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Tchécoslovaquie 1930 1939 Camouflage Blindés et Softkins

Article fait par :Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 14/05/2026 à 15:06:19



 
Tchécoslovaquie Camouflage Armée de Terre Česko-slovenská armáda
Tableaux générés par IA sur mes indications
 

 
 
Née le 28 octobre 1918 sur les décombres de l'Empire austro-hongrois, la République tchécoslovaque hérite d'un patrimoine industriel exceptionnel, notamment les usines Škoda de Plzeň et les ateliers ČKD (Českomoravská Kolben Daněk) de Prague. Ces deux géants de la mécanique lourde vont fonder une industrie blindée parmi les plus avancées d'Europe centrale durant les années 1920 et 1930.
L'armée de la République la Čs. armáda  est organisée sur le modèle français, avec lequel elle entretient d'étroites relations techniques et doctrinales (mission Pellé, traité d'alliance de 1924). Les questions de camouflage et de peinture des véhicules suivent donc de près les normes françaises, adaptées aux conditions locales de la Bohème, de la Moravie et des Carpates.
À partir de 1933, la montée des périls — réarmement allemand, annexion de l'Autriche en mars 1938  oblige Prague à accélérer son programme de fortifications (la ligne Beneš) et la motorisation de ses forces. C'est dans ce contexte d'urgence que les livrées de camouflage évoluent vers des schémas bicolores et tricolores plus élaborés, notamment pour les blindés de la génération 1935–1938.La crise des Sudètes (septembre 1938) et la capitulation de Munich signent la fin de l'indépendance tchécoslovaque. Le 15 mars 1939, la Wehrmacht entre à Prague et saisit un matériel intact considérable, qui sera repeint aux couleurs allemandes.
 La naissance de la Tchécoslovaquie
La Tchécoslovaquie naquit le 28 octobre 1918 des cendres de l'Empire austro-hongrois, dissous par la défaite de la Première Guerre mondiale. C’était un État entièrement nouveau car jamais auparavant les Tchèques et les Slovaques n'avaient forme ensemble une entité politique indépendante. Sa création fut l’œuvre d'une poignée de visionnaires, au premier rang desquels le philosophe et politicien Tomas Garrigue Masaryk, qui devint le premier président de la nouvelle république.
La Tchécoslovaquie héritait des régions les plus industrialisées de l'ancien Empire. La Bohême et la Moravie abritaient environ 70% de l'industrie de l'ancien Empire austro-hongrois avec les aciéries de Vitkovice, les usines Skoda de Pilsen, les fabriques textiles de Bohême du Nord. C’était une richesse exceptionnelle pour un État nouvellement crée, qui en faisait d’emblée l'une des nations les plus industrialisées d'Europe centrale.
Mais la Tchécoslovaquie était aussi un Etan multinational d'une complexité remarquable. Sa population comprenait :
In mémoriam Alain Houot


Environ 6,8 millions de Tchèques la majorité
Environ 2 millions de Slovaques
Environ 3,1 millions d'Allemands des Sudètes — une minorité considérable, concentrée dans les régions frontalières
Environ 750 000 Hongrois — surtout en Slovaquie méridionale
Environ 500 000 Ruthènes — en Ruthénie subcarpatique
Des minorités polonaise, juive et tzigane
C 'est cette diversité ethnique allait constituer la principale vulnérabilité de l’État tchécoslovaque  et la principale cible des ambitions d'Hitler vingt ans plus tard.
Mais dès sa création, la Tchécoslovaquie s'inscrivit dans le système de sécurité collective élaboré par la France après la Grande Guerre. Le traite d'alliance et d’amitié franco-tchécoslovaque du 25 janvier 1924 constitua la pierre angulaire de la sécurité tchécoslovaque
par ce traité Paris s'engageait a soutenir Prague en cas d'agression.
En 1921, la Tchécoslovaquie, la Roumanie et la Yougoslavie signèrent une série d'accords bilatéraux menant a la Petite Entente une alliance régionale destine a contenir les ambitions revanchardes de la Hongrie et a stabiliser l'Europe centrale. Cette alliance, soutenue par la France, fut pendant une décennie l’épine dorsale du système de sécurité centre-europeen.
En 1935, dans le contexte de la montée en puissance du nazisme, la Tchécoslovaquie signa également un pacte d'assistance mutuelle avec l'Union soviétique  mais ce pacte était conditionne a l'activation préalable de l'alliance franco-tchecoslovaque, ce qui allait se révéler une faiblesse fatale en 1938.
La Construction de l’Armée Tchécoslovaque 1918-1938
L’armée tchécoslovaque naquit de deux héritages distincts qui coexistèrent avec quelques frictions pendant les premières années :
D'un cote, les Légions tchécoslovaques  ces unités formées pendant la Grande Guerre par des prisonniers ou des déserteurs tchèques et slovaques de l’Armée austro-hongroise, qui s’étaient battus aux cotes des Allies en France, en Italie et surtout en Russie.

