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Espagne 1938 Infanterie Brigades Internationales Moscou



Espagne 1938  Infanterie Brigades Internationales Moscou

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Un combattant des Brigades internationales
Uniforme et équipement d'un volontaire de la guerre civile espagnole (1936-1939)
Les photographies montrent une vitrine de musée présentant l'uniforme et l'équipement reconstitués d'un combattant des Brigades internationales, les unités de volontaires étrangers venues soutenir la Seconde République espagnole pendant la guerre civile (1936-1939)

Contexte
Quand le général Franco se soulève contre la République espagnole en juillet 1936, la France et le Royaume-Uni optent pour la "non-intervention", tandis que l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste soutiennent militairement les franquistes. Face à ce déséquilibre, l'Internationale communiste (Komintern), sous l'impulsion de Staline, organise le recrutement de volontaires étrangers pour venir défendre la République.

Formation
Les premières brigades sont créées à l'automne 1936, avec une base d'entraînement à Albacete. Environ 35 000 à 40 000 volontaires venus d'une quarantaine de pays y participent au total, dont beaucoup de Français, mais aussi des Allemands et Italiens antifascistes exilés, des Polonais, des Britanniques, des Américains (le fameux bataillon Abraham Lincoln) et des volontaires du monde entier.

Composition
Elles sont numérotées de la XIe à la XVe brigade. Si le mouvement est encadré par les communistes, on y trouve aussi des socialistes, des anarchistes et des militants sans étiquette précise, souvent animés par un antifascisme viscéral plus que par une idéologie unique.

Rôle militaire
Elles participent à des batailles clés : défense de Madrid (1936), Jarama, Guadalajara, Brunete, Teruel, et la bataille de l'Èbre (1938), qui marque leur chant du cygne — cette dernière bataille est un échec sanglant pour les républicains.

Fin
En septembre 1938, dans l'espoir (vain) d'obtenir un geste réciproque des nationalistes, le gouvernement républicain décide de les retirer du front. Un grand défilé d'adieu a lieu à Barcelone. Beaucoup de volontaires ne peuvent pas rentrer chez eux (Allemands, Italiens) et se retrouvent apatrides ou pourchassés.

Postérité
Les Brigades sont devenues un symbole fort de l'antifascisme et de l'engagement international, immortalisées par des écrivains comme George Orwell (Hommage à la Catalogne) ou Ernest Hemingway (Pour qui sonne le glas), même si leur bilan militaire reste débattu par les historiens.

L'uniforme du volontaire
Le mannequin porte une combinaison-vareuse en épaisse toile de coton beige/kaki, fermée par de gros boutons noirs  qui est un modèle de coupe simple, typique des tenues de campagne fournies aux miliciens et volontaires républicains, souvent proche des combinaisons de mécanicien portées par les premières colonnes de miliciens en 1936.
Un foulard rouge noué autour du cou complète la tenue  Cette couleur est  emblématique des mouvements communistes et anarchistes engagés dans le camp républicain.
Sur la tête, un casque de type Adrian, de couleur vert olive, à la calotte caractéristique surmontée d'une crête et à large bord incurvé  un modèle d'origine française largement diffusé en Espagne républicaine, où il fut produit sous licence et
distribué aussi bien aux troupes régulières qu'aux Brigades internationales.
Une couverture en laine à chevrons est portée en bandoulière, roulée sur l'épaule — un usage courant chez les fantassins qui devaient transporter leur couchage avec leur paquetage de combat. Une gamelle (écuelle) en aluminium est fixée sur la poitrine par une lanière de cuir, et une gourde recouverte de feutre, munie d'un bouchon métallique à chaînette, pend sur le côté gauche.

 
Sur le col de la vareuse sont cousus des pattes de collet rouges. Un calot (bonnet de police) orné d'un gland ou d'une houppe rouge complète la coiffe visible en haut de la vitrine — le rouge étant, là encore, la couleur distinctive largement portée par les volontaires républicains et les Brigades internationales.
Le ceinturon et les cartouchières
Le ceinturon de cuir est fermé par une boucle rectangulaire en laiton, dont un gros plan révèle le décor en relief : une couronne (probablement de laurier) entourant un anneau central, avec des fusils croisés derrière et un cor de chasse
(clairon) placé à la base du motif. Ce type de plaque à armes croisées, très proche des boucles réglementaires de l'infanterie espagnole de l'entre-deux-guerres, 
De part et d'autre de la boucle sont fixées deux cartouchières en cuir fauve à rabat, maintenues par des rivets en laiton — des sacoches destinées à contenir les chargeurs ou les munitions de l'arme individuelle.
L'arme : une mitrailleuse légère Maxim-Tokarev (MT), 1924

 
L'arme portée par le mannequin est une mitrailleuse légère (ou fusil-mitrailleur) Maxim-Tokarev, modèle MT 1924, telle qu'identifiée par le cartel du musée. Il s'agit d'une adaptation soviétique de la mitrailleuse Maxim, allégée et montée sur bipied pour un usage individuel d'infanterie, développée en URSS au milieu des années 1920.
Les caractéristiques indiquées sur l'étiquette du musée (photographiée de plus près) sont les suivantes :
• Calibre : 7,62 mm
• Longueur, appui d'épaule replié : 1 320 mm
• Longueur, appui d'épaule déplié : 1 435 mm
• Masse à vide (sans cartouches) : 13 kg
• Capacité de la bande : 100 ou 250 cartouches
Cette arme illustre l'aide militaire soviétique apportée à la République espagnole à partir de l'automne 1936, sous forme de livraisons d'armement — avions, chars, canons, mitrailleuses et fusils — qui transitèrent notamment par le port de Carthagène.

