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Léopard 2A-RC 3.0 Eurosatory 2026



Léopard 2A-RC 3.0 Eurosatory 2026
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Considéré comme étant une possible solution pour assurer la transition entre le char Leclerc et le Système principal de combat terrestre [MGCS – Main Ground Combat System], l’E-MBT [Enhanced Main Battle Tank], dont KNDS France fit la promotion auprès de l’armée égyptienne en décembre dernier, pourrait bien se faire voler la vedette par une nouvelle version du Leopard 2, lors de la prochaine édition du salon de l’armement aéroterrestre EuroSatory 2024.
Actuellement, la dernière évolution du Leopard 2 est commercialisée par KNDS Deutschland [associé à Rheinmetall] sous le nom de Leopard 2A8. Développé à partir du Leopard 2A7HU acquis par la Hongrie, il s’agit d’un char doté d’un système de protection active, d’un nouveau groupe motopropulseur et de systèmes optroniques améliorés. L’Allemagne, la Norvège et la République tchèque l’ont déjà adopté. En outre, il est également question d’un Leopard 2AX, dont on ne sait que très peu de choses à son sujet.
Or, le 12 juin, via son site institutionnel, KNDS a publié, avant de le retirer, un dossier de presse concernant le Leopard 2A-RC, dernière évolution en date du Leopard 2 devant être officiellement présentée au salon EuroSatory.
L’un des points forts de ce Leopard 2A-RC est sa tourelle. Téléopérée, elle est dotée d’un canon à chargement automatique modulaire dont le calibre peut être de 120, de 130 ou de 140 mm. Une telle solution ne sera sans doute pas sans conséquence sur le projet MGCS.
Pour rappel, dans le cadre de ce dernier, KNDS France [ex-Nexter] propose le système ASCALON [pour Autoloaded and SCALable Outperforming guN], qui est compatible avec des obus de 120 et de 140 mm tandis que Rheinmetall promeut son canon Rh-130 L52 de 130 mm.
Selon KNDS, le montage de cette tourelle « évite toute intrusion de l’arme dans le châssis, dont l’espace intérieur peut dès lors être intégralement repensé », les trois [voire quatre] membres d’équipage pouvant prendre place dans une « cellule hautement protégée ». Ce concept est le même que celui du char russe T-14 Armata.
En outre, affichant une masse de l’ordre de 60 tonnes, ce Leopard 2A-RC a recours à des technologies de protection passive, réactive et active. Enfin, il est équipé d’un tourelleau téléopéré de 30 mm pour contrer les drones, les munitions téléopérées [MTO] et les menaces terrestres à courte portée, ainsi qu’une capacité antichar supplémentaire avec des missiles pouvant engager une cible au-delà de la vue directe.
Dans le dossier de presse initialement publié, KNDS explique que le Leopard 2 A-RC sera équipé d’un nouveau groupe motopropulseur offrant une puissance et un rendement énergétique supérieurs. Ce dernier sera associé à un système de transmission avancé censé améliorer la mobilité de ce char sur divers terrains.
« KNDS considère le Leopard 2 A-RC 3.0 non seulement comme une solution intermédiaire mais aussi comme un précurseur technologique déterminant du système de combat terrestre futur MGCS », fait valoir le groupe franco-allemand. « Malgré ses innovations révolutionnaires, le Leopard 2 A-RC 3.0 est entièrement rétrofitable », c’est à dire que les variantes du Leopard 2 actuellement en service peuvent « être mises à niveau », a-t-il ajouté.
 
