Les campements touaregs, appelés aguelman ou campements, sont constitués de tentes groupées formant des abris nomades temporaires adaptés aux conditions extrêmes du Sahara.
Structure traditionnelle de la tente
L'élément central est l'ehan ou khaïma, une tente basse, conique ou en forme de dôme, faite de panneaux de laine de chèvre ou de dromadaire tissés par les femmes, soutenus par 4 à 11 perches en racine d'acacia (rkaïz) et des haubans (akhoualaf). Mesurant 4 x 5 m pour une famille, elle est divisée en flij : un tiers pour les femmes (servant de rangement) et un tiers pour les hommes/l'espace de réception, orienté à l'ouest pour profiter des vents dominants.
Orientation : La porte s'ouvre à l'ouest ; le campement est disposé nord-sud, la tente du chef étant au centre.
Matériaux : Tissu noirâtre (graissé pour l'imperméabiliser), transportable à dos de chameau en moins d'une heure.
Organisation du campement
Chaque nuit, une douzaine de tentes entourent les enclos à bétail (azib). La vie quotidienne se déroule dans l'espace ouvert du majlis, dédié aux rituels du thé, au commerce et à la poésie. Les femmes possèdent et démontent les tentes, symbolisant l'héritage matrilinéaire et l'hospitalité ; tout voyageur est accueilli selon le code de l'agaram.
Un caïd touareg désigne un chef tribal touareg ou un notable nommé caïd (en arabe q??id, « commandant ») sous l'administration coloniale française au Sahara.
Ce rôle associait les fonctions traditionnelles d'amghar (chef) à des responsabilités fiscales et policières.
Rôle et nomination Dès le début du XXe siècle, durant la période de pacification, les autorités françaises ont intégré d'éminents nobles imajeghens – comme le caïd Brahim ag Abakada de la confédération Kel Ajjer – en tant que caïds chargés de gouverner les douars (districts tribaux) des régions de Hoggar, d'Aïr et de Tassili. Ils percevaient les impôts, imposaient la conscription des goums méharistes, arbitraient les conflits par le biais d'assemblées de kelrelation et transmettaient les ordres lors des rébellions (par exemple, à Kaocen en 1916).
Uniforme et symboles Les caïds portaient une tenue hybride : képi européen ou chéchia coloniale ornée de l’insigne de l’ancre, sur une longue robe indigo gandoura, un voile tagelmust et une épée takouba, symbolisant une double allégeance.
Ils posaient souvent pour des photos officielles dans les studios d’Agadez ou de Tamanrasset.
Déclin post-colonial À partir des années 1950, date de l’indépendance, le titre de caïd s’estompa, les États-nations remplaçant les caïds par des cheikhs ou des préfets.
Toutefois, des figures comme les firthawa amenokal (chefs suprêmes) conservèrent une certaine influence dans les accords post-rébellion (par exemple, au Mali et au Niger dans les années 1990). ?