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France Marine Le Superbe Sept vaisseaux de la Marine royale française 1671 1833 • De Louis XIV à la Restauration
Article fait par :Claude Balmefrezol
Mis en ligne le 06/06/2026 à 22:13:59

France Marine Le Superbe Sept vaisseaux de la Marine royale française 1671 1833 • De Louis XIV à la Restauration
Tableaux générés par l IA complétés sur mes indications
Le nom « Superbe » est l'un des plus récurrents dans l'histoire de la marine de guerre française. Sept navires l'ont successivement porté entre 1671 et 1833, traversant les règnes de Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, la République et l'Empire. Ce nom évoque à la fois la grandeur et l'orgueil du Roi-Soleil, qui en 1671 décida de rebaptiser plusieurs de ses vaisseaux avec les vertus principales du Roi : Glorieux, Éclatant, Superbe, Florissant, Foudroyant.
De ces sept Superbe, deux ont marqué l'histoire navale de façon durable : le Superbe de 1738, coulé en combat à la bataille des Cardinaux en 1759, et le Superbe de 1784, chef-d'œuvre de l'ingénieur Jacques-Noël Sané, abandonné dans la tempête de janvier 1795.
Cet article réunit l'histoire complète de cette lignée illustre, de la construction à la mer en passant par le génie de leurs architectes navals.
La Lignée des Sept Superbe — Tableau de Famille
Voici, pour commencer, la vue d'ensemble des sept navires qui portèrent le nom de Superbe au fil de deux siècles d'histoire navale française.
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N°
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Année
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Canons
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Destin
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1
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1671
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76 canons
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Anciennement « Vermandois » — rebaptisé par Louis XIV. Démoli en 1687.
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2
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1690
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70 canons
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Échoué et brûlé par son équipage à la bataille de Vigo, octobre 1702.
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3
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1710
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56 canons
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Capturé par la Royal Navy l'année même de son lancement.
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4
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1738
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74 canons
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Construit à Brest par Laurent Hélie. Coulé à la bataille des Cardinaux, 20 novembre 1759. ★
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5
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1784
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74 canons
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Classe Téméraire — plans de Jacques-Noël Sané. Abandonné dans la tempête du Grand Hiver, 30 janvier 1795. ★
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6
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1794
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flûte
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Flûte de 6e rang. Capturée par la Royal Navy l'année même de son lancement.
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7
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1814
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74 canons
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Lancé à Anvers à la fin de l'Empire. Naufragé à Paros (Cyclades, Grèce) en 1833.
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★ Les deux Superbe les plus illustres de la lignée, détaillés dans les chapitres suivants.
Les Cinq Premiers Superbe — Destins Abrégés
1er Superbe Le Superbe de 1671 Marine de Louis XIV • Rebaptisé du « Vermandois »
Le premier vaisseau à porter ce nom n'était pas un navire neuf. En janvier 1671, Louis XIV décida de rebaptiser une partie de sa flotte, remplaçant des noms jugés trop anciens ou trop lourds de souvenirs encombrants, par les vertus royales. L'ancien « Vermandois », vaisseau de 76 canons du deuxième rang, devint ainsi le « Superbe ».
Ce premier Superbe servit pendant seize ans dans la flotte de Colbert et de Seignelay la période de montée en puissance de la Marine royale. Il fut démoli en 1687, bien avant les grandes batailles navales de la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Son destin est modeste mais fondateur : il inaugure une lignée de 162 ans.
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Origine
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Rebaptisé du vaisseau « Vermandois » — janvier 1671
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Canons
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76 (2e rang)
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Époque
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Règne de Louis XIV — Marine de Colbert
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Destin
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Démoli en 1687
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2e Superbe Le Superbe de 1690 Guerre de la Ligue d'Augsbourg • Incendié à Vigo 1702
Le deuxième Superbe, vaisseau de 70 canons du deuxième rang, fut lancé à Toulon en mars 1690. Il appartint à la génération des vaisseaux construits pendant la grande phase de réarmement naval de 1689–1693, quand la France lançait jusqu'à 17 vaisseaux par an pour défier simultanément l'Angleterre et les Provinces-Unies.
Il périt lors d'un épisode à la fois dramatique et peu glorieux. En octobre 1702, au début de la guerre de Succession d'Espagne, une escadre franco-espagnole transportant l'argent des Indes se réfugia dans la baie de Vigo (Galice). Une flotte anglo-hollandaise l'attaqua et la détruisit presque entièrement. Le Superbe, privé d'échappée, fut échoué et brûlé par son propre équipage pour ne pas tomber entre les mains de l'ennemi. Les trésors coulés à Vigo alimentent encore aujourd'hui l'imagination des chasseurs d'épaves.
