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URSS Le Monde des Jouets

Article fait par :Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 03/10/2026 à 21:53:05



Les jouets en URSS (1940-1960)
 
Tableaux générés par IA sur mes indications
 
Camions en tôle, canons et tricycles : jouer en Union soviétique, de la guerre au dégel
Mise en scène du musée : un enfant tire ses camions en tôle par une ficelle, devant les véhicules d’époque.

 
 
 
Introduction
Au milieu des automobiles et des blindés, le musée a reconstitué un coin de jeu d’enfant : un petit garçon en salopette, une ficelle à la main, entouré de camions en tôle, d’un canon, d’un char en bois et de tricycles. Ces objets modestes racontent une autre histoire de l’Union soviétique, celle de l’enfance entre la Seconde Guerre mondiale et les années 1960.
En URSS, le jouet n’est pas un simple divertissement. Dès les années 1930, l’État le considère comme un outil d’éducation : il doit préparer l’enfant à sa vie de futur travailleur, de soldat ou de citoyen.
Avant la guerre : un jouet éducatif
Au début des années 1930, le pouvoir soviétique organise la production de jouets. Un institut scientifique du jouet est créé en 1932 à Zagorsk (aujourd’hui Serguiev Possad), ville réputée pour ses jouets en bois, et des commissions contrôlent les modèles mis en vente. À la fin de la décennie, plusieurs centaines de manufactures et d’ateliers fabriquent des jouets.
Les matériaux restent simples : bois, tissu, carton, papier mâché. Les thèmes reflètent les idéaux du régime : marins, pionniers, kolkhoziens, tracteurs, avions et, déjà, beaucoup de jouets militaires.
Pendant la guerre : le jouet de fortune
Avec l’invasion allemande de 1941, l’industrie est mobilisée pour l’effort de guerre. De nombreuses fabriques de jouets sont reconverties dans la production militaire. Les jouets deviennent rares, et beaucoup d’enfants jouent avec des objets fabriqués par leurs parents ou par eux-mêmes, avec ce qu’ils ont sous la main.
Le petit canon en tôle découpée et le char en bois peint exposés au musée illustrent bien cette catégorie. Construits de façon sommaire, ils témoignent d’une époque où la guerre était partout, y compris dans les jeux des enfants. La production civile de jouets ne redémarre qu’à partir de 1944, avec la reconstruction.
Un canon en tôle découpée et un char en bois peint, jouets simples de l’époque de la guerre.

 
 
 
L’après-guerre : l’âge du camion en tôle
Dans les années 1950, avec la reconstruction de l’industrie, apparaissent les grands camions en tôle d’acier emboutie et peinte. Solides, souvent assez grands pour être chargés de sable ou de cailloux, ils sont tirés par une ficelle ou poussés à la main. Ils deviennent l’un des jouets les plus répandus chez les garçons soviétiques.
Ces jouets reproduisent de façon simplifiée les véhicules que les enfants voient dans la rue et sur les chantiers : camions bennes, grues, remorques. Les formes arrondies des cabines et les calandres à barres horizontales rappellent les camions soviétiques de l’époque, comme le ZIS-150. Une partie de ces jouets métalliques était produite par de grandes usines industrielles, qui fabriquaient aussi des biens de consommation en plus de leur production principale.
Camion-grue en tôle : cabine rouge, flèche bleue en treillis, cabine de grue pivotante et treuil à manivelle.
Le même camion-grue vu de profil : plateau, tourelle pivotante et flèche relevable.

 
 
Le camion-grue. C’est la pièce la plus élaborée de la vitrine. Sa cabine rouge porte une grue bleue montée sur une couronne pivotante. Une manivelle actionne le treuil et le câble passe par les poulies de la flèche en treillis, ce qui permet de soulever réellement de petits objets. Le jouet initie l’enfant au fonctionnement d’une vraie machine.
Les camions bennes. Le musée en présente plusieurs, verts, bleus ou rouillés. Leurs bennes basculent, et l’un d’eux tire une remorque à ridelles. L’usure des peintures et la rouille montrent qu’ils ont beaucoup servi.
Camions bennes en tôle et remorque à ridelles, tirés à la ficelle.

 
 
 
Les années 1960 : couleurs vives et plastique
À partir de la fin des années 1950, sous Khrouchtchev, la production de biens de consommation devient une priorité. Les jouets se multiplient et se modernisent. Les nouveaux matériaux, comme le polystyrène et le polyéthylène, permettent des pièces moulées et colorées.
Le camion benne turquoise à calandre blanche en est un bon exemple. Sa cabine anguleuse s’inspire des camions soviétiques des années 1960, et sa calandre en plastique blanc, ses feux rouges et ses jantes roses tranchent avec les jouets plus austères de l’après-guerre.
Camion benne turquoise des années 1960, avec calandre en plastique blanc.

 
 
 
Les tricycles
À côté des jouets à tirer, le musée expose une série de tricycles d’enfant. Cadres en tube d’acier, selles en cuir ou en plastique, roues à rayons ou en tôle : ils montrent l’évolution de ce premier « véhicule » de l’enfant, du modèle d’avant-guerre au modèle plus léger et coloré des années 1960.
Tricycles d’enfant devant une ambulance et une automitrailleuse d’époque.

 

 

Repères chronologiques

 

Période
Ce que l’on trouve dans les jouets
Fin des années 1930
Bois, carton, tissu, papier mâché ; jouets éducatifs et militaires
1941-1945
Usines reconverties pour la guerre ; jouets rares, souvent faits maison
1945-1955
Reprise de la production ; camions et engins en tôle d’acier peinte
Fin des années 1950-1960
Arrivée du plastique ; modèles plus détaillés, inspirés des véhicules récents

 
Conclusion
Des jouets de fortune de la guerre aux camions colorés des années 1960, ces objets suivent l’histoire du pays : pénurie, reconstruction, puis amélioration progressive du quotidien. Ils reproduisent aussi le monde des adultes, avec ses chantiers, ses camions et son armée. Les camions en tôle, longtemps négligés, sont aujourd’hui recherchés par les collectionneurs et font partie de la mémoire de plusieurs générations.
 
La flotte de jouets du musée : camion-grue, camions bennes et remorque.

 

 

Sources