Impression issue de Maquetland.com Le monde de la maquette | http://www.maquetland.com/article-3075-france-napoleon-40-ans-apres-les-vieux-de-la-vieille
France Napoleon 40 ans après Les vieux de la Vieille
Article fait par :Claude Balmefrezol
Mis en ligne le 02/10/2026 à 22:49:16

France 1859 LES VIEUX DE LA VIEILLE PORTRAITS D'HISTOIRE Les Vétérans de la Grande Armée photographiés en 1858 Collection Anne S. K. Brown — Brown University Library
 |
J ai trouvé ces clichés sur internet et j ai demandé à l IA de m'aider à préparé un texte pour mettre en forme ces photographies dans un article . Je me suis servi aussi du site Napoleon-Histoire pour avoir une rencontre inattendue avec l'Histoire
Bien sur les erreurs relevées ont été corrigées
Contrairement à ce que l'on pourrait croire au premier regard, ces portraits ne datent pas de 1854 et ne montrent pas des soldats de 45 ans en pleine campagne militaire. Il s'agit en réalité de photographies prises vers le 5 mai 1858, à Paris, à l'occasion du rassemblement annuel des vétérans de l'Empire commémorant la mort de Napoléon Ier (mort le 5 mai 1821 à Sainte-Hélène). Les hommes photographiés ici ont alors entre 70 et 80 ans : engagés très jeunes sous le Premier Empire, ils ont traversé plus de quarante années avant de poser, une dernière fois, dans leur uniforme d'origine.
L'indice qui permet de dater ces clichés est visible sur chaque poitrine : la médaille de Sainte-Hélène, créée par Napoléon III le 12 août 1857 pour honorer tous les survivants des guerres de la Révolution et de l'Empire. Aucun de ces vétérans ne pouvait donc porter cette décoration avant cette date. Ces images, aujourd'hui conservées dans la collection Anne S. K. Brown de la bibliothèque de l'université Brown (États-Unis), comptent parmi les seuls témoignages photographiques connus d'anciens soldats de la Grande Armée portant encore leurs uniformes et équipements d'époque, remis au goût du jour par les tailleurs des années 1850.
Une rencontre inattendue avec l'Histoire texte tiré de ce site
Ces remarquable photographies sont probablement les seules images que l’on a de vétérans de la Grande Armée et de la Garde, portant leurs uniformes et insignes originaux, bien qu’une partie de l’uniforme a, à l’évidence, été recoupée par des tailleurs des années 1850. Chaque photo présente un homme photographié dans un studio. Certains se tiennent devant un mur blanc ou lambrissé, sur un tapis décoré, tandis que d’autres sont assis. Un vieux vétéran, qui paraît avoir perdu son œil droit, Monsieur Loria, du 24e de chasseurs à cheval et Chevalier de la Légion d’Honneur, se présente devant un meuble, qui apparaît aussi dans autre portrait, avec un rideau. On ne connaît pas le photographe et le flou d’une ou deux photographies suggère la difficulté, pour des personnes âgées, à se tenir immobiles plusieurs secondes, pendant que les plaques ont été exposées.
Le grand soldat, que l’on voit dans une élégante pose et portant le bonnet d’ours de grenadier, est le sergent Taria, dans l’uniforme de Grenadier de la Garde de 1809-1815.
Le Mamelouk est Monsieur Ducel qui combattit entre 1813 et 1815.
Le fringuant personnage qui tient un shako à plumet dans sa main droite est M. Dreuse, du 2e lancier à cheval de la Garde (vers 1813-14).
Monsieur Mauban, du 8e de dragons de 1815, assis,
Monsieur Lefebre, sergent au 2e régiment du génie de 1815, debout et portant un shako à plumet,
M. Maire du 7e hussards (vers 1809-1815).
Revêtu d’une belle chapka, c’est M. Verlinde, du 2e lanciers (1815), et, assis, dans un grandiose uniforme de hussard,
Monsieur Moret, du 2e régiment (1814/15).
Monsieur Vitry, de la Garde Départementale, s’appuie à un meuble, près d’un rideau,
M. Dupont, qui était fourrier au 1e hussard, se tient debout avec une épée de mamelouk.
M Delignon, corpulant maréchal des logis chef, dans l’uniforme d’un chasseur à cheval de la Garde (1809-1815).
Sergent Fabry, du 1e hussard,
Monsieur Schmitt, du 2e chasseur à cheval (1813-14), portant une casquette souple,
Grenadier Burg, du 24e régiment de la Garde (1815), avec sa barbe blanche. Là il y a une erreur car il n exite pas de 24 e rg de la garde NDLR
Moret, qui se tient dans une position légèrement différente de celle habituellement utilisée pour une photo de studio.
Quand et pourquoi ces hommes ont été photographiés reste un mystère, mais quelques indices sont offert dans le livre de Henri Bouchot « l’Epopée du Costume Militaire », publié à Paris en 1898, et illustré par le célèbre Job. On y trouve un dessin en couleur, sur lequel est superposé un dessin transparent intitulé ‘Les Vieux de la Vieille, le 5 mai 1855’. Il montre dix vétérans napoléoniens, en grand uniforme, passant devant la colonne Vendôme. Un zouave du second Empire regarde la lente procession voûtée. Mais le plus intéressant est que deux de ces vétérans portent des couronnes. Si on compare avec les personnes sur les photographies, ils correspondent très bien avec celles qui traversent la place.
