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| Merci Hubert |
Ce prototype, rebaptisé T-21 après l'occupation allemande, intéresse vivement une commission hongroise qui l'examine en mai 1940 à Pilsen. Les essais sont concluants : le T-21 parcourt 800 km sans panne lors des évaluations à Hajmáskér. Le 7 août 1940, un accord de licence est signé . La Hongrie va pouvoir produire son propre char moyen.
Le char reçoit le nom de Turán référence à la patrie ancestrale mythologique des Magyars, localisée en Asie centrale, d'où les Hongrois auraient commencé leur migration vers l'Europe au VIe siècle. Ce choix n'est pas anodin : il inscrit l'arme dans la continuité de l'identité nationale hongroise, sur le modèle des autres chars hongrois nommés d'après des héros nationaux comme Toldi guerrier médiéval, ou Zrínyi général du XVIIe siècle.
L'influence du StuG III allemand
Dès 1941, l'armée hongroise observe avec attention les succès du Sturmgeschütz III (StuG III) allemand sur le front de l'Est. Ce canon d'assaut — essentiellement un char sans tourelle, plus bas de profil, moins cher à produire et armé d'un canon puissant en casemate fixe — s'est révélé d'une redoutable efficacité, tant dans l'appui d'infanterie que dans la destruction de blindés ennemis. Les retours des officiers hongrois servant aux côtés de la Wehrmacht sont unanimes : ce concept mérite d'être adopté.
Pour la Hongrie, l'attrait du StuG est double. D'abord tactique : l'armée hongroise souffre d'un manque chronique d'appui lourd pour l'infanterie — le Turán I avec son 40 mm est trop léger pour détruire les positions fortifiées soviétiques. Ensuite industriel : un canon d'assaut sans tourelle est plus simple et moins coûteux à fabriquer qu'un char complet, ce qui correspond aux capacités de l'industrie hongroise.
En 1942, deux éléments se trouvent disponibles simultanément dans l'arsenal hongrois, ce qui va permettre un développement accéléré :
Le châssis du Turán — déjà en production, bien connu des ingénieurs et des fabricants
L'obusier de campagne 40M de 105 mm L/20 — une arme remorquée performante fabriquée par MÁVAG, mais dont une commande importante vient d'être rendue inutilisable par un défaut de conception du châssis de remorquage (la suspension Eperjessy ne supportait pas les hautes vitesses)
Mais aussi coïncidence heureuse soixante obusiers de 105 mm parfaitement fonctionnels mais sans affût utilisable sont disponibles et cela donne l'idée de les monter sur le châssis du Turán. La proposition est soumise au ministère de la Défense et à l'État-Major en 1942, rapidement approuvée. La firme Weiss Manfréd reçoit le contrat de développement.
L'engin estest baptisé Zrínyi en hommage à Miklós Zrínyi (1620-1664), l'une des figures les plus vénérées de l'histoire militaire hongroise. Écrivain, stratège et soldat, Zrínyi est célèbre pour sa défense héroïque de la forteresse de Szigetvár contre les Ottomans en 1566 (défense menée par son arrière-grand-père du même nom), et pour ses propres campagnes contre les Turcs au XVIIe siècle. Son oeuvre militaire, la Zrínyiász (épopée nationale), reste un monument de la littérature hongroise. Nommer ce canon d'assaut Zrínyi, c'est l'inscrire dans la continuité de la résistance hongroise face à un envahisseur mais cette fois soviétique.
Développement
Le développement du Zrínyi progresse à une vitesse remarquable pour un programme d'armement. La maquette en bois grandeur nature est terminée en septembre 1942 par l'usine Weiss Manfréd à Csepel, dans la banlieue de Budapest. Elle permet de valider l'intégration de l'obusier dans la caisse du Turán, la position de l'équipage, les angles de tir et le volume de la superstructure. La modification principale par rapport au châssis Turán est l'élargissement de la caisse d'environ 40 cm pour accueillir l'obusier de 105 mm et permettre à l'équipage de travailler confortablement. La suppression de la tourelle et son remplacement par une superstructure en casemate abaissent le centre de gravité et le profil global du véhicule — un avantage tactique certain face aux tirs ennemis.
Le prototype en acier doux (non trempé, donc sans valeur balistique réelle) est achevé en décembre 1942 sous la désignation H-801. Les essais commencent immédiatement à Hajmáskér, le terrain d'essais militaire hongrois. Le prototype parcourt plusieurs centaines de kilomètres en conditions variées et subit des tirs à l'obusier en différentes configurations de charge propulsive.