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Arsenal de construction
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Toulon
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Lancement
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Mars 1690
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Canons
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70 (2e rang)
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Guerre
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Guerre de Succession d'Espagne
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Destin
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Échoué et brûlé par son équipage — baie de Vigo, octobre 1702
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3e Superbe Le Superbe de 1710 Guerre de Succession d'Espagne • Capturé l'année du lancement
Le troisième Superbe, vaisseau de 56 canons du troisième rang, lancé en 1710, eut la plus courte et la plus malheureuse des carrières. Capturé par la Royal Navy l'année même de son lancement, il n'eut pas le temps de faire ses preuves. Son destin illustre la détérioration progressive de la situation navale française au cours de la guerre de Succession d'Espagne, après les désastres de Barfleur et de La Hougue (1692) qui avaient brisé la suprématie maritime française.
Deux Superbe capturés l'année de leur lancement (1710 et 1794) témoignent de la vulnérabilité de navires neufs, dont les équipages n'ont pas encore eu le temps de se roder, face à la maîtrise des mers que la Royal Navy exerçait pendant ces périodes de guerre.
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Canons
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56 (3e rang)
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Lancement
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1710
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Destin
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Capturé par la Royal Navy — 1710
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Contexte
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Guerre de Succession d'Espagne — suprématie britannique après La Hougue
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4e Superbe Le Superbe de 1738 La Bataille des Cardinaux • 20 novembre 1759
Construction et premières années
Le quatrième Superbe est le premier grand Superbe de la lignée. Vaisseau de ligne de 74 canons du troisième rang, il fut construit à l'arsenal de Brest par l'architecte naval Laurent Hélie et lancé le 27 juin 1738. Il appartient à ce petit nombre de bâtiments construits dans les vingt-cinq premières années du règne de Louis XV, période de paix marquée par de très faibles crédits pour la Marine.
Bien que portant 74 canons, il n'appartenait pas à la classe dite des « vaisseaux de 74 canons » standardisée à partir de 1743–1744, dont la conception architecturale était très différente. C'était un vaisseau de l'ancienne école, construit avant la grande réforme de l'architecture navale française qui allait donner naissance aux navires de Sané.
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Type
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Vaisseau de ligne, 3e rang
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Constructeur
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Laurent Hélie — architecte naval
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Arsenal
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Brest
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Lancement
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27 juin 1738
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Canons
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74
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Équipage
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Environ 630 hommes
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Guerres
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Guerre de Succession d'Autriche (1740–1748), guerre de Sept Ans (1756–1763)
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Destin
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Coulé le 20 novembre 1759 — bataille des Cardinaux
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Épave
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Localisée en 1984 par l'équipe de Jean-Michel Eriau
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La guerre de Sept Ans et le projet d'invasion de l'Angleterre
En 1759, la guerre de Sept Ans battait son plein. La France, alliée à l'Autriche contre la Prusse et l'Angleterre, était épuisée — les défaites s'accumulaient en Inde, au Canada, aux Antilles. Le gouvernement de Versailles cherchait un coup d'éclat décisif : un débarquement en Écosse et en Angleterre qui forcerait les Britanniques à ramener leurs troupes du front continental.
Pour cela, l'escadre de Brest devait sortir du port, forcer le blocus britannique et escorter un convoi de 20 000 soldats rassemblés dans le golfe du Morbihan. Le commandement de la flotte française était confié au maréchal Hubert de Brienne, comte de Conflans, âgé de 69 ans. Face à lui, l'amiral britannique Edward Hawke montait la garde devant Brest avec 24 vaisseaux.
Le 20 novembre 1759 La Bataille des Cardinaux
Le 14 novembre 1759, l'escadre de Conflans prit la mer depuis Brest avec 21 vaisseaux de ligne. Le temps était mauvais et empirait. Hawke, informé de la sortie française, leva l'ancre depuis Plymouth et se lança à la poursuite.
Le 20 novembre, les deux flottes se retrouvèrent dans la baie de Quiberon, par fort vent d'ouest et houle de 4 à 5 mètres, parmi les rochers et les hauts-fonds des îles d'Hœdic et Dumet. Conflans espérait que les Britanniques n'oseraient pas s'engager dans ces eaux dangereuses. Il se trompait : Hawke fit mettre toutes voiles dehors et attaqua.
Le Superbe jouait un rôle crucial dans la bataille : il était l'un des trois vaisseaux protégeant le navire amiral français, le Soleil Royal, lorsque Hawke lui-même, depuis son vaisseau Royal George, se porta à l'attaque du cœur de la flotte française. Deux bordées décisives furent tirées à 16h41. Le Superbe coula vers 16h45, emportant ses 630 marins dans les eaux glaciales de Quiberon.Comme pour le Thésée coulé peu avant, le naufrage du Superbe fut dû à l'entrée de la mer par les sabords ouverts de la batterie basse après un tir. Un virement de bord précipité, la précision du tir anglais, la fermeture tardive des sabords par un équipage peu entraîné en quelques minutes, le vaisseau fut englouti.
La bataille des Cardinaux fut une catastrophe pour la marine française : six vaisseaux perdus, le projet d'invasion définitivement avorté, la maîtrise des mers atlantiques abandonnée aux Britanniques pour le reste de la guerre. Le Superbe comptait parmi les 37 vaisseaux perdus par la France pendant cette désastreuse guerre de Sept Ans.
