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Japon Blindés et Softskins Camouflage 1930-1945
Article fait par :Claude Balmefrezol
Mis en ligne le 04/05/2026 à 09:08:53

Japon Blindés et Softskins Camouflage 1930-1945
Tableaux générés par IA
Le camouflage des véhicules blindés et motorisés japonais entre 1930 et 1945 est marqué par une absence de doctrine centralisée stricte, contrairement aux armées allemande ou britannique. L'armée impériale laissa une grande latitude aux unités et aux équipages, ce qui explique la variabilité extrême des livrées observées sur les photographies d'époque. Mais il faut avoir en tete une règle fondamentaleLes softskins (camions, voitures, motos) reçoivent toujours une livrée PLUS SIMPLE que les chars de la même unité. Le motif multicolore brisé est réservé aux blindés. Les véhicules légers restent souvent en monochrome, même quand les chars de la même colonne arborent un tricolore.
Et le camouflage est soumis comme partout ailleur à quatre grands facteurs d'influence
Terrain Le théâtre d'opération (steppe, jungle, île) impose la palette de couleurs.
Période La date d'engagement détermine l'avancement de la doctrine.
Nature du véhicule Le type de véhicule définit le niveau de détail du camouflage.
Logistique La disponibilité locale des peintures en campagne conditionne tout.Voyons les Palettes de couleurs officielles et de terrain
J ai essayé de trouver les codes de couleur mais ce sont des approximations basées sur l'analyse spectroscopique de pièces survivantes et les documents d'archives japonais et retravailllés par l' IA
Les codes sont les équivalents modernes mais donnés à titre indicatifs.
Couleurs de base réglementaires
Couleurs auxiliaires et marquages
Camouflage par théâtre d'opération
Le tableau suivant synthétise les livrées types selon la zone géographique, pour les chars et pour les softskins.
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Zone
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Période
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Couleur de base
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Chars (motif)
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Softskins
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Mandchourie
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1931–1945
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Khaki jaune uniforme
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Monochrome. Parfois numéros blancs.
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Identique — khaki seul
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Chine du Nord
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1931–1945
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Khaki sable / jaune
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Monochrome → rare bicolore
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Khaki monochrome
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Khalkhin Gol
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Mai–Sep. 1939
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Khaki sable très clair
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Monochrome. Numéros urgence.
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Identique aux chars
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Chine du Centre
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1937–1945
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Khaki + brun rouge
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Bicolore au pinceau
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Khaki seul (logistique)
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Chine du Sud
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1938–1945
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Khaki + brun + vert début
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Bicolore/tricolore précoce
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Khaki ou bicolore simple
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Malaisie / Philippines
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Déc. 1941–42
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Khaki + vert + brun
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Tricolore jungle
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Bicolore simple (vert+khaki)
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Indochine / Thaïlande
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1941–1942
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Khaki → bicolore
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Variable selon unité
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Khaki dominant
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Birmanie
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1942–1945
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Vert profond + brun
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Tricolore vert dominant
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Bicolore vert+brun
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Nouvelle-Guinée / Salomon
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1942–1944
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Vert sombre + brun
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Tricolore + végétaux
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Rares, vert seul
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Guadalcanal
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1942–1943
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Vert sombre
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Tricolore + palmiers ligaturés
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Quasi-inexistants
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Philippines (Leyte)
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1944–1945
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Vert-noir + brun sombre
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Tricolore très sombre
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Vert-noir, décimés
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Iwo Jima
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Fév.–Mars 1945
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Vert-noir + rayures noires
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Bicolore sombre + marquages
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Absents
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Okinawa
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Avr.–Juin 1945
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Kaki très sombre + vert-noir
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Tricolore sombre + terré
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Absents / brûlés
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Japon métropolitain
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1945 (préparation)
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Vert sombre / kaki foncé
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Variable, positions fixes
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Abandonnés / camouflés
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Voyons le. Détail par zone géographique
Mandchourie et Mongolie (1931–1939)
La steppe mandchoue et les plaines mongoles imposent le monochrome khaki. La couleur 土黄色 (tsuchi kiiro) est idéale pour ces environnements semi-arides. Lors des affrontements de Khalkhin Gol (mai–septembre 1939) contre les forces soviétiques, les chars japonais arrivent d'usine en khaki standard sans modification. L'urgence opérationnelle ne laisse pas le temps de modifier les livrées. Certains véhicules reçoivent des numéros blancs ou jaunes en urgence pour l'identification interarmes.
