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Le Yak-18A MAX est un Avion d'entraînement soviétique dont le nom de code OTAN est « Max », est l'un des avions d'entraînement les plus importants du XXe siècle. Conçu en Union soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il a formé des générations entières de pilotes à travers le monde : Soviétiques, Chinois, Coréens du Nord, Roumains, Polonais et bien d'autres. L'exemplaire exposé au Planes of Fame Air Museum de Chino, en Californie, représente l'une des versions les plus évoluées de cette grande lignée, la variante Yak-18A à train tricycle et moteur renforcé.
Histoire
En mai 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin, le bureau d'études Yakovlev reçoit la mission de concevoir un nouvel avion d'entraînement primaire destiné à remplacer les vieillissants Yakovlev UT-2 et Yak-5. Alexandre Sergueïevitch Yakovlev, déjà célèbre pour ses chasseurs de combat comme le Yak-1 et le Yak-3, conserve dans son bureau une section dédiée aux avions légers signe de l'importance stratégique accordée à la formation des pilotes.
Le prototype vole dès la fin de l'année 1945 et entre en production en série en 1946-1947. La cellule adopte une configuration monoplan à aile basse, biplace en tandem avec cockpit ouvert, train d'atterrissage semi-escamotable une nouveauté pédagogique permettant aux élèves de se familiariser avec les avions à géométrie variable sans risque majeur.
La variante Yak-18A
Face à l'évolution rapide de l'aviation militaire vers les trains tricycles et les moteurs plus puissants, Yakovlev repense profondément le Yak-18 originel. La variante Yak-18A se distingue par trois améliorations majeures : l'adoption d'un train d'atterrissage tricycle escamotable (roue de nez à l'avant), le remplacement du moteur Shvetsov M-11 à 5 cylindres (160 ch) par un Ivchenko AI-14R à 9 cylindres en étoile de 260 ch, et une refonte partielle de la cellule pour accueillir ce groupe motopropulseur plus volumineux
| moteur Shvetsov M-11 | Ivchenko AI-14R à |
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C'est ce moteur radial à 9 cylindres qui permet d'identifier immédiatement la variante A par rapport au Yak-18 de base.La production du Yak-18 et de ses variantes s'étale de 1947 à 1957 pour la version soviétique, avec près de 11 000 exemplaires construits toutes versions confondues dans plusieurs usines : Arsenyev, Kharkov, Saratov (Russie), Bacau (Roumanie) et en Chine sous les désignations CJ-5 (version Yak-18) et CJ-6 (version améliorée).
Le « Bedcheck Charlie »
Le Yak-18 connaît une brève mais marquante carrière militaire durant la guerre de Corée (1950-1953). L'armée de l'air nord-coréenne modifie des Yak-18 avec des racks de bombes sous la voilure centrale et les utilise comme bombardiers nocturnes pour harceler les positions des forces de l'ONU. Les Américains les surnomment affectueusement « Bedcheck Charlie » (« Charlie de la ronde de nuit »), en référence à leurs raids nocturnes perturbateurs.
L'attaque la plus efficace de toute l'aviation nord-coréenne durant ce conflit est réalisée par 4 ou 5 Yak-18 en juin 1953 : ils détruisent un dépôt de carburant à Inchon contenant près de 22 millions de litres de kérosène. Un exploit remarquable pour des appareils d'entraînement qui se faufilaient à basse altitude, rendus presque invisibles par leur faible signature radar et le bruit particulier de leur moteur.
Le Yak-18 est aussi l'avion sur lequel effectue ses premiers vols en solo le cosmonaute soviétique Youri Gagarine, futur premier homme dans l'espace (12 avril 1961). C'est également sur cet appareil que s'entraîne No Kum-Sok (alias Ken Rowe), le pilote nord-coréen qui fera défection en 1953 en livrant aux Américains un MiG-15 intact un coup de renseignement d'une valeur inestimable. Le Yak-18 s'impose ainsi comme un témoin discret mais essentiel de la Guerre froide.