Ces légionnaires le nom qu'ils portaient avec fierté représentaient l’élite militaire du nouvel Etan, forges au combat, expérimentés, porteurs d'une conscience nationale aiguë. Ils fournirent les cadres essentiels de la nouvelle armée.
De l'autre cote, les anciens officiers et sous-officiers de l’armée austro-hongroise de nationalité tchèque ou slovaque. Ces hommes avaient l’expérience institutionnelle, la formation technique, la connaissance des règles militaires mais ils étaient suspects aux yeux des légionnaires qui avaient combattu contre l'Empire qu'ils avaient servi.
La réconciliation de ces deux héritages et la construction d'une armée nationale cohérente fut l’œuvre des années 1920  sous l'influence déterminante d'une mission militaire française qui conseilla l’état-major tchécoslovaque pendant toute cette période.
La France joua un rôle fondamental dans la construction de l’armée tchécoslovaque. Une mission militaire française fut installez a Prague des 1919 et y demeura actifs jusqu'aux années 1930. Cette mission conseilla l'organisation de l’armée, la doctrine d'emploi des unités, la formation des officiers et la conception des équipements.
Mais la relation franco-tchecoslovaque dans le domaine militaire était complexe. Paris conseillait, formait, influençait  mais ne fournissait pas d’Équipements. En effet l'industrie d'armement tchécoslovaque avec  Skoda a Pilsen, CKD a Prague, et ZB a Brno produisait elle-même ses propres armes, souvent inspirées des concepts français mais indépendantes dans leur conception. Cette autonomie industrielle allait se révéler une force considérable.
L'organisation de l’armée en 1938
Au moment de la crise des Sudètes en septembre 1938, l’armée tchécoslovaque avait atteint un niveau de développement remarquable. C’était, selon certaines estimations, la sixième armée d'Europe et la huitième du monde.
Les effectifs mobilises en septembre 1938 comprenaient :
970 000 hommes sous les drapeaux, dont 720 000 Slaves, prés de 200 000 Allemands et 62 000 Hongrois
42 divisions au total, dont 33 positionnées sur la frontière tchéco-allemande
2 250 pièces d'artillerie
418 chars et blindes
600 avions
L'organisation en temps de guerre prévoyait :
22 divisions d'infanterie dont une motorisée
12 divisions de troupes de couverture
4 divisions rapides  chacune dotée d'une brigade blindée, d'une brigade de cavalerie et d'artillerie motorisée
3 formations spéciales
Entre 1936 et 1938, Prague investit 24 milliards de couronnes pour sa défense  soit la moitie du budget national  plus 2,6 milliards pour les fortifications. Cet effort financier exceptionnel faisait de la Tchécoslovaquie l'un des pays qui investissait le plus dans sa défense en proportion de son économie.
Les fortifications avec la petite ligne Maginot
A partir de 1935, la Tchécoslovaquie entreprit la construction d'un système de fortifications défensives le long de sa frontière avec l'Allemagne, dans les Monts Métalliferes et les Sudètes. Ce système, inspire de la ligne Maginot mais entièrement conçu et fabriqué par les Tchécoslovaques, était parfois appelle la 'petite ligne Maginot'.
La France conseilla mais ne fournit aucun plan ni équipement  les Tchécoslovaques purent ainsi tirer les leçons des limitations de la ligne Maginot et concevoir des ouvrages plus modernes. Les caractéristiques principales étaient :
Ouvrages d'infanterie avec affûts doubles de mitrailleuses et canons de 47 mm
Blockhaus et casemates de béton arme en grand nombre
Réseau de galeries souterraines reliant les ouvrages
Système de ventilation et de filtration contre les attaques chimiques
Au moment des accords de Munich, en septembre 1938, seulement 20% des ouvrages et des casemates étaient réalisés, mais 70% des fortifications légères étaient en place. Les travaux avançaient rapidement et auraient été achevés en 1940-1941.
La capitulation imposée par Munich fut une catastrophe pour ces fortifications. Les Allemands récupèrent 227 casemates (sur les 539 projetées), deux observatoires et plus de 10 000 blocs légers. En mars 1939, après l'occupation de la Bohême-Moravie, ils récupérèrent le reste qu'ils utilisèrent pour tester des tactiques anti-fortification qu'ils emploieront ensuite contre la ligne Maginot et les fortifications belges en 1940.
 Munich 1938  et la crise des Sudètes
Depuis 1933, Adolf Hitler s'employait méthodiquement a déstabiliser la Tchécoslovaquie en soutenant les revendications du Parti des Allemands des Sudètes (SdP) du démagogue Konrad Henlein. Ces Allemands des Sudètes — environ 3 millions de personnes habitant les régions frontalières de la Bohême et de la Moravie  réclamaient d'abord l'autonomie, puis le rattachement au Reich.
L'été 1938 vit la crise monter jusqu’à son paroxysme. Le 13 septembre, les réservistes tchécoslovaques furent convoqués. Le 23 septembre, la mobilisation générale fut décrétée. En quelques jours, 970 000 hommes rejoignirent leurs unités — une performance organisationnelle remarquable qui témoignait de la qualité de la planification militaire tchécoslovaque.
L’armée était prête. Les soldats étaient enthousiastes  la décision de défendre le pays était massivement approuvée parmi les conscrits tchèques et moraves. Même certains réservistes allemands de Tchécoslovaquie se représentent, ignorant les appels a la desertion du parti nazi.
Les accords de Munich 
Le 29 septembre 1938, Hitler, Mussolini, Chamberlain et Daladier signèrent a Munich les accords sur l'annexion des territoires frontaliers tchécoslovaques par l'Allemagne. La Tchécoslovaquie ne fut pas invitée à la conférence qui décidait de son sort. Le lendemain, le gouvernement tchecoslovaque accepta le diktat. L'ordre de démobilisation arriva le 6 octobre.
Ce fut une catastrophe militaire et morale d'une ampleur difficile a mesurer. Une armée de 970 000 hommes, bien équipe, sur des positions préparées, avec des fortifications remarquables, avait été dissoute sans combattre — par décision politique, sous la pression des allies qui avaient abandonne leur allie.
Les conséquences militaires furent dévastatrices. Les Allemands récupérèrent les fortifications tchécoslovaques — qu'ils utilisèrent comme terrain d’entraînement pour apprendre a les réduire, préparant ainsi leurs futures attaques contre la ligne Maginot et les fortifications belges.
Mars 1939  la fin de la Tchécoslovaquie