À Khalkhin Gol, les Japonais affrontent pour la première fois des blindés soviétiques en nombre. La défaite les amène à repenser leurs doctrines blindées mais pas encore leur camouflage, qui reste monochrome pour toutes les unités engagées.
Chine (1937–1945)
L'invasion de la Chine en juillet 1937 marque la naissance des premiers schémas bicolores. Les équipages de la 3e Armée et des unités blindées autonomes commencent à appliquer des taches brun-rouge sur la base khaki, sans instruction réglementaire. La taille, la forme et la densité des taches varient d'un char à l'autre. En Chine du Sud, la végétation plus dense et les environnements plus variés (rizières, collines, forêts subtropicales) poussent certaines unités à ajouter du vert olive dès 1940–1941, anticipant le tricolore jungle qui deviendra standard en Asie du Sud-Est.Mais en regle générale en Chine les softskins (camions Isuzu, Toyota, Nissan) restent en grande majorité en khaki monochrome, même quand les chars de la même colonne arborent des taches bicolores. La peinture est précieuse en campagne.
Asie du Sud-Est — Malaisie, Philippines, Birmanie (1941–1945)
L'entrée en guerre dans le Pacifique en décembre 1941 force une révision profonde. La jungle dense de Malaisie et des Philippines exige des couleurs plus sombres. Le schéma tricolore — khaki + vert olive + brun — se généralise. C'est la période où le camouflage japonais est le plus proche des motifs européens.
En Birmanie (1942–1945), sous la mousson, la dominante vert très foncé s'impose. Le khaki disparaît progressivement comme couleur de base pour devenir lui-même une tache parmi d'autres. Les conditions humides font vieillir rapidement la peinture ; les retouches utilisent des matériaux locaux. En Asie du Sud-Est, les softskins reçoivent pour la première fois régulièrement des taches de camouflage. La menace aérienne alliée (RAF puis USAAF) rend le camouflage des camions nécessaire sous la canopée forestière.
Pacifique Sud — Guadalcanal, Nouvelle-Guinée, Salomon (1942–1944)
Sur les îles du Pacifique Sud, la jungle équatoriale impose un vert très sombre dominant. Les chars débarqués reçoivent souvent un camouflage de fortune à l'arrivée, les équipages ligaturant des palmes et des branchages sur la tourelle et la caisse. À Guadalcanal, les Type 95 Ha-Go engagés lors de la contre-attaque de la rivière Ilu (août 1942) sont camouflés de cette façon. Les softskins sont quasi-absents sur les îles. Le relief montagneux, la jungle et les routes inexistantes limitent l'usage des camions. L'aviation alliée détruit les rares véhicules motorisés avant même qu'ils n'atteignent les positions.
Défense des îles — Philippines, Iwo Jima, Okinawa (1944–1945)
Le renversement de situation stratégique transforme radicalement l'emploi des blindés. Les chars ne manœuvrent plus en formations offensives — ils sont enterrés jusqu'à la tourelle comme artillerie fixe pour défendre les plages et les positions défensives. Le général Kuribayashi à Iwo Jima et le général Ushijima à Okinawa intègrent les chars dans un dispositif défensif profond et statique.
Le camouflage vise désormais exclusivement à tromper l'aviation et les observateurs d'artillerie alliés. Les teintes sont très sombres, parfois noires. Paradoxalement, les marquages d'unité (kanji, cercles, étoiles) apparaissent clairement sur les tourelles — la cohésion tactique prime sur la discrétion optique
Voic maintenant une Synthèse de tous les engins blindés et softskins
Le tableau suivant recense l'ensemble des véhicules utilisés par l'armée impériale japonaise, leur catégorie, leur camouflage typique et la relation avec les softskins de l'unité.
Chars et blindés de combat à chenilles
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Désignation
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Catégorie
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Période
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Camouflage typique
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Softskins = même ?
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Type 89 Yi/Ko
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Char moyen
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1929–1942
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Khaki uniforme → bicolore Chine dès 1937
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Softskins : khaki seul
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Type 94 TK
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Tankette
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1934–1943
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Monochrome khaki. Quasi-jamais de motif.
