LIVET
Light Vehicular Turret M4 A.I. Drone Guardian
La tourelle anti-drone à huit canons de Beretta Defense Technologies
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Le système LIVET exposé sur le stand Beretta Defense Technologies (BDT), Eurosatory 2026, Paris-Nord Villepinte.
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Une première mondiale sur le salon parisien
Beretta Defense Technologies a choisi Eurosatory 2026 pour dévoiler en exclusivité sa nouvelle station d’armes télécommandée baptisée LIVET. Le système monte huit fusils à pompe Benelli Drone Guardian sur une seule tourelle automatisée, capable de suivre et d’engager des cibles aériennes sans qu’un opérateur ait besoin de viser physiquement l’arme.
Son nom complet, LIVET M4 (Light Vehicular Turret M4 A.I. Drone Guardian), révèle sa filiation directe : il s’agit d’une montée en échelle du fusil M4 A.I. Drone Guardian, déjà en service au sein de nombreuses forces armées de l’OTAN et alliées, transposé d’une arme individuelle vers une tourelle télécommandée multi-canons.
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Le groupe Beretta dans son ensemble est une entreprise historiquement et industriellement italienne — Fabbrica d'Armi Pietro Beretta est une entreprise italienne implantée depuis cinq siècles à Gardone Val Trompia, en Lombardie. C'est là que se trouve le siège industriel historique et le cœur de la production.
Mais le holding qui chapeaute juridiquement tout le groupe est basé ailleurs : Beretta Holding a son siège social au Luxembourg. Il s'agit d'une société holding pour le groupe industriel italien, détenant des participations directes ou indirectes dans 26 sociétés, dont Beretta elle-même.
Et la structure spécifique qui nous intéresse ici — Beretta Defense Technologies (BDT), celle du stand où vous avez photographié le LIVET — est précisément enregistrée en Hongrie. Beretta Defense Technologies Kft. (puis Zrt.) est l'alliance stratégique des sociétés du groupe Beretta Holding fournissant services et produits aux opérateurs militaires et de maintien de l'ordre dans le monde entier. Les suffixes « Kft. » et « Zrt. » sont des formes juridiques hongroises (équivalents de la SARL et de la SA), confirmant que BDT est juridiquement domiciliée en Hongrie, même si l'essentiel de la production des marques qui la composent (Beretta, Benelli) reste italien.
En résumé : production et héritage industriel Italie (Gardone Val Trompia) ; structure financière faîtière Luxembourg ; entité juridique précise « Beretta Defense Technologies » Hongrie.
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Description détaillée de la tourelle
L’architecture du LIVET, bien visible sur les photographies prises sur le stand, se décompose en trois grands ensembles fonctionnels clairement identifiables.
Le bloc central de tourelle
Au cœur du système se trouve un caisson noir massif de forme rectangulaire, à l’ossature treillis renforcée par des nervures obliques entrecroisées (motif en X visible sur les flancs), qui assure la rigidité structurelle de l’ensemble tout en limitant la masse totale. Ce caisson repose sur une embase pivotante de forme carrée, elle-même fixée sur un piètement à quatre branches évasées qui distribue les efforts de recul et stabilise la plateforme, qu’elle soit posée au sol, fixée sur un véhicule ou intégrée à un périmètre défensif fixe. L’ensemble de la tourelle est motorisé en azimut et en site, lui permettant de pivoter et de s’incliner pour suivre une cible mobile dans les trois dimensions.
Le bloc optronique de détection et de poursuite
Sur la face avant du caisson central est intégré un module quadri-capteur, reconnaissable à ses quatre ouvertures circulaires cerclées de métal poli, de tailles différentes. Cette configuration est caractéristique d’une suite optronique multi-spectrale combinant probablement une caméra électro-optique (jour), une caméra thermique (détection infrarouge, utile contre les petits drones de nuit ou par faible visibilité), et un ou plusieurs capteurs de désignation ou de télémétrie laser dédiés au calcul de la solution de tir. C’est ce bloc qui pilote la fonction de poursuite automatique assistée par intelligence artificielle : une fois un aéronef détecté et classifié comme menace, le système maintient seul un verrouillage de visée sur la cible, déchargeant l’opérateur de la tâche, particulièrement éprouvante sous pression, de garder manuellement une arme alignée sur un objet petit, rapide et manœuvrant.
Les deux grappes de canons
De part et d’autre du caisson central rayonnent deux ensembles de quatre canons parallèles chacun, soit huit tubes au total, montés en éventail sur des supports latéraux articulés et boulonnés. Chaque grappe de quatre canons forme un bloc rigide distinct, fixé au caisson central par une rotule ou un axe d’articulation visible, qui permet probablement un débattement indépendant limité de chaque demi-batterie. Les canons eux-mêmes, de section cylindrique régulière et de longueur identique, correspondent aux huit fusils semi-automatiques Benelli M4 A.I. Drone Guardian intégrés au système, chacun équipé d’un canon de 26 pouces. Cette répartition en deux groupes de quatre, plutôt qu’une rampe unique de huit tubes alignés, permet de répartir la masse de part et d’autre du centre de gravité de la tourelle et d’offrir une certaine redondance mécanique : en cas de défaillance d’un sous-ensemble, l’autre demi-batterie demeure pleinement opérationnelle.