L'épave retrouvée : localisée en 1984 par l'équipe de l'archéologue sous-marin Jean-Michel Eriau, l'épave du Superbe de 1738 repose par plusieurs dizaines de mètres de fond dans la baie de Quiberon. Elle témoigne encore aujourd'hui de cette fin héroïque et tragique.
Jacques-Noël Sané — Le Génie qui Donna Naissance au Superbe de 1784
Avant d'aborder le cinquième Superbe le plus célèbre techniquement il faut s'arrêter longuement sur l'homme qui l'a conçu. Jacques-Noël Sané naît le 18 février 1740 à Brest, dans une famille liée aux arsenaux depuis des générations. Élève constructeur dès 1758, il intègre en 1765 l'École du Génie Maritime de Paris créée par l'encyclopédiste Duhamel du Monceau la meilleure école d'ingénieurs navals du monde.
Diplômé ingénieur constructeur en 1774, il dirige ses deux premières constructions : la frégate La Surveillante et le vaisseau L'Annibal. Ces deux réalisations sont immédiatement saluées pour leur maniabilité et leur vitesse. La réputation de Sané est faite. Il n'a pas encore 35 ans.
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Naissance
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18 février 1740 — Brest
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Décès
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22 août 1831 — Paris (91 ans)
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Formation
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École du Génie Maritime de Paris — élève de Duhamel du Monceau
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Diplôme
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Ingénieur constructeur — 1774
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Carrière
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Directeur constructions navales Brest (1793) — Inspecteur général Génie Maritime (1800–1817)
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Titres
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Baron de l'Empire (1810) — Membre de l'Institut national (1796)
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Bilan
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Plus de 150 navires conçus — dont 107 vaisseaux de 74 canons
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Surnom
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« Le Vauban de la Marine »
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Ce qui distingue Sané de tous ses contemporains, c'est sa vision révolutionnaire de la coque de navire. Là où ses prédécesseurs construisaient des vaisseaux massifs aux hauts châteaux-arrières ornementés, Sané applique les principes de la physique newtonienne à l'architecture navale.
La signature de Sané ce qui rendait ses navires uniques
Lignes de carène fluides empruntant les principes de l'hydrodynamique naissante
Flancs bombés de façon optimale — minimum de résistance à l'avancement
Poupe intégrée au reste de la coque — rupture avec les grands châteaux-arrières du XVIIe siècle
Quille basse favorisant la stabilité sans sacrifier la vitesse
Standardisation stricte — toutes les pièces identiques, maintenance facilitée dans tous les arsenaux
Résultat : ses vaisseaux de 74 canons manoeuvraient presque aussi bien que des frégates
Reconnaissance ennemie : la Royal Navy copiait les plans de Sané dès qu'elle capturait un de ses navires
1782 Naissance de la classe Téméraire
Après la guerre d'Amérique (1778–1783), le maréchal de Castries, ministre de la Marine de Louis XVI, prend une décision révolutionnaire : la Marine royale n'utilisera plus que trois types normalisés de vaisseaux de ligne le 74, le 80 et le 118 canons. Un seul plan modèle sera établi pour chaque type et imposé dans tous les arsenaux.
Voyons en detail ce système Sané
Mais tout d abord qui est Jacques-Noël Sané 1740 1831
I génieur naval de génie, Jacques-Noël Sané a redéfini l'architecture des vaisseaux de guerre à une époque où la puissance d'une nation se mesurait à la qualité de sa flotte. Jaques-Noël Sané naît le 18 février 1740 à Brest, dans une famille dont le nom est intimement lié aux arsenaux depuis plusieurs générations. Fils et petit-fils d'officiers de marine, il grandit dans l'odeur du goudron et du bois de chêne, au rythme des coups de marteau des chantiers navals. Son avenir semble tracé dès l'enfance.
Élève constructeur dès 1758, il intègre en 1765 l'École du Génie Maritime de Paris, fondée par l'encyclopédiste Henri-Louis Duhamel du Monceau — la meilleure école d'ingénieurs navals d'Europe. Il y reçoit une formation rigoureuse mêlant mathématiques, physique newtonienne et dessin de carène.Diplômé ingénieur constructeur en 1774, il signe immédiatement ses deux premières réalisations : la frégate La Surveillante et le vaisseau L'Annibal. Ces navires sont aussitôt remarqués pour leur maniabilité et leur vitesse hors du commun. La réputation de Sané est faite. Il n'a pas encore 35 ans.
Ce qui distingue Sané de tous ses contemporains, c'est sa vision entièrement nouvelle du vaisseau de guerre. Là où ses prédécesseurs construisaient des bâtiments massifs aux hauts châteaux-arrières ornementés, aux lignes de flottaison rigides héritées du XVIIe siècle, Sané applique les principes de la physique newtonienne à l'architecture navale.Sa coque se caractérise par des lignes fluides et sobres, avec un minimum de décorations superflues. Les flancs sont bombés de façon optimale pour réduire la résistance à l'avancement. La quille, basse et effilée, favorise la stabilité sans sacrifier la vitesse. Mais c'est la poupe qui constitue la rupture la plus spectaculaire : en abandonnant les imposants châteaux-arrières du siècle précédent, Sané supprime d'un trait la principale source de résistance hydrodynamique de l'époque.
