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8.3 Médiéval Verrerie Bologne Museo Civico Medieovale



 Médiéval Verrerie Bologne Museo Civico Medieovale
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TIRE DE CET ARTICLE

La tradition d’une fabrication de verres soufflés à Venise s’affirma au Moyen Âge, comme le prouve la fondation d’une corporation des verriers en 1224. Le souci de la soustraire à la concurrence se manifesta en déplaçant les fours sur l’île de Murano. Cette protection s’amplifia après la mise au point, vers 1450, du cristallo, un verre incolore particulièrement limpide, à l’origine de la fabrication des verres ornés d’émail
La recette se singularisait par « l’usage d’un mélange de cendres de plantes tel quel et de cendres purifiées, et un calcin exempt de toutes sources importantes de contamination
5 ». Après le soufflage à la canne de la pièce, le verrier confiait au doreur et à l’émailleur le soin de l’orner d’armoiries ou de sujets à la mode. Les émaux, colorés par des oxydes métalliques, solidifiés sous forme de pains, étaient réduits en poudre grâce à un pilon, puis mélangés à un liant afin d’être posés au pinceau. Le verre subissait un nouveau feu d’environ 700 à 900°C pour fixer le décor. Les noms de nombreux peintres et les inventaires de plusieurs verreries, conservés dans les archives de Murano, attestent une importante production entre 1450 et 1600, cependant toute attribution des pièces conservées est impossible.
En revanche, grâce aux archives et aux décors armoriés, il est assez aisé d’entrevoir la clientèle qui apprécia la perfection technique et artistique de ces objets souvent exposés dans les cabinets d’art. Les amateurs florentins et siennois furent nombreux ainsi que le révèlent des inventaires relatifs, par exemple, aux familles Médicis, Pucci, Salviati ou Strozzi

Famille Sforza

  Parmi les admirateurs les plus passionnés figuraient les ducs de Ferrare et de Mantoue. La duchesse Éléonore, épouse d’Hercule Ier d’Este, possédait une imposante collection révélée par un inventaire daté de 1493. En dehors des cours italiennes, des collections de verres furent constituées en Bavière, notamment par les Fugger d’Augsbourg et le duc Albert V. À l’instar des automates, des horloges, des tissus, les cristalli de Murano entraient dans la liste des cadeaux offerts au sultan. Venise fut évidemment généreuse, dans ce domaine, pour entretenir ses relations avec Constantinople qui devint un lieu de commercialisation des verres soufflés de Murano.
Le succès des verres émaillés de Murano incita des artisans de maintes régions à les copier. Malgré une sévère réglementation, des verriers n’hésitèrent pas à travailler hors de leur île dès le dernier quart du xve siècle et, ainsi, à diffuser leur savoir-faire. À la fin du siècle suivant, des cités italiennes du nord et du centre, des villes disséminées dans toute l’Europe (Stockholm, Amsterdam, Anvers, Londres, etc.) possédaient des ateliers de production de verres « à la façon de Venise ».
L’engouement suscité par les verres vénitiens en France provoqua l’installation de verreries auxquelles il est possible de rattacher une trentaine de pièces complètes sans, toutefois, préciser leur origine exacte. Des ateliers ont été repérés, grâce aux archives, en particulier autour de Bordeaux (Ruffiac, Tricollet), à Rouen, Vendôme, Paris et Saint-Germain-en-Laye
Ce dernier atelier, très actif, dut sa fondation à Henri II en juin 1551 qui octroya un privilège à Theseo Mutio, originaire de Bologne. La ville de Montpellier était réputée pour sa production, si l’on en juge par ses clients tels que Catherine de Médicis, Henri Ier de Bourbon ou le connétable Anne de Montmorency qui possédait, en 1559, dans un cabinet de son hôtel parisien : « trente deux vazes tant petitz que grandz qui sont de verre dorez, esmaillez et armoriez des armoyries de monseigneur et dame en la pluspart desquelz il y a eaues et puldres de senteur, le tout façon de Montpellier ». Une dizaine de verres à boire, principalement à jambe, laissait entrevoir la production française caractérisée par des émaux bleu, rouge, blanc et des inscriptions (Fig. 4). La redécouverte des arts de la Renaissance au xixe siècle n’a pas manqué d’attirer l’attention des collectionneurs et des historiens sur les verres émaillés et dorés français. Cet intérêt a favorisé une fabrication de faux que les analyses chimiques permettent de repérer. C’est le cas de la coupe sur pied en verre ancien à laquelle ont été ajoutées les armoiries de Catherine de Médicis (