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Citroën 1936 Rosalie U Gazogène 1941 Musée de l'Automobile de Talmont-Saint-Hilaire



Citroën 7U Gazogène 1941 Musée de l'Automobile de Talmont-Saint-Hilaire
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Merci Vincent

Tableaux générés par l IA sur mes indications
 

 

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La Citroën 7U gazogène : rouler sans essence pendant l'Occupation
Une camionnette née dans les années 1930
La Citroën 7U est une camionnette légère dérivée de la gamme Rosalie, produite dans la seconde moitié des années 1930.

Le nom "Rosalie" n'a jamais été officiel — Citroën n'a jamais désigné ses 8, 10 et 15 CV ainsi dans ses catalogues ou publicités d'époque, qui utilisaient uniquement la puissance fiscale.

Origine réelle du surnom :
En 1933, sur l'anneau de vitesse de l'autodrome de Linas-Montlhéry, une Citroën 8 CV (base de cette même gamme) est engagée dans une tentative de record d'endurance, sponsorisée par les huiles Yacco. Cette voiture de records parcourt 300 000 km à une moyenne de 93 km/h, un exploit remarquable pour l'époque. Le véhicule est surnommé "Petite Rosalie" par l'équipe qui la pilote et l'entretient.

Le succès médiatique de cet exploit est tel que le public — puis la presse — se met à appeler l'ensemble de la gamme "Rosalie" par extension, alors qu'il ne s'agissait au départ que du surnom d'une voiture particulière engagée en compétition d'endurance, pas d'un nom commercial.

Le surnom a fini par s'imposer durablement dans le langage courant et reste aujourd'hui l'appellation universellement utilisée par les collectionneurs et les historiens de l'automobile — au point d'éclipser complètement les désignations officielles "8", "10" et "15 CV" d'origine.

C'est un cas assez classique dans l'histoire automobile : le public rebaptise un modèle à partir d'un exploit sportif ou d'un exemplaire particulier, et ce surnom finit par supplanter le nom d'usine — un peu comme la "Coccinelle" pour la Volkswagen Type 1, jamais appelée ainsi officiellement en Allemagne.

 
Propulsée par un moteur 4 cylindres de 1700 cm³ développant 9 CV fiscaux, elle repose sur une architecture classique à propulsion, avec freins à tambours et boîte à 3 rapports. Sa vitesse de pointe atteint environ 80 km/h, et sa charge utile est d'environ 500 kg — des caractéristiques modestes mais suffisantes pour en faire un utilitaire de proximité apprécié des commerçants et artisans de l'époque.

La Citroën 7U fait donc  partie de la gamme Rosalie, lancée par Citroën à partir de fin 1932 et profondément revue fin 1934. 
Origine et gamme

 


La Rosalie regroupe plusieurs cylindrées (7, 9, 11, 15 CV) sur un châssis classique à propulsion, à une époque où Citroën prépare déjà en coulisses la révolution de la Traction Avant (lancée en 1934). La Rosalie sert donc de modèle de transition, plus conventionnel, destiné à une clientèle qui n'est pas encore prête à adopter la traction avant.
Le 7U en particulier
Le "7" indique la puissance fiscale (7 CV), le "U" désigne la version utilitaire (camionnette), par opposition au "A" pour les berlines (7UA).
Motorisation : 4 cylindres de 1700 cm³, développant autour de 9 CV réels, pour environ 32 ch.
Transmission classique à propulsion (moteur à l'avant, roues arrière motrices), freins à tambours, boîte 3 rapports.
Carrosserie de fourgonnette/camionnette légère, avec une charge utile d'environ 500 kg, destinée aux artisans, commerçants et petites entreprises de livraison.
Vitesse de pointe autour de 80 km/h.
Une carrière qui déborde sur la guerre
Produite jusqu'en 1938 environ, elle continue de circuler bien après l'arrêt de sa fabrication. C'est justement ce qui explique qu'un certain nombre d'exemplaires — comme celui du musée de Talmont-Saint-Hilaire — aient été reconvertis au gazogène durant l'Occupation : robuste, simple mécaniquement et facile à modifier, la petite Citroën utilitaire était un candidat idéal pour ce type de transformation, contrairement aux voitures particulières plus sophistiquées.

Contexte industriel
Citroën, fondée par André Citroën en 1919, traverse une grave crise financière au début des années 1930 (notamment à cause des coûts de développement de la Traction Avant) et passe sous le contrôle de Michelin en 1935 — année de fabrication précise de l'exemplaire du musée.