La date de l’événement – le 5 mai, – fournit alors la raison de la présence de ces hommes à Paris, car c’est le jour anniversaire de la mort de Napoléon, et chaque année, à cette date, les vétérans se rassemblaient dans la capitale, comme le Times de Londres de mai 1855 le note : »Le socle et le parapet de la colonne de la Place Vendôme apparaît ce jour recouvert des offrandes annuelles à la mémoire de l’homme dont statue pare le sommet. L’exposition de couronnes d’immortelles, et autre offrandes de ce genre, est plus important qu’habituellement…les vieux soldats de l’Empire ont hier apporté ici, leur habituel hommage. Le même jour, un service religieux a été donné dans la chapelle des Invalides, en présence du prince Jérôme et d’autres dignitaires. Tout le personnel des Invalides et des soldats du Premier Empire était présents.
Pourtant, le 5 mai 1858 pourrait être une date plus vraisemblable, car tous les vétérans portent la médaille de Saint Hélène, qui avait été distribué, le 12 août 1857, à tous vétérans des guerres de la Révolution et l’Empire.
Passons aux images
Note sur les portraits restants : plusieurs autres clichés de hussards en grande tenue transmis dans cette série se ressemblent beaucoup (colback, dolman brodé, pelisse) et pourraient correspondre à d'autres tirages ou d'autres angles de Monsieur Maire ou de Monsieur Moret plutôt qu'à des vétérans distincts. En l'absence de légende d'origine lisible sur ces exemplaires précis, il n'est pas possible de trancher avec certitude — je préfère le signaler plutôt que d'inventer une identité.
Le pouvoir de la colorisation
La colorisation moderne de ces daguerréotypes sépia redonne vie aux teintes d'origine des uniformes : le vert sombre et le rose des dragons, le bleu marine et le rouge de la Garde, le brun et le vert des Mamelouks. Si elle relève d'une interprétation contemporaine — les couleurs exactes restant sujettes à discussion parmi les historiens du costume militaire — elle permet de mieux se représenter la richesse chromatique de ces tenues d'apparat, et de resserrer, l'espace d'un instant, la distance qui nous sépare de ces hommes et de l'épopée qu'ils ont vécue.
Sources : The Anne S. K. Brown Military Collection, Brown University Library ; « Les Vieux de la Vieille », Histoire du Consulat et du Premier Empire.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire au premier regard, ces portraits ne datent pas de 1815 et ne montrent pas des soldats de 45 ans en pleine campagne militaire. Il s'agit en réalité de photographies prises vers le 5 mai 1858, à Paris, à l'occasion du rassemblement annuel des vétérans de l'Empire commémorant la mort de Napoléon Ier (mort le 5 mai 1821 à Sainte-Hélène). Les hommes photographiés ici ont alors entre 70 et 80 ans : engagés très jeunes sous le Premier Empire, ils ont traversé plus de quarante années avant de poser, une dernière fois, dans leur uniforme d'origine.
L'indice qui permet de dater ces clichés est visible sur chaque poitrine : la médaille de Sainte-Hélène, créée par Napoléon III le 12 août 1857 pour honorer tous les survivants des guerres de la Révolution et de l'Empire.
|
La médaille de Sainte-Hélène est la décoration que portent presque tous les vétérans de la série, et c'est elle qui permet de dater les photos après août 1857.
- Création : décret de Napoléon III du 12 août 1857.
- Bénéficiaires : tous les survivants, français ou étrangers, ayant servi sous les drapeaux de la France entre 1792 et 1815, sur terre ou sur mer. Environ 405 000 médailles ont été remises.
- Sens : elle exécute symboliquement le testament de Napoléon Ier, qui léguait une part de ses biens à ses anciens soldats.
- Aspect : médaille de bronze surmontée de la couronne impériale, gravée par Désiré-Albert Barre.
- Avers : profil lauré de l'Empereur, légende « Napoléon I Empereur ».
- Revers : « Campagnes de 1792 à 1815. À ses compagnons de gloire, sa dernière pensée, Ste Hélène, 5 mai 1821 ».
- Ruban : vert à fines rayures rouges.
- Remise : dans une petite boîte de carton blanc, avec un diplôme de la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur.
- Surnom : « médaille en chocolat », à cause de la couleur du bronze, moquerie des opposants au Second Empire.
- Archives : les registres de la Grande Chancellerie ont brûlé en 1871. Il n'existe donc pas de liste complète des médaillés, seulement des reconstitutions faites à partir des archives départementales.
C'est la première médaille commémorative de campagne française. Pour la colorisation de votre dossier, elle doit apparaître en bronze brun avec un ruban vert rayé de rouge. La Légion d'honneur de Monsieur Loria est une décoration distincte, à ruban rouge.
|
Aucun de ces vétérans ne pouvait donc porter cette décoration avant cette date. Ces images, aujourd'hui conservées dans la collection Anne S. K. Brown de la bibliothèque de l'université Brown (États-Unis), comptent parmi les seuls témoignages photographiques connus d'anciens soldats de la Grande Armée portant encore leurs uniformes et équipements d'époque, remis au goût du jour par les tailleurs des années 1850.
|
C'est l'une des plus grandes collections au monde consacrées à l'histoire et à l'iconographie militaires, surtout les uniformes, conservée à la bibliothèque John Hay de l'université Brown, à Providence (Rhode Island, États-Unis).