Son autre grande innovation est d'ordre industriel. Sané ne se contente pas de dessiner de beaux navires : il impose que ses plans soient suivis à la lettre dans tous les arsenaux du royaume, avec des gabarits normalisés et des pièces strictement interchangeables. Un mât cassé à Brest peut être remplacé par une pièce fabriquée à Toulon. Cette standardisation, révolutionnaire pour l'époque, change profondément l'organisation de la Marine.
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Resumé
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• Lignes de carène fluides inspirées de l'hydrodynamique naissante
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• Flancs bombés optimisés pour minimiser la résistance à l'avancement
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• Poupe intégrée — rupture définitive avec les grands châteaux-arrières du XVIIe siècle
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• Quille basse favorisant la stabilité sans sacrifier la vitesse
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• Standardisation stricte — pièces identiques dans tous les arsenaux de France
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• Résultat : ses vaisseaux de 74 canons manœuvraient presque aussi bien que des frégates
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• Reconnaissance ennemie : la Royal Navy copiait les plans de Sané dès qu'elle capturait un de ses navires
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Le concours de 1782
Après la guerre d'Amérique (1778–1783), le maréchal de Castries, ministre de la Marine de Louis XVI, prend une décision qui va transformer en profondeur la flotte française. Constatant la dispersion des types de vaisseaux en service — chaque arsenal construisant selon ses propres plans —, il décide d'une normalisation radicale : la Marine royale n'utilisera désormais plus que trois types de vaisseaux de ligne, définis une fois pour toutes par des plans uniques imposés dans l'ensemble du royaume.
Ces trois types sont le vaisseau de 74 canons, le vaisseau de 80 canons et le vaisseau de 118 canons. Pour chacun d'eux, un concours est ouvert aux meilleurs ingénieurs constructeurs de France. Le jury est présidé par le chevalier de Borda, mathématicien et physicien de renom, figure de l'Académie des sciences.
En 1782, Sané présente ses plans pour les trois types simultanément. Le résultat est sans précédent dans l'histoire de l'architecture navale française : Sané remporte les trois concours. Un seul homme va ainsi définir l'intégralité de la flotte de ligne française pour les cinquante années suivantes.
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Les trois victoires de Sané au concours de 1782
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• 74 canons — Classe Téméraire (plans homologués 1782) : le cheval de bataille de la flotte
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• 118 canons — Classe Océan (plans homologués 1785) : le vaisseau amiral par excellence
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• 80 canons — Classe Tonnant (plans homologués 1787) : le type intermédiaire puissant
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Les trois types normalisés
Le vaisseau de 74 canons Classe Téméraire
Le 74 canons est, de loin, le type le plus important de la flotte française et de toutes les flottes européennes de l'époque. Il représente le compromis idéal entre puissance de feu, vitesse et coût de construction. Ni trop lourd comme un trois-ponts, ni trop léger pour tenir sa place en ligne de bataille, il est le vaisseau universel du XVIIIe siècle.
Le Téméraire de Sané, avec ses lignes hydrodynamiques et ses flancs finement calculés, est unanimement reconnu comme le meilleur 74 canons de son temps. Les chantiers britanniques, qui le copient dès qu'ils en ont l'occasion, lui rendent le plus bel hommage qui soit. Sur les cinquante années suivant le concours, la France en construit 107 exemplaires un chiffre qui illustre à lui seul l'importance du type.
Armé de 28 canons de 36 livres sur le pont inférieur, 30 canons de 18 livres sur le pont supérieur et 16 canons de 8 livres sur le gaillard, le 74 canons de Sané développe une puissance de feu considérable tout en conservant une agilité remarquable. C'est sur ce navire que repose l'essentiel de la puissance de la France en mer, de Louis XVI à la Restauration.
Le vaisseau de 80 canons Classe Tonnant
Le 80 canons occupe une position intermédiaire dans la hiérarchie de la flotte. Plus puissant que le 74, il reste plus maniable qu'un trois-ponts. Type relativement rare, il est moins courant que son frère de 74 canons, mais réputé pour ses qualités nautiques équilibrées.
La classe Tonnant de Sané compte 35 unités construites entre 1787 et les premières décennies du XIXe siècle. Ces bâtiments servent sous toutes les bannières de la France révolutionnaire et impériale. Le Tonnant lui-même, pris par les Britanniques à la bataille du Nil en 1798, est conservé en service dans la Royal Navy pour ses qualités — preuve supplémentaire du génie de son concepteur.
Armé de 30 canons de 36 livres, 32 canons de 24 livres et 18 canons de 8 livres, le 80 canons de Sané dispose d'une artillerie nettement plus lourde que le 74. C'est un navire de contre-amiral ou de vice-amiral, destiné à tenir un rôle de commandement dans les escadres françaises.
