
Article fait par :Claude Balmefrezol
Mis en ligne le

Iran IRIS Shahid Bahman Bagheri Le porte-drone iranien
Tableaux générés par IA sur mes indications et dessins ICI
Introduction
Il y a quelque chose d'inhabituel avec ce navire. Dans les commentaires sur les réseaux sociaux, beaucoup se sont moqués ouvertement de ce porte-drone converti à partir d'un cargo sec. Mais au-delà des railleries, ce navire bourré de drones pouvait causer de sérieux dommages — à moins qu'il ne soit attaqué préventivement par une arme anti-navire efficace.
C'est exactement ce qui s'est passé. Mis en service le 6 février 2025, le Shahid Bagheri fut détruit le 2 mars 2026 par les forces américaines lors de l'Opération Epic Fury — exactement un an et quelques jours après son entrée en service. Une carrière éclair pour un navire qui avait nécessité deux ans et demi de conversion et représentait l'ambition navale la plus importante de la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).
Le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique Sepah-e Pasdaran-e Enqelab-e Eslami — CGRI ou IRGC en anglais
Le CGRI fut créé par décret de l'ayatollah Khomeini en mai 1979 quelques semaines seulement après la révolution islamique qui avait renversé le Shah Mohammad Reza Pahlavi.
La raison était simple et brutale car Khomeini ne faisait pas confiance à l'armée régulière iranienne. Celle-ci avait été formée, équipée et encadrée sous le Shah ses officiers supérieurs étaient loyaux à l'ancien régime, formés dans les académies militaires occidentales, souvent proaméricains. Pour protéger la révolution contre un éventuel coup d'État militaire comme cela s'était produit dans d'autres pays il fallait créer une force armée parallèle, idéologiquement pure et directement loyale au Guide suprême.
C ‘est un état dans l’état
Le CGRI n'est pas simplement une force militaire— c'est une organisation tentaculaire qui s'est progressivement étendue à tous les domaines de la vie iranienne.
Les composantes militaires :
Forces terrestres du corps des gardiens de la révolution islamique NEZSA forces terrestres indépendantes de l'armée régulière
Marine du CGRI (IRGCN) — vedettes rapides, défense côtière, détroit d'Ormuz dont le Shahid Bagheri
Force aérospatiale du CGRI AFAGIR missiles balistiques et drones la composante la plus puissante et la plus crainte
Force Qods — unité d'opérations spéciales chargée des opérations extérieures et du soutien aux forces proxy dans toute la région
La Force Qods est l'instrument de la politique d'influence iranienne dans toute la région. C'est elle qui forme, arme et conseille les forces proxy iraniennes :
Le Hezbollah au Liban
Les Houthis au Yémen
Le Hamas
Le Jihad islamique en Palestine
Diverses milices en Syrie
Son commandant le plus célèbre fut le général Qassem Soleimani— considéré comme l'homme le plus puissant d'Iran après le Guide suprême — assassiné par un drone américain à Bagdad le 3 janvier 2020.
L'empire économique
C'est peut-être la dimension la moins connue du CGRI — et la plus importante pour comprendre son pouvoir réel. Au fil des décennies, le CGRI a bâti un empire économique considérable qui en fait l'acteur économique le plus puissant d'Iran après l'État lui-même.
Ses intérêts comprennent :
La construction — barrages, autoroutes, immeubles, infrastructures
Le pétrole et le gaz — participation dans plusieurs compagnies pétrolières
Les télécommunications — participation dans l'opérateur iranien
L'import-export — y compris le contournement des sanctions occidentales
Les industries de défense — production d'armes, de drones, de missiles
On estime que le CGRI contrôle entre 25% et 40% de l'économie iranienne — un chiffre colossal qui lui confère une autonomie financière considérable et des intérêts économiques propres, parfois en contradiction avec ceux de l'État.
La chaîne de commandement Elle est au-dessus de tout
Le CGRI répond directement au Guide suprême — actuellement l'ayatollah Ali Khamenei — et non au président de la République ni au gouvernement civil. Cette chaîne de commandement directe le place au-dessus des institutions civiles élues et en fait l'instrument personnel du pouvoir théocratique.