La collectionneuse. Anne Seddon Kinsolving Brown (1906-1985) était une Américaine de Baltimore, ancienne journaliste, épouse de John Nicholas Brown II, héritier de la famille de Providence qui a donné son nom à l'université. Elle commence en 1930 par les soldats de plomb, puis passe en quelques années aux estampes, dessins et livres sur les uniformes, qu'elle achète pendant plus de quarante ans.
Le contenu. La collection couvre le soldat et la vie militaire de 1500 à 1945 environ. De mémoire, elle compte de l'ordre de 12 000 livres, 18 000 albums, carnets de croquis et portefeuilles, 13 000 estampes, dessins et aquarelles, et 5 000 soldats miniatures. Elle est devenue si importante qu'il a fallu la transferer à l université en 1981.
Le lien avec cedossier Les portraits de vétérans en font partie : 15 tirages sépia d'environ 30 × 25 cm, montés sur carton, de photographe inconnu. La date de 1858 est déduite de la médaille de Sainte-Hélène, créée en août 1857, que portent les vétérans.
Les noms et régiments ont été inscrits au crayon au dos de chaque tirage, à une date inconnue du XXe siècle, et on ne sait pas comment Anne Brown a acquis la série. Les légendes ne sont donc pas d'époque, ce qui explique qu'une erreur comme le « 24e régiment de la Garde » ait pu s'y glisser. Vous pouvez le signaler dans votr
|
Monsieur Mauban — 8e régiment de Dragons (1815)
Assis, la jambe croisée et le sabre en travers des genoux, ce vétéran porte le casque de dragon à crinière et chenille, orné d'un splendide plumet blanc et noir. Sa tunique sombre à parements clairs, son ceinturon blanc et ses décorations — dont la médaille de Sainte-Hélène — témoignent de son passage au sein du 8e régiment de Dragons en 1815, l'année de Waterloo. Le port fier de la tête et le regard tourné vers l'objectif donnent à ce portrait une intensité particulière, malgré le grand âge du modèle.
|
|
|
Attention, même piège car entre 1811 et 1815 pendant les Cent-Jours, il n'y avait pas de 8e régiment de dragons dans l'armée de Napoléon.
Si l'uniforme est correct le casque non car il devrait porter un casque à la minerve sans crinière une chenille
- 1791 : l'ancien Penthièvre-dragons devient le 8e régiment de dragons.
- 1805-1811 : il fait les campagnes de l'Empire sous ce numéro.
- 18 juin 1811 : il est transformé en 3e régiment de chevau-légers lanciers. Le numéro 8 disparaît alors de l'arme des dragons.
- 1814 : sous la Première Restauration, le 3e lanciers devient « lanciers du Dauphin ». Les dragons sont renumérotés et c'est l'ancien 13e dragons qui prend le numéro 8 (dragons de Condé).
- Cent-Jours, 1815 : les régiments reprennent leurs anciens numéros, donc le « 8 » redevient 13e dragons. L'ancien 8e, lui, combat à Waterloo comme 3e lanciers, brigade Gobrecht, 1er corps.
- Fin 1815-1816 : l'armée est licenciée, et un nouveau 8e de dragons est créé en 1816 sous le nom de dragons du Rhône.
Pour votre vétéran légendé « 8e régiment de Dragons (1815) », trois lectures sont donc possibles :
- Il a servi au 8e dragons de la Première Restauration (l'ex-13e), entre mai 1814 et mars 1815.
- Il a servi au 8e dragons d'avant 1811, et la date « 1815 » de la légende est fausse.
- Il a servi aux dragons du Rhône de la Seconde Restauration, ce qui colle mal avec un vétéran de Napoléon.
La première me paraît la plus défendable, mais rien ne permet de trancher. La légende a été écrite au crayon au XXe siècle : je la donnerais telle quelle, avec une note précisant que ce numéro n'existait pas chez les dragons durant les Cent-Jours.
La renumérotation de 1814 (13e devenu 8e, dragons de Condé) et le retour aux anciens numéros en 1815 viennent de ma mémoire, pas de la page consultée ; à vérifier avant publication.
|
Le sergent Taria — Grenadier à pied de la Garde impériale (1809-1815)
Reconnaissable entre tous grâce à son imposant bonnet à poil en peau d'ours surmonté d'un plumet, ce vétéran porte l'uniforme du Grenadier à pied de la Garde impériale, tel qu'il était en usage entre 1809 et 1815 le corps d'élite le plus prestigieux de l'armée napoléonienne, celui de la Vieille Garde. Sa tenue blanche à basques bleu marine, ses épaulettes à franges et ses longues guêtres noires en font l'une des silhouettes les plus emblématiques de l'Empire. Une médaille unique orne sa poitrine, rappel discret d'une carrière militaire d'exception.
|
|
|
Les grenadiers à pied sont l'infanterie d'élite de la Vieille Garde, le corps le plus ancien et le plus prestigieux de l'armée de Napoléon.
- Origine : issus de la Garde des Consuls créée fin 1799, ils deviennent grenadiers à pied de la Garde impériale en 1804.
