
Article fait par :Claude Balmefrezol
Mis en ligne le

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Date
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Titre
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Évolution
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1939 (mobilisation)
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Befehlshaber der Eisenbahneinheiten (Bedeis)
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Création du commandement
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17 décembre 1940
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Befehlshaber der Eisenbahntruppen
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Renommé, autorité élargie
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19 janvier 1944
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General der Eisenbahntruppen im OKH
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Élévation au rang de général d'arme
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Le Schienenwolf (« loup de rail », la « Louve »)C'est une charrue-crochet en acier, extrêmement robuste, remorquée derrière une locomotive (ou montée sur ses propres essieux). Le crochet géant s'enfonce sous les traverses en bois de la voie et, tiré à une vitesse de 7 à 10 km/h, brise systématiquement les traverses en leur milieu, arrache les rails de leur fixation et laboure littéralement le ballast — rendant la voie totalement inutilisable en quelques minutes. Produit par les usines Krupp à partir de 1942, l'engin ne nécessitait qu'une équipe de 10 hommes et pouvait être mis en position en 6 à 8 minutes seulement. Qui le mettait en œuvre
Un point d'orgue tragique : le « Nerobefehl » Le 19 mars 1945, face à la défaite imminente, Hitler signa l'« ordre concernant les mesures de destruction sur le territoire du Reich », resté dans l'histoire sous le nom de Nerobefehl (l'ordre Néron) — une directive de destruction systématique de toutes les infrastructures allemandes elles-mêmes, y compris sur le sol national. Le Schienenwolf en était l'un des outils symboliques, mais l'ordre arriva trop tard dans le chaos final pour être pleinement exécuté. Un détail amusant : les Soviétiques avaient leur propre version L'Armée rouge utilisait un dispositif similaire lors de son propre repli en 1941 — plus rudimentaire, fait de rails de chemin de fer courbés en boucle et attachés à l'arrière d'un train, glissés sous les rails en place après dévissage d'un point de fixation. Si tu veux, je peux détailler la manière dont les Eisenbahnpioniere (notre article précédent) devaient ensuite réparer ce type de destruction, ou approfondir le Nerobefehl et son contexte. |
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Catégorie
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Matériel
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Capacité
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Usage principal
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Bateaux d'assaut
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Leichtes Sturmboot 39 Schweres Sturmboot
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6 hommes 12 hommes
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Premier franchissement sous le feu — établissement de tête de pont
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Matériel de pont léger
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Brückengerät C (Gerät C)
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7 tonnes 75 m maxi
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Passerelles infanterie — ponts de service légers
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Matériel de pont moyen
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Brückengerät B (Gerät B)
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8-16 tonnes 83/54 m
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Pont standard — passage infanterie et véhicules légers
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Matériel de pont lourd
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Brückengerät D/I Herbert-Gerät (H)
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24-60 tonnes
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Passage des chars et véhicules lourds
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Bateaux de débarquement
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Pionierlandungsboot 39/40/41/43
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20-100 t 100-250 hommes
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Opérations amphibies — transport de chars
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Bacs et ferrys
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Fähre (bac sur pontons) Siebel-Fähre
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Variable 60-80 tonnes
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Franchissement sans pont — transport chars lourds
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Matériel de montagne
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Brückengerät G
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1-2 tonnes
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Génie de montagne — Gebirgs-Pioniere
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Caractéristique
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Valeur
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Désignation
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Leichtes Sturmboot 39 (LSt.39)
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Construction
