

Japon 1935 Rikuo Type 97 side-car
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La moto japonaise Rikuo Type 97 avec side-car est la Harley-Davidson de l'Armée impériale japonaise
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Moto Rikuo Type 97 avec side-car camouflé, orné du disque solaire rayonnant de l'Armée impériale japonaise. |
Ce side-car et arborant l'insigne du soleil levant rayonnant de l'Armée impériale japonaise est un Rikuo Type 97 une machine dont l'histoire industrielle est aussi surprenante que son apparence : une copie sous licence de la Harley-Davidson américaine, devenue emblème du militarisme japonais après le départ forcé de ses concepteurs américains.
La Rikuo Type 97 était une moto militaire avec side-car produite au Japon à partir de 1935 et massivement utilisée par l'Armée impériale japonaise durant la Seconde Guerre mondiale. Surnommée la « Harley-Davidson japonaise », elle a été construite sous licence officielle et s'est imposée comme le principal véhicule à deux (et trois) roues des forces nippones
Une histoire industrielle inattendue : de Harley-Davidson à Rikuo
L'histoire de cette moto commence paradoxalement aux États-Unis. Au tournant des années 1930, en pleine Grande Dépression, Harley-Davidson traverse une grave crise financière et voit ses ventes à l'export s'effondrer. Le marché japonais, où la société Sanky? importait déjà des Harley-Davidson depuis 1924, apparaît alors comme une opportunité : en 1932, Harley-Davidson accorde à Sanky? une licence de fabrication complète du modèle VL, incluant plans, outillage et l'envoi de personnel américain — dont le représentant Alfred Rich Child pour monter l'usine et former les équipes japonaises.
La production démarre sous le nom même de Harley-Davidson. Mais la montée du militarisme japonais dans la seconde moitié des années 1930 change la donne : le gouvernement japonais pousse au départ des ressortissants américains, Child et ses collègues doivent quitter le pays, et Sanky? (devenue Sanky? Nainenki puis Rikuo Nainen Company) poursuit seule la production sous un nom entièrement japonais : Rikuo littéralement « Roi du continent » ou « Roi de la route ».
Entre 1937 et 1942, environ 18 000 exemplaires du Type 97 sont construits, un volume comparable à la production de Harley-Davidson elle-même sur la même période pour un modèle équivalent. En 1942, l'usine Rikuo se reconvertit à la fabrication de torpilles pour l'effort de guerre, avant de reprendre après-guerre, en 1947, la production de motocyclettes civiles et pour la police.
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Vue de profil : moteur bicylindre en V apparent, side-car à l'insigne du soleil levant. |
Emploi militaire
Le Type 97 constituait le principal moyen de transport motocycliste de l'Armée impériale japonaise, notamment pour les unités stationnées sur l'archipel, mais aussi engagées en Chine et en Mandchourie. Configuré en side-car, l'engin pouvait transporter jusqu'à trois hommes équipés. Certaines versions à moteur de 1200 cm³ intégraient une transmission vers la roue du side-car, améliorant la motricité tout-terrain — une caractéristique technique rare pour l'époque, qui distingue le Rikuo militaire de nombreux side-cars occidentaux contemporains à roue folle.
Des combinaisons side-car Rikuo furent également utilisées comme plateforme de mitrailleuse dès la bataille de Shanghai en 1937, illustrant la polyvalence de cette machine au sein des unités japonaises engagées sur le continent asiatique.
Il faut savoir que cette moto est visuellement indissociable d'une Harley-Davidson VL des années 1930 avec son moteur bicylindre en V, garde-boue généreux, compteur monté sur le réservoir
Mais elle ne révèle sa véritable identité qu'à l'examen de sa plaque constructeur. Les collectionneurs actuels soulignent souvent ce paradoxe : nombre d'observateurs la prennent d'abord pour une Harley-Davidson américaine authentique avant de découvrir qu'il s'agit d'une production entièrement japonaise, née d'un transfert de technologie américain interrompu par la guerre que ce même pays allait mener contre les États-Unis quelques années plus tard.
Développée spécifiquement pour l'armée sur la base d'un modèle civil, la Type 97 se distinguait par plusieurs spécificités adaptées au combat :
Le moteur : Un bicylindre en V (V-Twin) de 1 200 cm³ à soupapes latérales, calqué sur les moteurs de la série VL de Harley-Davidson. Il développait environ 28 chevaux pour une vitesse maximale de 70 à 97 km/h.
La transmission intégrale : Contrairement à son ancêtre américaine, la Type 97 intégrait deux roues motrices, grâce à un arbre de transmission reliant la roue arrière de la moto à la roue du side-car (situé sur la gauche). Cette configuration était indispensable pour évoluer dans les sols boueux de la Mandchourie et de la Chine
Capacité et blindage : Elle pouvait transporter jusqu'à 3 soldats entièrement équipés. Le side-car était généralement armé d'une mitrailleuse légère pour les opérations d'attaque et de défense.
Poids et suspension : L'ensemble pesait environ 500 kg. Pour arrêter cette masse, la roue du side-car disposait de son propre frein à tambour. Le cadre rigide était spécialement soudé pour fléchir légèrement et absorber les chocs des terrains accidentés.
Caractéristiques
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Désignation |
Rikuo Type 97 « Roi du continent / de la route »), avec side-car |
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Fabricant |
Rikuo Nainen Company (ex-Sanky? Company), Japon |
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Origine du modèle |
Copie sous licence de la Harley-Davidson VL (moteur bicylindre en V à soupapes latérales) |
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Moteur |
Bicylindre en V, 1274 cm³, 24 ch à 4000 tr/min |
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Transmission |
3 rapports avant, 1 arrière |
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Dimensions |
L. 2591 mm, l. 1820 mm, h. 1168 mm ; empattement 1600 mm |
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Période de production |
1935–1945 (pic de production 1937–1942) |
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Quantité produite |
≈ 18 000 exemplaires du Type 97, principalement pour l'armée et la police japonaises |
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Utilisateur |
Armée impériale japonaise (et police japonaise pour les versions civiles ultérieures) |
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Variante sans side-car |
Type 93 |
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Marquage visible |
Disque solaire rayonnant (drapeau du soleil levant militaire) peint sur le réservoir et le side-car |