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Les tirailleurs marocains sont des unités de l’armée d’Afrique, intégrées à l’infanterie de l’armée de terre française. Ils forment, avec tirailleurs algériens, tunisiens, zouaves, spahis, goumiers, etc., l’un des grands ensembles de troupes nord-africaines de cette armée.
Création et rattachement à l’armée d’Afrique
Création progressive à partir des troupes auxiliaires marocaines (1912), puis des régiments de chasseurs indigènes regroupés dans la Brigade marocaine engagée en 1914.
Transformation en régiments de marche de tirailleurs marocains (RMTM), puis en régiments de tirailleurs marocains (RTM) intégrés organiquement à l’armée d’Afrique (rattachement aux divisions d’infanterie nord-africaines dès l’entre deuxguerres).
Rôle au sein de l’armée d’Afrique
Première Guerre mondiale : engagés dès 1914 à l’Ourcq et sur l’Aisne, avec des pertes extrêmement lourdes (la Brigade marocaine est presque anéantie en septembre 1914).
Entre Guerres : occupation de la Rhénanie, guerre du Rif, opérations de « pacification » au Levant.
Seconde Guerre mondiale : présents au sein des grandes unités de l’armée d’Afrique (4e DMM, 1re Armée du général de Lattre), Italie, Provence, Vosges, Alsace, puis Allemagne, avec une forte réputation de troupes de choc, notamment en terrain montagneux.
Organisation des RTM dans l’armée d’Afrique
Avant 1940 puis après la reconstitution de 1943, on trouve plusieurs RTM numérotés (1er, 2e, 3e RTM, etc.), casernés au Maroc mais intégrés aux grandes unités de l’armée d’Afrique en métropole ou au Levant.
Ils restent formellement des unités de l’armée française, bien que majoritairement composées de soldats marocains « indigènes » encadrés par des officiers et sous?officiers européens.
Les tirailleurs marocains étaient organisés en régiments de tirailleurs marocains (RTM), typiquement structurés en 3 bataillons à 4 compagnies chacun, au sein de l'armée d'Afrique française.
Organisation standard d'un RTM
Régiment : 3 000-3 500 hommes, commandant : colonel (européen).
Bataillon : ~1 000 hommes, commandant : chef de bataillon ou lieutenant-colonel.
Compagnie : 150-200 hommes, commandant : capitaine ou lieutenant.
Hiérarchie des grades (tirailleurs indigènes)
Les tirailleurs marocains (RTM) utilisaient les grades français standardisés de l'infanterie coloniale, avec des équivalences locales pour les soldats indigènes.
| Grade français |
Insigne |
Rôle dans RTM |
| Colonel |
Étoiles croisées |
Commandant régiment |
| Lieutenant-colonel |
Étoile simple |
2e commandant |
| Chef de bataillon |
Galons dorés |
Commandant bataillon |
| Capitaine |
4 barrettes |
Commandant compagnie |
| Lieutenant |
2 barrettes |
Commandant section |
| Sous-lieutenant |
1 barrette |
Chef de section |
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Hiérarchie des grades (tirailleurs indigènes)
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Grade français
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Équivalent marocain
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Insigne
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Rôle
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Goumierier
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Chef de groupe (10 hommes)
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1 chevron inversé
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Chef d'équipe
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Mektoub
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Tirailleur 1re classe
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1 chevron
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Tirailleur expérimenté
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Tirailleur
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Soldat
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Aucun
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Infanterie de base ?
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L'Encadrement est européen
Officiers : 100% européens (capitaines, lieutenants, sous-lieutenants).
Sous-officiers européens : Adjudants, sergents-chefs (encadrement compagnies).
Sous-officiers indigènes : Rarement au-delà de sergent-mekatoub (1re classe).
Spécificités uniformes/insignes
Burnous : Vert (fusiliers) ou chamail blanc (tirailleurs), coutures rouges.
Fes : Rouge avec gland jaune/noir (distinction régimentaire).
Ceinture baudrier : Cuir blanc, cartouchières latérales (vs baudrier croisé zouaves)
Les tirailleurs marocains étaient accompagnés de noubas (fanfares militaires traditionnelles), formations musicales hybrides mêlant instruments européens et maghrébins.
Composition type d'une nouba RTM
Cuivres français : Trompettes, cors, bugles, trombones.
Percussions marocaines : Tambours (naqqâra), cymbales (zills), grand tambour bélier.
Accessoires rituels : Chéchias rouges, fusils d'assaut décoratifs, fez orné.
Effectif : 25-40 musiciens par régiment (1er, 5e, 6e RTM)
Utilisations
Défilés : Chaque RTM avait sa nouba (ex. 1er RTM : nouba + tambour-major à burnous vert).
Combats : Signaux cor (attaque, retraite), chants rythmant l'assaut.
Héritage : Traditions conservées par 1er RTir (Épinal), unique héritier tirailleurs nord-africains.Caractère unique : Fusion musique militaire française + sonorités arabes-berbères (tambours graves, mélodies nasales), distinguant RTM des zouaves ou régiments européens.
| Chant |
Origine |
Paroles marquantes |
Contexte |
| "Marche des Tirailleurs" |
1914 (Marne) |
« Six canons balayaient la plaine... Les turcos ne sont plus que quatre » |
Batailles France, charge à la baïonnette ? |
| "Zidou l'Goudem" |
Goumiers (1908) |
« Zidou l'goudem ! Jusqu'à la mort ! » |
Tabors Maroc, Italie 1944 ? |
| "Les Africains" (Chant des Marocains) |
1914 → 1944 |
« Nous venons des colonies pour défendre le pays » |
Armée d'Afrique, 1re Armée Leclerc ? |
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