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Mercedes 1967 230 S W 111 Universal



Mercedes1967  230 S W 111 Universal 1967

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Mercedes-Benz 230 Universal : l’élégance utile
Dans l’imaginaire collectif, la commercialisation d'un break chez Mercedes commence en 1978 avec la
série 123 et l’apparition du fameux "T" de Tourisme et Transport comme sur la 240 TD. Pourtant, plus d’une décennie auparavant, Mercedes-Benz avait déjà osé marier ses berlines les plus élégantes à une idée audacieuse : mettre l’utilitaire au service du style, et non l’inverse. Cette idée, c’est la Mercedes-Benz Universal. Et au sommet de cette lignée rare et raffinée trône la 230 Universal, issue de la série W111.
???? Une vision stratégique : l’extension discrète du haut de gamme
Chez Mercedes, l’idée n’était pas d’occuper brutalement le marché du break – déjà bien peuplé de
Peugeot 404, Ford Taunus ou d'Opel Rekord – mais d’ouvrir un nouveau territoire, un entre-deux raffiné entre la berline statutaire et le véhicule de loisirs familial. Il ne s’agissait pas non plus de bricoler un break depuis un fourgon, mais bien d’offrir à la clientèle une Mercedes à tout faire, sans sacrifier ni la prestance ni le confort.
L’occasion fut saisie dès janvier 1965, au Salon de Bruxelles, avec la présentation de la 190 D Universal, version break de la
W110. Le projet était déjà en maturation depuis plusieurs années chez Daimler-Benz : si l’on voulait commercialiser un break, il fallait qu’il soit digne de l’étoile.
???? Une méthode à l’allemande, réalisée en Belgique
Pour concrétiser cette idée, Mercedes-Benz mit en place un processus d’industrialisation semi-déléguée : le châssis et la caisse partielle sortaient de Sindelfingen, puis étaient expédiés à l’usine IMA de Malines, en Belgique, où le break prenait forme. Le projet "Universal" s’inscrivait ainsi dans une stratégie artisanale maîtrisée : un produit fini dans les standards Mercedes, sans engager la pleine capacité des chaînes allemandes.
Les véhicules étaient vendus via le réseau officiel, avec garantie constructeur, documentations spécifiques et entretien dans les concessions. Il ne s’agissait ni d’une conversion après-vente, ni d’un prototype. Le break Universal était un vrai modèle Mercedes-Benz, pensé, validé et diffusé par la maison mère.
????? Une conception rationnelle mais luxueuse
La carrosserie "Universal" n’était pas une berline à laquelle on aurait simplement greffé un hayon. Le style fut repensé avec un soin typiquement Mercedes :
« Il ne s’agit pas d’un arrière allongé, mais d’un dessin conçu comme un tout indissociable », disait le dossier de presse de l’époque.
La ligne Fintail, avec ses petits ailerons caractéristiques, était parfaitement préservée. Le grand hayon, le seuil de chargement bas et la large baie vitrée arrière formaient un ensemble cohérent. À l’intérieur, la banquette rabattable libérait un espace de chargement de 1,90 mètre de long, doublé d’un volume utile de 2,71 m³. La charge utile atteignait 710 kg.
Et le raffinement n’était pas oublié : le plancher du coffre, en Panolux (un composé de fibre de bois et de résine bakélite), offrait une finition façon acajou, tout en étant résistant, isolant et élégant. Des baguettes chromées vissées, avec sections caoutchoutées, empêchaient la charge de glisser. Mercedes ne dérogeait pas à sa réputation : l’utile devait être beau, et inversement. A l'avant, le tableau de bord offrait les mêmes services que celui de la berline, avec le même raffinement.
?? Une montée en gamme jusqu’à la 230 S Universal
Dès 1967, la gamme "Universal" s’élargit :