Le boîtier latéral d’alimentation et d’électronique
Un coffret rectangulaire sombre est accolé au flanc droit de la tourelle (visible sur les photographies, marqué de la mention « SWISS P »), regroupant vraisemblablement l’électronique de commande, les liaisons de transmission de données vers le poste opérateur déporté, ainsi que tout ou partie de la réserve de munitions ou de son mécanisme d’alimentation. La présence de cette unité dédiée souligne le caractère intégré du système : contrairement à une simple addition de fusils sur un affût, LIVET embarque l’électronique de commande, les capteurs et la motorisation nécessaires à un fonctionnement entièrement télé-opéré, sans intervention physique d’un tireur sur l’arme elle-même.
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| Vue de détail du bloc optronique quadri-capteur et de l’articulation des deux demi-batteries de quatre canons. |
Le principe technique : pourquoi le fusil de chasse plutôt que la mitrailleuse
La logique derrière l’usage du fusil de chasse pour la lutte anti-drone est simple. Les petits drones posent un problème de ciblage redoutable pour les tirs conventionnels de fusil ou de mitrailleuse : ils sont petits, rapides et maniables, et les toucher avec un seul projectile visé sous pression reste extrêmement difficile pour un opérateur humain. Un fusil de chasse, en projetant un nuage de plombs — particulièrement lorsque ceux-ci sont programmés pour exploser à une distance calculée — augmente considérablement la probabilité de neutralisation à chaque coup de feu, comparé à n’importe quelle arme à projectile unique.
Le Drone Guardian a été spécifiquement optimisé pour cette mission : il s’agit d’un fusil semi-automatique tirant des munitions à éclatement aérien programmables, conçues pour engager de petits aéronefs sans pilote à courte portée. Le système utilise des cartouches au tungstène et peut être équipé de munitions à éclatement aérien qui détonent en plein vol, neutralisant les petits drones par dommages de fragmentation. LIVET reprend huit de ces systèmes et automatise leur déploiement via une plateforme télécommandée dotée d’une capacité de poursuite automatique.
Caractéristiques techniques retenues
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Configuration : huit fusils semi-automatiques Benelli M4 A.I. Drone Guardian, canons de 26 pouces
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Capacité d’emport : 80 cartouches au total
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Masse de la tourelle : inférieure à 80 kilogrammes
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Poursuite de cible : automatique, assistée par intelligence artificielle, intégration technologique DUALEE
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Munitions : cartouches au tungstène et munitions à éclatement aérien programmable (fragmentation)
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Plateformes d’intégration : périmètres fixes, véhicules tactiques, navires, plateformes terrestres ou maritimes sans pilote
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Présentation publique : première mondiale à Eurosatory 2026, Paris (15-19 juin 2026)
Le positionnement dans le marché anti-drone
LIVET se positionne explicitement dans la couche cinétique des solutions de lutte anti-drone, c’est-à-dire l’extrémité dure du spectre : l’objectif n’est pas de rediriger ou de brouiller un drone, mais de garantir qu’il ne complète sa mission sous aucune circonstance. Ce marché a connu une croissance considérable depuis 2022, porté par la démonstration en Ukraine que de petits aéronefs sans pilote bon marché peuvent détruire des équipements militaires coûteux, perturber la logistique et menacer des infrastructures critiques à une échelle et avec une persistance inégalées par les catégories de menaces précédentes.
Cette pression a généré une demande de solutions en couches complémentaires : brouillage électronique et leurrage pour les approches non destructives, énergie dirigée pour les engagements à haut volume où le coût par neutralisation compte, et systèmes cinétiques — comme LIVET — pour les cibles hostiles confirmées devant être physiquement détruites.
L’ancrage industriel : une intégration purement interne au groupe Beretta
Beretta Defense Technologies opère au sein du groupe Beretta, l’un des plus anciens fabricants d’armes à feu en activité continue au monde, dont les origines remontent à 1526 dans la Val Trompia, dans le nord de l’Italie. La division défense du groupe, distincte de l’activité commerciale d’armement, a développé un portefeuille anti-drone couvrant désormais plusieurs gammes de produits à différents niveaux de capacité — LIVET en représentant la couche cinétique la plus récente et la plus aboutie.
Benelli Armi, dont la plateforme Drone Guardian fournit les systèmes d’armes intégrés à LIVET, appartient elle aussi au groupe Beretta : la collaboration ne constitue donc pas un partenariat externe, mais une intégration de technologies au sein d’une même famille industrielle.
Conclusion : aucun marché signé à ce jour
À la date des informations disponibles, aucune annonce de contrat ou de marché signé n’a été identifiée concernant le système LIVET. L’ensemble des publications consultées, datées de fin mai à mi-juin 2026, décrivent LIVET comme un système faisant ses débuts publics en exposition à Eurosatory — autrement dit, une présentation commerciale et technologique destinée à des décideurs (ministères de la Défense, délégations militaires, industriels), et non l’annonce d’une vente conclue.
Le calendrier de cette annonce n’est cependant pas anodin. Les ministères européens de la Défense traversent actuellement la plus importante expansion de leurs dépenses militaires depuis des décennies, avec la capacité anti-drone systématiquement identifiée comme une priorité d’acquisition, tant au niveau national que dans la planification collective de l’OTAN. Présenter un nouveau système cinétique anti-drone européen lors du plus grand salon de défense du continent vise précisément à toucher le public disposant de l’autorité et du budget nécessaires pour engager de futures décisions d’achat.
LIVET doit donc, à ce stade, être considéré comme un démonstrateur industriel abouti et présenté publiquement pour la première fois, positionné en amont d’un cycle d’acquisition qui reste, en l’état actuel des informations disponibles, entièrement à venir.