprise et en devient le porte-drapeau.
Georges Bouton (1847–1938) : mécanicien de génie, il fabriquait jusque-là des jouets mécaniques de précision.
Charles-Armand Trépardoux : beau-frère de Bouton, spécialiste de la vapeur et concepteur des chaudières.La société s’installe à Puteaux (Hauts-de-Seine). Elle fabrique d’abord des chaudières, puis construit ses premiers véhicules à vapeur. Le panneau du musée résume : ils « firent breveter d’innombrables inventions », notamment des tricycles et voiturettes à vapeur, puis à pétrole et à essence.
Les premiers véhicules à vapeur
Le premier quadricycle, en 1883, a la chaudière placée entre les roues avant. Il fonctionne d’abord au pétrole, mais après un accident de combustion l’équipe passe au coke. En 1884 naît « La Marquise », une voiture à vapeur à quatre places, aujourd’hui considérée comme la plus ancienne automobile encore en état de rouler.
Pour alléger leurs machines, les associés développent ensuite des tricycles aux roues à rayons métalliques. La chaudière est toujours à l’avant, entre les deux roues directrices, et un moteur à deux cylindres entraîne la roue arrière. Ces tricycles sont produits en petite série et séduisent une clientèle de jeunes gens fortunés. À partir de 1892, ils reçoivent des pneumatiques Michelin.
Comment roule un tricycle à vapeur
Le principe est celui d’une petite locomotive. Le pilote allume un feu de charbon sous la chaudière, qui chauffe l’eau jusqu’à produire de la vapeur sous pression. Cette vapeur pousse deux pistons, dont le mouvement est transmis à la roue arrière.
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Avant le départ : il faut plusieurs dizaines de minutes pour monter en pression.
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En route : le conducteur surveille le manomètre et le niveau d’eau, recharge le foyer et règle l’admission de vapeur.
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Autonomie : limitée par la réserve d’eau et de charbon, qu’il faut régulièrement refaire.
Le Guide des automobiles anciennes souligne qu’à l’époque, ce système était plus fiable et moins bruyant que les premiers moteurs à pétrole. Le récipient à long manche posé au sol devant le véhicule servait vraisemblablement à manipuler les braises ou le charbon.
La première course automobile
En 1887, le journal Le Vélocipède organise ce qui est considéré comme la première compétition automobile d’Europe. Un seul concurrent se présente : le marquis de Dion, sur une de ses machines à vapeur. Il boucle le parcours et aurait atteint 60 km/h.
En 1894, au concours Paris–Rouen, le tracteur à vapeur de de Dion arrive le premier. Il n’est pourtant classé que second, parce qu’il nécessitait un chauffeur en plus du conducteur.
. De la vapeur à l’essence
Le marquis de Dion est vite convaincu que l’avenir appartient au moteur à pétrole. Trépardoux, lui, reste fidèle à la vapeur. Le désaccord devient si violent que les deux hommes en viennent au duel en mai 1893, selon les archives de Puteaux. Trépardoux quitte ensuite l’entreprise ; les sources datent son départ entre 1893 et 1895.
Détail révélateur sur cet exemplaire : le nom de Trépardoux a été effacé de la plaque du constructeur après son départ.
En 1895, De Dion-Bouton lance son célèbre moteur monocylindre à essence, léger et rapide. Il équipera des milliers de tricycles et de voitures, en France comme à l’étranger, et fera de la marque le premier motoriste mondial au tournant du siècle. La vapeur survit quelques années sur les tracteurs et les autobus, avant de disparaître.
L’exemplaire du Musée automobile de Vendée
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| Le train avant et le récipient à braises, |
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Chaudière : dôme en cuivre martelé et deux caissons latéraux, montés sur un réservoir peint en bleu nuit à filet rouge.
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Roues : grandes roues à rayons métalliques fins, peintes en crème, avec bandages pleins noirs.
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Châssis : tubulaire, avec un plancher strié et une banquette capitonnée en cuir noir à l’arrière.
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Équipements : deux lanternes à bougie, manomètre en laiton, robinets de purge et tuyauteries en cuivre.
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Coffres : deux coffres à charbon de part et d’autre de la roue arrière, sous le siège.
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Année
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Événement
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1883
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Fondation de l’entreprise à Puteaux ; premier quadricycle à vapeur
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1884
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« La Marquise », voiture à vapeur à quatre places
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1885
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Tricycle à vapeur (date retenue par le musée pour cet exemplaire)
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1887
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Première compétition automobile européenne : de Dion est le seul concurrent
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1892
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Pneumatiques Michelin sur les tricycles
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1893–1895
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Rupture avec Trépardoux, partisan de la vapeur
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1895
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Moteur monocylindre à essence De Dion-Bouton
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1932
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Fin de la production automobile (la société subsiste jusqu’en 1953)
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Fiche technique
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Caractéristique
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Valeur
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Constructeur
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De Dion, Bouton et Trépardoux, Puteaux (Hauts-de-Seine)
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Date
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1885 (selon le musée)
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Type
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Tricycle à vapeur, 1 place
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Configuration
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2 roues avant directrices, 1 roue arrière motrice
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Énergie
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Vapeur, chaudière chauffée au charbon (coke)
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Chaudière
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À l’avant, avec sa réserve d’eau
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Moteur
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Machine à vapeur à deux pistons entraînant la roue arrière
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Combustible
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Coffres à charbon de chaque côté de la roue arrière
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Freins
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Mécaniques
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Direction
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Par levier (timon) agissant sur les roues avant
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Vitesse
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15 à 17 km/h
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Plaque constructeur
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12, rue Ernest, Puteaux — n° 2-212
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Sources