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JS 7 Kubinka

JS-7 Kubinka
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L'IS-7 (Objet 260) dans la famille des chars IS
JS et IS ne sont pas deux appellations successives — c'est la même désignation dans deux langues
« JS » (Joseph Stalin) est simplement la transcription anglo-saxonne, et « IS » (Iossif Staline) la transcription française/russe du même sigle cyrillique ??. Ce n'est pas un changement lié à la déstalinisation : les ouvrages anglophones ont toujours dit « JS-2 », « JS-3 », etc., et les ouvrages francophones/russes « IS-2 », « IS-3 ». Les deux formes ont coexisté dès l'origine.
Ce qui a réellement changé après la mort de Staline, c'est l'abandon pur et simple du nom « Staline » sur les nouveaux chars
Là, la déstalinisation a eu un effet concret : le successeur de la lignée, prévu pour entrer en série sous le nom IS-8 (objet 730) à l'été 1953, a vu son nom changer plusieurs fois dans la foulée de la mort de Staline (mars 1953) : brièvement IS-9, puis IS-10, avant qu'une résolution du Conseil des ministres de l'URSS, le 28 novembre 1953, ne tranche définitivement en faveur du nom T-10 — décision explicitement liée au processus de déstalinisation. D'autres sources confirment que les lettres JS/IS, signifiant Joseph Staline, disparaissent avec la mort de celui-ci, remplacées par le préfixe neutre « T- » (Tank). T-10 (char)
Donc en resumé :
- Non, « JS » n'a pas été « repris en IS » après la destalinisation — les deux sigles désignaient déjà la même chose avant.
- Oui, en revanche, le nom de Staline lui-même a été effacé de la désignation des chars lourds soviétiques après 1953 : le projet qui aurait dû s'appeler IS-8 est devenu T-10, puis T-10A, T-10B, T-10M au fil de ses évolutions jusqu'en 1966.
L'IS-7, lui, avait déjà été abandonné en 1949, avant même cette période — il n'a donc jamais été concerné par ce renommage.
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Les chars Iosif Staline (IS), nommés en l'honneur de Joseph Staline, forment une famille de chars lourds soviétiques développée pendant la Seconde Guerre mondiale. Conçus avec un blindage puissant pour affronter les chars allemands de nouvelle génération armés du 88 mm (Tigre, Panther, King Tiger), ce sont aussi des chars de rupture capables de tirer des obus HE puissants contre tranchées et bunkers.
IS-1 : entré en service en 1943
IS-2 : entré en service en avril 1944
IS-3 : achevé trop tard pour combattre pendant la guerre
L'IS-7 est la sixième variante de cette lignée de chars lourds.
Développement (1944-1945)
En 1944, l'usine n°100 tente d'abord d'améliorer l'IS-2 mais s'oriente finalement vers un véhicule entièrement nouveau, l'IS-6, caractérisé par un usage intensif de blindage incliné. Le projet, ultra-confidentiel, se révèle décevant : problèmes de suspension et de transmission, poids excessif, mobilité insuffisante — sans supériorité sur son concurrent de Tcheliabinsk, l'Objet 701.
Faute de soutien de V. A. Malychev (superviseur de l'industrie des chars soviétiques), Jossif Kotin obtient l'appui du directeur du NKVD, Lavrenti Beria, et poursuit ses travaux sur trois nouveaux designs de chars lourds : les Objets 257, 258 et 259, prêts début 1945.
Lorsque ces projets arrivent sur le bureau de Malychev en juillet 1945, le cahier des charges a changé : des renseignements sur le char superlourd allemand Maus et sur le chasseur de chars Jagdtiger (tous deux armés du canon 128 mm KwK 44) montrent que le blindage des Objets de Kotin est insuffisant et que leur canon de 122 mm BL-13 ne peut percer le Maus qu'à courte portée.