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N/A (trop petit)
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Type 97 Te-Ke
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Tankette
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1938–1945
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Khaki / bicolore variable selon zone
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Softskins plus simples
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Type 95 Ha-Go
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Char léger
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1935–1945
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Bicolore → tricolore jungle · très variable
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NON — camions restent simples
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Type 97 Chi-Ha
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Char moyen
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1937–1945
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Bicolore/tricolore · voir détail par zone
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NON
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Type 97 Chi-Ha Kai
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Char moyen
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1942–1945
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Tricolore jungle → sombre défensif
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NON
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Type 3 Chi-Nu
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Char moyen
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1944–1945
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Tricolore très sombre · Okinawa
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NON
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Type 4 Chi-To
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Char lourd
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1944–1945
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Vert-noir dominant · positions défensives
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NON
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Type 5 Chi-Ri
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Char lourd
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1945 (proto)
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Khaki usine — jamais engagé
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N/A
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Type 1 Chi-He
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Char moyen
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1941–1945
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Tricolore selon zone d'emploi
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NON
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Type 2 Ka-Mi
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Char amphibie
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1942–1945
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Vert sombre + gris-bleu sur flotteurs
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Livrée unique
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Type 3 Ka-Chi
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Char amphibie
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1943–1945
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Vert + gris naval. Flotteurs séparément peints.
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Livrée unique
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Type 4 Ka-Tsu
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Char amphibie
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1944–1945
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Gris acier + vert superstructure
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N/A
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Automitrailleuses et blindés à roues
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Désignation
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Catégorie
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Période
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Camouflage typique
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Softskins = même ?
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Sumida M.2593
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Automitrailleuse
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1930–1942
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Khaki → bicolore. Traitée comme un char.
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Camions de marque : khaki seul
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Type 92 Jyu-Sokosha
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Blindé léger
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1932–1942
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Khaki monochrome (Mandchourie)
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Identique aux chars de l'unité
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Type 93 So-Mo
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Armored car 4x4
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1933–1941
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Khaki → tricolore Malaisie
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Softskins Toyota/Nissan : khaki
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Type 94 So-Ko (mod.)
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Blindé mitrailleur
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1934–1944
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Monochrome khaki dominant
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Non applicable
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Hokoku-go (véh. don)
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Blindé divers
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1941–1945
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Variable selon origine
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Variable
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Artillerie automotrice (SPG)
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Désignation
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Catégorie
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Période
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Camouflage typique
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Softskins = même ?
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Type 1 Ho-Ni I
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Artillerie SP
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1941–1945
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Conforme aux chars d'appui de l'unité
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NON — softskins plus simples
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Type 2 Ho-I
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Artillerie SP
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1942–1945
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Tricolore selon zone
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NON
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Type 3 Ho-Ni III
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Artillerie SP
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1943–1945
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Sombre défensif. Filets camouflage.
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NON
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Type 4 Ho-Ro
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Obusier SP 150mm
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1943–1945
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Bicolore/tricolore selon zone
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NON
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Type 4 Ha-To
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Lance-roquettes SP
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1945
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Vert très sombre ou khaki usine
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N/A
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L'artillerie de l'Armee imperiale japonaise mérite à elle seulle un chapitreL'artillerie de l'Armee imperiale japonaise (Rikugun, ou IJA - Imperial Japanese Army) couvrit entre 1930 et 1945 des theatres d'operations d'une diversite extreme : des steppes gelees de Mandchourie aux jungles equatoriales du Pacifique Sud, en passant par les plaines fluviales de Chine et les roches volcaniques d'Iwo Jima. Cette diversite imposa des solutions de camouflage radicalement differentes.Mais contrairement aux armees europeennes qui privilegiaient la peinture comme premier outil de dissimulation, la doctrine japonaise reposait sur un principe fondamental : l'artillerie se cache dans le terrain avant de se peindre. Cette philosophie, renforcee par les lecons douloureuses de la bataille de Nomonhan (1939) contre l'URSS, allait facon ner toute l'approche japonaise de la dissimulation de l'artillerie jusqu'a la capitulation de 1945. Je passe en revuie toute la gamme des pièces d'artillerie de campagne legere, lourde, antichar, antiaerienne et cotiere de l'IJA, avec si possible leur camouflace par theatre d'operations.
La couleur de base est le Khaki-iro
En anglais c'est le Japanese Artillery Brown qui constituait la couleur de base appliquee en usine sur l'ensemble du materiel de l'IJA depuis les annees 1930. Il s'agit d'un kaki olivatre tirant sur le brun terreux, tres proche de la teinte utilisee simultanement sur les chars, camions et vehicules de la meme epoque.