Un problème mineur est identifié lors des essais : le mécanisme pneumatique de mise à feu de l'obusier présente un risque de défaillance si la pression chute en cours d'opération — dans ce cas, le canon pourrait se retrouver temporairement inutilisable au moment critique. La solution retenue est le remplacement du mécanisme pneumatique par un système mécanique actionné par pédale — plus simple, plus robuste et totalement indépendant de toute pression hydraulique ou pneumatique.
Le rogramme Zrínyi prévoyait initialement deux versions distinctes, inspirées des deux rôles principaux du StuG III allemand :
Role Anti char avec le 44M Zrínyi I equipé d'un canon 75 mm 43M L/43 (long)
Role apui Infanterie ave cle 40/43M Zrínyi II et canon d assaut avec un canon 105 mm 40M L/20 (court) Prototype seulement — jamais produit en série
Seul le 40/43M Zrínyi II sera construit à 66 à 76 exemplaires produits et elle sera seule version opérationnelle
Le Zrínyi I (chasseur de chars au 75 mm long) souffre de problèmes d'assemblage du canon qui retardent indéfiniment sa mise au point. Le long canon de 75 mm, dérivé du PaK 40 allemand, pose des difficultés d'intégration dans la caisse et les délais s'accumulent. Finalement, un seul prototype est construit — il ne participera à aucun combat. Le Zrínyi II (appui d'infanterie au 105 mm) devient donc le seul canon d'assaut hongrois réellement produit en série.
Le 3 février 1943, le ministère de la Défense ou l'État-Major selon les sources qui divergent) commande 40 Zrínyi II à un prix unitaire de 440 000 Peng?s soit presque le double du prix d'un Turán I (225 000 Peng?s). Cette différence de coût reflète la complexité de l'intégration de l'obusier et les modifications de la caisse. En mars 1943, le véhicule est officiellement adopté dans l'armée hongroise. La formation des premiers équipages commence au printemps 1943 à l'école d'artillerie de Hajmáskér, puis en Allemagne à Jüterbog où des officiers hongrois suivent un stage de six semaines.
Description
Equipage 4
Poids 19.6 à21 tonnes
Longueur 5.8m
Largeur 2.9 ou 3.58 avec jupes Tomas
Hauteur 2.3 m
Moteur Manfréd Weiss Z — V8 essence refroidi par eau, 260 ch
Une caractéristique peu connue mais tactiquement importante du Zrínyi II est sa transmission à 6 rapports avant ET 6 rapports arrière — une disposition exceptionnelle pour un véhicule blindé de l'époque. La plupart des chars et canons d'assaut n'ont qu'un seul rapport de marche arrière, ce qui les rend vulnérables lors des retraites sous le feu. Le Zrínyi II peut reculer presque aussi vite qu'il avance, ce qui améliore considérablement sa survivabilité tactique
Vitesse 43 kms/h en tt 20 25kms/h
Autonomie 200 k,ms
Garde au sol 0.40cm
Le blindage du Zrínyi II représente une amélioration notable par rapport au Turán I dont il est dérivé. La superstructure en casemate permet d'incliner les plaques frontales, ce qui augmente l'épaisseur effective sans alourdir excessivement le véhicule.Le blindage a un épaisseur allant de 75mm ne frotal 13mm sur le toit
Le blindage frontal de 75 mm incliné à 20° offre une protection équivalente à environ 80 mm de blindage vertical nettement supérieure au Turán I (50 mm vertical) et comparable au blindage frontal du StuG III Ausf. G. Il résiste aux canons antichar soviétiques de 45 mm et au 76 mm du T-34 à portée moyenne. En revanche, les flancs de 25 mm restent vulnérables aux obus de 45 mm soviétiques à courte distance.
Armement
Le coeur du Zrínyi II est son obusier de 105 mm 40M (désignation complète : 10,5 cm 40/43M tábori tarack — obusier de campagne). C'est l'adaptation pour usage en véhicule blindé de l'obusier de campagne remorqué 40M, dont les 60 exemplaires rendus inutilisables par le défaut de leur affût ont ainsi trouvé un emploi inattendu.
Il a une portée de 8kms en indirect et 2.5.kms en tir direct 50 La longeur du tube est de 20 calibres Il embarque 52 coups complets de HE (explosif), HEAT (charge creuse), fumigène, éclairant
Sa mise à feu est mécanique par pédale (remplacement du système pneumatique initial)
En armement autodéfense il possède une 8 mm Danuvia 34/40M
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Le canon court de 105 mm est avant tout une arme de destruction de positions fortifiées et d'appui d'infanterie. Sa faible vélocité initiale (375 m/s contre 820 m/s pour le 40 mm du Turán I) le rend peu efficace en antichar direct avec les munitions perforantes AP classiques. En revanche, l'obus HEAT (charge creuse) compense cette limite : la pénétration de la charge creuse ne dépend pas de la vélocité du projectile mais de la forme de la charge explosive. Le Zrínyi II peut donc, en cas de nécessité, engager un T-34 sur ses flancs avec une chance raisonnable de le détruire.