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Bois en panneaux pliables — transport sur camion
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Motorisation
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Moteur hors-bord Kovacs 30 ch (versions initiales) — versions ultérieures plus puissantes
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Vitesse
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Environ 50 km/h en pointe
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Capacité
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6 hommes — 0,5 tonne de charge
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Armement
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MG 34 ou MG 42 monté à la proue sur certains exemplaires
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Usage
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Premier franchissement sous le feu — établissement tête de pont — remorquage de pontons — patrouilles
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Transport
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Sur camion — panneaux démontables facilitant le transport
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Le Brückengerät A reposait sur des pontons entiers (Ganz-Pontons), transportés sur deux types de véhicules spécialisés :
Avec ce matériel, une colonne pouvait construire des ponts d'une capacité de charge allant jusqu'à 7 tonnes, sur une longueur maximale de 75 mètres — des caractéristiques modestes comparées aux générations suivantes (le Brückengerät B qui lui succède atteint déjà 8 t sur 83 m, ou 16 t sur 54 m selon la configuration). Une origine clairement établie : héritage direct de 1914-1918 Les sources sont formelles sur ce point : « Die Technik war aus dem I. Weltkrieg und von der Reichswehr übernommen worden » — la technique provenait de la Première Guerre mondiale et avait été reprise par la Reichswehr (l'armée de la République de Weimar), avant d'être à son tour héritée par la Wehrmacht à sa création en 1935. Contrairement au Brückengerät B, conçu et produit spécifiquement pour la Wehrmacht avec un matériel plus moderne, le Gerät A représentait donc littéralement le matériel de pontonnage impérial allemand, resté en dotation par continuité plutôt que par choix technique délibéré. Une désignation qui s'efface à la mobilisation Détail révélateur trouvé dans les mêmes archives : « Diese Bezeichnung konnte nach der Mobilmachung nicht lokalisiert werden » — cette désignation n'a pas pu être localisée après la mobilisation de 1939. Autrement dit, le Brückengerät A, en tant que dotation organisée et identifiable au sein des colonnes de pont mobilisées, semble avoir disparu de la nomenclature active dès le début de la guerre — probablement retiré du service actif ou absorbé/refondu dans des dotations plus modernes (Gerät B et C), ce qui explique la rareté des sources le concernant spécifiquement. Contexte technique plus large : le ponton entier contre le semi-ponton Le Gerät A utilisait des pontons entiers (Ganz-Pontons) — des flotteurs complets, d'une seule pièce — alors que les générations B et C qui lui succèdent basculent vers des semi-pontons (Halbpontons), plus faciles à transporter et à assembler en configurations variables selon le besoin de portée ou de tonnage. C'est un changement de philosophie technique assez classique dans l'évolution du matériel de pontonnage militaire du début du XXe siècle, qu'on retrouve d'ailleurs illustré par une photographie d'époque : un pont construit avec du matériel A employé par la Reichswehr dès 1930, tracté par des chevaux, avec des moteurs hors-bord montés sur les deux pontons de tête — pratique qui annonce directement le principe des Sturmboote et des Motorboote d'accompagnement qu'on avait détaillés dans l'annexe sur le franchissement pionnier. En synthèse Le Brückengerät A occupe donc une place particulière dans la nomenclature : c'est le seul matériel de franchissement de la Wehrmacht qui ne soit pas véritablement un produit de l'industrie militaire allemande des années 1930, mais un pur vestige du matériel impérial de la Grande Guerre, conservé par continuité administrative plutôt que par pertinence opérationnelle — et effacé des dotations actives dès l'entrée en guerre de 1939. |
e Brückengerät B — le pont de matériel moyen standard de la Wehrmacht — reposait sur des semi-pontons (Halbpontons), transportés sur trois types de véhicules spécialisés :
Capacités de charge Deux configurations possibles selon l'espacement des travées :
Une source additionnelle (Feldgrau.net) précise des valeurs légèrement différentes selon le type de véhicule : 18 t pour les véhicules à roues, et 20 à 24 t pour les véhicules chenillés (meilleure répartition de la pression au sol) — la différence de charge admissible entre roues et chenilles étant un point technique intéressant, propre à ce type de structure flottante. Effectif et transport Une colonne de Brückengerät B comptait, en effectif réglementaire (Sollstärke) : 2 officiers, 13 sous-officiers et 87 hommes de troupe. Le transport s'effectuait par tracteurs à moteur (Kraftzüge), le plus souvent des semi-chenillés Sd.Kfz. 6 en version pionnier, l'attelage hippomobile restant possible en configuration de secours. Un point de débat historique révélateur Un fil de discussion de Feldgrau.net illustre bien un problème classique de la recherche sur ce matériel : la question de savoir si le Gerät B pouvait réellement supporter des chars lourds. Une anecdote y est discutée — la 10. SS-Panzer-Division « Frundsberg » aurait utilisé un ponton de 70 tonnes pour faire traverser des blindés à Nimègue en septembre 1944 (lors de l'opération Market Garden) — mais les spécialistes du forum concluent que cela dépasse largement la capacité réelle du Gerät B (8-24 t selon configuration), et qu'il s'agissait donc très probablement d'un autre matériel plus lourd, sans doute le Brückengerät K (jusqu'à 16-20 t) ou un bac spécial distinct. C'est un bon rappel que les témoignages d'époque, notamment dans les mémoires d'anciens combattants, confondent parfois les différents types de matériel — d'où l'intérêt de recouper avec les manuels techniques précis. Postérité et modélisme Le Brückengerät B est aujourd'hui l'un des matériels de franchissement de la Wehrmacht les mieux documentés et reconstitués par les modélistes et reconstitueurs historiques — kits à l'échelle 1/144 associant le Pontonwagen Pf. 11 à son tracteur Sd.Kfz. 6, figurines Berliner Zinnfiguren, et même des reconstitutions grandeur nature encore visibles dans certains musées militaires bulgares (l'armée bulgare, alliée de l'Axe, ayant hérité de ce matériel et disposant encore d'exemplaires de démonstration). |
Le Brückengerät C — descriptionDescription technique Le Brückengerät C reposait sur des semi-pontons légers (leichte Halbpontons), transportés sur deux véhicules spécialisés :
C'est, comme son nom l'indique, une version allégée du Gerät B — deux véhicules seulement contre trois pour le Gerät B (qui ajoutait un Rampenwagen dédié), avec une numérotation de matériel (Pf. 14-15) qui suit immédiatement celle du Gerät B (Pf. 10-12). Capacité de charge 4 tonnes de charge utile, sur une longueur maximale de 84 mètres — soit une portée quasiment identique au Gerät B (83 m), mais pour une charge deux fois moindre. C'est le compromis caractéristique de ce matériel : privilégier la longueur de franchissement plutôt que la robustesse, avec un équipement nettement plus léger à transporter et à mettre en œuvre. Emploi caractéristique : passerelles et ponts piétons C'est le point distinctif du Gerät C par rapport aux autres matériels de la série : il était « überwiegend zum Bau von Stegen und Laufbrücken eingesetzt » — principalement utilisé pour la construction de passerelles (Stege) et de ponts de marche (Laufbrücken), c'est-à-dire des ouvrages destinés au passage de l'infanterie à pied plutôt qu'aux véhicules et à l'artillerie. Une source du début du XXe siècle (Meyers Konversations-Lexikon) permet de replacer cette distinction dans la doctrine classique du génie allemand, qui hiérarchisait déjà trois catégories d'ouvrages provisoires :
Le Gerät C, avec sa capacité de seulement 4 tonnes, correspond donc typiquement aux deux premières catégories — un matériel pensé pour faire traverser rapidement des fantassins et de la cavalerie démontée, pas des colonnes motorisées ou de l'artillerie lourde, contrairement au Gerät B (8-16 t) qui lui était taillé pour ce rôle de « pont de colonne ». Effectif et transport Colonne réglementaire nettement plus légère que celle du Gerät B : 1 officier, 7 sous-officiers et 45 hommes de troupe (contre 2 officiers, 13 sous-officiers et 87 hommes pour le B) — cohérent avec un matériel plus simple à mettre en œuvre. Transport par tracteurs à moteur, attelage hippomobile possible en secours, exactement comme pour le Gerät B. |
Le Brückengerät D — descriptionCette fois, deux sources indépendantes (le forum Geschichte der Wehrmacht et les archives Sandini/Waffen-Arsenal) confirment mot pour mot la même définition minimaliste, ce qui achève de confirmer ce qu'on avait établi dans l'annexe initiale : c'est bien le matériel le moins documenté de toute la série, y compris dans les sources spécialisées les plus fouillées. Description technique (l'essentiel de ce qui est attesté) « Brückengerät D = für Aufklärungs-Abteilungen (mot) auf Lkw verlastet » — matériel destiné aux groupes de reconnaissance motorisés (Aufklärungs-Abteilungen), chargé sur camions (Lkw) plutôt que sur les chariots hippomobiles/tractés spécialisés (Bockwagen, Pontonwagen) des Gerät A, B et C. C'est là toute la description technique disponible dans les deux sources — aucune indication de tonnage, ni de longueur maximale de pont, contrairement aux Gerät A (7 t/75 m), B (8-16 t/83 m), C (4 t/84 m), G (1-2 t), K (16-20 t) ou I, tous chiffrés précisément dans les mêmes archives. Le Gerät D est d'ailleurs la seule entrée de toute la liste des Brückengeräte à ne comporter aucune caractéristique de charge ni de portée. Ce que cette absence de données confirme Ce silence documentaire, retrouvé de façon identique dans deux sources indépendantes qui, elles, détaillent scrupuleusement tous les autres matériels de la série, renforce ce qu'on avait déjà avancé : le Gerät D n'a probablement jamais fait l'objet d'une fiche technique aussi formalisée que les autres, soit parce qu'il s'agissait d'un ensemble de moyens légers et hétérogènes plutôt que d'un système unifié à véhicules dédiés (contrairement au B ou au C, chacun avec ses propres Pf.-Wagen numérotés), soit parce que sa production et sa diffusion réelles sont restées limitées. Le contexte d'emploi : l'Aufklärungs-Abteilung Le point qui, lui, est bien documenté est l'unité destinataire. L'Aufklärungs-Abteilung (bataillon de reconnaissance) constituait « les yeux et les oreilles » de chaque division — dotée de véhicules blindés légers (Sd.Kfz. 231, puis Sd.Kfz. 234 en fin de guerre), de motos, et à partir de la mi-guerre de Schwimmwagen amphibies et de chars légers Luchs. Ces unités, conçues pour la vitesse et l'autonomie plutôt que le combat frontal, opéraient souvent en avant du gros de la division — exactement le profil qui justifie un matériel de franchissement léger et transportable par simple camion, sans dépendre d'une lourde colonne hippomobile ou tractée comme les Gerät A/B/C, afin de ne jamais ralentir le rythme de la reconnaissance. |