Mais ce choix n'etait pas anodin car les Japonais avaient observé, lors des guerres precedentes et a travers leurs attachés militaires en Europe, que la couleur terre-de-sienne neutre offrait le meilleur compromis entre les differents environnements où leurs troupes pouvaient etre deployees. Une seule couleur simplifiait aussi considerablement la logistique de peinture en usine.
Palette chromatique reglementaire de l'IJA (1930-1945)
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| Les noms japonais ci-dessus correspondent aux designations officielles ou populaires en usage dans les archives et publications techniques de l'époque. |
La transition de 1942
A partir de 1942, l'IJA entreprit une standardisation partielle de ses schemas de camouflage. La couleur de base evolua pour les materiels destines au Pacifique Sud vers un vert plus sombre (Kusa-iro, ou vert saule), jugee plus adaptee aux forets tropicales denses. Le noir de delineation entre les zones de couleur, caracteristique des schemas des annees 1930, fut officiellement abandonne.
Une nouvelle teinte de base, le Karekusa-iro (herbe seche, proche du jaune sable allemand), fut introduite pour certains materiels, mais ne se generalisa pas aussi systematiquement que son equivalent allemand Dunkelgelb. Les anciennes couleurs coexistaient largement avec les nouvelles, notamment sur les pieces fabriquees avant 1942 et non re-peintes.
Point cle : le 'brun artillerie japonais' Le Khaki-iro porta populairement le nom de 'brun artillerie japonais' parce qu'il etait universel : chars, canons, camions, tous sortaient d'usine dans cette meme teinte. Les taches de camouflage supplementaires etaient souvent ajoutees apres, sur le terrain ou juste avant le deploiement en zone de combat Note importante : certains composants comme les bouches a feu et les boucliers de protection avaient parfois conserve le khaki uni meme lorsque le corps de la piece portait un schema bicolore ou tricolore.
Evolution chronologique des schemas
La periode de garnison (1930-1937)
Durant les annees 1930, avant le declenchement de la guerre sino-japonaise a grande echelle, les pieces d'artillerie japonaises etaient peintes en monochrome Khaki-iro. Des motifs bicolores pouvaient exister sur certaines pieces de forteresse cotiere, generalement en vert sombre local, mais aucune doctrine nationale unifiee de camouflage bicolore n'etait en vigueur pour l'artillerie.
Les pieces en Mandchourie recevaient parfois un badigeon blanc saisonnier pour les operations hivernales, reprise directe de pratiques observees en Europe notamment lors de la campagne contre la Russie de 1904-1905.
La guerre de Chine (1937-1941)
L'engagement a grande echelle en Chine reveilla le besoin de camouflage adapte au terrain local. En Chine du Nord (plaines et steppes), le Khaki-iro restait generalement suffisant. En Chine du Sud et centrale (forets, rizières, collines boisees), des taches de brun acajou (Tochi-iro) et de vert olive (Midori-iro) furent ajoutees, souvent directement par les equipes d'artillerie.
Les lignes noires de delimitation entre zones de couleur, caracteristiques des vehicules blindes de cette periode, apparaissaient parfois sur l'artillerie, mais de maniere moins systematique. L'usage de filets de camouflage et de vegetation naturelle sur les positions devint standard dans tous les theatres.
Le debut du Pacifique (1941-1942)
Le declenchement de la guerre du Pacifique en decembre 1941 imposa rapidement de nouvelles contraintes. Les pieces destinees aux operations insulaires ou en foret tropicale furent de plus en plus souvent peintes en vert foncé de base, avec des taches brunes. Les schemas a bords francs (hard-edged) dominaient encore.
Quelques sources americaines et britanniques mentionnent l'apparition de rayures cruciformes jaunes sur certains materiels - schema observe surtout sur les chars - mais cela ne semble pas s'etre generalise specifiquement a l'artillerie de campagne ou lourde.
La defense des iles (1943-1945)
A partir de 1943, avec le retournement de l'initiative strategique au profit des Allies, la doctrine japonaise se transforma radicalement. L'artillerie ne cherchait plus a avancer avec l'infanterie mais a defender des positions fixes le plus longtemps possible.
Les pieces furent enterrees, encavernees, fondues dans le terrain rocheux ou vegetal. La peinture devint secondaire : c'est la dissimulation architecturale - beton, roche naturelle taillee, tunnels - qui primait desormais. Les pieces fixes de defense cotiere ou insulaire recevaient parfois une peinture vert tres sombre, quasi noir, pour s'effacer dans les cavernes et ouvertures de tir.