Le vaisseau de 118 canons Classe Océan
Le vaisseau de 118 canons est le sommet de la hiérarchie navale française. Trois-ponts imposant, il est réservé aux amiraux et aux batailles décisives. Sa masse, sa hauteur et sa puissance de feu en font une forteresse flottante, capable d'endurer des combats prolongés là où un vaisseau de moindre rang aurait dû se retirer.
La classe Océan de Sané, homologuée en 1785, donne naissance à 9 vaisseaux construits sur ses plans. L'Océan lui-même, vaisseau amiral à Brest, est l'un des navires les plus célèbres de la Marine française de la fin de l'Ancien Régime. Le Commerce de Marseille, pris par les révolutionnaires à Toulon en 1793
Avec 30 canons de 36 livres sur le premier pont, 34 canons de 24 livres sur le deuxième et 34 canons de 18 livres sur le troisième, auxquels s'ajoutent 20 canons légers sur les gaillards, le 118 canons développe une puissance de feu sans équivalent dans la Marine française. Son seul défaut : une maniabilité réduite par son tonnage considérable, qui l'oblige à éviter les îlots et les eaux peu profondes.
Tableau comparatif des trois types normalisés
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Type
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74 canons (Téméraire)
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80 canons (Tonnant)
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118 canons (Océan)
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Ponts
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2 ponts
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2 ponts
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3 ponts
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Artillerie
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74 canons (36, 18, 8 livres)
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80 canons (36, 24, 8 livres)
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118 canons (36, 24, 18 livres)
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Longueur
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~55 m
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~57 m
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~62 m
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Équipage
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~650 hommes
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~750 hommes
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~1 000 hommes
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Unités construites
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107
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35
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9
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Usage typique
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Vaisseau de ligne universel
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Vaisseau de contre-amiral
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Vaisseau amiral
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Exemple célèbre
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Vengeur du Peuple
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Tonnant
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Océan / Commerce de Marseille
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L'impact de la standardisation industrielle
Au-delà du génie de conception, la vraie révolution de Sané est organisationnelle. En imposant des plans strictement identiques dans tous les arsenaux de France — Brest, Toulon, Rochefort, Lorient, Cherbourg —, il crée de facto le premier système industriel de construction navale de série.
Les conséquences pratiques sont considérables. Un mât, un cordage, une poulie, un canon de calibre standard : tout peut être produit en série, stocké, acheminé et remplacé sans délai sur n'importe quel navire de la flotte. La maintenance des vaisseaux en opération s'en trouve profondément simplifiée. La formation des équipages également : un marin qui connaît un 74 canons les connaît tous.
Cette rationalisation permet aussi d'accélérer considérablement les cadences de construction. Pendant les guerres révolutionnaires et impériales, alors que la France doit reconstruire une flotte décimée par les défaites et les captures, les arsenaux peuvent reproduire les plans de Sané rapidement et sans risque d'erreur. Les gabarits normalisés garantissent la qualité de chaque pièce, indépendamment de l'arsenal qui la produit.
L'hommage le plus éloquent vient pourtant de l'ennemi. La Royal Navy, chaque fois qu'elle capture un vaisseau français construit sur les plans de Sané, conserve le bâtiment en service au lieu de le désarmer. Les officiers britanniques reconnaissent ouvertement la supériorité nautique de ces navires. Plusieurs arsenaux anglais copient les lignes de carène de Sané pour leurs propres constructions.
La Révolution française ne brise pas la carrière de Sané au contraire elle l'accélère. Nommé directeur des constructions navales à Brest en 1793, il survit à la Terreur grâce à son utilité indiscutable pour la défense nationale. La République a besoin de ses vaisseaux plus que jamais.Sous le Consulat et l'Empire, Napoléon, qui comprend mieux que quiconque la valeur des ingénieurs de génie, comble Sané d'honneurs. En 1800, il est nommé Inspecteur général du Génie Maritime, poste qu'il occupe jusqu'en 1817. En 1810, il est élevé au rang de baron de l'Empire. Membre de l'Institut national dès 1796, il est l'une des figures les plus respectées de la communauté scientifique française.
C'est pendant ces années que les vaisseaux de Sané connaissent leur baptême du feu à grande échelle. Trafalgar (1805) voit périr ou être capturés plusieurs de ses 74 canons mais les officiers britanniques eux-mêmes, dans leurs rapports, mentionnent la qualité nautique des prises françaises. Le Bucentaure, vaisseau amiral de Villeneuve, est l'un d'eux.