- Régiments : le 1er est le cœur de la Vieille Garde. Un 2e existe de 1806 à 1809, puis de 1811 à 1815. Un 3e est formé en 1810 avec l'ancienne Garde royale hollandaise et disparaît après la Russie. En 1815, il y en a quatre : 1er et 2e (Vieille Garde), 3e et 4e (dits Moyenne Garde).
- Recrutement : des soldats choisis dans la ligne, grands (environ 1,76 m au minimum), sachant lire et écrire, de bonne conduite, avec plusieurs campagnes et de longues années de service. Solde plus élevée que dans la ligne.
- Tenue : bonnet à poil en peau d'ours avec plaque de cuivre à l'aigle, plumet rouge et cordon blanc ; habit bleu impérial à revers blancs, parements et épaulettes écarlates ; veste et culotte blanches ; guêtres blanches en parade, noires en campagne. Moustache obligatoire, anneaux d'or aux oreilles.
- Armement : fusil de la Garde avec baïonnette et sabre-briquet.
- Emploi : réserve ultime de l'Empereur, rarement engagée, d'où le surnom ironique d'« Immortels ». L'autre surnom, « grognards », date de la campagne de Pologne.
- Faits d'armes : Marengo (Garde consulaire), contre-attaque à la baïonnette au cimetière d'Eylau, Essling, retraite de Russie, Dresde, Hanau, Montmirail. Adieux de Fontainebleau en avril 1814. À Waterloo, les 3e et 4e participent à l'attaque finale, et les carrés du 1er couvrent la retraite.
- Fin : licenciés à l'automne 1815.
|
Monsieur Ducel — Mamelouk de la Garde impériale (1813-1815)
Coiffé d'un turban blanc surmonté d'un calot orné du croissant, vêtu d'un gilet sans manches brodé et tenant fièrement son sabre recourbé à la lame effilée, ce vétéran incarne l'un des corps les plus singuliers de l'épopée napoléonienne iL combattit entre 1813 et 1815.: les Mamelouks de la Garde impériale. Cette unité de cavalerie légère d'origine égyptienne, intégrée à la Garde à partir de 1801, avait fasciné le public par l'exotisme de son costume oriental. Monsieur Ducel y servit entre 1813 et 1815, et porte ici, comme ses compagnons d'armes, la médaille de Sainte-Hélène qui permet de dater ce portrait.
|
|
|
Les Mamelouks de la Garde ont combattu dans presque toutes les campagnes de 1805 à 1815, toujours aux côtés des chasseurs à cheval de la Garde auxquels ils étaient rattachés. Ils formaient une simple compagnie (une centaine d'hommes) jusqu'en 1813, puis un escadron.
| Année |
Campagne |
Combats principaux |
| 1805 |
Autriche |
Austerlitz (2 décembre) : charge sous Rapp contre la cavalerie de la Garde russe. Napoléon leur accorde une aigle après la bataille. |
| 1806-1807 |
Prusse et Pologne |
Pultusk (décembre 1806), Eylau (février 1807). |
| 1808 |
Espagne |
Madrid, 2 mai : combats de rue à la Puerta del Sol et rue d'Alcalá, la scène peinte par Goya. Benavente (décembre). |
| 1809 |
Autriche |
Wagram (juillet). Un détachement reste en Espagne jusqu'en 1810. |
| 1812 |
Russie |
Avec la Garde, en réserve à la Moskova. Gorodnia (25 octobre) : ils dégagent l'Empereur surpris par les cosaques. Environ un tiers de l'effectif est perdu dans la retraite. |
| 1813 |
Saxe |
Reichenbach, Dresde, Leipzig, Hanau (30 octobre), où le chef d'escadron Abdallah d'Asbonne est grièvement blessé. |
| 1814 |
France |
Montmirail, Château-Thierry, Arcis-sur-Aube, Saint-Dizier (prise d'une batterie), défense de Paris (30 mars). |
| 1815 |
Belgique |
Escadron reformé par décret d'avril 1815 (environ 120 hommes) : présents à Ligny et Waterloo, dans les rangs des chasseurs à cheval de la Garde. |
En janvier 1813, la compagnie devient le 10e escadron des chasseurs à cheval de la Garde : une compagnie de Vieille Garde et une de Jeune Garde, complétées par des recrues françaises faute d'Orientaux. En 1814, il ne restait que 18 véritables Mamelouks d'Égypte sur 41 cavaliers.
Ce Mamelouk des années 1813-1815 est très probablement une de ces recrues françaises, et non un Égyptien. Il a donc pu faire la Saxe, la campagne de France et Waterloo, mais ni Austerlitz ni Madrid.
Après Waterloo, le corps est dissous, et une grande partie des réfugiés orientaux du dépôt de Marseille est massacrée pendant la Terreur blanche de 1815.
|
Monsieur Lefebvre Sergent au 2e Régiment du Génie (1815)
Debout, coiffé d'un shako à haute plumet et à plaque de laiton armée de l'aigle impériale, ce vétéran porte l'uniforme sombre du Génie militaire : habit bleu foncé à plastron noir, boutons dorés et épaulettes à franges de sergent. Le corps du Génie, chargé des fortifications, des sièges et des travaux du champ de bataille, était un corps technique très respecté de la Grande Armée. Les décorations épinglées sur sa poitrine, dont la médaille de Sainte-Hélène, achèvent de faire de ce portrait un témoignage rare sur cette arme peu représentée dans l'iconographie de l'époque.
|
|
- Attention avant 1814 : sous l'Empire, il n'y a pas de régiments du génie, seulement des bataillons de sapeurs et des compagnies de mineurs.