Les rapports d'apres-combat americains soulignent la difficulte extreme a localiser les pieces d'artillerie japonaises depuis les airs ou depuis le sol.A Iwo Jima, de nombreuses bouches a feu de 150 mm n'etaient visibles - meme depuis quelques metres - que lorsqu'elles ouvraient le feu, et disparaissaient aussitot dans leurs abris.Les equipipes de reconnaissance alliees rapporterent que la couleur de la peinture etait devenue un critere d'identification secondaire face a la sophistication de la dissimulation par le genie.
Camouflage par type de piece
Les differents types de pieces d'artillerie japonaise ne suivaient pas exactement les memes schemas de camouflage, en raison de leurs roles tactiques et de leurs contraintes de mobilite tres differentes.
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Type de pièce
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Couleur de base
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Schéma
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Dissimulation principale
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Artillerie legere (70-105 mm)
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Khaki-iro → Karekusa apres 1942
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Bicolore ou tricolore selon le theatre
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Filets + branchages en position
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Artillerie lourde (120-240 mm)
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Khaki-iro uni, rarement repeint
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Generalement monochrome
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Excavation profonde, grands filets
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Antichar (37-75 mm)
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Khaki-iro, rarement modifie
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Monochrome + vegetation naturelle
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Bunkers et abris beton (fin de guerre)
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Antiaerienne (75-120 mm)
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Khaki-iro ou vert fonce
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Souvent monochrome
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Fosse avec sacs de sable, vegetation
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Artillerie cotiere (150-240 mm)
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Gris marine ou kaki selon origine
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Variable - souvent couleur roche
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Encavernement total, masques beton
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Artillerie de campagne legere
Les pieces legeres (Type 38 de 75 mm, Type 92 de 70 mm dit 'canon de bataillon', Type 91 de 105 mm howitzer) etaient les plus mobiles et les plus frequemment repeintes. Leurs schemas de camouflage suivaient de pres ceux des vehicules blindes de la meme periode. Les roues et les affuts recevaient parfois le khaki uni alors que le tube et le bouclier portaient des taches de camouflage.
Artillerie lourde et obusiers
Les pieces lourdes (Type 96 de 150 mm, Type 4 de 150 mm, Type 45 de 240 mm) etaient rarement re-peintes en detail. Leur taille rendait le camouflage par la peinture moins efficace que la dissimulation physique. De grands filets de camouflage, souvent de plusieurs metres carres, couvraient l'ensemble de la piece et de sa plateforme de tir, avec des branchages et feuillages naturels entrelaces.
Le Type 96 de 150 mm, considere par l'intelligence alliee comme l'une des pieces les mieux conçues de l'arsenal japonais, etait systematiquement cache dans des casemates ou derriere des terrassements lors de son deploiement en position defensive.
Canons antiaeriens
L'artillerie antiaerienne presentait un paradoxe tactique : dissimilee depuis les airs, elle devait rester visible et accessible pour ses servants au sol. Les pieces AA (Type 88 de 75 mm, Type 99 de 88 mm, Type 3 de 120 mm) etaient generalement en monochrome khaki ou vert fonce. Les filets genant la rotation rapide necessaire a la defense antiaerienne etaient moins utilises sur les pieces elles-memes, mais les positions (fosses, sacs de sable) etaient dissimulees par la vegetation alentour.
Artillerie cotiere et de forteresse
Les pieces cotieres - souvent des canons navals recycles ou des pieces de forteresse fixes - etaient generalement peintes en gris marine (pour celles d'origine navale) ou en kaki. En fin de guerre, la priorite absolue etait leur integration architecturale dans le terrain : ouvertures de tir masquees par des ecrans mobiles, blocs de beton teintes en couleur roche locale, filets couvrant les approches.
A Corregidor (1942), a Saipan (1944), a Iwo Jima et Okinawa (1945), les positions d'artillerie cotiere devinrent de veritables forteresses souterraines dont les pieces n'etaient detectables que lorsqu'elles tiraient.
La doctrine de dissimulation dans le terrain
Principes generaux
La doctrine japonaise de dissimulation de l'artillerie s'appuyait sur plusieurs principes fondamentaux, distincts de l'approche europeenne ou americaine :
Priorite a l'excavation : toute position d'artillerie devait etre creusee, meme partiellement, des le premier deploiement.
