

Mitrailleuse Légère Maxim-Tokarev (MT), modèle 1924Moscou
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La mitrailleuse légère Maxim-Tokarev (MT), modèle 1924
Au sortir de la Première Guerre mondiale et de la guerre civile russe, l'Armée rouge est équipée de mitrailleuses légères d'origine étrangère : la britannique Lewis, la française Chauchat et la Hotchkiss M1909. Dans le contexte d'isolement diplomatique de la jeune Union soviétique, ces armes deviennent difficiles à entretenir, faute de pièces détachées et de munitions adaptées.
En 1923, le Directoire d'artillerie (GAU) lance un programme d'urgence pour doter l'Armée rouge d'une mitrailleuse légère nationale, chambrée dans le calibre standard soviétique 7,62 × 54 mm R.
Deux projets sont mis en concurrence :
le Maxim-Kolesnikov, conçu par Ivan Kolesnikov à l'usine de Kovrov,
le Maxim-Tokarev, développé par Fiodor Vassilievitch Tokarev à l'arsenal de Toula, avec la participation de P. P. Tretiakov, I. A. Pastukhov et N. F. Vasiliev.
Une commission présidée par le maréchal Semion Boudienny fixe le cahier des charges à l'automne 1924 : canon raccourci et interchangeable, boîtier allégé, hausse simplifiée, bipied repliable, et crosse de type fusil. Les essais comparatifs, menés début 1925, donnent l'avantage au modèle de Tokarev, officiellement adopté le 26 mai 1925.
C 'est une arme issu de la conversion du Maxim PM1910
Le MT reprend le mécanisme à recul court et verrou à genouillère (toggle-lock) de la mitrailleuse Maxim russe PM1910, elle-même dérivée de l'arme originale de Hiram Maxim. Pour alléger l'ensemble, plusieurs modifications majeures sont apportées :
le manchon de refroidissement à eau en bronze est supprimé et remplacé par une fine chemise perforée permettant un refroidissement par air ;
le canon est raccourci et allégé (de 2,1 kg à 1,7 kg), et peut être changé sur le terrain ;
le lourd affût à roues (socle Sokolov) est remplacé par un bipied pliant léger, fixé sous la chemise du canon ;
les poignées arrière à détente au pouce cèdent la place à une crosse et une détente de type fusil ;
l'alimentation reste par bande de toile, mais sa capacité est réduite à 100 coups (contre 250 sur le PM1910), afin de limiter le poids et l'encombrement.
Production et service
La production a lieu à l'usine d'armement de Toula. Les estimations varient selon les sources : environ 2 500 exemplaires fabriqués en 1926-1927 selon certaines, jusqu'à 3 500 unités produites jusqu'en 1927-1928 selon d'autres. Le MT ne reste toutefois en service de première ligne dans l'Armée rouge que peu de temps : dès la fin des années 1920, il est supplanté par la mitrailleuse légère DP-27/DP-28, conçue par Vassili Degtiarev, jugée plus légère, plus fiable et alimentée par un chargeur-tambour plus pratique.
Retirées du service soviétique de première ligne, un grand nombre de Maxim-Tokarev sont alors exportées ou cédées à des puissances ou mouvements alliés de l'URSS dans les années 1930 :
vers la Chine, dans le cadre de l'aide sino-soviétique (environ 1 400 exemplaires livrés entre 1938 et 1939), où l'arme sert durant la seconde guerre sino-japonaise ;
vers l'Espagne républicaine, où le reste du stock est envoyé pour soutenir le camp gouvernemental pendant la guerre civile espagnole (1936-1939).
Le MT dans la guerre d'Espagne
L'URSS est, avec le Mexique, le principal fournisseur d'armes du camp républicain espagnol face aux nationalistes de Franco, soutenus par l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste. Dans ce cadre, des lots de matériel jugé obsolète ou excédentaire par l'Armée rouge — dont des Maxim-Tokarev — sont envoyés vers les ports espagnols, aux côtés d'armes plus modernes (chars T-26, chasseurs Polikarpov, fusils Mosin-Nagant, etc.).Le MT équipe alors des unités des forces républicaines, et dans certains cas des volontaires des Brigades internationales, comme arme d'appui au niveau du groupe de combat, en complément ou en remplacement des mitrailleuses légères Lewis, Chauchat ou Hotchkiss déjà présentes en nombre limité sur le front.
Postérité
Arme de transition entre la lourde mitrailleuse Maxim tractée et les mitrailleuses légères modernes de l'entre-deux-guerres, le Maxim-Tokarev reste aujourd'hui une pièce rare, essentiellement visible dans des collections et musées militaires (comme celui d'Es Castell à Minorque, ou des musées présentant du matériel de la guerre d'Espagne). Il illustre la période de transition de l'armement soviétique dans les années 1920, avant la généralisation du DP-27 puis des armes automatiques plus modernes de la Seconde Guerre mondiale.
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Contexte Formation Composition Rôle militaire Fin Postérité |
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Caractéristique |
Valeur |
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Concepteur |
Fiodor Vassilievitch Tokarev, arsenal de Toula (TOZ) |
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Année de conception / adoption |
1924 (prototype) / 26 mai 1925 (adoption) |
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Calibre |
7,62 × 54 mm R |
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Mécanisme |
Recul court, verrou à genouillère (héritage Maxim) |
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Longueur totale |
environ 130 cm |
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Longueur du canon |
environ 65 cm |
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Poids à vide |
environ 12,5 à 12,9 kg selon les sources |
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Cadence de tir théorique |
environ 600 coups/min |
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Alimentation |
Bande de toile de 100 coups |
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Refroidissement |
Par air (chemise perforée) |