La chaîne de production du Zrínyi II mobilise plusieurs entreprises hongroises, chacune spécialisée dans un sous-ensemble :
Weiss Manfréd (Csepel, Budapest) — châssis, caisse modifiée, assemblage final
MÁVAG (Budapest) — obusier 40M et berceau de canon
Ózdi Kohászati Üzemek et Danube Ironworks — plaques de blindage
Standard Villamossági Rt. — équipements radio
Gamma Engineering — optiques et périscopes
Le rythme de production est lent mais régulier Les premières livraisons interviennent en octobre 1943, soit environ huit mois après l'acceptation en service. Le rythme de production atteint un pic de 4 à 5 véhicules par mois, ce qui est modeste mais représente l'effort maximal que peut fournir l'industrie hongroise en temps de guerre.
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Période |
Livraisons |
Remarques |
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Octobre 1943 |
10 véhicules |
Premières livraisons — 1re série |
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Novembre-décembre 1943 |
20 véhicules |
Rythme de croisière atteint |
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Janvier 1944 |
7 véhicules |
Fin du premier contrat (40 unités total) |
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Février-juillet 1944 |
26 à 36 véhicules |
2e série — bombardements alliés croissants |
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Après juillet 1944 |
Production stoppée |
Pénurie de plaques de blindage + occupation allemande |
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TOTAL |
66 à 76 unités |
Chiffres variables selon les sources |
À partir du printemps 1944, les bombardements stratégiques alliés sur Budapest et ses industries commencent à perturber sérieusement la production. L'usine Weiss Manfréd à Csepel est particulièrement visée car c'est le principal centre industriel militaire de Hongrie. Les livraisons de plaques de blindage deviennent irrégulières dès juillet 1944, ce qui entraîne l'arrêt de la production. C'est la fin du programme Zrínyi II.
En mars 1944, l'occupation militaire de la Hongrie par l'Allemagne (opération Margarethe I) impose une tutelle économique stricte : Berlin impose à l'industrie hongroise de se concentrer sur la production de pièces détachées pour le matériel allemand plutôt que de développer des armes nationales. Le programme Zrínyi III une version améliorée avec blindage renforcé est abandonné avant même de commencer.
Historique
La formation des équipages de Zrínyi II est menée avec sérieux dès le printemps 1943. Des officiers hongrois sont envoyés en Allemagne à Jüterbog en février 1943 pour un stage de six semaines auprès des unités de StuG allemandes. De retour en Hongrie, ils forment eux-mêmes les équipages à Hajmáskér. À partir de juillet 1943, environ 113 officiers et 1 812 sous-officiers et soldats ont terminé leur formation, permettant l'équipement du 1er Bataillon d'artillerie d'assaut (1. Rohamtüzer Osztály).
Le commandant du 1er Bataillon, le capitaine József Barankay, est une figure marquante. Vétéran de 1942, il est décrit par ses hommes comme un combattant fanatique et charismatique qui aurait vendu son appartement avant de rejoindre son unité au front, disant 'je n'en aurai plus besoin', et se serait fait creuser une tombe entre les deux premières victimes du bataillon. Il sera tué au combat en Galicie en 1944.
Combats Galicie Printemps-Été 1944
Le baptême du feu du Zrínyi II intervient en Galicie (Ukraine occidentale) lors des combats d'avril à juin 1944. Le 1er Bataillon d'artillerie d'assaut (31 Zrínyi II) soutient la 1re Armée hongroise dans des combats défensifs contre les offensives soviétiques entre Stanislau (Ivano-Frankivsk) et Kolomyya.
Les résultats sont étonnamment positifs. Le 105 mm du Zrínyi II s'avère redoutable pour détruire les positions d'infanterie soviétiques, les nids de mitrailleuses et les rassemblements de troupes. Son profil bas sensiblement inférieur à celui du Turán le rend plus difficile à repérer et à toucher. Sa mobilité satisfaisante lui permet de se repositionner rapidement après chaque tir. Les équipages hongrois développent une tactique efficace : tir direct en tir tendu à moins de 500 mètres sur les positions fortifiées, puis déplacement immédiat pour éviter la contre-batterie soviétique.