Filets de camouflage collectifs : l'IJA disposait de filets individuels (environ 80 x 85 cm, coton tresse en fils jaune-or, vert et bordeaux) et de grands filets collectifs pour l'artillerie.
Vegetation naturelle : branchages, feuillages et herbes etaient entrelaces dans les filets et changes regulierement pour maintenir leur aspect naturel.
Sacs de sable et terrassements : usage intensif autour des positions pour creer des masques visuels et une protection balistique supplementaire.
Discipline de tir : limitation des tirs de jour, dissimulation des eclairs de bouche la nuit, repositionnement frequent pour eviter la localisation par contre-batterie.
L'impact de la bataille de Nomonhan (1939)
La bataille de Nomonhan (Khalkhin Gol) contre les forces sovietiques en aout-septembre 1939 fut une lecon douloureuse pour l'IJA. L'artillerie sovietique, combinee a une aviation superieure, avait detruit de nombreuses pieces japonaises insuffisamment dissimulees. Cette experience accelera considerablement le developpement des doctrines japonaises d'enfouissement et de camouflage de l'artillerie.
Les rapports d'apres-Nomonhan insisterent sur la necessite de creuser des abris blindes pour les pieces elles-memes, et pas seulement pour les servants. Cette lecon fut appliquee dans les campagnes suivantes, notamment en Chine et dans le Pacifique.
La dissimulation par le genie militaire (1943-1945)
A partir de 1943, le Genie militaire japonais developpa des techniques de dissimulation de plus en plus sophistiquees. Les positions d'artillerie etaient desormais integrees dans des reseaux de tunnels interconnectes, permettant de faire avancer les pieces jusqu'aux ouvertures de tir, de tirer, puis de les retirer immediatement a couvert. A Iwo Jima, les Americains decouvrirent des positions d'artillerie lourde entierement creusees dans la roche volcanique, avec des couloirs et des plateformes permettant de braquer les pieces dans plusieurs directions depuis des ouvertures minuscules. La peinture y etait devenue totalement accessoire : c'est la roche elle-meme qui constituait le meilleur camouflage.
Et pour finir voyons les véhicules de service (softskins) de la marine et de l’aviation qui constituent le parent pauvre de la documentation japonaise : les photos d’époque sont rares, souvent en noir et blanc, et le Japon n’a jamais produit de manuel de camouflage véhicule aussi précis que les Allemands ou les Britanniques. L’article qui suit repose sur les sources spécialisées disponibles et les certitudes photographiques.Il faut savoir que la marine (IJN) et l’armée de l’air (IJAAF) n’avaient pas leurs propres standards de peinture pour véhicules terrestres. Leurs camions et tracteurs étaient soit des modèles civils réquisitionnés, soit du matériel IJA. La couleur suivait donc les règles générales de l’armée de terre.
La couleur de base est le kaki japonais Tous les véhicules militaires japonais armée, marine, aviation partagent la même teinte de fond : un kaki olive-jaune tirant sur le brun, parfois appelé « kaki IJA ». Ce n’est pas le même kaki que les Alliés : plus jaune-brun, moins verdoyant que l’olive drab américain.Les bâches et toits en toile des camions sont souvent d’une teinte légèrement différente — un kaki plus clair, presque beige — parce que la toile n’absorbe pas la peinture de la même façon que le métal.
Les Véhicules de servitude sur les aérodromeq (IJAAF et IJN Aeronavale)
Les camions de ravitaillement en carburant sont les véhicules les plus documentés photographiquement. On les voit systématiquement en kaki uniforme sans camouflage disruptif. Les citernes métalliques peuvent présenter une teinte légèrement différente (gris-métal non peint ou primer rouge-brun) selon l’état d’entretien.
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Les tracteurs utilisés pour déplacer les avions (principalement des modèles Komatsu ou réquisitions civiles) sont peints de la même façon : kaki uniforme. Sur les aérodromes avancés du Pacifique sud, certains véhicules reçoivent en 1943–44 un camouflage disruptif de taches vertes ou brunes appliqué au pinceau sur le kaki de fond, de façon très artisanale.
Aérodromes Japon / Chine — 1937–1942 Kaki uniforme Pas de camouflage disruptif. Parfois inscription blanche sur la porte de cabine (unité ou numéro de parc).
Pacifique sud — 1943–1945 Kaki + taches vertes Camouflage de terrain improvisé, appliqué sur place. Vert jungle grossier au pinceau ou au rouleau sur fond kaki.