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Les vaisseaux de Sané dans les grandes batailles navales
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• Bataille de Groix (1795) — plusieurs 74 canons de classe Téméraire engagés
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• Bataille du Nil (1798) — le Tonnant (80 canons) capture l'imagination britannique
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• Bataille de Trafalgar (1805) — le Bucentaure (80 canons), vaisseau amiral de Villeneuve
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• Campagnes des Antilles — les 74 canons assurent la défense des colonies françaises
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Jacques-Noël Sané s'éteint le 22 août 1831, à Paris, à l'âge de 91 ans. Derrière lui, il laisse une flotte de plus de 150 navires conçus de sa main, dont 107 vaisseaux de 74 canons, 35 de 80 canons et 9 de 118 canons. Certains de ces bâtiments sont encore en service au moment de sa mort, soit près de cinquante ans après leur conception. Aucun autre ingénieur naval de l'histoire n'a eu un impact comparable sur la flotte de son pays.
Son œuvre dépasse la simple construction de navires. En imposant la standardisation, il a transformé la Marine en une organisation industrielle moderne. En appliquant la physique à l'architecture navale, il a posé les bases de l'hydrodynamique appliquée. En remportant les trois concours de 1782, il a montré qu'un seul homme de génie pouvait redéfinir les règles d'une discipline entière.
Le surnom que lui donnèrent ses contemporains — « Le Vauban de la Marine » — résume mieux que tout long discours la place qui lui revient dans l'histoire militaire et technique de la France. Comme Vauban avait révolutionné la guerre de siège, Sané a révolutionné la guerre navale. Les deux hommes avaient en commun le même génie de la systématisation, la même capacité à imposer une vision cohérente à une institution entière, et le même mépris des ornements inutiles au profit de l'efficacité absolue.
En 1782, Sané présente ses plans pour le 74 canons, qu'il baptise Téméraire. Le jury, présidé par le chevalier de Borda, les retient. Dans la foulée, Sané remporte également les concours pour le 118 canons (classe Océan, 1785) et le 80 canons (classe Tonnant, 1787). Un seul homme aura ainsi défini l'intégralité de la flotte de ligne française pour les cinquante années suivantes.
Sur ses plans, la France construira 107 vaisseaux de 74 canons entre 1783 et 1841 servant sous la Royauté, la République, l'Empire et la Restauration. Certains resteront en service jusqu'aux années 1860, soit quatre-vingts ans après leur conception.
5e Superbe 1784 Classe Téméraire • Lancement 11 novembre 1784 • Coulé 30 janvier 1795
La construction du Superbe débute en juillet 1782 dans les formes de l'arsenal de Brest. Elle s'inscrit dans le grand programme de renouvellement de la flotte décidé par Louis XVI après la guerre d'Amérique, et suit scrupuleusement les plans de Sané récemment homologués. Le Superbe est mis à l'eau le 11 novembre 1784 et entre en service actif en 1785, après l'installation du gréement, de l'artillerie et l'embarquement des provisions.
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Type
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Vaisseau de ligne, 3e rang — Classe Téméraire
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Architecte
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Jacques-Noël Sané
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Arsenal
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Brest — mise en chantier juillet 1782
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Lancement
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11 novembre 1784
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En service
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1785
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Longueur
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55,87 mètres
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Largeur (maître-bau)
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14,46 mètres
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Tirant d'eau
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7,15 mètres
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Déplacement
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3 069 tonneaux
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Équipage
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705 hommes (certaines sources : 678)
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Surface vélique
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2 485 m² de voiles
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Coque
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Plaques de cuivre anti-vers marins
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Armement
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74 canons : 28 × 36 livres (batterie basse) + 30 × 18 livres (batterie haute) + 12 × 8 livres + 4 caronades
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L'armement — 74 canons sur deux ponts
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Position
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Nombre
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Type de pièce
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Poids du boulet
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Batterie basse (1er pont)
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28 canons
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Canon long de 36 livres
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17,5 kg par boulet
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Batterie haute (2e pont)
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30 canons
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Canon long de 18 livres
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8,7 kg par boulet
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Gaillard avant
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12 canons
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Canon de 8 livres
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3,9 kg par boulet
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Gaillard arrière (caronades)
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4 pièces
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Caronade de 36 livres
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Mitraille / courte portée
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Le cuivrage de la coque
L'une des caractéristiques les plus remarquables du Superbe est le revêtement en plaques de cuivre de la coque sous la ligne de flottaison. Le taret (Teredo navalis), mollusque qui fore des galeries dans le bois immergé, peut réduire une coque neuve en gruyère en quelques années sous les tropiques. Les plaques de cuivre constituent une barrière infranchissable, maintenant la coque plus propre et réduisant la résistance à l'avancement.
Double avantage stratégique : le cuivrage permet d'espacer les carénages coûteux, offre un léger avantage de vitesse sur les vaisseaux encrassés, et maintient le maximum de navires opérationnels une considération capitale pour une marine toujours en guerre.
La Croisière du Grand Hiver Décembre 1794 / Janvier 1795
Le Superbe de 1784 est intégré à la flotte républicaine du vice-amiral Villaret-Joyeuse l'un des amiraux les plus compétents de la République. En décembre 1794, la Convention nationale ordonne une expédition hivernal dans l'Atlantique : la Croisière du Grand Hiver. C'est l'exemple parfait de ce que des politiciens ignorants des réalités maritimes peuvent imposer à une flotte.
