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FFG ACSV G5 ARV (Armoured Recovery Vehicle) Combat Recovery System CONDOR / Turra 30-SA Eurosatory 2026



FFG ACSV G5 ARV (Armoured Recovery Vehicle)  Combat Recovery System CONDOR / Turra 30-SA  Eurosatory 2026
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Cet engin de genie et de dépannage se transforme en char de défense antiaérienne et anti-drones

A Eurosatory 2026 FFG (Flensburger Fahrzeugbau Gesellschaft) a mis en avant deux nouvelles variantes de son véhicule ACSV (Armoured Combat Support Vehicle), toutes deux tournées vers la défense aérienne à courte portée et la lutte anti-drones.
Selon FFG, ce choix répond directement aux enseignements tirés de la guerre en Ukraine, où la défense sol-air de proximité  longtemps négligée par de nombreuses armées européennes, l'Allemagne en tête  s'est révélée indispensable pour protéger les colonnes blindées.

Le véhicule visible sur les photos correspond à la première des deux variantes présentées :
l'ACSV équipé du module CONDOR VSHORAD, associant une tourelle télé-opérée armée d'un canon de 30 mm à une lame de déminage montée à l'avant  combinant ainsi, sur une seule plateforme, la protection contre les drones et le franchissement de terrains minés.

La plateforme ACSV : de la théorie au terrain

L'ACSV n'est pas un nouveau venu : c'est l'héritier direct du PMMC G5 (Protected Mission Module Carrier), développé par FFG entièrement à partir de zéro et déjà éprouvé lors de plus de 1 600 opérations de modernisation de véhicules à travers le monde.
Sa philosophie reste la même que celle du Wisent 2
: une caisse « couteau suisse » modulaire, capable de recevoir différents modules de mission (cargo, poste de commandement, sanitaire, défense aérienne, mortier, etc.) via des interfaces standardisées de type conteneur ISO, permettables à échanger en quelques heures seulement. Le véhicule roule sur des chenilles composites en caoutchouc, réduisant vibrations et bruit, avec une très faible pression au sol adaptée aux terrains meubles, à la neige ou au sable.

Concrètement, la Norvège a été le premier client de la plateforme (livraisons à partir de 2022), suivie par les Pays-Bas, qui envisagent une commande massive pouvant atteindre plusieurs centaines d'exemplaires. FFG a par ailleurs annoncé à Eurosatory 2026 avoir décroché un troisième client, vraisemblablement l'Ukraine. Les drapeaux visibles sur la caisse du véhicule exposé  Ukraine, Pays-Bas, Norvège — correspondent d'ailleurs très probablement à ces trois utilisateurs.

La variante est la version CONDOR / Turra 30-SA 
La configuration photographiée associe :

une tourelle télé-opérée Turra 30-SA, d'origine slovaque (EVPU), armée d'un canon de 30 mm capable de tirer des munitions programmables à éclatement air (airburst), particulièrement efficaces contre les drones ;
la possibilité d'ajouter, en option, un lanceur de missiles antichars ;
Mais voyons la tourelle Turra elle est une de pièce maitresse du l'ACSV « défense antiaérienne »

 


La tourelle montée sur l'ACSV de FFG  Turra 30-SA, conçue par l'industriel slovaque EVPÚ (Elektrotechnický výskumný a projektový ústav). Dévoilée pour la première fois au salon IDEB 2024 à Bratislava, cette version « SA » constitue l'évolution la plus récente de la famille Turra 30, développée en  partenariat avec l'israélien IAI Elta Systems — une collaboration qui explique l'intégration de capteurs et de technologies de détection typiquement israéliens.
La tourelle Turra 30-SA : le cœur de feu de l'ACSV « défense antiaérienne »
Un produit slovaque, développé avec Israël
La tourelle montée sur l'ACSV de FFG à Eurosatory 2026 est la Turra 30-SA, conçue par l'industriel slovaque EVPÚ (Elektrotechnický výskumný a projektový ústav). Dévoilée pour la première fois au salon IDEB 2024 à Bratislava, cette version « SA » constitue l'évolution la plus récente de la famille Turra 30, développée en partenariat avec l'israélien IAI Elta Systems — une collaboration qui explique l'intégration de capteurs et de technologies de détection typiquement israéliens.
Une tourelle télé-opérée, non habitée
Comme toute tourelle « RCWS » (Remote Controlled Weapon Station), la Turra 30-SA est entièrement téléopérée : aucun servant n'est physiquement présent dans la tourelle, celle-ci étant pilotée depuis l'intérieur du véhicule par un opérateur via joysticks et écrans de contrôle. Cela présente un double avantage : le servant reste protégé sous blindage, et le profil du véhicule peut rester bas puisque la tourelle n'a pas besoin d'accueillir un équipage.
Armement
L'armement principal repose sur un canon automatique de 30 mm, de type MK-44S Bushmaster II ou GTS-30/A selon les options du client. Ce canon peut tirer des munitions programmables à éclatement aérien (« airburst », ABM) — un type de munition qui explose à une distance calculée avant d'atteindre la cible, particulièrement efficace contre les drones et autres cibles volant à basse altitude, difficiles à toucher directement.
À cela s'ajoutent :
un lanceur de missiles antichars SPIKE LR/LR-2 (missile israélien de 3?/3,5? génération, longue portée), monté sur le flanc gauche de la tourelle dans un boîtier à capot mobile ;
une mitrailleuse coaxiale de 7,62 mm (type FN MAG ou PKT) ;
des lance-pots fumigènes de chaque côté de la tourelle, couplés à un système d'alerte laser/radar.
La capacité d'emport en munitions est notable : jusqu'à 350 coups de 30 mm et plusieurs centaines de cartouches de 7,62 mm, un volume que EVPÚ met en avant comme un avantage comparatif face à la concurrence.
Détection et lutte anti-drones
C'est là que la Turra 30-SA se distingue le plus de ses devancières. Elle embarque :

