
Article fait par :Claude Balmefrezol
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Roumanie Blindés et Softskins Camouflage 1939 1945
Tableaux couleurs Générés par IA
pour toi Vincent et Madame
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La Roumanie entre en guerre aux cotes de l'Axe en juin 1941 avec un parc blindé hétérogène, constitué de matériels d'origines très diverses : français, tchécoslovaque, polonais capturé, et plus tard allemand et soviétique capturé. Cette diversité est la clef de compréhension du camouflage roumain.Mais contrairement à l'Allemagne ou à la Grande-Bretagne, la Roumanie ne dispose pas d'une doctrine de camouflage centralisée pour ses blindés. En effet la règle générale est que chaque char conserve la livrée de son fabricant d'origine. Il n'y a pas de 'couleur roumaine' unique avant 1943. Les chars roumains conservent généralement la peinture du pays fabricant. Un R-35 français arrive en vert armée française. Un R-2 tchèque arrive en vert olive tchèque. Un Panzer IV allemand arrive avec le camouflage allemand du moment. La Roumanie n'unifie pas les livrées, faute de moyens et de doctrine.
Le parc blindé roumain est hétéroclite et l' origine des matériels est multiple et varié
Origines françaises France : Renault FT (modernisés), Renault R-35, Renault UE (tracteur blindé)
Origines tcheques Tchecoslovaquie : AH-IVR (R-1), LT vz.35 (R-2), LT vz.38 / Pz 38(t)
Capture polonaise Pologne : R-35 capturés en Moravie (1939), intégrés sans repeinture
Livraisons allemandes Allemagne : Panzer III Ausf.N, Panzer IV Ausf.G/H, Panzer 38(t), StuG III Ausf.G
Captures sovietiques URSS : T-60, T-26, T-34, BA-10, BA-64 (capturés sur le Front de l'Est)
Production nationale Production indigene : TACAM T-60, TACAM R-2, Mareshal (prototype), Malaxa UE
Les Palettes de couleurs par origine géographique Les tableaux de couleurs sont générés par l IA
Le tableau ci-dessous recense toutes les teintes documentées sur les blindés roumains de 1939 à 1945. Les codes hex sont des approximations modernes fondées sur les analyses de peintures survivantes, les photographies d'époque (argentique) et les guides de référence
Couleurs d'origine française
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Couleurs d'origine tchecoslovaque
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Couleurs d'origine allemande (livrées Wehrmacht)
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Couleurs d'origine sovietique (blindes captures)
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Couleurs de production nationale et hybrides
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Camouflage par engin Detail complet
Renault R-35
Le R-35 est acquis en deux tranches : des exemplaires achetés directement à la France (environ 41 machines), et 35 chars polonais qui se sont réfugiés en Moravie après la défaite de 1939, capturés et intégrés par la Roumanie fin 1939. Cette double provenance explique des teintes légèrement différentes.
| Tourelle Modifiée pour adapté le canon Soviétique |
A Odessa en 1941, les R-35 subissent de lourdes pertes en soutien d'infanterie. Les rescapés reçoivent des retouches à l'atelier de Ploiesti, souvent avec des peintures disponibles localement teinte légèrement plus brune ou plus claire que l'original.
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LT vz.35 / R-2 Char léger tcheque
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Le R-2 est l'épine dorsale de la cavalerie blindée roumaine de 1941 à 1942. Les 126 chars commandés à Skoda sont livrés entre 1937 et 1939 en vert olive tchèque standard. Début 1943, après la catastrophe du Don, seulement quelques R-2 survivent. Les rescapés sont regroupés et certains convertis en TACAM R-2. La livrée de base demeure le vert olive tchèque, avec des retouches de campagne
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AH-IVR / R-1 Tankette tcheque
36 tankettes AH-IVR (version roumaine de l'AH-IV de Skoda-CKD) sont achetées en 1936. Légères et rapides, elles équipent les escadrons de reconnaissance des brigades de cavalerie. Engagées en Ukraine et au Caucase en 1941–42.
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Renault FT modernise — Char de la Grande Guerre La Roumanie possède 76 Renault FT-17 hérités de la Première Guerre mondiale, modernisés par les ateliers Leonida (Bucarest) dès 1939 : nouveau moteur, nouvelle armement, plaques de blindage renforcées. Ces chars obsolètes servent uniquement à la défense intérieure et à la garde des centres urbains et industriels. Les FT-17 modernisés ont joué un rôle clef lors du coup d'État du 23 août 1944 contre le maréchal Antonescu, lors des combats dans les rues de Bucarest contre les garnisons allemandes. Leur livrée d'origine française est restée inchangée dans la plupart des cas.