Le 15 mars 1939, les troupes allemandes pénètrent en Bohême et en Moravie. La Tchécoslovaquie cessait d'exister. Le Protectorat de Bohême-Moravie fut crée sous autorité allemande directe. La Slovaquie proclama son indépendance sous Jozef Tiso.
L'arsenal de l’armée tchécoslovaque tomba entièrement aux mains des Allemands.
Le bilan était stupéfiant avec
2 175 canons de campagne de toutes calibres
469 chars et autres blindes — dont 219 LT vz.35 (Pz35(t)) et 80 LT vz.38 (Pz38(t))
70 trains blindes, automitrailleuses et batteries d'artillerie ferroviaire
500 pièces d'artillerie antiaérienne
43 000 mitrailleuses
1 090 000 fusils militaires
114 000 pistolets
Environ un milliard de cartouches
Trois millions d'obus antiaériens
Le matériel renforça considérablement la Wehrmacht au moment crucial ou elle se préparait a l'attaque de la France et de la Pologne. Les chars tchèques  Pz35(t) et Pz38(t) représentent plus de 25% des chars engages dans la campagne de France en mai 1940.

L'Armement de l’Armée Tchécoslovaque 
Les blindes  ou une industrie d'excellence car dans ce domaine l'industrie blindée tchécoslovaque était l'une des plus performantes d'Europe dans les années 1930.
Deux grandes firmes dominaient ce secteur :
Skoda (Pilsen) :
Fondée en 1859, Skoda était la plus grande entreprise d'armement d'Europe centrale. Elle produisait des chars, de l'artillerie, des munitions et des équipements militaires de toutes sortes. Ses chars étaient exportes dans de nombreux pays.
CKD — Ceskomoravska Kolben Danek (Prague) :
Principal concurrent de Skoda dans le domaine des chars, CKD produisit les chars les plus performants de l'industrie tchécoslovaque — notamment le LT vz.38 qui allait devenir le célèbre Panzer 38(t) sous couleurs allemandes.
Les Blindés
Le Tancík vz.33 

 
Première production blindée de série tchécoslovaque, le Tancík vz.33 était une petite chenillette dérivée du concept Carden-Loyd britannique. 74 exemplaires furent produits. Arme d'une seule mitrailleuse, il était déjà obsolète à sa création mais servit a former les premiers équipages blindes tchécoslovaques. Les Allemands saisirent 44 exemplaires en mars 1939, les Slovaques récupérèrent les 30 restants.
Le LT vz.34 

 
Premier char léger de série produit par CKD, le LT vz.34 (P-II dans la nomenclature CKD) représentait une amélioration significative sur les précédents véhicules. Le LT vz. 34 était un Char léger de transition et il entre en service en 1934 avec une livrée monochrome kaki. Quelques exemplaires sont ultérieurement avec une nouveau camouflage bicolore lors de visites d'atelier. Sa silhouette relativement angulaire le rend difficile à dissimuler, problème partiellement résolu par les couvertures de végétaux lors des manœuvres
Armé d'un canon de 37 mm et de deux mitrailleuses, il avait une vitesse de 35 km/h sur route. Environ 50 exemplaires furent produits entre 1935 et 1936, mais sa protection de 15 mm était insuffisante des 1936 et une décision fut prise de le remplacer rapidement.
Le LT vz.35 

 
Le LT vz.35 (S-IIa dans la nomenclature Skoda) fut le char le plus important de l’armée tchécoslovaque au moment de la crise des Sudètes. 424 exemplaires entre 1936 et 1939 (dont 126 exportés en Roumanie sous la désignation R-2)  Était pour son époque un excellent char léger  bien armé,et  correctement blindé, relativement mobile.. Il est équipé d'un canon anti-char de 37 mm vz. 34 et de deux mitrailleuses vz. 35.Sa livrée évolue notablement entre 1936 et 1938 : monochrome kaki à la sortie d'usine, puis bicolore avec des taches brunes appliquées à l'aérographe ou au pinceau, selon un tracé amiboïde. Les numéros tactiques sont généralement peints en blanc sur fond noir au niveau de la tourelle, et parfois sur la caisse latérale.
Le LT vz. 35 servira avec la Wehrmacht  Après la saisie de mars 1939, les LT vz. 35 sont rebaptisés Panzer 35(t) par la Wehrmacht. Ils sont rapidement repeints en gris Panzergrau (RAL 7021), bien que certains exemples photographiés en Pologne en septembre 1939 semblent encore porter des traces de leur livrée d'origine. La Roumanie utilise ses R-2 jusqu'en 1943 sur le front de l'Est, parfois avec un camouflage sable-brun adapté au terrain russe.
 Ses caractéristiques :
Poids : 10,5 tonnes
Blindage : 25 mm (face avant)
Armement : canon Skoda A3 de 37 mm + 2 mitrailleuses ZB vz.37 de 7,92 mm
Moteur : Skoda T-11/0 de 120 ch
Vitesse : 35 km/h sur route
Équipage : 4 hommes
Défaut majeur : système de direction pneumatique peu fiable par temps froid
Les Allemands saisirent 219 LT vz.35 en mars 1939 et les rebaptisèrent Panzerkampfwagen 35(t). Ces chars jouèrent un rôle important dans les campagnes de Pologne (1939) et de France (1940) avant d'être progressivement retires du service de première ligne.
Le LT vz.38 

