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Paris Hotel de Clisson



Paris Hôtel de Clisson
 

 

 

L'Hôtel de Clisson Ce portail est le dernier vestige d'un hôtel particulier du XIV? siècle dans le Marais  C'est une porte fortifiée et ses deux tourelles en encorbellement, squi sont le seul vestige visible de l'hôtel de Clisson (1371-1375).
Identification
Le portail à deux tourelles coiffées de toits en poivrière, situé au 58 de la rue des Archives dans le Marais, est le seul fragment subsistant de l'hôtel de Clisson, l'une des plus anciennes demeures privées de Paris encore visibles aujourd'hui. Il est aujourd'hui intégré aux bâtiments des Archives nationales, dont il constitue l'entrée historique la plus spectaculaire.
Fiche d'identité
Nom
Hôtel de Clisson (vestige intégré à l'hôtel de Soubise, siège des Archives nationales)
Adresse
58, rue des Archives, 3e arrondissement de Paris (quartier du Marais)
Commanditaire
Olivier V de Clisson (1336-1407), connétable de France
Date de construction
1371-1375
Ce qu'il en subsiste
La porte fortifiée en pan coupé et ses deux tourelles en encorbellement coiffées de toits en poivrière
Propriétaires successifs
Olivier de Clisson → duc de Bedford (occupation anglaise, 1420-1435) → famille d'Albret → maison de Guise (à partir de 1553) → prince de Rohan-Soubise (1700)
Statut actuel
Intégré aux bâtiments des Archives nationales
Protection
Vestige médiéval le plus important de l'architecture privée du XIVesiècle encore visible à Paris
 
Un connétable breton dans le Marais naissant
En 1371, Olivier de Clisson, seigneur féodal breton surnommé « le Boucher » par ses ennemis pour sa dureté au combat, fait construire cet hôtel particulier à l'extérieur des anciens remparts de Philippe Auguste, dans le quartier alors appelé « le Temple » — l'actuel Marais. Il choisit de s'installer à proximité du roi Charles V, qui réside à l'hôtel Saint-Paul tout proche.
Olivier de Clisson Thomas de Lancastre Jean de Lancastre Maison d' Albret Maison de Guise
Homme de guerre valeureux, Olivier de Clisson rallie le camp du roi de France contre les Anglais et succède quelques années plus tard à Bertrand du Guesclin comme connétable de France, c'est-à-dire chef des armées royales. L'hôtel qu'il fait édifier entre 1371 et 1375 comprenait à l'origine deux corps de logis et une haute tour ronde ; il n'en reste aujourd'hui que le bâtiment donnant sur la rue des Archives, avec sa porte fortifiée en pan coupé flanquée des deux tourelles en encorbellement 
Une résidence anglaise, puis celle des Guise
L'histoire de l'hôtel se poursuit au gré des tumultes politiques : entre 1420 et 1435, en pleine occupation anglaise de Paris pendant la guerre de Cent Ans, l'hôtel est confisqué et devient la résidence de Thomas puis Jean de Lancastre, ducs de Bedford et de Clarence. Il passe ensuite à la famille d'Albret.
C'est en 1553 que l'hôtel entre en possession de la puissante famille de Guise, qui en fait le quartier général du parti catholique pendant les guerres de Religion. La tradition locale veut que le massacre de la Saint-Barthélemy (1572) y ait été en partie préparé. Le tympan du portail conserve d'ailleurs, aujourd'hui encore, des écussons peints aux armes des Guise, visibles sous l'arc en accolade.
Sur les médaillons sculptés au-dessus de l'arcade figure la devise personnelle d'Olivier de Clisson : « Pour ce qu'il me plet ».Le tympan peint représente les alliances armoriées de la maison de Guise, aujourd'hui partiellement effacées par le temps.
De l'hôtel de Guise à l'hôtel de Soubise
Vers 1700, le prince François de Rohan-Soubise rachète l'ensemble et fait édifier, en retrait du portail médiéval conservé, un vaste hôtel classique — l'actuel hôtel de Soubise. Les deux tourelles et la porte fortifiée du XIV? siècle sont alors intégrées, comme un souvenir volontairement préservé, à la nouvelle façade sur la rue des Archives.
Acquis par l'État en 1808, le site est affecté par Napoléon Ier aux Archives impériales, tandis que l'hôtel de Rohan voisin revient à l'Imprimerie nationale. Napoléon III y installera plus tard le musée de l'Histoire de France. L'ensemble abrite aujourd'hui les Archives nationales et le musée qui leur est associé.
Pourquoi ce vestige est-il si important ?
Les deux tourelles en encorbellement et la porte fortifiée de l'hôtel de Clisson constituent, selon les historiens de l'architecture parisienne, le plus important vestige de l'architecture privée du XIV? siècle encore visible dans la capitale. Alors que la plupart des grandes demeures nobles médiévales parisiennes ont disparu au fil des reconstructions successives, ce portail a traversé plus de six siècles, changeant de propriétaires — connétable breton, princes anglais, ducs de Guise, princes de Rohan — sans jamais être détruit, avant de devenir aujourd'hui l'entrée symbolique de l'un des plus grands dépôts d'archives de France.