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Japon Artillerie Canon sans recul expérimental de 45 mm Type 5 試製五式四十五筵簡易無反動砲

Article fait par :Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 28/05/2026 à 22:07:52



Canon sans recul expérimental de 45 mm Type5  試製五式四十五筵簡易無反動砲
Tableaux Générés par IA sur mes indications
 

 

ntroduction

 

À l'automne 1945, le Japon impérial se préparait à affronter l'invasion de son territoire métropolitain par les forces alliées (Opération Downfall). Dans ce contexte de crise industrielle et militaire sans précédent, l'état-major japonais multipliait le développement d'armes désespérées, simples à fabriquer et à utiliser, destinées à pallier l'absence de blindage japonais face aux chars américains.Le canon sans recul expérimental de 45 mm Type 5 est l'une de ces créations de dernière heure. Conu en 1945, ce système antichar portable illustre à la fois l'ingéniosité des ingénieurs japonais, leur maîtrise des technologies de charges creuses acquises en partie grâce à l'Allemagne nazie, et l'état de délabrement de l'industrie de guerre japonaise dans ses ultimes mois.Malgré sa portée limitée à 30 mètres en conditions de combat réelles et l'absence de système de visée, le Type 5 représente un intérêt considérable pour le maquettiste et le figuriniste spécialisé dans le Pacifique 1944–1945.
NB  cette arme est souvent désignée par erreur comme « lance-grenades ». Il s'agit en réalité d'un canon sans recul antichar réutilisable , dont le principe de fonctionnement est fondamentalement différent d'un lance-grenades. La dénomination japonaise officielle est : fusil sans recul simplifié expérimental de type 5 (試製五式四十五粍簡易無反動砲).
Contexte historique et industriel 
Entre 1944 et 1945, l'armée japonaise était confrontée à une inadaptation croissante de ses armes antichars face à la montée en puissance des blindés américains présetns sur le PTO , notamment le M4 Sherman. Le canon antichar de 47 mm Type 1, pourtant satisfaisant en début de guerre, se révèlait de plus en plus insuffisant et difficile à produire en grande série dans une économie de guerre exsangue.
Parallelement, la perte de la suprématie navale japonaise coupait l'archipel de ses sources d'approvisionnement en matières premières. La capacité industrielle s'effondrait sous les bombardements américains. L'état-major était contraint de se tourner vers des solutions radicalement simplifiées, acceptant des compromis impensables quelques années plus tôt.
Le transfert de technologie allemand
La coopération militaro-technique avec l'Allemagne joua un rôle déterminant. Après la signature du Pacte tripartite le 27 septembre 1940, le Japon eut accès à plusieurs innovations militaires allemandes. Le transfert de la technologie des charges creuses, effectué sur ordre personnel d'Adolf Hitler, fut particulièrement important. Des officiers d'artillerie de la Wehrmacht, le lieutenant-colonel Paul Niemöller et le capitaine Walter Merkel, furent dépêchés au Japon pour remettre documentation et échantillons d'armes. Ils livrèrent des prototypes de lance-grenades ainsi que des grenades à fusil à charge creuse de 30 et 40 mm. Ces éléments servirent de base directe au développement japonais des munitions HEAT.
Et aussi en 1943, la marine impériale japonaise récupéra également des bazookas américains de 60 mm capturés, et des Panzerschreck allemands parvinrent au Japon à l'été de la même année. Ces captures accelérèrent la prise de conscience japonaise de l'intérêt des armes antichars individuelles portatives.
Positionnement dans l'arsenal antichar japonais
Contrairement au Panzerfaust allemand  qui est une arme jetable, à propulsion par réaction, le Type 5 était un canon sans recul réutilisable. Dans sa conception générale, il préfigurait les lance-grenades antichars d'après-guerre, mais son principe restait celui d'un système sans recul classique. Il fut développé parallèlement au lance-roquettes antichar de 70 mm Type 4 lui aussi expérimental, qui représentait une approche différente avec une portée bien supérieure (750 m) mais une complexité de fabrication plus grande.
La production du Type 5 ne débuta qu'à l'été 1945 et fut interrompue par la capitulation japonaise du 15 août 1945. L'arme doit donc être considérée comme un système préparé pour une série limitée mais jamais réellement produit en masse.
Description de l'arme
Le tube et la culasse