Cette structure a une conséquence majeure — les présidents iraniens, qu'ils soient réformateurs ou conservateurs, n'ont aucun contrôle réel sur le CGRI. Quand Hassan Rohani négocia l'accord nucléaire de 2015, le CGRI continua ses activités déstabilisatrices dans la région en toute indépendance. Quand le président modéré Khatami cherchait le dialogue avec l'Occident dans les années 2000, le CGRI armait le Hezbollah et développait ses missiles balistiques.
Les effectifs
Les estimations varient selon les sources — le CGRI entretient une culture du secret — mais on estime généralement :
125 000 à 190 000 hommes dans les forces régulières du CGRI
90 000 hommes supplémentaires dans les forces de réserve
300 000 hommes dans la milice Basij — une force paramilitaire de maintien de l'ordre intérieur affiliée au CGRI, utilisée notamment pour réprimer les manifestations
Le Basij ou,le bras intérieur
La milice Basij Organisation de mobilisation des opprimés est techniquement une composante du CGRI. Fondée pendant la guerre Iran-Irak pour mobiliser les volontaires, elle s'est transformée en force de répression intérieure. C'est le Basij qui intervint brutalement pour écraser les manifestations du Mouvement Vert en 2009 et les soulèvements de 2019 et 2022.
Le CGRI et l'Opération Epic Fury
Lors de l'Opération Epic Fury de mars 2026, le CGRI fut l'une des cibles prioritaires des frappes américaines et israéliennes
Sa marine (IRGCN) dont le Shahid Bagheri
Ses bases de missiles balistiques
Ses infrastructures de commandement
Ses centres de production de drones
En résumé le CGRI n'est pas simplement une armée. C'est un État parallèle militaire, économique et politique au coeur du système de pouvoir iranien depuis 1979.
Revenons à la Marine
Tout d’ abord il faut savoir que l'Iran dispose de deux forces navales distinctes et parallèles — une particularité unique au monde qui reflète la structure duale du pouvoir iranien depuis la révolution de 1979.
Les deux marines iraniennes
L'IRIN Islamic Republic of Iran Navy La marine régulière ou l'héritière de l'ancienne marine impériale
C'est la marine traditionnelle qui existait avant la révolution de 1979
Elle opère les grands bâtiments de surface — frégates, destroyers, corvettes
Elle dispose également des sous-marins — Kilo d'origine russe et sous-marins de poche
Sa zone de responsabilité couvre les eaux bleues — golfe d'Oman, mer d'Arabie, océan Indien Elle participe aux exercices navals internationaux — notamment avec la Russie et la Chine
C'est elle qui envoya des navires en Atlantique et en Méditerranée lors de missions de prestige
L'IRGCN Islamic Revolutionary Guard Corps Navy La marine du CGRI ou la marine révolutionnaire
Créée après 1979 pour contrebalancer l'armée régulière jugée peu fiable idéologiquement Spécialisée dans la défense côtière et la sécurité dans le golfe Persique
Opère principalement des vedettes rapides lance-missiles — la doctrine de l'essaim
Responsable du détroit d'Ormuz — son arme de pression économique principale
C'est elle qui opérait le Shahid Bagheri
Idéologiquement plus proche du pouvoir religieux — directement sous les ordres du Guide suprêmequi était au debut des opération Khamenei
Pourquoi deux marines ?
La dualité est délibérée et reflète la méfiance fondamentale du régime révolutionnaire envers l'armée régulière héritée du Shah. En créant une force armée parallèle le CGRI — les ayatollahs s'assurèrent un contre-pouvoir militaire loyal à la révolution, indépendant des officiers formés sous l'ancien régime.
Cette structure duale existe dans tous les domaines militaires iraniens — armée de terre, armée de l'air, marine — avec toujours une composante régulière et une composante CGRI en parallèle.