C'est en Galicie que le capitaine Barankay acquiert sa réputation. Son bataillon mène plusieurs contre-attaques locales réussies, détruisant des positions antichar et soutenant des percées d'infanterie. Il sera décoré à titre posthume de la Médaille d'or de la bravoure des officiers en août 1944 le cinquième membre de l'armée hongroise à recevoir cette distinction.
Transylvanie La bataille de Torda (septembre-octobre 1944)
Après le retournement de la Roumanie contre l'Axe en août 1944, les Zrínyi II participent aux combats acharnés de Transylvanie, notamment lors de la bataille de Torda. Le 10e Bataillon d'artillerie d'assaut rejoint le front en août 1944 pour ces opérations.
À Torda, le Zrínyi II trouve un emploi idéal : les combats de montagne dans les défilés transylvains favorisent les tirs en angle, pour lesquels le canon court à haute trajectoire du 105 mm est particulièrement adapté. Les Zrínyi engagent des positions soviétiques et roumaines retranchées sur les hauteurs boisées avec un effet dévastateur. Un exemplaire au moins est capturé par les forces roumaines en septembre 1944 lors de la prise de Kolozsvár (Cluj), et brièvement mis en service par l'armée roumaine avant d'être confisqué par les Soviétiques.
Budapest La fin (décembre 1944 — février 1945)
Lors du siège de Budapest (26 décembre 1944 – 13 février 1945), les derniers Zrínyi II opérationnels participent aux combats de rue dans la ville encerclée. En milieu urbain, le 105 mm s'avère particulièrement redoutable : il peut démolir les facades des immeubles transformés en forteresses, créant des brèches pour l'infanterie, ou tirer en tir direct sur des positions à moins de 200 mètres.
Les derniers Zrínyi en état de marche capitulent le 21 mars 1945 à Bratislava avec les derniers Turán encore opérationnels une fin symbolique et tragique pour ces armes qui avaient représenté le meilleur de l'industrie blindée hongroise. Selon plusieurs sources, c'est le dernier Zrínyi encore mobile qui se rend ce jour-là, aux côtés des survivants de la garnison.
Unités utilisatrices et organisation
Les bataillons d'artillerie d'assaut Rohamtüzer Osztály
Les Zrínyi II sont organisés en bataillons d'artillerie d'assaut (Rohamtüzer Osztály), sur le modèle des Sturmgeschütz-Abteilungen allemands. L'ambition initiale était de former huit bataillons complets de 30 Zrínyi II chacun soit 240 véhicules. La réalité de la production (66 à 76 exemplaires) rend cette ambition totalement irréaliste.
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Bataillon |
Formation |
Zrínyi II |
Engagement principal |
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1er Bataillon (1. Rohamtüzer Osztály) |
Décembre 1943 |
31 |
Galicie, Torda, Budapest |
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10e Bataillon (rebaptisé Barankay en nov. 1944) |
Août 1944 |
~20 à 25 |
Transylvanie, défense Hongrie |
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20e Bataillon (formation) |
1944 |
Quelques exemplaires |
Instruction — pertes à Bratislava 1945 |
Une batterie de Zrínyi II comprend idéalement 4 canons d'assaut organisation calquée sur les batteries de StuG allemandes. En pratique, le nombre réel de véhicules opérationnels était souvent inférieur, les pertes et pannes réduisant constamment les effectifs disponibles. Une batterie type est composée de :
4 Zrínyi II de combat
1 véhicule de commandement (parfois un Turán I P.K. ou un half-track)
Véhicules de ravitaillement en munitions et carburant
Détachement de mécaniciens
Les Schürzen les jupes Thoma
À partir de la production de la deuxième série (début 1944) et en rétrofit sur les premiers exemplaires, les Zrínyi II reçoivent des jupes de protection latérales dites 'Thoma skirts' — des plaques d'acier espacées de 5 à 8 mm montées sur les flancs de la caisse. Ces jupes sont inspirées du système Schürzen allemand et ont le même objectif : faire détonner prématurément les charges creuses des Panzerfaust et des obus HEAT soviétiques avant qu'elles n'atteignent le blindage principal de 25 mm. Les photos du Zrínyi II survivant à Kubinka montrent clairement ces jupes en place avec un camouflage caractéristique.
Au combat le Zrínyi II est un véhicule correct dans sa catégorie pour 1943-1944. Son blindage frontal est comparable à celui du StuG III G, sa mobilité est correcte, et son obusier de 105 mm offre une puissance d'effet au sol supérieure au 75 mm du StuG pour les missions d'appui d'infanterie. Sa faiblesse principale reste sa rareté 70 exemplaires contre 10 000 StuG qui l'empêche d'exercer un impact stratégique significatif.