 
 
 
 
 
 
L'exemplaire présenté ici, daté de 1936, est aujourd'hui conservé au Musée de l'Automobile de Talmont-Saint-Hilaire, en Vendée.
Le gazogène : rouler malgré la pénurie
  • La réglementation qui encadre officiellement la fabrication et l'usage des gazogènes en France date du 27 août 1940 (loi sur la circulation automobile), complétée par un arrêté du 18 septembre 1940, lui-même rectifié le 12 mars 1941.
  • Un Service des gazogènes est créé fin 1940 par le Secrétariat d'État à la production industrielle, suivi d'une Commission technique des gazogènes le 28 octobre 1941, signe que l'année 1941 est justement celle où l'administration structure et généralise le dispositif.
  • En juillet 1941, le prix de l'essence augmente de 60 % — une hausse qui a mécaniquement accéléré les conversions au gazogène cette année-là, l'essence devenant à la fois rare et de plus en plus coûteuse.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'essence devient une ressource rare et strictement contingentée en France occupée. Pour continuer à faire circuler leurs véhicules, de nombreux propriétaires et professionnels adaptent leur moteur à un système de gazogène, ici de marque Gohin-Poulenc.
Le principe est simple mais ingénieux : un foyer, généralement installé à l'arrière ou sur le flanc du véhicule (visible ici comme un long cylindre métallique fixé sur le toit, relié par un tuyau jusqu'au moteur), fait brûler du charbon de bois en combustion incomplète et à l'étouffée. Cette combustion produit un gaz combustible — principalement du monoxyde de carbone — qui alimente ensuite le moteur à essence légèrement modifié pour l'occasion. Le rendement énergétique du dispositif reste nettement inférieur à celui de l'essence, et l'allumage demande davantage de patience, mais le système permet de continuer à rouler en toute autonomie vis-à-vis du carburant pétrolier.
Sur cet exemplaire, l'inscription "RAVITAILLEMENT CIVIL" peinte sur le générateur de gaz atteste de l'usage précis du véhicule : il servait au transport de vivres et de marchandises pour la population civile pendant les années de restrictions.
Une pièce d'histoire sociale autant qu'automobile
 

"Ravitaillement civil" désignait une des rares catégories d'usage prioritaire autorisées à circuler malgré la pénurie d'essence.

Voici le mécanisme précis, mis en place dès la fin de l'été 1940 et toujours en vigueur en 1941 :

  • Un arrêté du 29 août 1940 restreint la circulation automobile aux véhicules "strictement indispensables au fonctionnement des services publics ou d'intérêt public, des services du ravitaillement et des exploitations présentant un intérêt essentiel pour la vie du pays".
  • Concrètement, les préfectures délivraient des autorisations de circuler — comme celle visible sur ta photo — réservées à un usage précis et justifié : livraison de denrées alimentaires, transport de marchandises essentielles vers les commerces et les populations. Le panneau "Ravitaillement civil" fixé sur le véhicule servait de signalétique officielle, visible de loin par la gendarmerie lors des contrôles routiers, très fréquents sur des routes désormais quasi désertes.
  • Ce statut donnait au véhicule un droit de circulation dérogatoire (et donc un accès prioritaire au carburant, ou ici au gazogène) là où la majorité des véhicules privés étaient immobilisés. En 1943, un département ne disposait par exemple que de 173 véhicules autorisés pour 100 000 habitants — la rareté de ce statut donne la mesure de son importance.

Autrement dit, ce n'est pas une marque commerciale ni un nom de flotte : c'est littéralement un panneau réglementaire de dérogation, indiquant aux autorités que ce véhicule assurait une fonction vitale — le transport de vivres pour la population civile — et bénéficiait à ce titre d'une autorisation exceptionnelle de rouler.


 
Au-delà de sa dimension mécanique, cette Citroën 7U gazogène est un témoignage tangible du quotidien des Français sous l'Occupation. Le document d'autorisation de circulation exposé à côté du véhicule rappelle que l'usage de tout véhicule motorisé était alors soumis à un contrôle administratif strict, l'essence étant réservée en priorité aux besoins militaires et prioritaires.
Sur le plan constructeur, la marque Citroën, fondée en 1919 par André Citroën à Paris, passe sous le contrôle du groupe Michelin en 1935 après des difficultés financières — une origine que partage cet exemplaire, produit l'année suivante. Citroën restera indépendante jusqu'à son rapprochement avec Peugeot en 1974.
Un symbole de l'ingéniosité en temps de crise
Le gazogène, loin d'être une anecdote isolée, a concerné des dizaines de milliers de véhicules en France durant la guerre — camions, camionnettes, tracteurs et même quelques voitures particulières. Il a également joué un rôle après-guerre, notamment lors des hivers rigoureux de la reconstruction, où le carburant restait rare. Ce type de véhicule illustre ainsi une période où l'ingéniosité mécanique compensait la pénurie, préfigurant à sa manière les réflexions actuelles sur les carburants alternatifs.