 
Le LT vz.38 (TNHP dans la nomenclature CKD) fut produit trop tardivement pour être utilisé par l'armée tchécoslovaque  les premiers exemplaires arrivèrent dans les unités quelques jours a peine avant l'occupation allemande. Mais il allait devenir l'un des chars les plus importants des deux premières années de la Seconde Guerre mondiale sous le nom de Panzer 38(t).  Mieux blindé et plus fiable que le Panzer II allemand, il est livré aux unités tchécoslovaques à partir de l'été 1938 — soit quelques mois seulement avant l'annexion. Aucun exemplaire n'aura donc jamais combattu sous les couleurs de Prague.
Sa livrée d'origine est un kaki olivâtre avec des taches vert foncé caractéristiques, plus grandes et moins angulaires que sur le LT vz. 35. Ces taches en forme de larges ellipses ou de triangles arrondis sont clairement visibles sur les photographies de réception d'usine conservées aux archives de Prague. Certains exemplaires présentent également une légère application de brun sur les bords inférieurs de la caisse.
Sa production du LT vz. 38 se poursuit sous supervision allemande jusqu'en juin 1942 (désignation Panzer 38(t), puis Aufklärungspanzer 38(t)) — un total de 1 411 exemplaires. Ironiquement, ce char conçu pour défendre la Tchécoslovaquie contribua en grande partie au succès des campagnes de la Wehrmacht en Pologne, France et Union soviétique. .
Poids : 9,7 tonnes
Blindage : 25 mm (face avant)
Armement : canon Skoda A7 de 37 mm + 2 mitrailleuses ZB vz.37 de 7,92 mm
Moteur : Praga EPA de 125 ch
Vitesse : 42 km/h sur route — supérieure au LT vz.35
Équipage : 4 hommes
Avantage décisive sur le LT vz.35 : suspension simplifiez, beaucoup plus fiable par tous temps
Automitrailleuse
L’armée tchécoslovaque disposait également de plusieurs modèles d' Automitrailleuses 
OA vz.27 (PA-III) : voiture blindée Skoda de 1927, 4 roues motrices, 2 mitrailleuses. 16 exemplaires.
Camouflage probablement vert olive uniforme
OA vz.30 : automitrailleuse blindée CKD de 1930, 4 roues.

Mitrailleuse de 7,92 mm L 'OA vz. 30 (Obrněný automobil vzor 30) est une automitrailleuse à roues produite par Tatra à partir de 1930. Sa livrée bicolore  kaki de base + taches brun-terre angulaires  est l'une des plus facilement reconnaissables du parc tchécoslovaque. Les taches brun-terre sont particulièrement caractéristiques : elles dessinent des formes trapézoïdales et triangulaires très nettes, distinctes du style amiboïde utilisé sur les chars. L'OA vz. 30 est déployée principalement pour la reconnaissance et la protection des convois. En service dans les régions de frontières (Sudètes, Slovaquie orientale), elle reçoit parfois un camouflage de terrain complémentaire à base de filets et de branchages lors des périodes d'alerte de 1938.
PA-II Zelva : Automitrailleusee Skoda, modèle symétrique a 4 mitrailleuses Maxim. 12 exemplaires 