Voitures de liaison et staff cars
Les voitures de liaison (Toyota KB, Nissan 70) utilisées par les officiers d’aérodrome ou de base navale sont soit en kaki militaire, soit — pour les véhicules de haut grade — en noir ou en gris foncé. La marine tend à utiliser davantage le gris foncé sur ses véhicules de commandement, par analogie avec la peinture de ses navires.
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Dans les bases navales (Kure, Yokosuka, Sasebo, Truk, Rabaul…) Celles ci disposent de leurs propres parcs de véhicules logistiques. La règle est simple : ce qui roule sur terre suit les couleurs de l’armée, pas celles des navires. Les camions de la marine sont donc en kaki, pas en gris de coque.
Exception notable : les véhicules portuaires
Les engins de manutention lourde des arsenaux (grues mobiles, chariots élévateurs, tracteurs de dock) peuvent être en gris foncé — couleur de travail industrielle héritée du monde civil — ou en rouge-orange primer, simplement non repeints après usine. Ce n’est pas un camouflage, c’est une absence de peinture militaire.
Camions logistiques de base Kaki IJA standard Même teinte que l’armée. Marquage possible : ancre blanche peinte sur la porte ou le flanc.
Engins de dock & arsenal Gris industriel / primer rouge Grues, tracteurs lourds, chariots. Souvent non repeints en couleur militaire — gris ou orange antirouille d’usine.
Synthese par theatre d'operations
Ce tableau synthetise les grandes tendances. Il faut souligner qu'en pratique, les schemas etaient extremement variables : l'absence de doctrine centralisee stricte pour l'application du camouflage sur le terrain - contrairement a la Luftwaffe ou a l'armee americaine - laissait une grande latitude aux commandants locaux et aux equipages.
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Théâtre d'opération
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Période
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Couleur dominante
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Méthode principale
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Mandchourie & Chine du Nord
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1931–1941
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Khaki-iro uni
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Monochrome + végétation naturelle
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Chine centrale et du Sud
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1937–1945
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Khaki + brun acajou
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Bicolore ou tricolore, filets
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Pacifique Sud & îles
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1942–1945
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Vert foncé Kusa-iro
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Jungle dense, excavation systématique
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Birmanie & Asie du S.-E.
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1942–1945
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Tricolore vert dominant
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Couvert de jungle, positions creusées
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Îles défensives (fin guerre)
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1944–1945
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Vert quasi noir / roche
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Encavernement total, béton armé
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Mandchourie (vs URSS)
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1939–1945
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Khaki + brun pâle
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Positions enterrées, leçon de Nomonhan
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Les filets de camouflage japonais
Ils etaient fabriques avec soin. Les filets individuels conserves montrent une construction en coton tresse avec des fils de couleurs jaune dore, vert et bordeaux - reproduisant les teintes de la vegetation tropicale et temperee. Cette combinaison de couleurs permettait un usage efficace dans des environnements tres differents, de la foret tropicale dense a la savane seche.
Les grands filets d'artillerie suivaient la meme logique chromatique, avec des tailles adaptees a la piece et a la position. Certains filets de grande dimension etaient montes sur des structures en bambou ou en bois, creant de veritables tentes de camouflage capables de dissimuler une piece entiere avec ses servants et ses munitions.
La maintenance des filets etait une preoccupation constante : les feuillages naturels entrelaces devaient etre remplaces regulierement pour eviter qu'ils se dessechent et prennent une couleur trop uniforme, facilement identifiable depuis les airs par rapport au couvert vegetal vivant environnant.
Softskins — Véhicules non blindés
En règle générale : les softskins reçoivent la même COULEUR DE BASE que les chars de leur unité, mais avec un motif simplifié (1–2 couleurs maximum, taches plus grandes, moins précises). En Mandchourie et en Chine du Nord, ils restent en monochrome. Le camouflage élaboré apparaît surtout en jungle dès 1941.
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Désignation
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Catégorie
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Période
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Camouflage typique
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Softskins = même ?
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Camions Isuzu Type 94
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Transport lourd
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1934–1945
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Khaki mono (Asie cont.) · bicolore simple (jungle)
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BASE des chars de l'unité
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Nissan 80 / 180
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Transport moyen
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1935–1945
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Khaki monochrome dominant
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Idem
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Toyota KB / AK
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Voiture commandement
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1935–1945
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Khaki. Rarement camouflé.
