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Carburant Bidon Thermixine BP 1950



Carburant  Bidon Thermixine BP  1950
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Histoire d'une major pétrolière, de l'Anglo-Persian Oil Company au tournesol vert et jaune
De 1909 à aujourd'hui : origines, évolution du logo et grandes étapes d'un géant de l'énergie
Le sigle « BP », aujourd'hui associé à un tournesol vert et jaune omniprésent sur les stations-service européennes, coiffe une histoire vieille de plus d'un siècle, intimement liée à la géopolitique du pétrole du XX? siècle. Des bidons d'huile et d'essence estampillés « BP » que l'on retrouve aujourd'hui en brocante ou dans des musées de véhicules anciens — comme le bidon Thermixine vert flanqué de l'écusson BP présenté en fin d'article — témoignent de cette longue histoire industrielle et graphique.
Des origines perses à la naissance de British Petroleum
L'histoire de BP commence en 1909, sous le nom d'Anglo-Persian Oil Company (APOC), fondée à la suite de la découverte de pétrole en Perse (l'actuel Iran) l'année précédente. Son premier produit commercial, l'essence « BP Motor Spirit », est commercialisé au Royaume-Uni dès les années 1920 : le sigle « B.P. » figure alors en haut d'une étiquette à trois lignes, au-dessus des mots « MOTOR » et « SPIRIT ».
La compagnie devient une pièce stratégique pour l'approvisionnement énergétique britannique : à l'approche de la Première Guerre mondiale, le gouvernement britannique en acquiert une participation majoritaire, faisant de l'Anglo-Persian Oil Company un instrument de la politique énergétique de l'Empire.
En 1935, à la suite du changement de nom de la Perse en Iran, l'entreprise devient l'Anglo-Iranian Oil Company, et adopte dès 1931 un tournesol stylisé vert et or qui deviendra, sous des formes redessinées, l'emblème durable de la marque pour près de 80 ans.
De l'Iran à « British Petroleum » : la crise de 1951-1954
Les relations entre la compagnie et l'Iran se dégradent après la Seconde Guerre mondiale. En 1951, le gouvernement iranien du Premier ministre Mohammad Mossadegh nationalise l'industrie pétrolière du pays, provoquant une rupture avec l'Anglo-Iranian Oil Company. En 1953, un coup d'État soutenu par les renseignements britanniques et américains renverse Mossadegh. En 1954, un nouveau consortium — incluant notamment la Standard Oil of Indiana — reprend les opérations, et l'entreprise adopte alors le nom sous lequel elle deviendra mondialement connue : British Petroleum.
L'essor international et les grandes acquisitions
4. L'évolution du logo : du bouclier héraldique au tournesol
L'histoire visuelle de BP est aussi celle d'un des logos les plus reconnaissables de l'industrie pétrolière, construit pendant près d'un siècle autour d'un motif récurrent : l'écusson, symbole graphique dérivé du bouclier héraldique, associant traditionnellement la puissance guerrière ou familiale à l'autorité — une symbolique reprise ici pour évoquer la solidité et la puissance industrielle de l'entreprise.
Période
Évolution du logo
1909-1920
Écusson « APOC » (Anglo-Persian Oil Company), sigle simple sur fond neutre.
Années 1920
Sigle « B.P. » entre guillemets, en lettres noires à empattements sur fond blanc — conçu par un employé de la compagnie, A. R. Saunders, lors d'un concours interne.
1930-1947
Le sigle « BP » est placé au centre d'un écusson à fin contour noir, encore monochrome.
1931 (Anglo-Iranian)
Apparition, en parallèle, d'un tournesol stylisé vert et or.
1947
L'écusson devient coloré : fond vert sourd, fine bande jaune, lettres noires en relief — première version en couleur du blason BP.
Fin des années 1950 - 1989
Le designer Raymond Loewy (également auteur des logos Exxon et Shell) simplifie l'écusson tout en conservant sa forme générale.