Il est alors décidé de renforcer le blindage et de passer à un canon de 130 mm (le S-26), trop volumineux pour la tourelle de l'Objet 257. D'importantes modifications aboutissent à l'Objet 260, désigné IS-7.
Le développement débute à l'été 1945 à Leningrad sous la direction de Kotin, avec pour concepteur Nikolaï Fedorovitch Chachmourine. Les premiers plans sont achevés le 9 septembre 1945, pour un total d'environ 1 500 schémas. Cette première version pesait 65 t, disposait d'un blindage incliné avec plaque frontale en deux parties (« nez de brochet »), de deux moteurs diesel V-16 (1 200 ch au total) avec transmission électrique, et d'un armement composé du canon 130 mm S-26, de 3 mitrailleuses de 7,62 mm et de 2 mitrailleuses de 14,5 mm.
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| Les Mitrailleuses sur les cotés de la tourelle et du châssis se trouvent des deux cotés |
Prototypes et essais (1946-1948)
Les travaux sur la seconde variante de l'Objet 260 débutent début 1946 :
1er prototype achevé le 9 septembre 1946, testé avec succès sur la suspension (60 km/h en pointe, ~32 km/h de moyenne sur terrain accidenté).
2? prototype achevé le 25 décembre 1946.
Les moteurs prévus (diesels couplés de l'usine n°77, puis moteur dédié de l'usine n°800) prennent du retard : les deux premiers prototypes reçoivent donc des moteurs diesel TD-30 (dérivés d'un moteur d'avion), jugés satisfaisants. Deux boîtes de vitesses sont testées (6 et 8 rapports). Le canon 130 mm S-26 est équipé d'un système mécanique d'assistance au chargement permettant une cadence de 6 à 8 coups/minute.
Fin 1946/début 1947, l'usine d'Izhora construit deux tourelles et deux châssis supplémentaires, utilisés pour des essais de tir à Koubinka qui influencent l'épaisseur finale du blindage.
En 1947, une version améliorée est développée : châssis plus large, flancs inclinés, tourelle plus plate, et surtout un nouveau canon, le 130 mm S-70 L/54 (adaptation d'un canon naval), tirant un obus de 33,4 kg à 900 m/s, associé à un système de conduite de tir perfectionné pour l'époque. Le chargement est assuré par un mécanisme assisté à bande transporteuse, capable de charger un obus en environ 10 secondes et de tirer une salve de 6 coups avant réapprovisionnement (les munitions étant en deux parties : douille et obus). L'équipage passe à 5 hommes (commandant à droite du canon, tireur à gauche, deux pourvoyeurs à l'arrière dans la tourelle, pilote dans le châssis), avec un nouveau moteur diesel naval MT-50 de 1 050 ch et une boîte mécanique à 8 rapports.
À l'été 1948, l'usine de Kirov construit 4 exemplaires de cette version améliorée. Tous réussissent les essais d'usine puis sont transférés à l'armée pour les essais officiels : 68 t, 60 km/h en pointe, excellentes capacités tout-terrain, et une conduite jugée étonnamment facile pour un char soviétique de cette génération.
Le blindage se révèle quasiment invulnérable face aux canons de l'époque, y compris le 128 mm KwK 44 allemand et le propre canon S-70 du char. Un essai insolite consiste à remplacer l'équipage par des chiens pour mesurer les effets de la concussion d'un bombardement d'artillerie : les animaux ressortent indemnes. Les essais ne se déroulent cependant pas sans incident : un véhicule prend feu lorsque son moteur (en fin de vie d'essai) s'enflamme sans que le système anti-incendie parvienne à l'éteindre, forçant l'équipage à évacuer.
Caractéristiques et points forts/faibles
Blindage : nez de brochet identique dans l'esprit à celui de l'IS-3 — plaque supérieure du glacis de 150 mm inclinée à 65°. Le glacis inférieur, officiellement de 100 mm, atteint en réalité 110-120 mm selon les variations de soudure. Ce nez de brochet augmente toutefois le risque de ricochet déviant l'obus vers des zones plus vulnérables. Le blindage latéral est également très épais, ne laissant que peu de points faibles.