Les véhicules non blindés (softskins)
Camions et tracteurs d'artillerie
La logistique de l'armée tchécoslovaque repose essentiellement sur des camions produits par Tatra (Kopřivnice), Praga (Prague) et Škoda (Pilseň). Les modèles les plus répandus incluent le Tatra 72, le Praga RV, le Skoda 6ST6 et l'Austro-Fiat de présérie, tous peints en kaki olivâtre monochrome jusqu'en 1935. 
À partir de 1936, les véhicules affectés aux grandes unités de campagne reçoivent une livrée bicolore analogue à celle des blindés : base kaki + taches brunes, appliquées par les ateliers régimentaires selon les mêmes normes générales. Les véhicules logistiques de l'arrière-garde restent généralement monochromes.
 Motos et side-cars
Les motocyclettes de liaison (principalement des Jawa 350 et des Walter), largement utilisées par les ordonnances et les éclaireurs, adoptent une livrée partiellement kaki : châssis et carrosseries en kaki olivâtre, moteur, selle et pneumatiques en noir naturel. Sur certaines images d'archives datant de 1937–1938, on observe des essais de camouflage aléatoire de la carrosserie, mais aucune norme officielle ne semble avoir été édictée pour ces véhicules légers.
L'artillerie
L'artillerie tchécoslovaque était principalement produite par Skoda et avait une tradition qui remontait a la fin du XIXe siècle. Les principales pièces étaient :
Pour l'Artillerie de campagne :
Canon de 75 mm vz.28  pièce standard de division, production Skoda
Obusier de 100 mm vz.14/19  hérité de l’armée austro-hongroise, encore très répandu
Obusier de 149 mm vz.25  pièce lourde de corps d'armée, production Skoda
Pour l'Artillerie antichar :
Canon antichar de 37 mm vz.34 production Skoda, très répandu dans l'infanterie
Canon antichar de 47 mm vz.36  plus puissant, capable de percer tout char de 1938
Pour  l'Artillerie antiaérienne :
Canon AA de 75 mm PL vz.37  pièce medium de défense antiaérienne
Canon AA de 80 mm PL vz.37 — version améliorée
Mitrailleuse AA de 40 mm vz.36 — défense rapprochée
L'armement individuel et les armes de soutien
L'armement individuel tchécoslovaque était de qualités remarquable. Le fusil de base était le Mauser tchécoslovaque vz.24  une version améliorée du Mauser 98 allemand, produit par l'arsenal national de Brno. Cette arme était reconnue comme l'une des meilleures de sa catégorie.
La firme ZB de Brno avait développé une famille de mitrailleuses légères qui allaient connaître une célébrité mondiale :
ZB vz.26 : mitrailleuse légère de 7,92 mm, alimentée par chargeurs de 20 coups. Exportée massivement  notamment vers la Chine (Chiang Kai-shek en acheta des milliers) et vers la Grande-Bretagne ou elle devint la célèbre Bren Gun
ZB vz.37 : mitrailleuse lourde sur raffut, alimentée par bande, montée sur les chars et les véhicules
ZB vz.53 : mitrailleuse lourde sur trépied, pour les positions fixes
Le grand déficit de l'aviation tchécoslovaque en 1938 était l'absence de chasseurs monoplans modernes comparables au Messerschmitt Bf 109. Un programme de remplacement était en cours avec notamment l'Avia B-35, monoplan moderne très prometteur  mais il n’était pas encore opérationnel au moment des accords de Munich.
En 1938 l''aviation militaire tchécoslovaque en 1938 disposait d'environ 600 appareils, mais leur qualité était inégale.
Le Camouflage
La couleur dominante est  le kaki olivâtre La teinte de référence de l'armée tchécoslovaque au cours des années 1930 est un kaki olivâtre (en tchèque : olivová khaki), proche du RAL 7008 Grau olive allemand, mais légèrement plus chaud et tirant vers le brun verdâtre. Cette couleur unique couvre la quasi-totalité du parc automobile et blindé jusqu'en 1934–1935.
Références chromatiques approximatives
Kaki olivâtre tchèque : ≈ RAL 7008 (Grau olive) ou FS 34087 (Olive Drab)
Brun terre : ≈ RAL 8010 (Lehmbrown) ou FS 30040
Vert foncé (fin de période) : ≈ RAL 6003 (Olivgrün) ou FS 34102
Noir pour pneumatiques, armes, tuyaux et certains sous-châssis
Note : Aucune référence RAL officielle n'a été établie par l'armée tchécoslovaque elle-même. Les correspondances ci-dessus sont des approximations établies à partir d'échantillons originaux et de sources photographiques.
Le brun de camouflage
À partir de 1935, un brun-terre (hnědá zemní) est introduit comme deuxième couleur dans les schémas de camouflage bicolores. Ce brun est appliqué en taches ou en bandes irrégulières sur la base kaki, selon des instructions publiées par le Ministère de la Défense Nationale (Ministerstvo národní obrany — MNO). Ce brun, légèrement ocré, rappelle les terres argileuses des collines de Bohème.
Le vert foncé tardif (1937–1938)
Les productions les plus récentes, notamment le LT vz. 38 et les dernières séries d'automitrailleuses OA vz. 30, adoptent un vert foncé en remplacement ou en complément du kaki standard. Ce vert sombre, souvent décrit comme olivgrün par les sources allemandes qui récupèrent ces véhicules en 1939, est appliqué en sortie d'usine et parfois retouché sur le terrain.
 Schémas de camouflage par période
