ISIS : une « Porsche » vitrine technologique est un prototype de 1997 de Patrice Dion pour Siemens,
Cettte voiture interpelle un roadster bleu glacier aux formes fluides, sans pare-brise, dont le capot avant a été découpé pour laisser voir un moteur aux pièces peintes en bleu vif. Le cartel l'annonce sobrement : « Prototype Porsche – 1997 ». Mais ce n'est pas une Porsche au sens habituel du terme, plutôt une vitrine roulante imaginée pour un grand équipementier.
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Le prototype ISIS de 1997, vu de trois quarts avant.
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Un designer, un équipementier
D'après le cartel, le véhicule a été réalisé par le designer automobile Patrice Dion et son équipe, sur une base de Porsche 911. Il ne s'agissait pas de préfigurer un modèle de série, mais de servir de support aux équipements technologiques de la firme Siemens, pour les présenter sur les salons.
Le logo apposé sur la face avant donne le nom du projet : ISIS, pour « Innovation and Systems Integration by Siemens ». Tout est dit : la voiture est un présentoir, conçu pour montrer comment les composants d'un équipementier s'intègrent dans une automobile moderne. À la fin des années 1990, l'électronique prend une place croissante sous le capot, et les équipementiers cherchent à faire connaître leur savoir-faire auprès des constructeurs.
Un moteur exposé comme un bijou
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| La face avant ouverte et le logo ISIS – Innovation and Systems Integration by Siemens. |
La face avant ouverte et le logo ISIS – Innovation and Systems Integration by Siemens.
La mise en scène est spectaculaire. À l'avant, une large ouverture dévoile un quatre-cylindres en ligne, avec son collecteur d'échappement poli et ses éléments d'admission et d'injection peints en bleu, la couleur qui met en valeur les composants à montrer. Juste derrière, une plaque vitrée fumée laisse deviner d'autres équipements logés sous le capot.
Ce moteur avant n'a rien à voir avec le six-cylindres à plat installé à l'arrière d'une 911 : tout indique qu'il s'agit d'un ensemble de démonstration, placé là pour être vu. Le cartel ne donne d'ailleurs aucune caractéristique mécanique (cylindrée, puissance, performances), signe que la voiture a d'abord été conçue pour être regardée, peut-être plus que pour rouler.
Une carrosserie de concept-car
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| Roadster deux places sans pare-brise, sellerie beige et arceaux intégrés. |
La carrosserie illustre le goût de la fin des années 1990 pour les formes organiques : aucune arête vive, des flancs bombés, des ailes gonflées autour de grandes jantes à cinq branches, et des feux étirés en fines virgules, qui donnent à l'avant une expression presque souriante. L'habitacle deux places, sans pare-brise ni capote, est tendu de cuir beige, avec deux arceaux de sécurité fondus dans la carrosserie derrière les sièges.
L'ensemble évoque les « barchettas » et « speedsters » de course plus qu'une voiture de tous les jours. C'est bien là le rôle d'un concept-car de salon : attirer les regards sur un stand, et, à travers la voiture, sur la marque qu'elle représente.
Un témoin de l'automobile des années 1990
Ce type de prototype est rarement conservé : une fois les salons terminés, beaucoup finissent détruits ou oubliés dans un entrepôt. Sa présence dans un musée consacré surtout aux voitures anciennes en fait un témoin précieux d'une autre histoire de l'automobile : celle des designers indépendants et des équipementiers, dont le travail est essentiel mais reste souvent invisible pour le grand public.
Sources : cartel du Musée automobile de Vendée ; logo ISIS visible sur le véhicule ; observations sur place. Les informations publiées sur ce prototype restent rares.