Le Brückengerät H — descriptionDescription technique Le Brückengerät H se distingue radicalement des matériels A à D vus précédemment par sa conception structurelle : ce n'est plus un pont sur pontons flottants classique, mais un pont lourd autoportant avec appui sur pontons (schwere selbsttragende Brücken mit Pontonunterstützung). La nuance est importante : contrairement au Gerät B ou C, où le tablier repose entièrement sur la flottabilité des pontons, le Gerät H combine une structure porteuse rigide autoportante — capable de tenir sa propre charge par rigidité de construction plutôt que par simple flottaison — avec un appui ponctuel sur pontons pour la partie centrale au-dessus de l'eau. C'est une architecture plus proche, dans l'esprit, d'un pont à poutres classique que d'un pont de bateaux. Le nom d'usage : « Herbert-Gerät » Fait notable, ce matériel était couramment désigné dans les unités par un nom propre plutôt que par sa seule lettre de code — le « Herbert-Gerät » (matériel Herbert), du nom vraisemblable de son concepteur ou de l'ingénieur associé à son développement. Cette double dénomination (lettre officielle H / nom d'usage Herbert-Gerät) est assez rare dans la série des Brückengeräte, où la plupart des autres matériels (A, B, C, D, G, K) ne sont désignés que par leur seule lettre. Une origine annexée : matériel austro-tchécoslovaque Comme le Gerät A hérité de 1914-1918, le Gerät H n'est pas une conception d'origine allemande, mais un matériel repris des armées autrichienne et tchécoslovaque — conséquence directe de l'Anschluss de mars 1938 et du démantèlement de la Tchécoslovaquie (occupation des Sudètes en octobre 1938, puis du reste du pays en mars 1939). La Wehrmacht a ainsi absorbé, avec les arsenaux de ces deux armées, du matériel de génie déjà existant et technologiquement mature, qu'elle a intégré à sa propre nomenclature plutôt que de le remplacer — une pratique qu'on retrouve d'ailleurs pour d'autres matériels de la série (le Gerät T, explicitement « tschechisches Brückengerät », ou le Brüko dö, provenant des stocks de l'armée autrichienne). Position dans la hiérarchie des matériels lourds Dans la liste complète des Brückengeräte, le H se situe dans la catégorie des matériels lourds, aux côtés du Gerät I (« für schwerste Belastung mit Ponton-Unterstützung », destiné aux unités blindées) et du Gerät K (jusqu'à 16-20 t, 3,50 m de large) — sans que sa capacité de charge précise en tonnes soit indiquée dans les sources consultées, contrairement au K qui est chiffré avec précision. Cette absence de chiffrage rejoint ce qu'on observait déjà pour le Gerät D et le Gerät G : au sein même de cette nomenclature par ailleurs assez systématique, certains matériels — souvent les plus spécialisés ou les moins diffusés — restent nettement moins documentés que les standards B, C et K. |
Le Brückengerät G — descriptionDescription technique (le peu qui est attesté) Le Brückengerät G — pour Gebirgsbrückengerät, littéralement « matériel de pont de montagne » — affichait une capacité de charge de 1 à 2 tonnes. C'est, comme le Gerät D, l'un des matériels de la série pour lesquels la source de référence indique elle-même explicitement l'absence de données complémentaires : « (keine weiteren Angaben vorhanden) » — aucune autre information disponible. Ni longueur maximale, ni description des véhicules ou moyens de transport associés, contrairement aux Gerät A, B, C, K qui bénéficient tous d'une fiche bien plus complète dans les mêmes archives. L'unité destinataire : les Gebirgspioniere Le Gerät G était réservé à l'usage des Gebirgspioniere (pionniers de montagne), la composante spécialisée des Pioniertruppen formée pour opérer en terrain alpin ou de haute montagne. Cette affectation exclusive explique directement sa faible capacité de charge comparée aux autres matériels de la série : en montagne, la contrainte n'est pas de faire passer des colonnes blindées ou de l'artillerie lourde, mais de permettre le franchissement de torrents, gorges et ravins étroits par des troupes légères, des mulets de bât et un armement individuel — d'où un dimensionnement pensé pour la portabilité à dos d'homme ou de mulet plutôt que pour le tonnage. Un principe qui perdure jusqu'à aujourd'hui Ce raisonnement — allègement maximal du matériel de franchissement pour l'usage en montagne, au prix d'une capacité de charge réduite — reste d'ailleurs un principe constant du génie de montagne, retrouvé aujourd'hui aussi bien dans la Bundeswehr (le Gebirgspionierbataillon 8, seule unité de ce type encore active, stationnée à la caserne Karfreit de Brannenburg en Bavière) que dans l'armée autrichienne (la 6. Gebirgsbrigade, dotée de son propre Gebirgspionierbataillon). C'est une continuité institutionnelle assez frappante : la spécialité existait déjà, sous des formes similaires, dans les armées austro-hongroise et allemande de la Première Guerre mondiale, bien avant la nomenclature Wehrmacht qu'on explore ici. Cohérence avec le reste de la série Le Gerät G confirme un motif qui se dessine nettement au fil de cette exploration systématique de la nomenclature : les matériels standards et largement diffusés (B, C, K) sont richement documentés dans les archives spécialisées — chiffres précis, effectifs réglementaires, véhicules numérotés — tandis que les matériels spécialisés pour un usage de niche (D pour la reconnaissance motorisée, G pour la montagne) restent nettement moins documentés, probablement parce qu'ils furent produits en quantités plus limitées et employés par des unités moins nombreuses, avec moins de manuels et de témoignages ayant survécu jusqu'à nous. |
