

BSAM bâtiments de soutien et d’assistance métropolitains Loire A 602 Sete 2026
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Le BSAM Loire A602 a été construit en 2016 aux chantiers Piriou de Concarneau et mis en service le 26 juillet 2018. Il est basé à la base navale de Toulon.
La classe Loire, produite par Kership — coentreprise de Piriou (55%) et DCNS/Naval Group (45%) — comprend quatre bâtiments : Loire et Seine à Toulon, Rhône et Garonne à Brest.
Un bâtiment inspiré de l'offshore civil
La partie énergie-propulsion comprend deux moteurs diesels de 2 650 kW chacun, ainsi que deux groupes électrogènes de 300 kWe. La Loire est dotée de deux lignes d'arbres avec hélices à pas variable, ainsi que deux propulseurs d'étrave. Mer et Marine Cette configuration lui donne une excellente maniabilité, notamment pour les opérations de remorquage de précision.
D'un coût de 160 millions d'euros et représentant 1 million d'heures de travail en conception et production, le programme a été notifié à Kership en août 2015.
Un rôle clé pour les sous-marins
Les BSAM remplissent trois types de missions : le soutien et la projection des forces — remorquage d'antennes, de cibles, accompagnement d'un groupe aéronaval ou amphibie, ou encore d'un sous-marin — la sauvegarde des personnes et des biens, et le soutien de région.
En pratique, le Loire escorte régulièrement les SNA (sous-marins nucléaires d'attaque) de la classe Rubis en Méditerranée, leur permettant de prolonger leurs déploiements bien au-delà de leur autonomie propre de 60 jours. L'objectif est que les BSAM puissent intervenir en moins de 6 heures.
| Nom | Indicatif | Port-base | ASA |
|---|---|---|---|
| Loire | A 602 | Toulon | 2018 |
| Rhône | A 603 | Brest | 2019 |
| Seine | A 604 | Toulon | 2019 |
| Garonne | A 605 | Brest | 2020 |
Armés par deux équipages de 17 marins se relayant tous les quatre mois, ce système permet d'assurer 200 jours de mer par an
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| Internet |
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L'anonymisation des navires de la Marine nationale
L'origine — novembre 2022
La semaine du 14 novembre 2022, le site Mer & Marine remarqua que la frégate FREMM DA Alsace ne portait plus son numéro D656 sur sa coque. Selon les explications de l'état-major de la Marine nationale, la décision s'inscrit dans le droit fil de la Revue nationale stratégique et de la guerre informationnelle : "L'idée pour nous c'est de prendre l'initiative en réponse à l'extension des conflits dans le champ de l'information. C'est cohérent avec les annonces du président de la République et nous pensons que l'incertitude sur l'identité des navires peut apporter un avantage tactique."
L'objectif, a précisé le porte-parole, est de "chercher l'imprévisibilité" et "entretenir le brouillard de guerre informationnelle". Et il a ajouté : "si on voit une plus-value, il n'y a pas de raison qu'on ne continue pas… la Marine de demain pourrait ne pas avoir de numéro de coque.
Pourquoi c'est utile
Connaître l'identité d'un bâtiment donne de précieuses informations, de ses capacités opérationnelles au suivi de ses mouvements via la collecte et le croisement de différentes sources de renseignements, y compris les photos de spotters partagées sur les réseaux sociaux.
Un exemple concret : parmi les huit FREMM françaises, certaines emportent des missiles Aster 15, d'autres des Aster 30 — des capacités très différentes. Sans numéro visible, un adversaire ne peut plus savoir quelle frégate a quelle capacité.
L'extension progressive à toute la flotte
Après avoir débuté avec les FREMM fin 2022, l'anonymisation a été étendue aux porte-hélicoptères amphibies (PHA) Mistral, Tonnerre et Dixmude, aux frégates de défense aérienne (FDA), aux frégates type La Fayette (FLF), aux patrouilleurs de haute mer (PHM), aux chasseurs de mines tripartites (CMT), aux bâtiments ravitailleurs de forces (BRF) — et aux BSAM.
Le bâtiment de soutien à la plongée (BSP) Alizé, qui était entièrement blanc depuis sa mise en service, a non seulement perdu nom et numéro, mais a aussi vu sa coque repeinte en bleu, afin de mieux ressembler de loin à un bateau de pêche. Mer et Marine
L'expérimentation voit aussi disparaître les deux lettres distinctives sur la plateforme hélicoptère, ainsi que le numéro souvent peint sur le toit du hangar — pour déjouer la surveillance aérienne et satellitaire.
Une pratique ancienne remise au goût du jour
Cette pratique n'est pas nouvelle — le camouflage et les jeux sur les numéros de coque sont des pratiques anciennes que les Russes ont notamment amplement utilisées durant la Guerre froide. Mais les marins estiment que cette idée peut être remise au goût du jour : "On se réapproprie un vieux concept et on l'adapte au contexte actuel."
La question du droit international
A priori, une telle pratique "respecte le droit international" et ne pose "aucun risque pour la sécurité de la navigation".
La Royal Navy britannique a cependant exclu d'adopter la même démarche, estimant que le marquage des navires est une obligation liée à leur statut de navires de guerre au sens de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. |