 
La conception du Type 5 était d'une simplicité extrême, dictée par les contraintes de production. Le canon se composait d'un tube en acier de 45 mm de diamètre intérieur et 57 mm de diamètre extérieur, pour une épaisseur de paroi de seulement 4 mm. La longueur totale atteignait 1 000 mm, dont environ 600 mm en amont du mécanisme de mise à feu.
À l'arrière se trouvait une longue tuyère conique par laquelle s'échappaient les gaz propulseurs lors du tir, compensant ainsi le recul selon le principe classique du canon sans recul. Cette conception permettait une construction simple, sans mécanisme de verrouillage complexe.
La documentation japonaise précisait que le démontage du mécanisme de détente était formellement interdit, sauf en cas d'absolue nécessité  ce qui témoigne de la fragilité du système.
Le mécanisme de détente
Le mécanisme de mise à feu était réduit au strict minimum. L'armement s'effectuait manuellement en faisant pivoter le percuteur jusqu'à une position horizontale. La pression sur la détente actionnait un tube d'allumage fabriqué à partir d'un étui de cartouche de 7,7 mm raccourci à 30 mm, contenant environ 1 gramme de poudre noire à grain fin. Une sécurité mécanique était prévue contre les tirs accidentels.
La conception ne nécessitait pratiquement aucun usinage complexe. Les instructions autorisaient la fabrication de pièces individuelles par soudage et l'utilisation de matériaux de substitution, illustrant le degré d'improvisation accepté en 1945.
Les munitions

 

Le projectile cumulatif de Type 5 charge creuse Type 5 
La charge creuse (HEAT) étant une munition antiblindage qui n'agit pas par énergie cinétique (comme un obus classique qui perce par vitesse), mais par effet Monroe/Munroe : une charge explosive en forme de cône creux, doublée d'un revêtement métallique (généralement en cuivre), qui à la détonation génère un jet de métal liquide à très haute vélocité (plus de 8 000 m/s) capable de percer le blindage.C'est pourquoi le Type 5 pouvait pénétrer 100 mm de blindage malgré une vitesse initiale ridiculement faible de seulement 40 m/s  la pénétration ne dépend pas de la vitesse du projectile mais de l'explosion elle-même.
Caractérisitques
Calibre : 45 mm
Poids : 2,3 kg
Ogive creuse (HEAT) de conception dérivée des technologies allemandes (Panzerfaust/Panzerschreck) transmises au Japon après 1940
Stabilisation par ailettes (pas par rotation, car la rotation dégrade l'effet cumulatif)
Fusée de contact à l'avant
C'est exactement le même principe que le Panzerfaust allemand ou le bazooka américain, deux armes dont les ingénieurs japonais s'étaient inspirés après avoir capturé des exemplaires alliés en 1943.
D'un aspect rappelant une grenade à manche le projectile mesurait environ 700 mm de long pour un poids de 2 300 g. L'étui contenait une charge creuse à revêtement métallique d'environ 3 mm d'épaisseur. La masse explosive était d'environ 675 g, composée d'un mélange à parts égales de TNT (nommé « explosif brun » dans la terminologie japonaise) et d'hexogène (RDX).
La documentation japonaise faisait référence directe à l'« effet Neumann » (Neumann-Effekt) pour décrire le principe de fonctionnement de la charge creuse. Cela démontre que les spécialistes japonais maîtrisaient parfaitement la théorie de la déformation métallique dirigée.
La stabilisation en vol était assurée par une longue tige de queue en bois verni (protégée de l'humidité), adaptée à la faible vitesse initiale de 40 m/s. La charge propulsive était placée dans une cartouche en papier d'environ 180 mm de long et pesant 120 g, contenant 100 g de poudre à canon à grains fins.
Mais ce
 système présentait une grande sensibilité à l'humidité. Les instructions insistaient sur la nécessité de conserver les cartouches en papier et les tubes d'allumage dans des récipients hermétiques  ; Ce qui est problèmatique dans les conditions climatiques tropicales du Pacifique.
Emploi tactique
Doctrine d'utilisation