un détecteur optique de menaces Othello (IAI Elta Systems), capable de repérer et suivre des sources optiques hostiles (viseurs laser, optiques ennemies) ;
un radar dédié à la détection de cibles aériennes basses ;
un système de détection de tirs optique et acoustique ThunderBullet ELO-5220P, qui permet de localiser instantanément l'origine d'un tir ennemi (sniper, arme légère) et de réorienter automatiquement la tourelle vers la menace.
Cette combinaison radar + munitions airburst + détection de tir donne à la Turra 30-SA une véritable fonction hunter-killer : elle peut détecter, suivre et engager aussi bien des véhicules blindés que des cibles aériennes lentes (drones, hélicoptères à basse altitude) jusqu'à environ 2 500 mètres, selon les données constructeur des versions antérieures de la famille Turra 30.
Protection et modularité
La tourelle répond aux normes STANAG 4569 niveau 3 (extensible au niveau 4) grâce à un blindage modulaire par panneaux ajoutables, ce qui permet d'adapter le niveau de protection selon la menace attendue sans reconcevoir toute la tourelle. Elle peut également recevoir en option un système de protection active (APS), une couche de défense supplémentaire contre les roquettes et missiles antichars entrants — une option pertinente pour un véhicule de soutien évoluant en première ligne, comme c'est le cas de l'ACSV.
Malgré cet arsenal, EVPÚ insiste sur le fait que la Turra 30-SA reste sensiblement plus légère que les générations précédentes de la famille Turra, à niveau de protection ballistique équivalent — un point important pour une intégration sur des châssis à charge utile contrainte comme l'ACSV (8 tonnes de module de mission).
En résumé
La Turra 30-SA illustre bien la logique derrière la variante « CONDOR » de l'ACSV présentée par FFG : il ne s'agit pas d'une simple tourelle de combat blindé classique, mais d'un système pensé dès l'origine pour la défense aérienne rapprochée et la lutte anti-drones, tout en conservant une capacité antichar significative grâce au SPIKE — exactement le type de polyvalence que réclament aujourd'hui les états-majors européens à la lumière du conflit ukrainien.
un radar à couverture 360°, un système de détection de coups de feu (gunshot detection), pour une conscience situationnelle complète face aux menaces aériennes basses et aux tirs directs ;

une lame de déminage montée à l'avant, qui permet au véhicule d'ouvrir un itinéraire à travers un champ de mines tout en assurant la protection antiaérienne rapprochée de la colonne.

L'ensemble repose sur une architecture modulaire de 8 tonnes, illustrant la volonté de FFG de regrouper sur une seule plateforme chenillée des fonctions autrefois réparties entre plusieurs flottes distinctes : défense sol-air, franchissement d'obstacles et protection du mouvement blindé.

Une seconde variante, encore plus innovante

À ses côtés, FFG a dévoilé pour la première fois une seconde version de l'ACSV, équipée du module DroneLight, développé avec l'entreprise israélienne Esh-Tech. Il s'agit d'un système anti-drones à laser pulsé de haute énergie, agissant en mode « hard-kill » : chaque impulsion, d'une durée d'environ 10 millisecondes, perfore la structure du drone pour atteindre ses composants électroniques internes, un peu à la manière d'un projectile de précision. Couplé à un radar intégré, le système revendique une couverture à 360° jusqu'à un kilomètre de distance et une cadence de neutralisation pouvant atteindre 30 menaces par minute.

Pourquoi ça compte

Cette double présentation illustre un changement de doctrine plus large chez les industriels européens de la défense terrestre : après des décennies où la défense antiaérienne de courte portée avait été largement abandonnée par de nombreuses armées, le retour de la guerre de haute intensité, la prolifération des drones et l'usage massif des mines imposent désormais des systèmes mobiles capables d'accompagner directement les unités blindées, de détecter rapidement les menaces, et de les neutraliser en mouvement. FFG n'est d'ailleurs pas seul sur ce créneau à Eurosatory 2026 : GDELS a présenté des configurations comparables de lutte anti-drones sur ses blindés Pandur et Piranha.

Pour l'heure, FFG n'a associé la présentation de ces deux variantes à aucun nouveau contrat ferme — il s'agit avant tout de démonstrateurs technologiques destinés à répondre à un besoin opérationnel désormais largement partagé par les états-majors européens.