 Période 1919–1934 : monochrome kaki
Durant la première décennie de l'armée républicaine, tous les véhicules — du camion Tatra au char léger — reçoivent une livrée monochrome kaki olivâtre. Cette teinte uniforme est appliquée sur l'ensemble de la surface peinte : carrosserie, tourelle, caisse, mais aussi les surfaces intérieures visibles depuis les écoutilles. Les pneumatiques, caoutchoucs d'étanchéité et armes portatives demeurent en noir ou gris naturel.
Cette approche monochrome reste fonctionnelle pour les missions de temps de paix et les manœuvres, mais elle se révèle insuffisante dès que des exercices de grande envergure mettent en évidence la visibilité des véhicules dans les forêts mixtes et les collines de Bohème.
 Période 1934–1936 : introduction du bicolore
Vers 1934–1935, les premières instructions de camouflage bicolores sont diffusées. Elles prescrivent l'application de taches brunes irrégulières sur la base kaki. Ces taches suivent des formes angulaires ou amibiques selon les ateliers d'entretien, ce qui explique les variations importantes observées entre des véhicules d'une même unité.
Amibique veut dire forme arrondie et organique comme une amibe, par opposition à angulaire = forme géométrique aux bords droits. C'est l'une des distinctions les plus importantes dans l'identification visuelle des camouflages militaires
Pour les blindés (LT vz. 34, OA vz. 30), les taches brunes couvrent généralement 30 à 40 % de la surface totale. La tourelle reçoit le même traitement que la caisse. Les écoutilles de vision, les instruments optiques et les plaques de protection des armes sont soigneusement exemptés de peinture pour ne pas altérer leur fonctionnement.
Toutefois des photographies d'archives, notamment celles des manœuvres de l'été 1937 en Bohème du sud, montrent des disparités importantes entre véhicules : certains arborent un bicolore très marqué avec des taches de grande dimension, d'autres restent quasi monochromes, ce qui suggère que l'application n'était pas toujours strictement contrôlée.
 Période 1936–1938 : maturité du camouflage
Les dernières années de l'armée tchécoslovaque indépendante voient apparaître des schémas de camouflage plus élaborés, parfois tricolores (kaki + brun + vert foncé), notamment pour les formations blindées stationnées aux frontières fortifiées. Ces schémas imitent en partie les pratiques française et britannique observées lors des échanges militaires.
Ainsi le LT vz. 35, char le plus représentatif de cette période, peut présenter en 1937–1938 trois variantes distinctes selon les sources :
Monochrome kaki olivâtre (formations de l'intérieur)
Bicolore kaki + taches brun-terre (formations de campagne)
Bicolore kaki + taches vert foncé (certaines unités frontières en 1938)
En situation d'exercice ou d'alerte, des branchages naturels étaient attachés aux anneaux de camouflage prévus sur la caisse et la tourelle, complétant efficacement la peinture par un camouflage végétal.
Marquages et numéros tactiques
Les plaques d'immatriculation militaires sont à fond noir avec numérotation blanche. Sur les blindés, les numéros tactiques sont peints sur la tourelle (en général deux ou trois chiffres) avec une police simple. Sur les softskins, la plaque d'immatriculation suffit généralement à l'identification. Des insignes d'unité  souvent un animal ou un symbole régional  sont parfois visibles sur les gardes-boue avant, mais ils sont systématiquement couverts ou effacés avant les manœuvres sensibles et les exercices proches des frontières.
La croix rouge de la Croix-Rouge internationale est utilisée sur les véhicules sanitaires (voitures d'ambulance Praga/Škoda), peints en blanc crème avec une croix rouge sur fond blanc sur les flancs et le capot  conformément aux conventions de Genève alors en vigueur.
 Tableau récapitulatif des camouflages
Véhicule
Type
Année
Couleur de base
Schéma
Remarques
LT vz. 34
Char léger
1934
Kaki olivâtre (olive drab)
Monochrome
Premier char en série de l'armée tchèque
LT vz. 35
Char léger
1935
Kaki olivâtre
Mono ou bicolore
Produit par Škoda, exporté aussi en Roumanie
LT vz. 38
Char léger
1938
Kaki olivâtre / vert foncé
Bicolore taches
Jamais utilisé par l'armée tchèque — saisi par la Wehrmacht
Panzer I (ex-CZ)
Ref.
1939
Gris Panzergrau
Allemand
Repeinture immédiate après saisie mars 1939
PA vz. 27
Auto blindée
1927
Kaki olivâtre
Monochrome
Roues noires, corps kaki
OA vz. 30
Auto blindée
1930
Kaki + taches brunes
Bicolore
Taches angulaires caractéristiques
Tatra 72 / 82
Camion
1933
Kaki olivâtre
Monochrome
Bâche sable ou verte selon unité
Praga RV
Camion léger
1934
Kaki olivâtre
Monochrome
Véhicule de liaison, capot parfois tricolore
Skoda 6ST6
Camion lourd
1936
Kaki olivâtre + brun
Bicolore irrég.
Principaux camions d'artillerie
Motocyclettes
Liaison
1930+
Kaki mat / noir
Monochrome
Garde-boue et châssis kaki, moteur souvent noir
Tatra 82 radio
PC mobile
1935
Kaki + taches marron
Bicolore
Antennes repliables, inscription effacée en campagne