 


Le Type 5 était conçu pour combattre les chars à très courte portée dans le cadre de la défense du territoire japonais. Les instructions précisaient que l'équipage devait s'approcher furtivement des véhicules blindés ennemis et les attaquer par surprise. Cette doctrine était en elle-même le signe d'une situation désespérée.
Trois positions de tir étaient prévues : debout, à genoux et couché. L'arme était généralement tenue à la hanche ou à l'épaule. L'absence totale de système de visée, couplée à la faible vitesse initiale de 40 m/s, rendait un tir précis quasiment impossible au-delà de 30 mètres.

 


Performances antichar 
Malgré ses limitations, la pénétration annoncée de 100 mm de blindage homogène à angle droit était remarquable pour un système aussi rudimentaire. Cela permettait theoriquement au Type 5 de menacer les flancs et l'arrière de la plupart des chars moyens américains, y compris le M4 Sherman (blindage latéral de 38 mm).
D'après les descriptions d'après-guerre, lors de la pénétration d'un blindage, le jet cumulatif créait un trou d'environ 25 mm de diamètre. À un angle de 45°, l'épaisseur de blindage effective augmentait géométriquement à 141 mm, ce que la munition semblait également capable de pénétrer selon les tests japonais.
La documentation reconnaissait qu'à des angles d'impact inférieurs à 40°, la fusée pouvait ne pas s'amorcer, provoquant un ricochet. Ce défaut était typique des premières munitions HEAT à fusée à inertie simple.
Dangers pour le tireur
Le jet de gaz à l'arrière du canon représentait un danger sérieux. Les instructions interdisaient formellement toute présence dans la zone dangereuse située derrière l'arme et mettaient expressément en garde contre les tirs depuis des espaces clos.
Fait révélateur de l'état d'esprit de 1945 : les instructions prévoyaient la possibilité d'utiliser la munition sans canon, soit en la lançant à la main, soit en frappant directement le char manuellement. Ces consignes témoignent de la crise extrême de la doctrine antichar japonaise et de l'importance accordée aux attaques-suicide.
Problèmes opérationnels et fiabilité
La documentation japonaise accorde une place considérable aux pannes et dysfonctionnements, ce qui laisse supposer une fiabilité globale médiocre. Les problèmes les plus fréquents étaient :
Humidité : Dégradation rapide des éléments en papier (cartouche propulsive, tube d'allumage) en conditions tropicales
Mauvais alignement : Décalage de l'orifice d'allumage lors du chargement, provoquant des ratés
Ratés d'allumage : Fréquents selon la documentation ; le servant devait attendre 15 à 20 secondes en raison du risque de départ retardé
Rotation de la cartouche : Possible rotation de l'étui dans le canon lors du chargement, bloquant le mécanisme
Défaut d'amorçage : La fusée pouvait ne pas s'amorcer à faible angle d'impact (≤ 40°)