- 1814 : une ordonnance royale de la Première Restauration regroupe ces bataillons en trois régiments du génie. Le 2e tient garnison à Metz.
- Cent-Jours : Napoléon conserve cette organisation. Le 2e est à Ligny le 16 juin 1815, puis à Wavre les 18 et 19 juin avec Grouchy, donc pas sur le champ de bataille de Waterloo même. Pendant la retraite, à Villers-Cotterêts, un lieutenant et une vingtaine de sapeurs couvrent le repli de Grouchy.
Un sergent du « 2e Régiment du Génie (1815) » comme Monsieur Lefebvre est donc cohérent. S'il était déjà sous-officier en 1815, il avait très probablement servi avant dans un bataillon de sapeurs de l'Empire, mais la légende ne le dit pas.
|
Monsieur Maire 7e Régiment de Hussards (v. 1809-1815)
Impossible de s'y tromper : le dolman vert sombre entièrement galonné, la pelisse rouge bordée de fourrure portée en sautoir, la ceinture-écharpe à olives et la sabretache font de ce portrait l'un des plus spectaculaires de la série. Cette combinaison de couleurs vert et rouge correspond précisément à la tenue du 7e Régiment de Hussards sous le Premier Empire. Malgré son âge avancé, Monsieur Maire a manifestement tenu à revêtir l'intégralité de sa grande tenue de parade, colback à la main, pour ce portrait resté célèbre.
|
|
|
Le colback désigne bien la compagnie d'élite. Depuis 1801, la 1re compagnie du 1er escadron de chaque régiment de hussards porte le colback en fourrure à la place du shako, avec flamme de couleur et plumet écarlate. Les officiers en portaient aussi parfois, mais pour un homme de troupe ou un sous-officier, c'est le signe de la compagnie d'élite.
Pour les couleurs du 7e hussards, vert et rouge sont justes, mais pas l'orange :
- Dolman : vert foncé, collet et parements écarlates.
- Pelisse : vert foncé.
- Culotte : écarlate.
- Tresses et boutons : jaunes (jonquille).
- Flamme du colback : écarlate.
L'orange de la colorisation correspond sans doute aux tresses, qui doivent être jaunes. C'est d'ailleurs la couleur des tresses qui distingue le 7e du 8e hussards, dont la tenue est identique mais à tresses blanches.
|
Monsieur Dupont Fourrier au 1er Régiment de Hussards
Ce vétéran se distingue par le sabre qu'il tient à la verticale : une lame très recourbée, dépourvue de garde massive, caractéristique du fameux « sabre à la mamelouk » adopté par de nombreux officiers et sous-officiers de cavalerie légère à la suite de la campagne d'Égypte. Fourrier sous-officier chargé du ravitaillement et du casernement au sein du 1er Régiment de Hussards, Monsieur Dupont porte l'uniforme de son arme et arbore, comme ses compagnons, la médaille de Sainte-Hélène.
|
Fourrier coiffé du colback appartient à la compagnie d'élite du régiment, comme pour le 7e.
Le grade. Dans la cavalerie de l'Empire, c'est un brigadier-fourrier, un par compagnie. Il tient les écritures et s'occupe du logement et des distributions. Il se place entre le brigadier et le maréchal des logis ; le dossier le dit « sous-officier », ce qui est un peu trop haut. Il porte les deux chevrons de brigadier au-dessus des parements, plus un galon métallique en biais sur le haut du bras, argent au 1er hussards.
Les couleurs du 1er hussards (ex-Bercheny).
- Dolman : bleu céleste, parements écarlates.
- Pelisse : bleu céleste.
- Culotte : bleu céleste.
- Tresses et boutons : blancs.
- Colback : fourrure noire, plumet écarlate, flamme en principe écarlate (à vérifier).
Si la colorisation le montre en vert ou avec des tresses jaunes, elle est fausse : le 1er est le régiment bleu ciel à tresses blanches.
Les campagnes. Iéna, Eylau, Friedland, puis l'Espagne et le Portugal de 1808 à 1813, la Saxe et la France. En 1815, il est dans la division de hussards de Pierre Soult, au corps de cavalerie de Pajol : il combat à Ligny, puis suit Grouchy et n'est donc pas à Waterloo.
|
Monsieur Dreuse 2e Régiment de Lanciers à cheval de la Garde (v. 1813-1814)
Tête nue, tenant fièrement son couvre-chef à plumet dans la main plutôt que de le porter, ce vétéran présente un habit à parements rouges, un baudrier blanc et une giberne frappée de l'aigle impériale, typiques de la cavalerie légère de la Garde. Il aurait servi au 2e Régiment de Lanciers à cheval de la Garde impériale vers 1813-1814, unité de prestige formée pendant les dernières années de l'Empire. Sa pose, à la fois décontractée et élégante, en fait l'un des portraits les plus « habités » de la série.
|
Le nom exact est 2e régiment de chevau-légers lanciers de la Garde impériale, dits « lanciers rouges » ; l'intitulé « Lanciers à cheval de la Garde » du dossier est à corriger.
