

|
|
Taurus est le bouclier balistique chenillé du RAID s'expose à Eurosatory 2026
Cet engin est un robot chenillé trapu, surmonté d'un haut bouclier blindé aux formes anguleuses et frappé de l'insigne du RAID, l'unité d'élite de la police nationale française. Il s'agit du Taurus, un bouclier balistique motorisé conçu pour progresser en tête d'une colonne d'assaut et encaisser les tirs à la place des policiers qui avancent derrière lui.
Le Taurus succède à un précédent bouclier du RAID, le Ramsès, un modèle plus léger que les opérateurs devaient pousser eux-mêmes. Ce dernier était devenu tristement célèbre après avoir été criblé de balles lors de l'assaut donné par la BRI au Bataclan en novembre 2015. Là où le Ramsès dépendait de la seule force des policiers pour être mis en position, le Taurus est autopropulsé : il se déplace sur chenilles, pèse environ 700 kilogrammes et est conçu pour arrêter des projectiles tirés par une arme de type kalachnikov.
En intervention, le bouclier est destiné à ouvrir la marche d'une colonne d'assaut et à protéger les policiers qui approchent un bâtiment ou un véhicule. Au-delà de la simple protection balistique, le RAID présente cet équipement comme capable d'enfoncer des portes, ou de pousser et tirer des charges lourdes. Selon plusieurs comptes rendus, il peut également recevoir des modules complémentaires, dont un taser et un grappin, ce qui élargit son rôle : d'une simple protection passive, il devient un outil actif d'effraction et d'intervention à létalité réduite.
Les photographies montrent l'engin de l'arrière, treuil et volet blindé relevés, ainsi que de face et de trois quarts, laissant apparaître le train de chenilles et la charnière qui permet au bouclier de basculer indépendamment de la base roulante. Le stand du RAID côtoyait à Eurosatory d'autres présentations de la police et de la gendarmerie, dans une édition 2026 du salon qui a fait une place inhabituellement large à la robotique terrestre, aussi bien militaire que destinée à la sécurité intérieure.
Le RAID lui-même est bien antérieur à cet équipement : l'unité, dont le nom signifie Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion, a été créée en 1985 par Robert Broussard, avec Ange Mancini comme premier chef. Elle demeure, aux côtés du GIGN de la gendarmerie, l'une des deux principales unités françaises de lutte antiterroriste et de libération d'otages. Se doter d'un bouclier balistique motorisé et conçu sur mesure marque une évolution modeste mais révélatrice dans la manière dont ces unités équipent leurs colonnes d'assaut pour le combat rapproché.