Ces défauts cumulatifs, combinés à l'absence de visée et à la portée efficace de 30 mètres seulement, donnent une idée précise des conditions dans lesquelles l'infanterie japonaise était censée s'opposer aux blindés américains en 1945.
Les copies chinoises et le problème d'attribution
La
 reproduction, en Chine occupée, de copies de systèmes antichars japonais, est connue généralement attribuées au lance-roquettes de 70 mm Type 4. Cependant, de nombreuses descriptions et photographies publiées se rapprochent davantage du Type 5 sans recul de 45 mm que du Type 4 à roquettes.
La variante de Shanghai est particulièrement révélatrice : elle utilisait un tube d'acier d'un mètre de long avec des organes de visée calibrés à 30, 50 et 70 mètres.
Ces caractéristiques correspondent bien mieux à la balistique du Type 5 (vitesse initiale de 40 m/s, portée courte) qu'à celle du Type 4 (portée de 750 m). Des systèmes similaires furent également produits dans les arsenaux de Tianjin, Nankin et Canton.
Il est probable que certaines « copies de Type 4 » mentionnées dans la littérature anglophone étaient en réalité des variantes locales du Type 5. Une confusion d'attribution s'est installée dans les sources d'après-guerre, probablement en raison du caractère confidentiel et incomplet des archives japonaises sur ces armes expérimentales.

Comparaison avec les armes contemporaines

 
Caractéristique
Type 5 (JP)
Type 4 (JP)
Panzerfaust 60 (DE)
Bazooka M1 (US)
Calibre tube
45 mm
70 mm
60 mm
60 mm
Portée efficace
30 m
750 m
60 m
180 m
Pénétration
100 mm
80 mm
200 mm
75 mm
Réutilisable
Oui
Non (roquette)
Non
Oui
Visée
Aucune
Simple
Rudimentaire
Oui
Production
Série limitée
3 300 ex.
Massive
Massive
 
Conclusion
Le canon sans recul expérimental Type 5 de 45 mm illustre, mieux que presque toute autre arme, le paradoxe de l'effort de guerre japonais en 1945 : une maîtrise théorique réelle des technologies modernes (charges creuses, effets HEAT) combinée à une incapacité industrielle croissante à les mettre en œuvre correctement.
L'arme n'était pas une simple improvisation hasardeuse : ses ingénieurs comprenaient parfaitement l'effet Neumann et la conception des munitions HEAT. Mais les contraintes de production, la penurie de matériaux et la pression temporelle aboutirent à un système fiable seulement dans des conditions idéales, et dont la portée efficace de 30 mètres condamnait pratiquement ses servants lors de son emploi contre des chars.
Cette arme n'a jamais été engagée au combat en production de série. Elle reste un témoignage poignant des derniers mois de la guerre dans le Pacifique et de la situation dans laquelle le Japon impérial s'apprêtait à défendre son territoire.

 
Caractéristiques techniques

 
SPÉCIFICATIONS TECHNIQUES — Canon sans recul Type 5 de 45 mm
Dénomination officielle
試製五式四十五粍簡易無反動砲 (Shisei Go-shiki yonjuugo-miri kan'i mu-handou-hou)
Calibre du tube
45 mm (diamètre intérieur)
Calibre de l'ogive
80 mm (supérieur au calibre du tube)
Longueur totale
1 000 mm (dont ~600 mm en amont de la détente)
Épaisseur du tube
4 mm (acier)
Diamètre extérieur
57 mm
Poids de l'arme
6,4 kg
Poids du projectile
~2 300 g (longueur totale ~700 mm)
Charge propulsive
~100 g de poudre noire à grains fins (cartouche papier de 180 mm)
Tube d'allumage
Étui de 7,7 mm raccoruci à 30 mm + ~1 g de poudre noire
Vitesse initiale
~40 m/s (très faible)
Portée maximale théorique
~150 m (à 45° d'élévation)
Portée efficace de combat
~30 m
Pénétration de blindage
100 mm à 90° / 141 mm à 45° (blindage homogène)
Charge explosive
~675 g (mélange 50/50 TNT + hexogène)
Positions de tir
Debout, à genoux, couché (hanche ou épaule)
Système de visée
Aucun
Servants
1 homme
Production
Série limitée (té 1945, interrompue par la capitulation)