Après-guerre (fin 1940s - 1950s)
Adoption durable du duo vert et jaune, choisi pour se démarquer visuellement des couleurs concurrentes (rouge et jaune de Shell, rouge et bleu de Mobil) sur les stations-service.
2000
Refonte totale : le symbole « Hélios » (du nom du dieu grec du soleil), tournesol vert et jaune éclaté, accompagne le repositionnement de marque « Beyond Petroleum » et une campagne de communication à 200 millions de dollars.
Beyond Petroleum » : un repositionnement contesté
En 2000, BP engage une refonte profonde de son image de marque. Le sigle historique « BP » est réinterprété comme l'abréviation de « Beyond Petroleum » (« au-delà du pétrole »), dans une tentative de se démarquer de l'héritage colonial associé au nom « British Petroleum » et de mettre en avant un positionnement plus environnemental. Cette campagne, bien qu'ayant produit l'un des logos les plus reconnaissables au monde, a été critiquée a posteriori comme un exercice de communication déconnecté des investissements réels de l'entreprise, majoritairement restés concentrés sur les hydrocarbures fossiles. La catastrophe de Deepwater Horizon, dix ans plus tard, a durablement écorné cette image « verte ».
 Les bidons BP dans la mémoire des ateliers et des musées
Le vert et le jaune adoptés par BP après-guerre ont largement diffusé au-delà des stations-service : bidons d'essence, d'huile ou de produits d'entretien automobile, comme les bidons ronds ou rectangulaires de la gamme « Thermixine » (liquide de refroidissement / antigel) que l'on retrouve aujourd'hui dans les brocantes et les collections de véhicules anciens, arborent cet écusson vert caractéristique frappé des lettres jaunes « BP ». Ces objets, produits en grand nombre dans les années 1940-1950, constituent aujourd'hui un témoignage matériel de l'identité visuelle de la marque à l'apogée de son déploiement sur le marché automobile européen.
Le bidon photographié ici correspond précisément à la gamme « Thermixine » de BP, un produit de refroidissement/antigel pour automobiles commercialisé sous forme de bidons ronds ou de jerricans rectangulaires de 20 litres, en tôle peinte. Sur le marché de la brocante et de la collection de véhicules anciens, ces bidons sont généralement datés des années 1950 : plusieurs exemplaires conservés portent des dates de fabrication estampillées (par exemple novembre 1951), et se négocient aujourd'hui entre 25 et 60 euros selon leur état de conservation.
Le graphisme visible sur ce bidon — écusson jaune à liseré noir portant les lettres « BP » en noir, sur fond vert foncé, avec le nom du produit « THERMIXINE » en lettres jaunes capitales — correspond à la phase de transition du logo BP située entre la fin des années 1930 et le début des années 1950 (voir tableau de la section 4) : l'écusson est déjà coloré, mais le duo vert et jaune associé au tournesol n'a pas encore totalement supplanté la forme héraldique du blason, qui restera néanmoins utilisée en parallèle sur les contenants industriels pendant plusieurs décennies. Ce type d'objet illustre ainsi, à l'échelle d'un simple bidon de garage, la coexistence de plusieurs identités visuelles de la marque au fil de son histoire, bien avant l'unification autour du tournesol « Hélios » en 2000.
Au-delà de leur intérêt graphique, ces bidons Thermixine sont aujourd'hui exposés dans des musées et collections privées consacrés aux véhicules, engins agricoles et matériels militaires anciens, aux côtés d'autres pièces d'époque (jerricans militaires, machines agricoles) — offrant un aperçu concret de la vie quotidienne des ateliers et garages européens durant l'âge d'or de l'automobile d'après-guerre.
BP aujourd'hui
BP fait aujourd'hui partie des sept plus grandes compagnies pétrolières et gazières mondiales, les « supermajors ». Présente dans une soixantaine à une soixante-dizaine de pays, l'entreprise reste engagée dans l'extraction et le raffinage d'hydrocarbures, la production de carburants et de lubrifiants, tout en développant des projets dans les énergies renouvelables — un positionnement en tension permanente entre son cœur de métier historique et les attentes contemporaines en matière de transition énergétique.