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Amilcar 1923 type CV Duval 2 places decalées Musée Talmont St Hilaire



Amilcar 1923 type CV Duval 2 places decalées Musée Talmont St Hilaire
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Merci à Vincent pour ces photos


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La voiture photographiée est une Amilcar CV de 1922 avec sa  carrosserie basse en aluminium, capot très long, deux sièges décalés (le passager en léger retrait du conducteur pour affiner l'habitacle), roues à rayons peintes en rouge, absence de portières, et roue de secours fixée à même le châssis, bien visible sur le flanc gauche. Ce type de carrosserie « course » à places décalées est associé au carrossier Duval, partenaire historique d'Amilcar pour ses modèles sportifs du début des années 1920.

Charles Duval est le carrossier historique associé à Amilcar dès les débuts de la marque.

Ses débuts avec Amilcar (1921-1926)
Son atelier se trouvait juste à côté de celui de Lamy et Akar, rue du Chemin Vert à Paris. De 1921 à 1926 — date à laquelle Amilcar crée ses propres ateliers de carrosserie internes — c'est Duval qui réalise toutes les carrosseries de série des modèles sportifs de la marque : CC, CV, CS, puis CGS et CGSS. C'est le fameux profil « pointe Bordino » à deux places décalées que l'on retrouve sur votre voiture.

Une double activité
En parallèle de son travail pour l'usine, Duval proposait aussi un catalogue de carrosseries « maison » à monter sur des châssis nus achetés directement chez Amilcar — une pratique courante à l'époque, où le client achetait le châssis d'un côté et faisait carrosser la voiture de son choix chez un carrossier indépendant.

La suite
Il déménage ensuite au 86 rue du Dôme à Boulogne-sur-Seine, où il continue de carrosser la gamme Sport d'Amilcar. Sa maison se fait aussi une réputation, à la fin des années 1920, pour de très élégants petits coupés deux places. Une structure reformée sous le nom « Carrosserie Charles Duval » est établie en 1929 à Boulogne-sur-Seine ; elle habillera par la suite d'autres marques comme Derby, Tracta, Chenard-Walcker, et même Bugatti, avant de cesser son activité avec la guerre.

En résumé : sur les Amilcar sportives des années 1920 (dont votre CV), « carrosserie Duval » ne signifie pas un accessoire optionnel, mais bien la carrosserie d'origine de série, fabriquée par ce carrossier partenaire exclusif de la marque jusqu'en 1926.


 Deux places décalées : le passager est assis légèrement en retrait du conducteur, ce qui permet de resserrer la largeur de la carrosserie et de réduire la traînée aérodynamique.• Carrosserie « pointe Bordino » ou carrosseries « course » Duval : queue effilée en tôle d'aluminium, sans portière, caractéristique des Amilcar sportives du début des années 1920.
• Poids minimal : suppression du différentiel et de tout équipement superflu pour rester sous la barre des 350 kg.
Un modèle de transition dans la gamme Amilcar
Amilcar est fondée en juillet 1921 à Saint-Denis par Joseph Lamy et Émile Akar, avec le concours de l'ingénieur Edmond Moyet et du pilote André Morel. Le premier modèle, le cyclecar CC, est présenté au Salon de Paris de 1921 : un petit 4 cylindres à soupapes latérales de 903 cm³, développant 17 ch pour une vitesse de pointe d'environ 75 km/h. Grâce à sa légèreté et à son prix contenu, la CC rencontre un vrai succès commercial (environ 5 000 exemplaires).Début 1922, sur la base mécanique de la CC, Amilcar présente une variante plus sportive baptisée CV. Son moteur 4 cylindres voit sa cylindrée portée à environ 970-980 cm³, logé dans une carrosserie en aluminium à l'arrière effilé dit « pointe Bordino ». Restant sous la limite des 350 kg imposée par la réglementation des cyclecars, la CV frôle les 100 km/h en pointe. Vendue autour de 11 500 francs, elle reste produite en petite série.
La CV constitue en réalité une étape transitoire : elle ouvre la voie, quelques mois plus tard en octobre 1922, à l'Amilcar CS (Cyclecar Sport), motorisée par un 1004 cm³ de 24-25 ch, qui deviendra le modèle sportif emblématique de la marque avant de donner naissance à la célèbre CGS en 1923.
Mais cette voiture serait un cyclecar, au sens réglementaire du terme en France dans les années 1920 :
Cette catégorie fiscale, créée par la loi de finances du 30 juillet 1920, taxait ces petits véhicules seulement 100 francs par an, contre un tarif bien plus lourd pour une automobile classique. C'est précisément ce cadre réglementaire qui explique l'allure de la voiture sur votre photo :
carrosserie en aluminium pour limiter le poids
deux places décalées pour resserrer la largeur de caisse (et donc la traînée aérodynamique)
absence de portières, de différentiel sur certains modèles, et tout équipement jugé superflu

Amilcar (avec Salmson et quelques autres marques françaises) a justement bâti toute sa réputation sur ces cyclecars sportifs de l'entre-deux-guerres — CC, CV, CS, puis CGS/CGSS — avant que la catégorie ne devienne progressivement obsolète à la fin des années 1920, quand les vraies petites automobiles (comme la Citroën 5CV) sont devenues plus abordables.

  • Poids : inférieur à 350 kg à vide
  • Cylindrée : maximum 1 100 cm³ (la CV tourne autour de 970-980 cm³)
  • Places : deux maximum
  • Roues : trois ou quatre
 
 

Fiche technique indicative

Constructeur

Amilcar (Société Nouvelle pour l'Automobile), Saint-Denis, France

Modèle

Type CV

Année de présentation

Début 1922

Moteur

4 cylindres en ligne, soupapes latérales

Cylindrée

Environ 970-980 cm³

Puissance

Environ 18 ch à 2 500 tr/min

Vitesse maximale

Proche de 100 km/h

Poids

Inférieur à 350 kg (catégorie cyclecar)

Boîte de vitesses

Manuelle, 3 rapports

Places

2 places décalées

Carrosserie

Aluminium, arrière « pointe Bordino », carrossier Duval

Prix d'origine

Environ 11 500 francs