Les tensions entre les deux marines
Cette coexistence n'est pas toujours harmonieuse. Les deux forces ont des budgets, des doctrines et des chaînes de commandement séparés — ce qui crée parfois des frictions et des redondances. Les officiers de l'IRIN — souvent mieux formés techniquement regardent parfois avec condescendance leurs homologues du CGRI, moins expérimentés dans les opérations en haute mer.
Lors de l'Opération Epic Fury, les deux marines furent frappées simultanément l'IRIN perdant ses frégates et corvettes, l'IRGCN perdant le Shahid Bagheri et ses vedettes rapides
Origine
Le Shahid Bahman Bagheri était basé sur le porte-conteneurs commercial Perarin, appartenant à la compagnie nationale iranienne Islamic Republic of Iran Shipping Line. Ce cargo avait été construit en l'an 2000 au chantier naval sud-coréen Hyundai Heavy Industries qui est l'un des plus grands constructeurs navals du monde.
Ce navire commercial d'un déplacement de 40 000 tonnes et d'une longueur de 240 mètres fut choisi pour la conversion en raison de sa taille imposante, comparable à celle d'un navire d'assaut amphibie de premier rang. Sa longueur et sa largeur (32 mètres) étaient en effet presque identiques à celles de l'USS America, LH6 un navire d'assaut amphibie américain ce qui donnait une idée de l'ambition iranienne.
Comparaison avec l'USS America
|
Caractéristique |
IRIS Shahid Bagheri |
USS America (LHA-6) |
|
Déplacement |
42 000 tonnes |
45 700 tonnes |
|
Longueur |
240 mètres |
257 mètres |
|
Largeur |
32 mètres |
32 mètres |
|
Pont d'envol |
170-180 mètres avec tremplin |
220+ mètres sans tremplin |
|
Différence principale |
Superstructure d'origine conservée à l'arrière |
Pont plat sur toute la longueur |
Les deux navires étaient pratiquement identiques en dimensions une similitude frappante qui illustrait l'ambition iranienne de disposer d'une capacité de projection navale comparable à celle des États-Unis, mais à montres coûts.
La Conversion 2022-2024
Les premières informations sur la conversion du Perarin au chantier naval Iran Shipbuilding & Offshore Industries Complex (ISOICO) de Bandar Abbas fuitent en mai 2022. Son achèvement fut révélé en août 2024 soit après deux ans et demi de travaux intensifs.
L'ISOICO est capable de construire jusqu'à quatre navires de 80 000 tonnes par an — l'un des rares chantiers iraniens disposant des capacités techniques nécessaires pour une telle transformation.
La conversion transforma profondément le porte-conteneurs d'origine
On a modifier profondément le bâtiment par :
Ajout d'un pont d'envol oblique de 170 à 180 mètres (170 x 18 mètres selon photos satellite) et Montage d'un canon automatique à la proue
Installation d'un tremplin de saut à ski à la proue — permettant des décollages assistés de drones lourds
Installation d'un système d'arrêt pour les atterrissages
Aménagement de hangars intérieurs pour drones et hélicoptères
Installation d'un ascenseur reliant le hangar au pont d'envol
Ouvertures latérales avec bossoirs pour la mise à l'eau de petites embarcations
Installation de lanceurs de missiles anti-navires à l'arrière
Aménagement d'installations de vie Infirmerie, mini-hôpital, gymnase avec terrain de football en gazon artificiel
Mais dans la reconstruction une limitation majeure sera imposée La conservation de la superstructure principale d'origine du porte-conteneurs qui fut maintenue dans la partie arrière du navire. Déplacer cette superstructure vers tribord, comme sur un vrai porte-avions, représentait une tâche trop complexe pour les chantiers iraniens. Cette contrainte imposait une configuration inhabituelle du pont d'envol, compliquant considérablement les manœuvres d'appontage.
Le navire était propulsé par un moteur diesel MAN B&W Type 8 S70 MC-C le moteur d'origine du porte-conteneurs commercial lui conférant une vitesse maximale supérieure à 20 nœuds (37 km/h). Les responsables iraniens revendiquaient une autonomie de 22 000 milles nautiques et une capacité d'opérer en mer jusqu'à un an sans ravitaillement chiffres discutables mais cohérents avec les ambitions de projection globale de Téhéran.