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Caractéristique
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Valeur
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Éléments
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Demi-pontons (Halbpontons) sur chariots Pf. 10, Pf. 11 et Pf. 12
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Capacité — pont léger
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8 tonnes — longueur maximale 83 mètres
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Capacité — pont lourd
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16 tonnes — longueur maximale 54 mètres
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Transport
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Tracteurs motorisés — attelage hippomobile possible
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Personnel colonne
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2 officiers — 13 sous-officiers — 87 hommes de troupe
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Usage
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Pont standard pour infanterie et véhicules légers — usage le plus répandu
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Caractéristique
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Valeur
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Éléments
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Demi-pontons légers en bois à clins rivetés sur membrures métalliques
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Chariots
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Bockwagen Pf. 14 (chariot-tréteau) et Pontonwagen Pf. 15 (chariot-ponton = Leichter Pontonwagen / PLW)
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Capacité portante
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7 tonnes maximum
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Longueur maximale
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75 mètres
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Transport
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Hippomobile ou tracteur léger — très mobile
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Usage
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Passerelles d'infanterie — ponts de service légers — petits bacs
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Modèle
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Capacité charge
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Capacité hommes
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Caractéristiques
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PiLb 39 (Kleines)
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20 tonnes
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100 hommes
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15 m × 4,7 m — 2 moteurs diesel 86 ch — 20 km/h — transportable en 2 moitiés sur wagon
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PiLb 40 (Großes)
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40 tonnes
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150 hommes ou 2 véhicules
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Version grande — capacity accrue
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PiLb 41 (Großes)
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40 tonnes
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150 hommes ou 2 véhicules
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Évolution du PiLb 40
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PiLb 43
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100 tonnes
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250 hommes
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Grande version — transport de chars lourds
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Caractéristique
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Valeur
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Concepteur
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Friedrich (Fritz) Siebel — concepteur aéronautique
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Structure
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Deux pontons de pontonnage réunis par traverses fer — pont bois
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Motorisation initiale
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Paire de moteurs Ford V-8 dans chaque pontoon arrière + 3 moteurs d'avion surplus 600 ch
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Capacité de charge
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60 à 80 tonnes selon la configuration
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Production totale
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Plus de 200 exemplaires produits jusqu'en 1945
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Pic de production
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1941-1942
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Usage principal
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Mer Noire (Einsatzstab Fähre Ost) — Méditerranée — transport logistique lourd
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