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La Croisière du Grand Hiver — Le contexte
Commanditaire : Convention nationale — Comité de Salut Public
Commandant : Vice-amiral Villaret-Joyeuse
Départ de Brest : 24 décembre 1794 — jour de Noël
Objectif : Croiser dans l'Atlantique, attaquer le commerce britannique
Problème : Flotte mal entretenue, équipages épuisés par le typhus, vivres insuffisants
Saison : Plein hiver atlantique — tempêtes violentes garanties
Bilan : 5 vaisseaux de ligne perdus — dont le Superbe
— « Croisière inutile ordonnée par des politiciens incompétents » — Villaret-Joyeuse, mars 1795
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L'agonie du Superbe 26 au 30 janvier 1795
Le 26 janvier 1795, par forte houle et vent violent, le Superbe commence à souffrir d'une voie d'eau. Le capitaine Colomb en informe l'amiral : le navire prend de l'eau et les pompes ne suffisent plus. Dans une décision désespérée, les canons sont jetés par-dessus bord pour alléger le navire des pièces de bronze et de fonte pesant chacune plusieurs tonnes. Sacrifice inutile : l'eau continue de monter.
Pendant quatre jours, du 26 au 30 janvier, l'équipage lutte contre l'envahissement, pompant sans relâche dans un froid glacial, épuisé, affamé. Le 30 janvier 1795, constatant que le Superbe est condamné, Villaret-Joyeuse donne l'ordre d'évacuer. Les vaisseaux Montagne, Montagnard et Papillon recueillent l'équipage. Malgré les efforts, 21 hommes périssent. Le chef-d'œuvre de Sané coule dans l'Atlantique, à proximité de Brest.
le Vice-amiral Villaret-Joyeuse, écrit une lettre au commissaire de la Marine, 27 mars 1795 sur ce naufrage C'est bien à juste titre que tu te récries sur l'incapacité des commandants de convoi... Quant à moi, je tranche le mot : ignorance, intrigues, prétentions, apathie pour le service, basses jalousies, ambition de grade — non pour avoir occasion de se distinguer, mais bien parce que l'emploi donne plus d'argent voilà malheureusement le tableau trop fidèle... »
Les Deux Derniers Superbe Les Oubliés de la Lignée
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6e Superbe La Flûte de 1794 Guerres révolutionnaires •Capturée l'année du lancementLa sixième unité portant le nom de Superbe est une flûte de sixième rang lancée en 1794 — soit un bâtiment de transport armé, bien différent des fiers vaisseaux de ligne qui l'avaient précédé. Elle eut une carrière encore plus éphémère que le Superbe de 1710 : capturée par la Royal Navy l'année même de son lancement. Deux Superbe capturés l'année de leur lancement (1710 et 1794) témoignent de la vulnérabilité des navires neufs dont les équipages n'ont pas encore eu le temps de se roder.
7 e Superbe de 1814 Dernier de la Lignée • Anvers 1814 Naufragé à Paros 1833
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Le septième et dernier Superbe fut lancé à Anvers en 1814, à la toute fin de l'Empire napoléonien, quand les arsenaux cherchaient à reconstituer une marine décimée par vingt ans de guerres. Vaisseau de 74 canons, il ne fut guère plus heureux que ses prédécesseurs.
Il disparut de manière inattendue : naufragé à Paros, dans les îles Cyclades grecques, en 1833 en pleine mer Égée, loin des combats de l'Atlantique qui avaient marqué la lignée. Ce fut le dernier acte d'une lignée de 162 ans d'histoire navale française, close non par un combat mais par le hasard de la mer.
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Arsenal de construction
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Anvers (Belgique actuelle)
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Lancement
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1814 — fin de l'Empire napoléonien
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Canons
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74
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Destin
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Naufragé à Paros (Cyclades, Grèce) — 1833
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Signification
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Dernier navire de la lignée — 162 ans après le premier Superbe de 1671
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DE LOUIS XIV AUX CYCLADES — 1671 À 1833
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1671
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Louis XIV rebaptise le « Vermandois » en « Superbe » — 1er navire de la lignée (76 canons)
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1687
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Démolition du 1er Superbe
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1690
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Lancement du 2e Superbe à Toulon (70 canons)
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1702
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2e Superbe — Échoué et brûlé à la bataille de Vigo (guerre de Succession d'Espagne)
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1710
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Lancement du 3e Superbe (56 canons) — capturé l'année même par la Royal Navy
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1738
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Lancement du 4e Superbe à Brest par Laurent Hélie (74 canons) — le futur héros des Cardinaux
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1740
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Naissance de Jacques-Noël Sané à Brest — le futur architecte du 5e Superbe
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1756
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Guerre de Sept Ans — le 4e Superbe entre en opérations
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20 nov. 1759
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★ BATAILLE DES CARDINAUX — Le 4e Superbe coulé par le HMS Royal George. 630 marins perdus.
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1782
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Sané remporte le concours de normalisation — la classe Téméraire est née. Mise en chantier du 5e Superbe à Brest.