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Moins camouflé que chars
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Kurogane Type 95
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Voiture légère liaison
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1935–1945
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Khaki. Parfois métal brut.
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Non peint parfois
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Motos Rikuo Type 97
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Moto liaison/reco
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1937–1945
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Khaki. Rarement multicolore.
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Classe à part
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Side-cars Ariel/BSA
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Liaison armée
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1941–1945
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Khaki. Guidon végétalisé.
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Classe à part
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Tracteur Type 98 So-Da
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Traction artillerie
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1938–1945
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Traité comme blindé léger · bicolore en jungle
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Camouflage intermédiaire
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Type 1 So-Ki (half-track)
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Transport/artillerie
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1942–1945
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Conforme chars d'appui
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Semi-blindé = semi-char
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Ambulances / médicaux
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Sanitaire
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1937–1945
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Blanc + croix rouge (convention Genève)
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Réglementation internationale
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Véhicules de génie
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Appui technique
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1937–1945
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Khaki. Parfois marquage unité distinctif.
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Khaki de base
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Marquages d'unité et identification tactique
Contrairement à une idée reçue, les chars japonais portaient fréquemment des symboles tactiques colorés peints sur les tourelles ou les flancs de caisse. Ces marquages coexistaient avec le camouflage et parfois le contredisaient.
Voic les types de marquages observés
Numéros tactiques Chiffres arabes ou japonais en blanc, jaune ou rouge sur la tourelle.
Symboles géométriques Cercles, triangles, étoiles, losanges — encodant la division, le régiment, la compagnie.
Caractères kanji Kanji désignant l'unité ou un nom de baptême du véhicule.
Bandes d'identification Bandes blanches horizontales pour identification rapide à Khalkhin Gol.
Étoile impériale Étoile à 6 branches (différente de l'étoile de David) sur certaines unités de Mandchourie.
En fin de guerre (1944–1945) : les marquages d'unité deviennent paradoxalement plus visibles sur les positions défensives. La cohésion tactique entre chars enterrés et fantassins prime sur la discrétion optique. Des kanji en jaune ou blanc sur fond vert-noir sont fréquemment observés à Iwo Jima et Okinawa.
Tableau pour le Maquettisme avec les Équivalents peinture modernes Les tableaux suivants donnent des équivalences indicatives avec les principales gammes de peinture pour maquettes. Les valeurs sont approximatives et basées sur les analyses colorimétiques disponibles.
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Couleur IJA
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Tamiya
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Vallejo MC
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Humbrol
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Mr. Color
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Khaki jaune (土黄色)
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XF-57 Buff
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MC-116 US Sand
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H-81 Tan
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C-39 Dark Yellow
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Brun rouge (赤茶色)
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XF-64 Red Brown
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MC-70 Mahogany
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H-98 Chocolate
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C-41 Red Brown
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Vert olive jungle
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XF-58 Olive Green
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MC-155 Reflective Green
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H-75 Bronze Green
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C-52 Olive Drab
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Vert forêt sombre
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XF-61 Dark Green
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MC-70 Field Green
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H-30 Dark Green
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C-129 Dark Green
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Vert-noir défensif
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XF-27 Black Green
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MC-159 Reflective Green
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H-1 Gloss Black
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C-40 German Grey
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Brun chocolat
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XF-68 NATO Brown
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MC-822 German Cam. Black Brown
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H-13 French Blue
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C-40 German Grey
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Voici ci dessous une slistes des Sources et bibliographie Ouvrages de référence Archives et sources primaires
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Zaloga, S. J. — Japanese Tanks 1939–45, Osprey Publishing (New Vanguard #137)
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Tomczyk, A. — Japanese Armour, volumes 1 à 4, AJ Press (Gdansk)
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Doyle, D. & Ludeke, A. — Japanese Armor in Combat, Schiffer Military History
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Zaloga, S. J. — Japanese Tankettes 1927–45, Osprey Publishing
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Jowett, P. — The Japanese Army 1931–45, Osprey Men-at-Arms
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Imperial War Museum (IWM), Londres — fonds photographiques Pacifique
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National Archives (NARA), Washington D.C. — TAGO Technical Intelligence Reports 1945–46
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Archives nationales japonaises (Kokuritsu Kobunshokan) — documents d'équipement IJA
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Musée des Forces terrestres d'autodéfense japonaises, Tsuchiura (Ibaraki)
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Musée Yasukuni, Tokyo — collection de véhicules survivants