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Blindes d'origine allemande — Panzer III, IV, StuG III
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A partir de 1942, l'Allemagne commence à livrer des blindés modernes pour compenser les pertes roumaines. Ces véhicules arrivent avec la livrée Wehrmacht en vigueur au moment de la livraison. La Roumanie ne les repeint généralement pas, se contentant d'ajouter les marquages nationaux roumains. Les StuG III sont désignés 'TA' (Tun de Asalt) en service roumain. Une source mentionne pour le TACAM R-2 de 1944 une bande bleue sur la caisse et une croix de Saint-Michel sur le capot moteur pour la reconnaissance aérienne Un marquage qui a pu être appliqué aussi aux StuG III roumains en 1944 pour éviter les tirs fratricides avec les Soviétiques après le retournement d'alliance d'août 1944.
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TACAM T-60 et TACAM R-2 Chasseurs de chars indigenes
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Les TACAM (Tun Anticar pe Afet Mobil — canon antichar sur affût mobile) sont les créations les plus originales de l'industrie roumaine. Construits à l'atelier Leonida de Bucarest, ils recyclent des châssis soviétiques capturés (T-60) ou des R-2 obsolètes en chasseurs de chars armés de canons soviétiques récupérés. La couleur 'beige-olive' des TACAM est décrite dans les sources comme distinctive des productions Leonida : ni le vert olive tchèque, ni le Dunkelgelb allemand, mais une teinte intermédiaire locale. Les ateliers roumains mélangent les peintures disponibles une caractéristique pratique aux conséquences historiques fascinantes.
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Blindes sovietiques captures — T-60, T-26, T-34, chars et Softskins
La Roumanie capture d'importants stocks de matériel soviétique lors des campagnes de 1941–1942. Une partie est intégrée directement dans les unités roumaines, une autre est utilisée comme base pour les TACAM. Les chars conservés en état de marche gardent généralement leur livrée soviétique vert 4BO, avec ajout des marquages nationaux roumains.
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Marquages nationaux et signes d'identification
La Croix de Saint-Michel (1941–1944)
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Le marquage national principal des blindés roumains pendant la période Axis est la Croix de Saint-Michel une croix orthodoxe blanche à branches égales, parfois avec des extrémités évasées. Elle est généralement peinte en blanc ou en jaune sur les flancs de caisse et/ou le dessus du capot moteur surtout pour une reconnaissance aérienne rapide par les alliés de l'Axe, notamment la Luftwaffe).
.Durant la période d'alliance avec l' Axe (1941–août 1944) le marquage principal est la Croix de Michel une croix orthodoxe à bras égaux, peinte en jaune vif (parfois blanc) sur les flancs de caisse et sur le dessus du moteur. Elle sert à la fois à l'identification latérale sur le terrain et à la reconnaissance aérienne par la Luftwaffe. La cocarde tricolore (bleue–jaune–rouge) était davantage un marquage d'aviation pré-guerre ; sur les blindés terrestres, c'est la croix qui joue ce rôle. En pratique, beaucoup de chars de livraison allemande portaient en même temps la Croix de Michel et la Balkenkreuz germanique, les deux marquages coexistant sur le même véhicule.
Après le 23 août 1944 et le retournement les Roumains doivent se différencier d'urgence des forces de l'Axe aux yeux des Soviétiques. Les Balkenkreuz sont barrées d'un X rouge ou effacées, la croix jaune est supprimée ou recouverte. On voit apparaître des bandes bleues improvisées et parfois le drapeau national (bleu–jaune–rouge) peint directement sur le blindage. Il n'existe pas de directive officielle uniforme — chaque unité fait avec ses moyens, d'où une grande variété de solutions selon les régiments.
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Blasons royaux
Le blason est souvent peint en petit format sur le flanc tourelle, en blanc ou jaune.
Comme le blason complet est trop complexe à peindre sur un char. C'est la Croix de Michel (croix orthodoxe jaune à bras égaux) qui sert de marquage national et le monogramme. Le passage de Carol II à Michel I en septembre 1940 n'a donc pas changé l'aspect visuel des blindés au combat, puisque la Croix de Michel a été adoptée précisément avec l'entrée en guerre de mai 1941.