Caractéristiques
Fiche technique
|
Caractéristique |
Valeur |
|
Désignation officielle |
IRIS Shahid Bahman Bagheri — numéro de pennant C110-4 |
|
Type |
Porte-drone / navire d'assaut amphibie multi mission |
|
Opérateur |
Marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) |
|
Navire d'origine |
Porte-conteneurs Perarin — construit en 2000 — Hyundai Heavy Industries, Corée du Sud |
|
Conversion |
2022-2024 — Chantier ISOICO, Bandar Abbas |
|
Déplacement |
41 978 tonnes |
|
Longueur |
240,79 mètres |
|
Largeur |
32,2 mètres |
|
Tirant d'eau |
11,7 mètres |
|
Propulsion |
Moteur diesel MAN B&W Type 8 S70 MC-C — 20 000 kW (27 000 ch) |
|
Vitesse |
22 nœuds (41 km/h) |
|
Autonomie revendiquée |
22 000 milles nautiques — jusqu'à 1 an en mer sans ravitaillement |
|
Pont d'envol |
170 x 18 mètres — oblique — avec tremplin à la proue et train d'arrêt |
|
Armement missiles |
8 missiles anti-navires Noor ou Qader — 8 missiles SAM Kowsar-222 |
|
Armement artillerie |
1 canon automatique de 30 mm à la proue |
|
Embarcations |
Jusqu'à 30 vedettes rapides armées de missiles Kowsar-222 (portée 17 km) ou Kowsar-200 (5-7 km) |
|
Port d'attache |
Bandar Abbas |
|
Mise en service |
6 février 2025 |
|
Destruction |
2 mars 2026 — Opération Epic Fury — forces américaines |
Les drones embarqués
La dotation en drones du Shahid Bagheri illustrait parfaitement les ambitions iraniennes dans le domaine des systèmes sans pilote :
Drones furtifs à réaction JAS-313 : C 'est la Version réduite de l'avion habité Qaher-313. Deux versions étaient visibles — représentant respectivement 60% et 25% de la taille du prototype. Drones d'attaque à réaction, capables d'opérations de reconnaissance et de frappe.
Ababil-3N : Drone iranien éprouvé à hélices, activement utilisé en Iran et par d'autres opérateurs au Moyen-Orient. Capable de missions de surveillance et de reconnaissance ainsi que d'emports de munitions guidées.
Mohajer-6 : Drone iranien populaire largement exporté. Capable de missions mixtes reconnaissance-frappe.
Homa Drone à décollage et atterrissage verticaux (VTOL) — particulièrement adapté aux opérations depuis un navire.
Hélicoptères :
2 Mi-171 russes
3 Bell 206 américains (acquis avant l'embargo)
Bell 212 (quelques exemplaires)
Rôle Stratégique et Doctrine d'Emploi
Le Shahid Bagheri était conçu pour remplir simultanément plusieurs fonctions très différentes ce qui en faisait à la fois sa force et sa faiblesse :
Porte-drone offensif :
Sa mission principale était de projeter des capacités de drones de reconnaissance et d'attaque bien au-delà des côtes iraniennes — dans le golfe d'Oman, la mer d'Arabie et potentiellement l'océan Indien. En combinant capacité de lancement de drones, opérations d'hélicoptères, armement anti-navires et déploiement de vedettes rapides dans une seule coque, le navire offrait au CGRI un moyen de conduire des opérations de surveillance maritime distribuées et des opérations anti-navires coordonnées sans dépendre d'infrastructures côtières fixes.
Navire d'assaut amphibie :
Ses portails latéraux avec bossoirs permettaient le déploiement rapide de jusqu'à 30 petites embarcations armées — une capacité d'assaut amphibie légère cohérente avec la doctrine du CGRI qui privilégie les attaques en essaim par petites embarcations rapides.
Plateforme de guerre électronique et de renseignement :
Les responsables iraniens affirmaient que le navire disposait de capacités de collecte de renseignements (SIGINT) et de guerre électronique — des systèmes facilement dissimulables qui en faisaient un nœud potentiel de surveillance maritime.