Armement principal : canon 130 mm S-70, adaptation d'un canon naval, tirant un obus de 33,4 kg à une vitesse initiale de 900 m/s.
Armement secondaire : les prototypes de 1948 embarquaient jusqu'à 8 mitrailleuses (dissuasion contre l'infanterie et les véhicules légers) ; une version de série aurait vraisemblablement réduit ce nombre à 2.
Motorisation : nettement plus puissante que sur les précédents IS lourds, améliorant l'accélération et la maniabilité sans sacrifier la vitesse de pointe (avant comme en marche arrière).
Faiblesses : poids et coût très élevés, mécanique exigeante nécessitant un équipage expérimenté, similaire en cela aux chars lourds allemands.
Fin du projet
Malgré des essais globalement réussis, l'usine de Kirov reçoit en 1949 une commande de 50 IS-7 qui ne sera jamais honorée, vraisemblablement faute de financement — l'industrie soviétique se réorientant vers des chars moyens moins coûteux. Le poids du char (jusqu'à limiter son transport ferroviaire, plafonné à 50-55 t) est également en cause. Les travaux sur l'IS-7 prennent officiellement fin le 18 février 1949, au profit d'un projet plus léger, l'IS-8, qui deviendra le T-10.
Moins de dix exemplaires auront été construits au total (2 prototypes de 1946 + 4 exemplaires de la version 1948, plus des châssis/tourelles d'essai). Aucune série ne fut produite ; les prototypes survivants sont aujourd'hui exposés au musée de Koubinka.
Malgré cette fin sans gloire, l'IS-7 reste considéré comme l'aboutissement de l'industrie soviétique des chars lourds et, en 1948, sans doute le char le plus puissant au monde, aucun autre véhicule ne combinant alors un tel niveau de blindage, de puissance de feu et de mobilité.
Tableau récapitulatif
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Caractéristique
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Version initiale (Objet 260, 1945-46)
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Version finale (1947-48)
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Désignation projet
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Objet 260
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Objet 260 (variante améliorée)
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Concepteur
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Nikolaï Chachmourine, sous la direction de J. Kotin (usine de Kirov, Leningrad)
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idem
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Poids
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65 t
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68 t
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Canon principal
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130 mm S-26
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130 mm S-70 L/54
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Obus / vitesse initiale
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—
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33,4 kg / 900 m/s
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Cadence de tir
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6 à 8 coups/min (assistance mécanique)
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Salve de 6 coups (chargeur à bande transporteuse), ~10 s/obus
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Armement secondaire
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3 mitrailleuses 7,62 mm + 2 mitrailleuses 14,5 mm
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Jusqu'à 8 mitrailleuses sur prototype (2 prévues en série)
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Moteur(s)
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2 diesels V-16, 1 200 ch cumulés (puis TD-30 sur prototypes 1946), transmission électrique
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1 diesel naval MT-50, 1 050 ch, boîte mécanique 8 vitesses
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Vitesse max.
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60 km/h (proto 1946), ~32 km/h de moyenne tout-terrain
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60 km/h
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Blindage frontal supérieur
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Nez de brochet incliné
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150 mm à 65°
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Blindage frontal inférieur
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—
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100 mm nominal (110-120 mm mesuré selon soudure)
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Équipage
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—
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5 hommes (commandant, tireur, 2 pourvoyeurs, pilote)
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Prototypes construits
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2 (sept. et déc. 1946) + 2 châssis/tourelles d'essai (Izhora)
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4 exemplaires (été 1948)
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Fin du projet
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—
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18 février 1949, commande de 50 unités annulée
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Successeur
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Voir Aussi See Also
JS 7 Kubinka
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