200 D et 200 en entrée de gamme
230 Universal, puis 230 S Universal, au sommet
Ce sont ces deux dernières qui incarnent l’aboutissement du projet :
Base de Mercedes W111, la partie haut de gamme des Fintail
Long capot
Moteur six cylindres M180, celui de la 230 SL Pagode mais en configuration plus sage
Finitions plus riches, fidèles à la berline
Face avant spécifique avec phares verticaux de W111 au lieu des simples feux ronds des W110
Suspensions renforcées

Le break devenait ainsi un véhicule de standing, au confort souverain, capable d’affronter les longues distances sans renoncer à sa mission utilitaire. Une Mercedes à vivre avant l’heure, sans le dire, sans le crier, qui peut transporter une armoire, mais à 170 km/h.
???? Production confidentielle, prestige garanti
Entre 1965 et 1968, seuls 2 754 exemplaires de break Universal virent le jour.Pour mémoire :
La série W110/W111 totalisa plus de 622 000 berlines
Et à peine 5 859 châssis à carrosserie partielle (dont ambulances et autres versions spéciales) furent produits

La Mercedes Universal reste donc l’un des modèles les plus rares de la gamme Mercedes-Benz des années 60, tout en étant l’un des plus méconnus. Il a pourtant un charme raffiné et un côté absolument désuet qui le hissent encore plus haut dans la cote d'amour des connaisseurs.
Héritière spirituelle
Quand Mercedes-Benz lance officiellement le
break T en 1978 sur base de la W123, c’est une révolution industrielle. Mais ce projet repose, discrètement, sur l’expérience acquise avec les Universal.
Ces modèles ont servi de laboratoire grandeur nature : design cohérent, réseau de distribution, expérience client, adaptation du confort à l’usage quotidien… Tout y était déjà.
La 230 Universal n’était pas seulement un break.C’était une Mercedes, dans tout ce que ce mot implique : précision, durabilité, élégance — et un zeste de distinction discrète.
FICHE TECHNIQUE : Mercedes-Benz 230 Universal (1966–1968)

???? MOTEUR
???? Type du moteur : 6 cylindres en ligne, essence
???? Bloc : fonte
???? Culasse : alliage léger
???? Emplacement : longitudinal, avant
???? Puissance fiscale : 12 CV
???? Cylindrée : 2 306 cm³
???? Alésage x course : 82,0 x 72,8 mm
???? Taux de compression : 9,0 :1
???? Vilebrequin : 4 paliers
???? Puissance maximale : 120 ch DIN à 5 400 tr/min
???? Couple maximal : 18,2 mkg à 4 200 tr/min
???? Distribution : arbre à cames en tête
???? Nombre de soupapes : 12
???? Alimentation : carburateur Solex 38 PDSI double corps
?? TRANSMISSION
???? Type de transmission : propulsion
???? Boîte de vitesses : manuelle à 4 rapports (boîte automatique à 4 rapports en option)
???? Direction : à vis et galet, assistée en option
???? Diamètre de braquage : 11,5 m
????? CHÂSSIS & SUSPENSIONS
???? Suspension avant : roues indépendantes, double triangles superposés, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs télescopiques
???? Suspension arrière : essieu oscillant, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs télescopiques
???? DIMENSIONS
???? Longueur : 4 740 mm
???? Largeur : 1 795 mm
???? Hauteur : 1 530 mm
???? Empattement : 2 700 mm
???? Voie avant : 1 482 mm
???? Voie arrière : 1 485 mm
???? ROUES & FREINS
???? Pneus avant : 185 SR 15
???? Pneus arrière : 185 SR 15
???? Freins avant : disques
???? Freins arrière : tambours
???? PERFORMANCES
???? Vitesse maximale : 175 km/h
???? 0 à 100 km/h : env. 13,0 s
???? 400 m D.A. : env. 19,5 s
???? 1000 m D.A. : env. 35,5 s
? CONSOMMATION & AUTONOMIE
???? Capacité du réservoir : 65 litres
???? Consommation moyenne : env.11,5 l/100 km
???? DIVERS
???? Volume du coffre : 2,71 m³ max
???? Charge utile :  730 kg
???? Poids à vide : 1 410 kg