Plateforme de débarquement :
Une rampe permettait la connexion avec des péniches de débarquement — donnant au navire une capacité de dépose rapide de personnel et de matériel sur des rivages.
La logique stratégique iranienne
La logique stratégique derrière le Shahid Bagheri était claire. Les porte-avions américains sont fréquemment présents dans le golfe Persique comme instrument de projection de puissance. Les responsables iraniens cherchaient à déployer leurs propres forces navales sur de longues distances, y compris dans l'hémisphère occidental. Le Shahid Bagheri leur offrait ce moyen à un coût sans commune mesure avec la construction d'un véritable porte-avions.
En pratique, sa valeur militaire réelle était limitée face à une marine puissante — les experts s'accordaient sur le fait que le navire ne survivrait pas longtemps en cas de conflit avec une force navale dotée d'armes anti-navires précises. Mais en tant que plateforme de projection en zone grise — contre des adversaires sans flotte puissante, ou pour des démonstrations de force dans des zones éloignées — il représentait une capacité réelle et à bon marché.
Limites du concept
Plusieurs limitations techniques importantes contraignaient les capacités du Shahid Bagheri :
La superstructure d'origine conservée à l'arrière empêchant ainsi la configuration à pont plat des vrais navires d'assaut amphibies — compliquait considérablement les manœuvres d'appontage
L'Iran ne disposait d'aucun avion à voilure fixe embarqué opérationnel seuls les drones et hélicoptères pouvaient opérer depuis le pont La résistance structurelle du pont n'était pas certifiée pour des aéronefs lourds acceptable pour des drones de 1 à 3 tonnes, plus incertaine pour un MiG-29K de 18 tonnes
L'absence de moteurs puissants adaptés aux grandes vitesses nécessaires pour les opérations aéronautiques intensives
Les essais en mer
Les essais en mer du Shahid Bagheri débutèrent le 13 novembre 2024, à partir du complexe ISOICO juste à l'ouest du port méridional de Bandar Abbas. Ces essais permirent de valider les systèmes de propulsion, de navigation et les premières opérations aériennes depuis le pont.
Durant cette période, un membre du Congrès américain prétendit publiquement que l'Iran opérait un porte-drone au large des côtes du New Jersey affirmation immédiatement démentie par les images satellites qui montraient clairement le Bagheri encore en essais au large de l'Iran.
Le 6 février 2025, une grande cérémonie officielle marqua l'entrée en service du porte-avions C-110-4 « Shahid Bahman Bagheri » dans la marine du CGRI en présence du contre-amiral Alireza Tangsiri, commandant de la marine du CGRI.
Le navire est nommé en l'honneur du commandant Bahman Bagheri, officier du CGRI mort en martyr à Pathak en Irak lors d'un affrontement de la guerre Iran-Irak dans les années 1980.
Lors de la cérémonie, le pont d'envol exhibait sa dotation complète cinq hélicoptères (deux Mi-171 russes et trois Bell 206 américains) et cinq drones de différents types.
Les vidéos diffusées par les médias iraniens montraient également le fonctionnement de l'ascenseur reliant le hangar au pont, ainsi que les opérations de drones JAS-313 soulevés sur le pont pour la démonstration.
Ainsi à cette date seuls L'Iran et la Turquie sont les seuls pays à disposer de transporteurs de drones déjà opérationnels.
La Destruction du Bâtiment
Le Shahid Bagheri n'aura vécu qu'un an et quelques jours en service actif. Sa destruction survint dans le cadre d'une opération militaire américano-israélienne de grande envergure contre l'Iran.
L'Opération Epic Fury débuta à 01h15 heure de l'Est le 28 février 2026, impliquant des frappes coordonnées par des forces américaines et alliées contre l'infrastructure militaire iranienne dans plusieurs domaines. Dans les premières 24 heures, des bombardiers B-2, des chasseurs furtifs, des appareils de reconnaissance et d'autres systèmes d'armes furent utilisés pour frapper plus de 1 000 cibles. Les premières armes tirées en mer furent des missiles Tomahawk lancés par des navires de la US Navy.