 
LEOPARD 2 A-RC 3.0  Le démonstrateur technologique de KNDS pour le char de combat du futur Version  2026
Un démonstrateur sans tourelle habitée
À l'occasion d'Eurosatory 2026, KNDS a présenté une version actualisée de son étude technologique Leopard 2 A-RC 3.0, un char de combat conçu autour d'une tourelle télécommandée et inhabitée. Entièrement autofinancé par le groupe franco-allemand, ce démonstrateur illustre les orientations technologiques envisagées pour la prochaine génération de blindés lourds, dans l'attente du futur système MGCS (Main Ground Combat System) dont l'entrée en service n'est pas attendue avant le milieu des années 2040.
Dévoilé une première fois à Eurosatory 2024, le concept a depuis évolué : la caisse avant a été redessinée pour offrir un niveau de protection balistique supérieur, et la conception de la tourelle a été révisée. Le nom du véhicule reflète son architecture : « RC » pour Remote Controlled (tourelle télécommandée) et « 3.0 » pour le nombre de membres d'équipage, tous regroupés dans la caisse.
Une architecture pensée pour la survivabilité
Le concept repose sur une caisse modifiée de Leopard 2A8, débarrassée du panier de tourelle traditionnel. L'innovation centrale réside dans le montage de l'arme principale : grâce à deux tourillons montés sur des vérins mobiles en hauteur, le canon reste maintenu au-dessus du châssis sans jamais plonger dans la caisse. Cette architecture libère un volume intérieur considérable, désormais utilisé pour loger l'équipage, et réduit de près de 30 % la silhouette exposée de la tourelle.
Les trois membres d'équipage (pilote, tireur et chef de char) sont ainsi regroupés et protégés à l'intérieur de la caisse, sous la tourelle. Cette concentration du volume protégé, combinée à une réduction de masse globale, améliore le rapport poids-puissance du véhicule et, par conséquent, sa mobilité tactique. Selon les premières présentations du concept, la masse totale pourrait descendre sous les 60 tonnes, contre 65 à 67 tonnes pour les dernières versions du Leopard 2.
Armement modulaire multi-calibres
Le Leopard 2 A-RC 3.0 a été conçu dès l'origine pour accueillir différents calibres : 120 mm, 130 mm et 140 mm. Cette flexibilité permet d'intégrer aussi bien les canons lisses 120 mm L44 et L55 actuellement en service, que le canon Rh-130/51 mm de Rheinmetall (utilisé sur le KF-51 Panther), ou encore le canon ASCALON développé par KNDS, décliné en 120 mm comme en 140 mm. Un changement de calibre ne nécessite qu'un allongement des coffres à munitions, sans modification profonde du mécanisme de chargement.
Le chargement est assuré par un autochargeur modulaire, dont le principe d'alimentation rappelle celui d'un distributeur de boissons : un mécanisme de poussée central dessert deux rangées de munitions disposées de part et d'autre, pour un total d'une vingtaine d'obus stockés dans la tourelle. Ce système permettrait d'amener les trois premiers coups au canon en une dizaine de secondes.
Aucun armement coaxial classique n'est prévu : sa fonction est reprise par une station d'armes télécommandée (RCWS) montée sur le toit de la tourelle et équipée d'un canon automatique de 30 mm, principalement dédié à la lutte contre les cibles terrestres légères et les drones. Le montage de cette station peut en outre se replier, facilitant le transport ferroviaire du véhicule.
Protection, vision et lutte anti-drones
Le concept rompt avec les approches traditionnelles de vision pour l'équipage : les épiscopes classiques, qui constituent des points de faiblesse dans le blindage, ont été abandonnés au profit d'un système de vision périphérique entièrement basé sur des caméras, jour comme nuit. Plus d'une dizaine de capteurs répartis autour du véhicule fournissent une image fusionnée à l'équipage, avec des solutions mécaniques de secours en cas de panne électrique ou électronique.
La protection combine blindage multicouche, blindage réactif et système de protection active. Lors d'Eurosatory 2026, EuroTrophy a notamment présenté sur ce démonstrateur une configuration actualisée du système Trophy, intégrant des panneaux radar à couverture étendue et des capacités renforcées de détection et d'interception de drones — une réponse directe aux enseignements des conflits récents, où les drones bon marché menacent désormais des véhicules lourdement blindés.
La gestion des systèmes d'armes s'appuie sur un système de conduite de tir « quadridimensionnel » développé par KNDS, qui intègre la dimension temporelle aux coordonnées spatiales afin de calculer avec précision la trajectoire de cibles très mobiles, telles que les quadricoptères.
Mobilité et logistique
Pour la motorisation, KNDS a retenu un groupe propulseur MTU éprouvé, déjà utilisé sur la famille Leopard, afin de garantir aux pays utilisateurs une chaîne logistique et un approvisionnement en pièces détachées fiables. L'amélioration du rapport poids-puissance, conséquence directe de l'allègement permis par la tourelle inhabitée, doit se traduire par une mobilité tactique accrue.
Un jalon vers le futur char européen
Le Leopard 2 A-RC 3.0 s'inscrit dans une réflexion plus large sur le renouvellement des parcs de chars lourds en Europe. La Bundeswehr doit en effet combler une lacune capacitaire à mesure que ses Leopard 2A7 arrivent en fin de vie, bien avant l'entrée en service du MGCS, repoussée au mieux après le milieu des années 2040. Une décision sur la voie à suivre — solution intérimaire ou « pont » entre le Leopard 2A8 et le MGCS — est attendue autour du changement d'année 2026-2027.
Lors d'Eurosatory 2026, KNDS a présenté ce démonstrateur aux côtés des dernières versions de série du Leopard 2A8 et du char Leclerc, dans une gamme à trois échelons illustrant la stratégie du groupe : l'offre disponible aujourd'hui, l'étape intermédiaire représentée par l'A-RC 3.0, et la préparation du futur char européen. Le groupe a par ailleurs profité du salon pour dévoiler, pour la première fois, un concept inédit de char de combat de nouvelle génération, illustrant l'étendue de ses pistes de développement dans la perspective du programme MGCS.
Évolution entre Eurosatory 2024 et Eurosatory 2026
Dévoilé pour la première fois le 12 juin 2024, le concept Leopard 2A-RC a connu plusieurs évolutions notables avant d'être présenté sous sa forme actualisée à Eurosatory 2026. Si l'architecture générale reste la même, plusieurs points distinguent les deux versions.
2024 2026

 
Fiche de synthèse