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11 nov. 1784
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★ Lancement du 5e Superbe — chef-d'œuvre de Sané (74 canons, classe Téméraire)
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1785
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Le 5e Superbe entre en service dans la Marine royale de Louis XVI
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1789
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Révolution française — La Marine royale devient Marine nationale
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1792
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Proclamation de la République — début des guerres révolutionnaires
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1794
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Lancement de la flûte Superbe (6e unité) — capturée l'année même
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24 déc. 1794
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Départ de Brest — Croisière du Grand Hiver. Le 5e Superbe à bord de la flotte de Villaret-Joyeuse
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26 jan. 1795
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Le 5e Superbe prend une voie d'eau — début de l'agonie
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30 jan. 1795
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★ Le 5e Superbe évacué et coulé dans l'Atlantique. 21 hommes perdus.
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1814
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Lancement du 7e et dernier Superbe à Anvers (74 canons) — fin de l'Empire
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1831
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Mort de Jacques-Noël Sané à Paris — à 91 ans
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1833
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★ Naufrage du 7e Superbe à Paros (Grèce) — fin de la lignée après 162 ans
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1984
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Localisation de l'épave du 4e Superbe dans la baie de Quiberon par Jean-Michel Eriau
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Années 80
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Naissance de l'artisanat des maquettes de bateaux à l'île Maurice — le Superbe de 1784 parmi les modèles les plus reproduits
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Héritage De l'Atlantique aux Ateliers de l'Île Maurice
L'héritage de Jacques-Noël Sané
Sané est mort à Paris le 22 août 1831, à 91 ans, après une vie entière consacrée à la construction navale. Ses plans auront façonné la marine française pendant près d'un siècle. 107 vaisseaux de 74 canons, 35 de 80 canons, 9 de 118 canons, sans compter ses frégates soit plus de 150 navires de guerre majeurs. Un bilan sans équivalent dans l'histoire de l'architecture navale française.
La Royal Navy britannique, pourtant ennemie, a rendu à Sané l'hommage le plus sincère qui soit : elle copiait ses plans dès qu'elle s'emparait d'un de ses navires, et conservait certains vaisseaux français capturés pour leurs qualités nautiques supérieures. Le Commerce de Marseille de 118 canons, capturé à Toulon en 1793, fut décrit par les Anglais comme un « vaisseau aux lignes exceptionnellement fines, bon navire de haute mer. »
Les maquettes de l'île Maurice
Si Le Superbe a coulé le 30 janvier 1795 dans les eaux glacées de l'Atlantique, son souvenir a survécu grâce à un artisanat remarquable né à l'autre bout du monde, dans l'océan Indien. Les maquettes de bateaux de l'île Maurice représentent aujourd'hui l'un des artisanats les plus réputés au monde dans ce domaine.
L'histoire commence dans les années 1980. C'est l'ambassadeur français Raphaël Touze qui donne l'impulsion décisive : enthousiasmé par les premières maquettes réalisées localement, il encourage leur développement commercial. Les plans proviennent directement des archives du Musée de la Marine française à Paris une filiation directe avec les ingénieurs comme Sané.
En 1982 est fondée Historic Marine à Goodlands, aujourd'hui dirigée par Serge Piat, fils de son créateur. Le Superbe de 1784 est l'un des modèles les plus prisés : sa silhouette de vaisseau de ligne à deux ponts, ses 74 canons alignés le long des sabords, ses trois mâts portant un gréement complet, sa coque cuivrée — tout en fait un sujet idéal pour mettre en valeur le savoir-faire des artisans.
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Dimensions typiques
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De 60 cm à 1 m 15 de longueur — 84 cm de hauteur
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Matériaux
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Tek, acajou, palissandre — fil de cuivre — tissu voiles — cordage naturel
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Plans de référence
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Monographies Jean Boudriot — Musée National de la Marine de Paris
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Fabrication
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Entièrement artisanale — chaque pièce taillée, tournée ou forgée à la main
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Principaux ateliers
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Historic Marine (Goodlands), Camajora (Curepipe), artisans indépendants
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Conclusion
Sept navires, sept destins. Du « Vermandois » rebaptisé par Louis XIV en 1671 à l'épave de Paros en 1833, la lignée des Superbe traverse deux siècles de marine française de la gloire du Roi-Soleil aux derniers feux de la Restauration.
De ces sept navires, deux dominent la mémoire : le Superbe de 1738, qui coula en héros à la bataille des Cardinaux en protégeant son amiral jusqu'au dernier coup de mousquet ; et le Superbe de 1784, chef-d'œuvre de Jacques-Noël Sané, vaincu non par l'ennemi mais par une croisiere d'hiver en pleinetempêtes ordonné par des politiciens irresponsables.
Aujourd'hui, c'est dans les ateliers de l'île Maurice que le Superbe « revit ». Des artisans patients, planche après planche, cordage après cordage, redonnent vie à ce vaisseau que la mer a englouti il y a plus de deux siècles.