- Origine : formé en septembre 1810, après l'annexion de la Hollande, à partir des hussards de la Garde royale hollandaise. D'où l'autre surnom, « lanciers hollandais ». Garnison à Versailles, sous le général Édouard Colbert.
- Tenue : kurtka (habit à la polonaise) écarlate à collet, revers et parements bleu foncé ; pantalon écarlate à bandes bleues ; chapska rouge à plaque de cuivre, plumet blanc ; épaulette et aiguillette jaunes. Lance à flamme rouge et blanche.
- Effectif : quatre puis cinq escadrons. En 1813, le régiment monte à dix escadrons, les cinq derniers classés Jeune Garde.
- Campagnes : Russie en 1812, où il est presque anéanti. En 1813 : Reichenbach, Dresde, Leipzig, Hanau. En 1814 : La Rothière, Montmirail, Craonne, Arcis-sur-Aube, tandis que des escadrons de Jeune Garde combattent en Belgique.
- 1814-1815 : sous la Première Restauration, il devient corps royal des chevau-légers lanciers de France. Aux Cent-Jours, il n'y a plus qu'un seul régiment de lanciers de la Garde, qui réunit les lanciers rouges et l'escadron polonais revenu de l'île d'Elbe. Il est aux Quatre-Bras, où Colbert est blessé, puis dans les grandes charges de Waterloo.
- Fin : licencié fin 1815.
- La phrase « unité formée pendant les dernières années de l'Empire » est vague ; « formée en 1810 » est plus juste.
- Avec des dates « vers 1813-1814 », Monsieur Dreuse a pu servir dans les escadrons de Jeune Garde. De mémoire, ceux-ci portaient une kurtka bleue à distinctives écarlates et non la tenue rouge, ce qui joue sur la colorisation.
|
Identification : ces quatre portraits correspondent à des vétérans documentés dans la même série que Taria, Ducel et Mauban (fonds Anne S. K. Brown). L'attribution de chaque nom repose ici sur la comparaison des poses, des armes portées (sabre mamelouk, couvre-chef tenu en main ou porté) et des couleurs d'uniforme avec les descriptions d'archives ; elle est très probable mais ne remplace pas une légende d'origine, les teintes précises de certains uniformes restant par ailleurs sujettes à interprétation dans les versions colorisées.
Grenadier Burg — 2e Régiment de la Garde (1815)
|
Les grenadiers à pied sont l'infanterie d'élite de la Vieille Garde, le corps le plus ancien et le plus prestigieux de l'armée de Napoléon.
- Origine : issus de la Garde des Consuls créée fin 1799, ils deviennent grenadiers à pied de la Garde impériale en 1804.
- Régiments : le 1er est le cœur de la Vieille Garde. Un 2e existe de 1806 à 1809, puis de 1811 à 1815. Un 3e est formé en 1810 avec l'ancienne Garde royale hollandaise et disparaît après la Russie. En 1815, il y en a quatre : 1er et 2e (Vieille Garde), 3e et 4e (dits Moyenne Garde).
- Recrutement : des soldats choisis dans la ligne, grands (environ 1,76 m au minimum), sachant lire et écrire, de bonne conduite, avec plusieurs campagnes et de longues années de service. Solde plus élevée que dans la ligne.
- Tenue : bonnet à poil en peau d'ours avec plaque de cuivre à l'aigle, plumet rouge et cordon blanc ; habit bleu impérial à revers blancs, parements et épaulettes écarlates ; veste et culotte blanches ; guêtres blanches en parade, noires en campagne. Moustache obligatoire, anneaux d'or aux oreilles.
- Armement : fusil de la Garde avec baïonnette et sabre-briquet.
- Emploi : réserve ultime de l'Empereur, rarement engagée, d'où le surnom ironique d'« Immortels ». L'autre surnom, « grognards », date de la campagne de Pologne.
- Faits d'armes : Marengo (Garde consulaire), contre-attaque à la baïonnette au cimetière d'Eylau, Essling, retraite de Russie, Dresde, Hanau, Montmirail. Adieux de Fontainebleau en avril 1814. À Waterloo, les 3e et 4e participent à l'attaque finale, et les carrés du 1er couvrent la retraite.
- Fin : licenciés à l'automne 1815.
|
Autre grenadier de la Vieille Garde, reconnaissable à sa barbe blanche fournie mentionnée dans les archives, ce vétéran porte lui aussi le bonnet à poil, mais dans une pose de face, sabre tenu bas. Il a servi au 2e Régiment de la Garde en 1815 vraisemblablement un régiment de la Jeune ou Moyenne Garde formé dans les derniers mois de l'Empire.et non au 24e Regiment comme indiqué sur la photographie
Monsieur Verlinde 2e Régiment de chevau-légers lanciers de la Garde et non 2e Lanciers (1815)
|
Attention ici aussi erreur on pour le régiment de la ligne, oui pour celui de la Garde : tout dépend de quel « 2e lanciers » on parle.
| |
2e chevau-légers lanciers de la ligne |
2e chevau-légers lanciers de la Garde |
| Coiffure |
casque de laiton à chenille noire |
chapska rouge |
| Habit |
vert, distinctive aurore (orangé) |
kurtka écarlate, distinctive bleu foncé |
| Pantalon |
vert |
écarlate |
Un vétéran en chapska et en rouge est donc un lancier rouge de la Garde, pas un lancier de la ligne. Pour Monsieur Verlinde, la chapska visible sur la photo suffit à trancher, puisque le rouge vient seulement de la colorisation.