Le moteur AI-14R est le cœur de la variante A .Ce moteur est un radial à 9 cylindres en étoile simple rangée développé en Ukraine soviétique. Sa puissance de 260 chevaux représente un bond considérable par rapport aux 160 ch du M-11 d'origine. Ses 9 cylindres , avec leurs culasses proéminentes disposées en couronne, sont l'une des signatures esthétiques les plus reconnaissables de cette variante. Ce moteur équipera également d'autres appareils soviétiques légers et sportifs des années 1950-1970.
L'exemplaire du Planes of Fame Museum
Le Planes of Fame Air Museum de Chino possède une livrée vert olive (AMT-4) est fidèle aux couleurs réglementaires de l'aviation soviétique pour ses appareils d'entraînement. L'hélice bipale blanche, le cockpit tandem avec verrières individuelles, et le nez arrondi caractéristique du capot moteur en font l'un des appareils les plus photogéniques de la collection.
Ce Yak-18 fut la source d'inspiration directe des Yak-50 et Yak-52, encore en production de nos jours, et que la lignée des avions d'entraînement Yakovlev se perpétue ainsi sur plus de 75 ans d'histoire continue.
Dérivés et postérité
La famille Yak-18 a engendré de nombreuses variantes et descendants directs :
Yak-18 (1946) : version initiale, moteur M-11FR à 5 cyl., train semi-escamotable à queue.
Yak-18A (début des années 1950) : moteur AI-14R à 9 cyl. (260 ch), train tricycle escamotable.
Yak-18P / PS / PM : versions monoplaces de voltige aérienne des années 1960, champions du monde.
Yak-18T (1967) : version quadriplace à cabine fermée pour Aeroflot, moteur M14P (360 ch).
Nanchang CJ-5 (Chine, 1954) : version sous licence du Yak-18 de base.
Nanchang CJ-6 (Chine, 1958) : développement chinois indépendant, encore utilisé.
Yak-50 (1975) et Yak-52 (1979) : successeurs directs, encore produits et utilisés dans le monde entier.
Dans les années 1960 et 1970, des Yak-18 modifiés pour la voltige (versions P, PS et PM) dominent les championnats du monde de voltige aérienne, remportant de nombreux titres face aux meilleurs appareils occidentaux. Cette suprématie soviétique dans la compétition aéronautique civile est un élément de propagande soft power soigneusement orchestré par Moscou.
Conclusion
Le Yakovlev Yak-18A « Max » est bien plus qu'un simple avion d'entraînement. Formateur de héros de l'espace, bombardier nocturne improvisé, champion de voltige, ambassadeur de la technique soviétique à l'étranger — cet appareil aux multiples facettes incarne toute la complexité et l'ingéniosité de l'aéronautique soviétique de l'après-guerre.
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Constructeur |
Bureau Yakovlev — URSS |
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Désignation OTAN |
« Max » |
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Type |
Avion d'entraînement biplace en tandem |
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Premier vol |
1946 (Yak-18) / version A : début années 1950 |
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Motorisation |
Ivchenko AI-14R — 9 cylindres en étoile — 260 ch (194 kW) |
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Envergure |
10,60 m |
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Longueur |
8,07 m (Yak-18A) |
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Hauteur |
3,35 m |
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Masse à vide |
≈ 1 016 kg |
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Masse max. au décollage |
≈ 1 316 kg |
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Vitesse maximale |
248 km/h |
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Vitesse de croisière |
215 km/h |
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Autonomie |
≈ 725 km |
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Plafond opérationnel |
4 000 m |
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Train d'atterrissage |
Tricycle escamotable (roue de nez) |
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Exemplaires produits |
≈ 11 000 toutes versions (URSS + Chine + Roumanie) |
Utilisateurs Users
| URSS | Albanie | Algerie | RDA | Arménie | Autriche | Afghanistan |
| Cambodge | Chine | Corée Nord | Egypte | Guinée | Hongrie | Irak |
| Laos | Mali | Mongolie | Roumanie | Pologne | Somalie | Syrie |
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