Carol II Jusqu'en 1940 : Monograme du roi Carol II peint ou apposé sur la tourelle.
Mihai I Dès 1941 : Monogramme du roi Michel I (Mihai I) remplace Carol II.
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Apres le retournement d'alliance et le coup d'État du 23 août 1944, la Roumanie bascule du côté allié et combat l'Allemagne. Les chars doivent être re-marqués d'urgence pour éviter les tirs fratricides avec les forces soviétiques. Les marquages allemands sont effacés ou barrés. En août–septembre 1944, on observe sur certains blindés roumains : une bande bleue (couleur d'identification rapide alliée) peinte sur la caisse ou la tourelle, les croix allemandes barrées d'une croix ou d'un X rouge, et des drapeaux roumains parfois peints directement sur le blindage.
Numerotation et marquages d'unites
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Les numéros tactiques sont en blanc ou jaune — jamais en rouge (contrairement à certaines notices de maquettes qui induisent en erreur). |
Chronologie des livrées 1939–1945
dans ce tableau j' ai essayé de retracer l'évolution des camouflages par grande période et par théâtre d'opération.
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Comparaison des livrées
Idem pour ce tableau qui permet de comparer d'un coup d'oeil tous les engins blindés roumains, leur catégorie, leur livrée standard et les variantes
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Equivalences peinture modernes
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Peintures et camouflages des véhicules softskins roumains ; Pour résumer Une doctrine absente, une pratique improvisée ou ils n'ont pas de camouflage mais ils ont une couleur.
Contrairement à l'Allemagne et son système RAL codifié, la Roumanie n'a jamais imposé de doctrine nationale unifiée pour la peinture de ses véhicules non blindés. Ce qui prime, c'est la règle du « tel quel » : chaque véhicule porte la couleur de son fabricant d'origine.
Le gris foncé roumain est la livrée de base pour les camions, voitures et tracteurs produits ou repeinturés dans les ateliers militaires roumains, la teinte de référence est un gri închis littéralement « gris foncé » avec une nuance légèrement olivâtre. Proche du German Grey allemand mais un peu plus verdâtre, cette couleur recouvre la quasi-totalité du matériel de fabrication locale ou tchécoslovaque acquis avant-guerre, dont les tracteurs Renault UE assemblés sous licence à Bucarest. Le guide de peinture Flames of War, s'appuyant sur Axworthy, confirme que la majorité de l'équipement roumain partait en gris foncé.À partir de 1943–1944, les dépôts roumains commencent à utiliser des stocks de peinture allemands disponibles en Roumanie, faisant évoluer certains véhicules vers un vert olive plus clair. Aucune directive formelle n'encadre cette évolution.
Les véhicules étrangers tous comme les chars gardent leur couleur d'origine
En effet l 'armée roumaine opère avec un parc hétéroclite de véhicules provenant d'au moins quatre sources principales, chacun conservant sa livrée de fabrication :
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Les motifs de camouflage à deux ou trois tons sur les softskins sont exceptionnels et ne résultent jamais d'une directive centrale. Quand ils existent, ce sont des initiatives d'unités : des taches irrégulières brunes ou sable, appliquées au pinceau sur le gris de base, imitant grossièrement la pratique allemande. Les véhicules blindés légers et half-tracks livrés par la Wehrmacht à partir de 1943 Sd.Kfz. 222, 250 et 251 arrivent avec le camouflage allemand tri-couleur du moment (Dunkelgelb + Olivgrün + Rotbraun) et sont intégrés sans modification dans les unités roumaines.
L'hiver — le seul camouflage universel
Le seul traitement de camouflage appliqué uniformément à tous les véhicules roumains sans exception est le badigeon blanc hivernal. Chaux diluée ou peinture blanche à l'eau, passée au pinceau large ou à la brosse, il recouvre rapidement blindés ET softskins dès les premiers froids sur le Front de l'Est documenté dès l'hiver 1941–1942 en Bessarabie et en Ukraine. Mais ce badigeon s'écaille avec le gel et les intempéries, donnant aux véhicules un aspect marbré caractéristique en fin d'hiver, laissant apparaître la couleur de base par plaques.
Pour résumé
Les Véhicules roumains locaux sont gris foncé verdâtre (gri închis). , les véhicules étrangers conservent la couleur d'origine Pour lesCamouflage bicolore il est exceptionnel et toujours improvisé par les unités.et en Hiver : badigeon blanc universel sur tous les types de véhicules sans exception.