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Panjewagen 1941 Moscou



 

Le Panjewagen 1941 Moscou

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Tableaux générés par IA sur mes indications
 

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LE PANJEWAGEN 
C 'est un petit chariot paysan de l'Est, rouage improvisé de la logistique allemande
 
Petit chariot en bois brut exposé à proximité d'un side-car BMW R75 et d'un camion allemand, dans un hangar de collection de véhicules militaires.
 
 
Introduction
Ce véhicule diffère nettement des divers chariots comme le Heeresfeldwagen allemand et la povozka russe modèle 1884.
En effet sa construction est beaucoup plus rustique :
Cadre léger, deux essieux non ressortés,
Panneaux latéraux à croisillons en X assemblés grossièrement,
Absence totale d'arceaux de bâche ou de ferrures élaborées,
Gabarit sensiblement plus petit que celui des chariots réglementaires.
Cette simplicité de fabrication, est la signature d'un chariot paysan d'Europe de l'Est, réquisitionné en masse par la Wehrmacht plutôt que produit selon un cahier des charges militaire.
Qu'est-ce qu'un Panjewagen ?
Le terme allemand « Panjewagen » associe le mot « Panje » — emprunté au polonais pan, « seigneur » ou « maître », terme par lequel les paysans polonais et russes s'adressaient poliment aux soldats allemands, et qui fut repris par ces derniers pour désigner à la fois les habitants, leurs chevaux et leurs attelages — et « Wagen », chariot.
Il désigne ainsi, dans le langage courant des troupes allemandes, le chariot agricole typique d'Europe de l'Est : un petit chariot à châssis léger, à deux essieux, tiré par un seul cheval robuste et rustique, lui-même appelé Panjepferd.
L'expression apparaît dès la Première Guerre mondiale, lorsque l'armée allemande pénètre en Pologne russe, puis connaît un regain d'usage massif à partir de 1941 sur le front de l'Est. Face à l'ampleur des distances, à l'état sommaire du réseau routier soviétique et aux pertes constantes de véhicules à moteur, la Wehrmacht en vient à réquisitionner des dizaines de milliers de ces chariots paysans, ainsi que les chevaux qui les tirent, pour compléter — voire dans bien des secteurs remplacer — son propre parc de Heeresfeldwagen.
Une solution de fortune plus qu'un matériel réglementaire
Contrairement au Heeresfeldwagen (Hf.1, Hf.2), conçu, normalisé et produit selon des plans militaires précis, le Panjewagen n'obéit à aucune norme de fabrication : chaque exemplaire est l'œuvre d'un charron local, construit avec les moyens et les bois disponibles sur place. Cette absence de standardisation explique la grande variété de tailles et de détails de construction que l'on retrouve d'un exemplaire à l'autre, mais aussi des traits communs, dictés par la fonction et par des siècles de tradition artisanale rurale d'Europe orientale : caisse en planches brutes non peintes, panneaux latéraux renforcés par des croisillons en bois plutôt que par des ferrures massives, timon simple pour un seul cheval, et roues de diamètres inégaux (l'essieu avant portant des roues plus petites pour faciliter le braquage, configuration que l'on retrouve d'ailleurs aussi sur le Heeresfeldwagen).
L'armée allemande elle-même reconnaissait la valeur de cette conception rustique : plus légers, plus maniables sur les pistes défoncées et la boue de la Rasputitsa que les chariots réglementaires plus lourds, les Panjewagen s'avéraient souvent mieux adaptés aux conditions du front de l'Est. Certains modèles allemands, comme les types dits « Pleskau I » et « Pleskau II », furent même conçus en s'inspirant directement de la construction des chariots paysans locaux, preuve que la logique s'est parfois inversée : ce n'est plus seulement le paysan qui s'adapte au matériel militaire, mais l'armée qui copie le savoir-faire paysan.
3. Caractéristiques observées sur les exemplaires photographiés
Attelage
1 cheval (parfois 2 pour les charges plus lourdes)
Structure
Châssis en bois léger, non normalisé, fabrication artisanale
Caisse
Planches brutes, panneaux latéraux à croisillons en X
Suspension
Aucune (essieux rigides)
Ferrures
Réduites au strict nécessaire (charnières, cerclages de roues)
Origine géographique
Pologne, Ukraine, Russie occidentale (fabrication paysanne locale)
Usage par la Wehrmacht
Réquisition massive à partir de 1941 sur le front de l'Est
Sur les photographies, on observe un timon simple destiné à un seul animal de trait, une caisse aux dimensions modestes comparée à celle du Hf.1 ou de la povozka russe, et surtout une planche arrière amovible de couleur plus claire (probablement du contreplaqué) qui semble être un ajout ou une réparation postérieure à la fabrication d'origine — signe de l'entretien informel typique de ce type de matériel, réparé au fil du temps avec les moyens du bord plutôt qu'avec des pièces détachées standardisées.
Description
4.1 — Vue générale, attelage et timon
La première photographie (Fig. 1) montre le chariot presque de face, timon posé au sol. On y distingue nettement l'absence de suspension : les essieux sont fixés rigidement au châssis, contrairement aux povozki russes vues précédemment qui disposaient de ressorts à lames. À l'arrière-plan, un side-car BMW R75 immatriculé avec une plaque commémorative frappée d'une étoile rouge, ainsi qu'un camion à cabine claire de type Wehrmacht, confirment le cadre d'une collection de véhicules de la Seconde Guerre mondiale, vraisemblablement conservée dans un ancien hangar industriel reconverti en musée.
4.2 — Détail des roues et de la caisse
Vue latérale rapprochée montrant les roues à rayons de bois cerclées de fer et l'assemblage sommaire de la caisse.
Fer  à cheval accroché comme porte-bonheur ou simplement laissé en place

