Ils étaient employés pour des missions de reconnaissance rapide, la poursuite des rebelles et la sécurisation des lignes de communication lors des opérations de pacification contre la résistance zaïenne et chérifienienne.
Chaque goum était commandé par un capitaine français, secondé par deux ou trois lieutenants, et appuyé par des caïds indigènes et des sous-officiers français des Affaires Indigènes algériennes.
Role des Officiers Français
En 1912, au sein d'un goum monté, les officiers français constituaient l'unique corps de commandement professionnel, assurant le contrôle opérationnel, l'entraînement et la liaison politique avec ces unités indigènes irrégulières.
Responsabilités du commandement
Le capitaine exerçait l'autorité absolue sur le goum, recrutant personnellement les goumiers, gérant la solde et les remonte, et dirigeant toutes les missions de combat et de reconnaissance avec une pleine autonomie administrative, conformément à la doctrine de Lyautey.
Trois lieutenants (dont un interprète) géraient les sections tactiques, tandis que le médecin-aide-major supervisait la santé et la logistique lors des patrouilles prolongées.
En 1912, des sous-officiers et des médecins-aides-majors français dispensaient aux goumiers une formation médicale rudimentaire et des instructions de premiers secours.
L'accent était mis sur la survie sur le champ de bataille plutôt que sur les soins avancés, compte tenu du caractère irrégulier de ces unités indigènes.
Techniques de premiers secours de base Les sous-officiers enseignaient aux goumiers les gestes essentiels : contrôle des hémorragies par garrot ou compression, pansements avec bandages ou sparadraps, immobilisation des fractures à l'aide de fusils, de bâtons et de harnais de mules, et évacuation des blessés à cheval ou sur des civières à mules lors des patrouilles en montagne.
Entraînement à l'hygiène et à l'endurance L'accent était mis sur les techniques de survie en milieu désertique et montagneux, notamment la purification de l'eau (ébullition ou exposition au soleil), la prévention de la dysenterie et de la diarrhée par l'hygiène du camp, la reconnaissance et le traitement des coups de chaleur (ombre, hydratation), et les interventions chirurgicales mineures comme le traitement des échardes et des ampoules à l'aide de trousses personnelles contenant de l'iode et des seringues de morphine, lorsque disponibles
. Rôle du médecin-aide-major Chaque médecin affecté à un goum animait des séances de groupe sur la prise en charge des états de choc, la réanimation (précurseurs du bouche-à-bouche) et la prophylaxie du choléra et du typhus.
Les sous-officiers renforçaient ces connaissances lors des exercices quotidiens. Aucune certification officielle n'existait, mais des maouns (caporaux indigènes) expérimentés prêtaient main-forte dans les postes de secours avancés.
Entraînement et discipline
Des officiers des Affaires Indigènes (souvent des vétérans algériens) dispensaient l'instruction au maniement du fusil et de la baïonnette, à l'équitation et aux tactiques d'infanterie françaises, tout en respectant les coutumes tribales afin de favoriser la loyauté ; ils menaient par l'exemple lors des raids, incarnant l'idéal du « père de famille ».
Rôle du renseignement et de la pacification Au-delà des combats, les officiers recueillaient des renseignements auprès des tribus locales, négociaient des ralliements avec les caïds et maintenaient des liens de sécurité entre les autorités militaires et les populations, constituant ainsi le lien permanent essentiel dans les zones pacifiées et non pacifiées.