 Destin du matériel
Le 15 mars 1939, à 6 heures du matin, les colonnes motorisées de la Wehrmacht franchissent les frontières de la Bohème-Moravie sans rencontrer de résistance armée, conformément aux ordres du président Hácha signés sous la contrainte à Berlin la nuit précédente. L'armée tchécoslovaque, qui comptait parmi les mieux équipées d'Europe centrale, dépose les armes.
Le bilan matériel saisi par la Wehrmacht est considérable : environ 469 chars légers (LT vz. 35 et LT vz. 38), 75 automitrailleuses OA vz. 30, plus de 1 500 pièces d'artillerie, et plusieurs milliers de camions, motos et tracteurs. Ces véhicules, en parfait état de marche, sont incorporés dans les rangs de la Wehrmacht sous de nouvelles désignations et, surtout, repeints en gris Panzergrau (RAL 7021) dans les meilleurs délais.
Mais certaines photographies prises lors de la campagne de Pologne (septembre 1939) montrent des Panzer 35(t) et 38(t) encore partiellement dans leur livrée tchécoslovaque d'origine, preuve que pendre à nouveau, bien qu'urgente, ne put pas toujours être effectuée avant les premières opérations. La 7e Panzer division du général Rommel engage des Panzer 38(t) ex-tchèques lors de la percée de mai 1940 en France.
Équivalence pour la peinture en maquettisme
Formes angulaires versus formes amibiques les deux grands styles de camouflage
NB
Les formes angulaires
 