Voici un tableau comparatif avec les autres canons d'assaut contemporains
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Critère |
Zrínyi II (HU) |
StuG III G (D) |
SU-76M (URSS) |
M10 (USA) |
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Canon |
105 mm L/20 court |
75 mm StuK 40 L/48 |
76 mm ZIS-3 L/41 |
76 mm M7 L/53 |
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Rôle principal |
Appui infanterie |
Antichar / appui |
Appui infanterie |
Chasseur de chars |
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Blindage frontal |
75 mm / 20° |
80 mm |
35 mm |
57 mm |
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Poids |
19,6 à 21,6 t |
23,9 t |
10,5 t |
29,6 t |
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Vitesse route |
43 km/h |
40 km/h |
45 km/h |
48 km/h |
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Autonomie |
220 km |
155 km |
250 km |
320 km |
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Équipage |
4 |
4 |
4 |
5 |
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Production totale |
~70 |
~10 000 |
~14 000 |
~6 700 |
Le Zrínyi II de Kubinka / Patriot Park
C 'est le seul exemplaire rescapé
Contrairement à la situation du Turán I dont aucun exemplaire n'a survécu, la famille Zrínyi compte un seul rescapé Capturé par les forces soviétiques lors des combats finaux en Hongrie ou lors de l'avance soviétique en 1944-1945, ce véhicule a été transporté en URSS et intégré à la collection du musée de blindés de Kubinka.Le canon visible sur l'exemplaire Kubinka est le 105 mm court — certaines photos anciennes montrent le masque de blindage caractéristique
Il doit être le Zrínyi capturé par la Roumanie Cet engin est capturé par les forces roumaines lors des combats de Transylvanie en septembre-octobre 1944, probablement lors de la prise de Kolozsvár (Cluj). Il est brièvement utilisé par l'armée roumaine — le temps d'épuiser les munitions embarquées et de rencontrer les premières pannes mécaniques puis confisqué par les Soviétiques lors de leur entrée en Roumanie. C'est probablement cet exemplaire qui se retrouve à Kubinka
Le sort du Zrínyi I prototype
Le prototype du Zrínyi I (chasseur de chars au 75 mm long), le seul construit, a une fin inconnue. Il disparaît dans les combats de 1944-1945 sans qu'aucune source ne documente précisément son sort. Il est probable qu'il ait été détruit au combat ou abandonné et récupéré par les Soviétiques pour analyse mais ne figure dans aucune collection muséale
Conclusion
Contrairement au Turán I dont les historiens soulignent unanimement les faiblesses, le jugement sur le Zrínyi II est remarquablement positif. La plupart des sources spécialisées le considèrent comme la meilleure arme blindée produite par la Hongrie pendant la Seconde Guerre mondiale une évaluation qui tient à plusieurs facteurs.
Son concept est juste : l'appui d'infanterie par tir direct à courte portée est exactement le rôle pour lequel un obusier de 105 mm sur châssis blindé est optimal. Son blindage frontal de 75 mm incliné est suffisant pour résister aux principaux canons antichar soviétiques de 45 mm et, à bonne distance, au 76 mm du T-34. Sa transmission à 6 rapports AR améliore la survie tactique. Et son profil bas réduit sa silhouette.
Mais le Zrínyi II souffre néanmoins de limites que le meilleur concept ne peut compenser. Sa production de 66 à 76 exemplaires est ridiculement insuffisante à titre de comparaison, l'URSS produisait en une journée plus de SU-76 que la Hongrie n'a jamais produit de Zrínyi II. Cette rareté empêche toute utilisation de masse ; le Zrínyi II est utilisé en penny-packets plutôt qu'en formations concentrées, ce qui dilue son efficacité.
Par ailleurs, son canon court de 105 mm ne peut pas percer le blindage frontal d'un T-34 à distance normale de combat avec les munitions AP classiques. Sans charge creuse HEAT en quantité suffisante, il est dépendant du soutien des Turán ou des Panzer IV pour les engagements antichar.
Il occupe une place particulière dans la mémoire militaire hongroise bien plus élevée que le Turán I malgré une production similairement limitée. C'est l'arme hongroise qui a 'tenu ses promesses', qui a prouvé que l'industrie nationale pouvait concevoir un véhicule blindé compétitif sur le plan technique. Le nom de Barankay, son commandant emblématique mort au combat en Galicie, reste associé à la bravoure de l'artillerie d'assaut hongroise.