En 1815, il n'existe plus de « 2e » dans la Garde : les Cent-Jours ne comptent qu'un seul régiment de chevau-légers lanciers de la Garde, formé des anciens lanciers rouges et de l'escadron polonais de l'île d'Elbe. La légende « 2e Lanciers, 1815 » garde l'ancien numéro par habitude.
Je mettrais donc dans le dossier : « chevau-légers lanciers de la Garde impériale (ex-2e régiment, lanciers rouges), 1815 ».
|
Coiffé de sa « belle chapka » comme la décrivent les archives la coiffe caractéristique, à sommet carré, des régiments de lanciers de la garde parfois improprement apellé Lancier Polnais ou diables Rouges ce vétéran porte l'uniforme du 2e Régiment de Lanciers de 1815. La chaîne de gorgerin et le baudrier blanc visibles sur la photographie complètent une tenue typique de la cavalerie légère de la fin de l'Empire.
Maréchal des logis Delignon Chasseur à cheval de la Garde (1809-1815)
|
Les chasseurs à cheval de la Garde sont le régiment de cavalerie légère le plus proche de Napoléon : ils fournissent son escorte personnelle, et c'est leur petite tenue verte de colonel qu'il porte habituellement.
- Origine : les Guides de Bonaparte en Italie (1796) puis en Égypte. Ils entrent dans la Garde des Consuls en 1800, deviennent régiment, puis chasseurs à cheval de la Garde impériale en 1804. Les Mamelouks leur sont rattachés.
- Chefs : Eugène de Beauharnais au début, puis Lefebvre-Desnouettes de 1808 à 1815.
- Grande tenue :Colback Dolman vert, pelisse écarlate bordée de fourrure noire, tresses aurore, culotte de peau, colback de fourrure noire à flamme écarlate, plumet vert à sommet rouge, sabretache.
- Petite tenue : Shako habit vert à la chasseur, gilet écarlate tressé, aiguillette aurore, chapeau bicorne.
- Jeune Garde : les escadrons créés en 1813 portent le shako et n'ont pas de pelisse.
- Combats : Marengo, Austerlitz (charge contre les chevaliers-gardes russes, le colonel Morland y est tué), Eylau, Madrid et Benavente en 1808 (Lefebvre-Desnouettes y est fait prisonnier), Wagram, la Russie, Hanau, Montmirail, Craonne, puis les charges de Waterloo.
- Fin : licenciés fin 1815.
|
Ce vétéran arbore l'uniforme du Chasseur à cheval de la Garde impériale, l'un des corps de cavalerie légère les plus prestigieux de la Garde, dans sa version de petite tenue avec shako à plumet plutôt que le célèbre colback de grande tenue. Le large baudrier blanc et la pose, appuyée sur un meuble, sont caractéristiques de cette série de portraits.
Monsieur Loria — 24e Régiment de Chasseurs à cheval, Chevalier de la Légion d'Honneur
|
Ce régiment a bien existé, mais il n'existait plus en 1815, ce qui tombe bien : la légende de Monsieur Loria ne porte pas de date.
- Création : 1793, à partir de cavaliers volontaires de l'armée des Pyrénées.
- Révolution : armée des Pyrénées occidentales (1794-1795), puis armée d'Italie (1796-1801).
- 1805 : armée d'Italie, à Caldiero et au passage du Tagliamento.
- 1807 : campagne de Prusse et de Pologne.
- 1808-1811 : Espagne et Portugal, jusqu'à Fuentes de Oñoro, avec un retour en Autriche en 1809.
- 1812 : Russie. De mémoire, il forme la brigade Castex avec le 23e chasseurs de Marbot, au 2e corps d'Oudinot.
- 1813 : la Katzbach, Leipzig, Hanau.
- 1814 : Champaubert, Vauchamps, puis Claye le 28 mars.
- Dissolution : 1814, peu après l'abdication, quand la Restauration réduit l'arme à quinze régiments.
Loria a donc servi avant mi-1814. Sa Légion d'honneur indique un soldat distingué, sans doute ancien.
Côté tenue, tous les chasseurs à cheval de la ligne sont en vert foncé, ce qui explique l'aspect « sombre et sobre » relevé dans le dossier. La couleur distinctive du 24e est le capucine (un orangé rouge), de mémoire porté au collet seulement ; à vérifier sur une planche avant publication.
|
Un vétéran a manifestement perdu l'usage d'un œil, détail que mentionnent précisément les archives de la collection Anne S. K. Brown à propos de Monsieur Loria, du 24e Régiment de Chasseurs à cheval et Chevalier de la Légion d'Honneur. Il pose ici en tenue sombre plus sobre que ses camarades de la Garde, devant un meuble sculpté que l'on retrouve dans plusieurs clichés de la série — signe que plusieurs vétérans furent photographiés dans le même studio, avec le même décor. Un doute subsiste toutefois : ce même meuble et cette même pose sont aussi associés par les archives à Monsieur Vitry, de la Garde Départementale ; l'identification entre ces deux hommes reste donc incertaine.