 
 
 
On distingue ici, fixé sur la ridelle, un fer à cheval accroché comme porte-bonheur ou simplement laissé en place — détail pittoresque qui humanise cet objet façonné pour un usage quotidien paysan bien avant sa réquisition militaire. Le renfort en croix (croisillon) des panneaux latéraux, technique d'assemblage simple et robuste, est un autre marqueur classique de la charronnerie traditionnelle d'Europe de l'Est.
 Le siège du conducteur et l'arrière de la caisse
Vue rapprochée du dossier de siège et de la ridelle arrière, avec une planche de réparation plus récente en contreplaqué.

 
 
Cette dernière vue montre le dossier de siège du conducteur, une planche cintrée de couleur sombre fixée à l'arrière du caisson avant, ainsi qu'un panneau de couleur plus claire qui contraste avec le reste du bois patiné — probablement une planche de remplacement ajoutée lors d'une restauration ou d'une réparation. Ce type de rafistolage successif, bien visible sur les Panjewagen conservés en collection, illustre la vie longue et utilitaire de ces véhicules, construits pour durer et réparés au gré des besoins plutôt que remplacés.
Le Panjewagen dans la logistique du front de l'Est
On estime à plusieurs millions le nombre de chevaux — dont une part significative de Panjepferd réquisitionnés aux paysans soviétiques — employés par la Wehrmacht sur le front de l'Est. Le Panjewagen, en dépit de son apparence fruste, jouait un rôle logistique de tout premier plan : ravitaillement de proximité, transport de blessés, évacuation de matériel léger, tous ces usages où la légèreté et la maniabilité du chariot primaient sur sa capacité de charge. Contrairement au Heeresfeldwagen, produit industriellement en Allemagne, le Panjewagen incarnait une logistique de circonstance, fondée sur l'exploitation directe des ressources locales — hommes, chevaux et savoir-faire artisanal confondus — plutôt que sur l'acheminement de matériel depuis l'arrière.
En plus il a donné aussi le nom au traineau  le traîneau panje (panje = ‘master’, dérivé de pan = ‘master’) qui est est un petit traîneau qui est tiré par un cheval panje et a été principalement utilisé dans l’agriculture en Europe de l’Est.

 
Conclusion
Ce dossier apporte un éclairage complémentaire, et en un sens plus intime, sur la réalité du transport hippomobile de la Seconde Guerre mondiale. Loin des chariots réglementaires alignés en rangs dans les musées, le Panjewagen renvoie à une guerre de réquisition, d'improvisation et de dépendance forcée envers les populations civiles des territoires occupés. Sa présence aujourd'hui aux côtés d'un side-car BMW et d'un camion militaire allemand, dans un même espace muséal, rappelle que la machine de guerre du XXe siècle, aussi moderne fût-elle en façade, resta jusqu'au bout adossée à des solutions d'un autre âge.
Sources