La destruction de la flotte iranienne figurait parmi les priorités absolues des premières 48 heures l'opération aux côtés des systèmes de missiles anti-navires, des infrastructures de commandement et des bases navales de Bandar Abbas et Chah Bahar.
La frappe sur le Shahid Bagheri 2 mars 2026
Le 2 mars 2026, le Commandement central américain (CENTCOM) confirma officiellement que les forces américaines avaient frappé le porte-drone iranien IRIS Shahid Bagheri dans le golfe Persique, dans les heures suivant le lancement de l'Opération Epic Fury.
Avant la frappe, les données de suivi et les images satellites plaçaient le Shahid Bagheri dans le golfe Persique, ancré à environ quatre milles nautiques au sud du principal port militaire iranien de Bandar Abbas. Les forces américaines le frappèrent peu après le déclenchement d'Epic Fury à son mouillage, sans qu'il ait pu prendre la mer.
Le navire subit des dommages critiques conduisant à des voies d'eau et à une perte de stabilité. Le CENTCOM précisa dans sa déclaration officielle que le Shahid Bagheri était le seul « porte-avions » frappé lors de la phase initiale de l'opération et démentit catégoriquement les affirmations des médias d'État iraniens selon lesquelles un porte-avions américain avait été touché, en précisant que les missiles iraniens « n'étaient même pas proches » de l'USS Abraham Lincoln.
Le 6 mars, le CENTCOM publia de nouvelles images montrant le navire en flammes après une frappe supplémentaire visible, accompagnées de cette déclaration :
« Les forces américaines ne retiennent rien dans leur mission de couler toute la marine iranienne. Aujourd'hui, un porte-drone iranien, à peu près de la taille d'un porte-avions de la Seconde Guerre mondiale, a été frappé et est maintenant en feu. »U.S. Central Command, 6 mars 2026
Le bilan naval global de l'Opération Epic Fury
La destruction du Shahid Bagheri s'inscrivait dans une campagne navale de grande ampleur contre les deux forces navales iraniennes la marine régulière (IRIN) et la marine du CGRI (IRGCN) :
11 navires iraniens stationnés dans le golfe d'Oman avant le début des hostilités — aucun n'était encore présent dans la zone 48 heures après le début d'Epic Fury
Une corvette de classe Jamaran coulée à quai à Chah Bahar sur le golfe d'Oman les images satellites montraient de la fumée s'élevant du quai de la base navale de Konarak
IRIS Makran (441) premier navire de base avancée de l'Iran, un ancien pétrolier japonais Aframax converti frappé à quai à Bandar Abbas
Des frégates des classes Bayandor, Alvand et Jamaran frappées ou coulées
La flotte sous-marine iranienne ciblée .Les sous-marins de poche et Kilo d'origine russe ont été touchés 16 navires mouilleurs de mines détruits au 10 mars
Plus de 100 navires iraniens détruits ou neutralisés selon l'amiral Cooper au 16 mars
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth déclara la marine iranienne « incapable de combattre » en quelques jours seulement.
Les conséquences stratégiques de la perte
La destruction du Shahid Bagheri représentait bien plus que la perte d'un navire dans l'ordre de bataille iranien. Elle priva le CGRI :
D'une plateforme conçue pour étendre sa portée opérationnelle bien au-delà des eaux côtières iraniennes
D'un nœud offshore pouvant diriger des systèmes sans pilote même si les infrastructures côtières venaient à être attaquées
D'une capacité de coordination de drones à longue portée et d'intégration ISR avec des éléments de manœuvre en mer
D'une plateforme de valeur symbolique considérable — un contre-symbole au pouvoir des porte-avions américains
La frappe démontra également que les forces américaines pouvaient localiser et neutraliser des actifs navals iraniens à haute valeur ajoutée bien avant qu'ils ne puissent influencer la campagne navale au sens large — invalidant ainsi la logique même du concept de base avancée mobile.