Les formes angulaires sont des taches de camouflage aux bords droits et aux angles nets — comme des polygones, des triangles, des rectangles déformés. Les contours sont rectilignes, tranchants, géométriques.
C'est le style adopté notamment par :
L'Allemagne avec le fameux camouflage Splittermuster (motif éclats) de l'uniforme, ou le camouflage à grandes taches angulaires des véhicules en 1944-45
Certains camouflages britanniques des véhicules en Afrique du Nord
Les camouflages suédois et finlandais
Les formes amibiques

Les formes amibiques — du mot amibe, ce micro-organisme unicellulaire aux contours irréguliers et ondulés — sont des taches aux bords courbes, sinueux, organiques. Les contours ressemblent à des taches de peinture qui auraient coulé ou à des formes végétales naturelles — feuilles, nuages, taches d'huile sur l'eau.
C'est le style adopté notamment par :
La France le camouflage des véhicules français 1940 avec ses grandes taches arrondies
La Tchécoslovaquie les taches brun-marron sur vert olive
La Belgique même logique de formes organiques
L'URSS — grandes taches vertes et brunes aux contours ondulés
Pourquoi cette distinction est importante pour le maquettiste
Pour réaliser un camouflage historiquement exact, la forme des taches est aussi importante que la couleur !
Un camouflage tchécoslovaque ou belge peint avec des taches angulaires à la façon allemande serait immédiatement reconnaissable comme incorrect même si les couleurs sont bonnes.
La technique pratique :
Pour les formes angulaires utilisez du masquage ruban, tracez des lignes droites, peignez au pinceau ou à l'aérographe avec un cache
Pour les formes amibiques peignez directement au pinceau en laissant courir la main de manière souple et naturelle, ou utilisez du masquage avec ruban que vous froissez légèrement pour créer des bords ondulés
En résumé — amibique = forme arrondie et organique comme une amibe, par opposition à angulaire = forme géométrique aux bords droits. C'est l'une des distinctions les plus importantes dans l'identification visuelle des camouflages militaires !
Les maquettistes souhaitant reproduire des blindés tchécoslovaques de la période 1930–1938 doivent tenir compte de la grande variété des livrées réelles.
La couleur kaki olivâtre de base peut être reproduite avec du Vallejo Model Color 70.887 Brown Violet légèrement éclairci de jaune, ou du Tamiya XF-62 Olive Drab adouci.
Pour le brun des taches, le Vallejo 70.921 English Uniform ou le Tamiya XF-64 Red Brown conviennent bien, légèrement désaturés.
Les taches doivent être appliquées à l'aérographe très dilué ou avec un pinceau large et effleurement, pour éviter des contours trop nets (les livrées réelles présentaient des bords légèrement fondus).
Les numéros tactiques sont peints en blanc cassé (Vallejo 70.820 Off White) sur fond noir, au pochoir ou à la main, en police simple sans empattement.Un léger filtre brun-olive (wash) sur l'ensemble de la surface permet d'unifier la livrée et de simuler l'encrassement normal d'un véhicule en service.