Structure générale

Les volontaires arrivent d'abord à la base d'Albacete (quartier général) puis sont répartis en brigades, elles-mêmes divisées en bataillons, généralement organisés par nationalité ou langue.

Les cinq brigades numérotées

  • XIe Brigade — créée en octobre 1936, une des toutes premières, engagée dès la défense de Madrid. Comprenait notamment le bataillon allemand "Edgar André" (communistes et antifascistes allemands en exil) et le bataillon franco-belge "Commune de Paris".
  • XIIe Brigade — également très tôt engagée à Madrid, avec entre autres le bataillon italien "Garibaldi", composé d'antifascistes italiens exilés, souvent opposés directement à des troupes italiennes envoyées par Mussolini pour Franco — une situation de guerre civile italienne par procuration.
  • XIIIe Brigade — plus mêlée, avec des bataillons comme "Louise Michel" (franco-belge) ou "Dombrowski" (polonais, du nom du général polonais de la Commune de Paris 1871).
  • XIVe Brigade — dite "La Marseillaise", à dominante française, avec plusieurs bataillons dont le bataillon "Henri Vuillemin" ou "9 Février" (Belges).
  • XVe Brigade — la plus connue des anglophones, regroupant :
    • le bataillon britannique
    • le bataillon "Abraham Lincoln" (Américains)
    • le bataillon "Mackenzie-Papineau" (Canadiens, surnommé les "Mac-Paps")
    • le bataillon "Dimitrov" (Balkaniques)

Taille d'une brigade

Une brigade comptait en théorie 3 000 à 6 000 hommes (calquée sur le modèle des brigades d'infanterie), divisée en 4 bataillons d'environ 500 à 700 combattants chacun, eux-mêmes subdivisés en compagnies. Dans la pratique, les effectifs fondaient vite avec les pertes énormes (à Jarama ou à l'Èbre, certains bataillons perdent plus de la moitié de leurs hommes en quelques jours), et étaient régulièrement reconstitués avec de nouvelles recrues.

Encadrement

Le commandement politique et militaire était souvent dédoublé : un commandant militaire et un "commissaire politique" (inspiré du modèle soviétique), chargé de l'encadrement idéologique et du moral des troupes — reflet direct de l'influence du Komintern sur l'organisation.

Voici un focus sur la XIVe Brigade internationale "La Marseillaise", l'unité à dominante française.

Formation

Créée en décembre 1936 à Albacete, un peu après les XIe et XIIe brigades. Son nom rend hommage à l'hymne national français, en écho à l'importance du contingent français — la France ayant fourni, à elle seule, le plus gros bataillon de volontaires étrangers (autour de 9 000 à 10 000 Français au total sur toute la durée de la guerre, toutes brigades confondues).

Composition

La brigade regroupait plusieurs bataillons, mêlant Français et volontaires d'autres nationalités francophones ou proches :

  • le bataillon "9 Février" (ou "Six Février", en référence à la manifestation antifasciste de 1934 à Paris), à dominante française
  • le bataillon "Henri Vuillemin"
  • un bataillon belge (souvent rattaché ou en lien étroit)
  • parfois complétée par des compagnies espagnoles pour combler les pertes

Profil des volontaires

Beaucoup venaient des rangs du Parti communiste français (PCF) et de la CGT, mais on trouvait aussi des anarchistes, des socialistes, et des étrangers résidant en France (Italiens, Polonais, Espagnols émigrés) qui s'engageaient via les réseaux parisiens de recrutement, notamment depuis la Gare d'Austerlitz et le passage par les Pyrénées.

Engagements militaires

La Marseillaise a été de la plupart des grandes batailles où sont intervenues les Brigades :

  • Défense de Madrid (fin 1936 - début 1937)
  • Bataille du Jarama (février 1937) — très meurtrière
  • Guadalajara (mars 1937)
  • Brunete (été 1937)
  • Bataille de l'Èbre (1938), dernière grande offensive républicaine avant le retrait des Brigades

Le retrait

Comme les autres brigades, la XIVe est retirée du front en septembre-octobre 1938, à l'issue de la bataille de l'Èbre, dans le cadre de la décision du gouvernement Negrín de démobiliser les volontaires internationaux. Beaucoup de survivants français rentrent en France, où certains seront ensuite très actifs dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale — l'expérience espagnole ayant formé une génération de combattants antifascistes aguerris.

 
Cette vitrine illustre, à travers une reconstitution soigneusement documentée, l'équipement d'un volontaire des Brigades internationales : tenue de toile kaki, casque Adrian, foulard rouge, ceinturon à cartouchières et mitrailleuse légère soviétique Maxim-Tokarev — un témoignage matériel de l'engagement international, et en particulier soviétique, aux côtés de la Seconde République espagnole durant la guerre civile de 1936-1939.