Leçons et Analyse
C ‘est un concept prometteur mais vulnérable
L'histoire du Shahid Bagheri illustre parfaitement le paradoxe de l'armement asymétrique. Sa conception était astucieuse et économique convertir un cargo commercial en plateforme d'opérations navales avancées à une fraction du coût d'un vrai porte-avions. La logique était séduisante projeter une capacité de frappe et de surveillance dans le golfe d'Oman et au-delà, sans les investissements colossaux que nécessite un porte-avions conventionnel.
Mais cette même économie de moyens révélait ses limites face à un adversaire disposant d'armes de précision à longue portée. Un navire de 240 mètres ancré dans un port militaire est une cible fixe et facilement identifiable par satellite. L' US Navy savait exactement où il se trouvait, et les Tomahawks n'ont pas de difficulté à atteindre une cible immobile.
La tendance mondiale aux porte-drones
Malgré sa destruction rapide, le Shahid Bagheri représentait une tendance réelle et durable de l'évolution des marines mondiales. Plusieurs pays explorent ou développent des concepts similaires :
La Turquie a délibérément transformé son navire d'assaut amphibie TCG Anadolu en porte-drones après s'être vu refuser le F-35B utilisant le Bayraktar TB3 comme appareil embarqué
Les États-Unis et la Chine développent des modèles de transporteurs de drones pour renforcer leur marine
Le Royaume-Uni expérimente l'utilisation de drones depuis ses porte-avions de classe Queen Elizabeth
La nécessité, comme dit le proverbe, est mère de l'invention. Le Shahid Bagheri n'était peut-être qu'un premier pas vers une forme d'aviation navale iranienne si l'Iran avait pu utiliser cette plateforme comme terrain d'entraînement pour développer des doctrines et former des équipages en vue d'un navire plus abouti dans les années suivantes.
Conclusion,
Le Shahid Bagheri fut coulé à peine 13 mois après sa mise en service. Il n'aura jamais tiré une seule torpille au combat, jamais lancé un seul drone en opération réelle contre un adversaire, jamais déployé ses vedettes rapides en eaux hostiles. Sa carrière opérationnelle fut entièrement consacrée aux exercices et aux démonstrations avant d'être interrompue brutalement par les missiles américains.
Cela confirme ce que les stratèges navals savaient déjà — un navire converti depuis un cargo commercial, aussi ingénieux soit son concept, ne peut survivre face à une marine disposant de munitions de précision à longue portée et d'un renseignement satellite permanent. La vulnérabilité inhérente à ces « porte-avions du pauvre » est proportionnelle à leur visibilité — et un navire de 240 mètres ne peut pas se cacher.
Chronologie
|
Date |
Événement |
|
2000 |
Construction du porte-conteneurs Perarin au chantier Hyundai Heavy Industries, Corée du Sud |
|
Mai 2022 |
Premières informations sur la conversion du Perarin au chantier ISOICO de Bandar Abbas |
|
Août 2024 |
Achèvement de la conversion révélé — le navire prend la forme de son configuration finale |
|
13 nov. 2024 |
Début des essais en mer depuis le complexe ISOICO à l'ouest de Bandar Abbas |
|
6 fév. 2025 |
Cérémonie officielle de mise en service dans la marine du CGRI — à Bandar Abbas |
|
Fév.-mars 2025 |
Exercices opérationnels — démonstrations de lancement et récupération de drones |
|
28 fév. 2026 |
Début de l'Opération Epic Fury — frappes américaines et israéliennes contre l'Iran |
|
2 mars 2026 |
CENTCOM confirme la frappe sur le Shahid Bagheri à son mouillage de Bandar Abbas — navire en train de couler |
|
6 mars 2026 |
CENTCOM publie de nouvelles images du navire en flammes — frappe supplémentaire confirmée |
|
16 mars 2026 |
L'amiral Cooper annonce la destruction de plus de 100 navires iraniens — « la marine iranienne est de plus en plus faible » |
|
8 avril 2026 |
Iran accepte d'ouvrir partiellement le détroit d'Ormuz — accord de cessez-le-feu de deux semaines sous médiation pakistanaise |
| Depuis avril 2026 | Status quo |