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1805 Sabre d'honneur "à la Marengo" attribué au maréchal Berthier

Sabre d'honneur « à la Marengo », attribué au maréchal Berthier Moscou
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Cette arme est conservée au Musée de la Guerre Patriotique de 1812 à Moscou, situé sur la Place de la Révolution, à deux pas de la Place Rouge.
Le sabre est présenté parmi des objets ayant appartenu ou été offerts par le maréchal Berthier, chef d'état-major de Napoléon Bonaparte.
Qui est Berthier?
Louis-Alexandre Berthier (1753–1815) fut le plus fidèle collaborateur de Napoléon Bonaparte. Maréchal d'Empire, Prince de Wagram et de Neuchâtel, il exerça la fonction de Major-général de la Grande Armée durant toutes les campagnes napoléoniennes, de 1805 à 1814.
Son rôle était central dans la coordination des opérations militaires et dans les échanges diplomatiques liés aux armements d'apparat, ce qui explique qu'un sabre aussi précieux soit associé à son nom.
Cette arme est très vraisemblablement d'un sabre d'honneur de la Manufacture de Versailles, dit « sabre à la Marengo », du type des armes offertes par Napoléon à ses généraux ou hauts dignitaires durant la période Consulat / Premier Empire (1800–1815).
Un sablre ou arme d honneru c'est quoi ?
IL faut savloir que 1791 tous les ordres royaux et militaires ont été supprimés A sa place fut instaurée la Décoration militaire de l’Assemblée Nationale Constituante.Mais le 21 septembre 1792, si la monarchie est abolie ce jour là la Convention décide aussi que comme la Décoration militaire,et de fait l'héritière des ordres de l’Ancien Régime, elle doit être elle aussi supprimée ? Ce sera chose faire le 15 octobre 1792.
Mais l histoire et les conflits entre les armées révolutionnaires et celles des monarchies européennes regroupées au sein de la Ire Coalition changèrent cependant la vision de la Convention.
Aussi en regardant l antiquitéla convention autorisa l’Armée à reprendre l’usage traditionnel de l’octroi d’une arme personnelle de récompense.
Ainsi vont naitre la famille des armes d’honneur, grâce notamment à Bonaparte -alors général en chef de l’Armée d’Italie- qui décida de multiplier leur remise dans l’ordre du jour de Passeriano du 11 fructidor An V (28 août 1797).
Cette distribution sera codifiée lors de la campagne d’Égypte, et fut véritablement institutionnalisée avec le Consulat et l’arrêté du 4 nivôse An VIII (25 décembre 1799). Tout soldat se distinguant par une action d’éclat pouvait espérer recevoir une arme d’honneur selon son corps d’appartenance, à savoir : fusils et sabres-briquets pour les grenadiers et soldats, pistolets d’honneur pour les officiers, baguettes pour les tambours, trompettes pour les clairons et trompettes-mousquetons et fusils de wagon pour les troupes de cavalerie, grenades d’or pour les canonniers et pointeurs les plus adroits, et fouets d’honneur pour les conducteurs du train d’artillerie.
Ces sabres d'exception étaient réalisés par Nicolas-Noël Boutet, « Directeur Artiste » de la Manufacture de Versailles, l'armurier officiel de l'Empereur. Ils représentent le summum de l'art de l'armurerie français sous l'Empire.
Description
Monture :
Pommeau en forme de tête de lion dorée, très finement sculptée caractéristique des sabres offerts après Marengo.
Poignée en ivoire (ou os de grande qualité) filigranée de fils dorés torsadés.
Garde en losange avec médaillon figuratif doré (probablement un aigle impérial ou figure allégorique).
Quillon recourbé à motif sculpté, style typiquement Consulat/Empire.
Lame :
Lame courbe à pans creux, richement dorée et gravée sur le premier tiers (le talon).
Décors d'une grande finesse : faisceaux, trophées militaires, arabesques et motifs floraux dorés.
Qualité de gravure et de dorure caractéristique des productions de la Manufacture de Versailles.
Fourreau :
Fourreau en cuir noir avec deux bracelets de bélière en laiton doré.
Bracelets de forme ovoïde/losangée avec décor rayonnant central en soleil — signature caractéristique des sabres "à la Marengo" offerts par Napoléon.
Second objet visible sur les photos : fourreau très orné à décors floraux dorés, appartenant probablement à une arme de même provenance.
Le sabre « à la Marengo » pourquoi ?
Après la victoire de Marengo (14 juin 1800), Napoléon fit réaliser par la Manufacture de Versailles plusieurs sabres d'exception destinés à récompenser ses généraux les plus méritants. Ces armes partagent deux caractéristiques distinctives : le pommeau en tête de lion stylisée et les bracelets de fourreau de forme ovoïde décorés d'une palmette ou d'un soleil rayonnant.
Parmi les généraux ayant reçu ce type de sabre : les généraux Victor, Ordonneau, Watrin et Gardanne. Des sabres analogues furent offerts ou transmis à d'autres hauts personnages de l'Empire, dont vraisemblablement le maréchal Berthier.
Une tradition militaire établie voulait qu'un commandant en chef honore de son propre sabre l'officier général artisan d'une victoire difficile don spontané constituant une marque d'estime suprême.
La Manufacture Boutet
Nicolas-Noël Boutet dirigea la Manufacture nationale de Versailles de 1793 à 1818. Ses productions de luxe se distinguent par une qualité d'exécution inégalée : gravures au burin, dorures au feu, incrustations d'ivoire, de nacre ou d'or. Les sabres d'honneur et d'apparat sortant de ses ateliers sont aujourd'hui parmi les armes les plus recherchées par les musées et collectionneurs du monde entier.
Les pièces authentifiées portent généralement la signature « Boutet Directeur Artiste Manufacture à Versailles » sur le fourreau ou le dos de la lame.
Mais pour confirmer définitivement l'identification, il conviendrait de vérifier :
La signature au dos de la lame : « Boutet Directeur Artiste Manufacture à Versailles » ou « Manufacture Royale de Klingenthal ».
La présence d'une inscription honorifique ou d'un nom gravé sur la lame ou la calotte.
Le médaillon de la garde : déterminer s'il représente un aigle impérial, un buste ou une figure allégorique.
Le nombre de bracelets de bélière sur le fourreau (1 ou 2 selon la période : avant ou après 1887).
L'étiquette du musée : numéro d'inventaire et notice descriptive complète.
En conclusion le sabre dit « de Berthier » conservé au Musée de la Guerre Patriotique de 1812 à Moscou est, selon toute vraisemblance, un sabre d'honneur de la Manufacture Boutet à Versailles, modèle « à la Marengo », datant de la période Consulat / Premier Empire (1800–1815). Il associe les deux marqueurs iconiques de ce type exceptionnel : le pommeau en tête de lion et les bracelets de fourreau ovoïdes rayonnants.
Cette pièce constitue un témoignage direct de l'histoire de la Grande Armée et des relations personnelles entre Napoléon Bonaparte et son état-major, dont le maréchal Berthier était la figure centrale. Sa présence à Moscou s'explique par le contexte de la campagne de 1812, au cours de laquelle de nombreuses armes françaises furent capturées