Monsieur Schmit — 2e Régiment de Chasseurs à cheval (1813-1814)
|
La légende est cohérente : le 2e chasseurs à cheval a bien fait les campagnes de 1813 et 1814.
- Origine : créé en 1673 comme dragons de Fimarcon, il devient 2e régiment de chasseurs à cheval en 1791.
- Avant 1813 : de mémoire, il sert à la cavalerie légère du corps de Davout (Auerstaedt, Eylau, Eckmühl, Wagram). En 1812, il fait la Russie avec la brigade Pajol : Ochmiana, Smolensk, la Moskova.
- 1813 : reconstitué après la Russie, il compte 360 cavaliers montés en avril et combat à Bautzen et Leipzig.
- 1814 : il ne reste que 95 chevaux, fondus dans un régiment provisoire de cavalerie légère qui se bat à Champaubert.
- Restauration : il devient « chasseurs de la Reine » en 1814.
- Cent-Jours : il reprend le numéro 2 mais sert au 5e corps d'observation, sur le Rhin, et ne fait pas la campagne de Belgique.
Pour votre dossier, Monsieur Schmit, avec ses dates « 1813-1814 », est très probablement une recrue levée après le désastre de Russie. Il a pu connaître Bautzen, Leipzig et la campagne de France, mais pas Waterloo, où son régiment n'était pas.
Côté tenue, l'habit est vert foncé à distinctive écarlate ; de mémoire, le 2e la porte aux parements seulement, le collet restant vert. Le bonnet de police est vert lui aussi, passepoilé de la couleur distinctive.
|
Contrairement à la plupart de ses camarades coiffés de shakos ou de bonnets à poil, ce vétéran porte un simple « bonnet de police » (bonnet de police à flamme), une coiffe souple portée hors des périodes de parade. Il aurait servi au 2e Régiment de Chasseurs à cheval entre 1813 et 1814, et son allure plus modeste offre un contrepoint bienvenu aux tenues d'apparat des autres portraits de la série.
Monsieur Moret 2e Régiment de Hussards (1814-1815)
|
Le colback : comme pour le 7e et le 1er, c'est la marque de la compagnie d'élite.
Pour les couleurs pour le 2e hussards (ex-Chamborant) :
- Dolman : brun marron.
- Pelisse : brun marron.
- Culotte : bleu céleste.
- Parements : bleu céleste.
- Tresses et boutons : blancs.
- Colback : fourrure noire, plumet écarlate.
- 1814 : le régiment vient d'Espagne. Il combat à Orthez le 27 février, et une partie est à Montereau pendant la campagne de France.
- Cent-Jours : il n'est pas à Waterloo. Il sert à Belfort, où trois escadrons chargent l'infanterie autrichienne à Sevenans et font 600 prisonniers, dans l'un des derniers combats de la campagne.
- Fin 1815 : licencié, ses restes passent aux hussards du Bas-Rhin.
|
Assis, dans une tenue de hussard particulièrement spectaculaire — dolman constellé de brandebourgs, pelisse à fourrure jetée sur l'épaule, colback surmonté d'un long plumet — Monsieur Moret incarne à lui seul le faste de la cavalerie légère napoléonienne. Les archives de la collection Anne S. K. Brown signalent qu'il existe une seconde photographie (carte de visite) de ce même vétéran, prise dans une pose légèrement différente ; certains des portraits de hussards de cette page pourraient ainsi correspondre à ce second tirage plutôt qu'à un vétéran distinct.
Monsieur Vitry Garde Départementale Compagnei de Grenadiers (1814-1815)
|
En 1814, la Garde nationale est la réserve de la dernière chance : des civils mobilisés pour défendre le territoire envahi, dont les grenadiers forment les compagnies d'élite.
- Ce qu'elle est : une milice de citoyens née en 1789, réorganisée par Napoléon à partir de 1805. Chaque bataillon a ses compagnies d'élite, grenadiers et chasseurs, formées des hommes les plus grands et les plus aptes.
- Mobilisation de 1813-1814 : des bataillons de grenadiers et de chasseurs sont levés par département, d'abord pour garder les côtes et les places fortes, puis pour renforcer l'armée de campagne.
- Fère-Champenoise, 25 mars 1814 : les divisions Pacthod et Amey, composées surtout de gardes nationaux, résistent en carrés pendant des heures à la cavalerie alliée avant d'être écrasées. C'est leur fait d'armes le plus célèbre.
- Paris, 30 mars 1814 : la Garde nationale parisienne, recréée en janvier sous le maréchal Moncey, défend la barrière de Clichy.
- Tenue réglementaire : habit bleu à revers blancs, collet et parements écarlates, boutons blancs (jaunes dans la ligne). Les grenadiers ont les épaulettes rouges, le sabre-briquet, et le shako à pompon ou plumet rouge, parfois le bonnet à poil à Paris.
- Tenue réelle : en 1814, beaucoup de mobilisés n'avaient qu'une capote ou une blouse, un shako et des sabots.
Pour Monsieur Vitry, des épaulettes rouges sur un habit bleu à boutons blancs correspondraient bien à un grenadier de la Garde nationale. Regardez la couleur des boutons sur la photo si elle se devine : c'est le meilleur indice pour le distinguer d'un grenadier de la ligne.
|